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19/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Sahel : cette guerre de basse intensité que l’on vous cache

Malgré un black-out médiatique presque total imposé par Paris, les attaques et les attentats se suivent et se diversifient au Mali et au Niger.

Les attaques non revendiquées ayant visé le Quartier général de la force G5 Sahel, non encore (et ne le sera probablement jamais) opérationnelle à Sevaré dans le centre du Mali ou encore l’attaque meurtrière d’un convoi militaire français entre le quartier II de Gao et Bourem dans le bord du pays coïncident avec une recrudescence des activités de Boko Haram dans le Niger voisin.

L’État Islamique dans le Grand Sahara (où ont-ils cherché ce titre bidonné ? Décidément les renseignements occidentaux ne sont plus ce qu’ils étaient jadis ! ) et l’insubmersible Al-Qaïda passe-partout (sous diverses appellations locales) au Nord, Boko Haram qui s’approche du Sud du tandem Mali-Niger, deux États-Nation qui ne faisaient qu’un avec la Mauritanie et le Sénégal du temps du Soudan occidental ou l’Afrique occidentale francaise. Il y aura beaucoup de pain sur la planche à l’horizon 2020-2030 car c’est bien parti pour une instabilité chronique.

Les différentes opérations françaises n’ont pas complètement échoués puisqu’elles ont sauvé les meubles : les États. C’est une gageure de taille vu que le budget militaire français dépend depuis quelques années de l’aide octroyée par certains pays du Golfe. Néanmoins, ces opérations n’ont aucunement réduit la menace dite terroriste, laquelle s’est hyper-développée et s’est étendue du Sud de la Libye au nord du Tchad en englobant l’ensemble du Niger et du Mali. Les américains en ont profité pour s’y installer car le business de l’instabilité semble fort intéressant pour leur complexe militaro-industriel en manque de débouchés et bien entendu contrer l’influence chinoise grandissante en Afrique (et y chasser les dinosaures de la FrançAfrique en passant).

Le Mali s’apprête à des présidentielles à haut risques (fin du mois) tandis qu’au Niger c’est la répression tout azimuts. Il faut bien faire tourner Areva à moindre coût comme du temps de papa. Problème : les groupes armés évoluant au Niger et au Mali ne sont plus des petits groupes mal armés pratiquant une petite guérilla désertique le week-end et reprenant les activités quotidiennes les autres jours de la semaine. La guerre en Libye, provoquée par l’OTAN a transformé à tout jamais la morphologie et l’équipement de ces groupes d’anciens contrebandiers en de véritables petites armées pouvant surprendre des forces spéciales US en pleine brousse ou en plein désert.

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