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12/04/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Guerre au Levant : rush de rebelles à Idlib, pions bloqués le long de l’Euphrate et retour des militaires syriens au Golan

En vertu d’un accord supervisé par la Russie, des rebelles syriens ont été évacués de la partie syrienne du plateau du Golan, sis au sud-ouest de la Syrie, à la province rebelle d’Idlib, dans l’extrême Nord du pays.

Simultanément à cette évacuation, Israël a évacué les membres des très controversés “Casques Blancs” (‘White Helmets’) présents près d’Al-Qunaïtra, une organisation proche d’Al-Qaïda, soutenue par les pays occidentaux et arabes, vers des localités israéliennes.

Tandis que les troupes syriennes et les unités de la police militaire russe se chargeaient de superviser le déménagement des rebelles syriens du Golan vers la lointaine province septentrionale d’Idlib et que les israéliens récupèrent leurs ouailles perdus mais néanmoins oscarisés, deux pays de la coalition menée par Washington en Syrie s’amusent à mener des raids aériens dans la province orientale de Deir Ezzor, histoire de signifier à Damas que l’encerclement des bases où sont déployés des forces spéciales de l’OTAN a des limites. Même en plein désert perdu et par dessus tout près de l’Euphrate.

La guerre en Syrie est pratiquement terminée. Cependant le grand jeu stratégique au Levant est loin de l’être.

La province septentrionale d’Idlib est devenue aux grès des aléas de cette guerre le réceptacle de tous les groupes rebelles et terroristes venus des quatre coins de la Syrie. Une cohabitation forcée qui ne résiste pas aux clivages régionaux, confessionnels ou claniques des différentes factions. Des frictions ont déjà provoqué des luttes fratricides au sein d’une rébellion plus hétéroclite que jamais. Plus à l’est et toujours sur le même axe, c’est-à-dire la même latitude, se trouvent des forces spéciales de l’OTAN et celles de la Turquie, un membre à part entière de cette alliance militaire datant des débuts de la guerre froide, mais jouant apparament sa propre partition, laquelle ne coïncide nullement avec les plans atlantistes.

A l’Est et plus précisément près de l’Euphrate, aux confins des frontières avec l’Irak, se joue une étrange mise en scène quasiment surréaliste : les forces spéciales americaines, plantées au milieu des Rojava, une force suppletive-Alibi, font face à des groupes loyalistes syriens soutenus par des conseillers iraniens et des irréguliers russes. Le tout dans un décor digne des plus belles scènes de la guerre des étoiles (scènes désertiques filmées en Tunisie méridionale à l’époque).

Seul problème : aucun belligerant n’a les capacités d’avancer le moindre pion. Le jeu en Syrie orientale semble totalement bloqué. Il ne reste donc qu’à déstabiliser l’Irak et plus précisément les régions ayant fournis le plus de combattants aux milices ayant soutenu ce que l’on appelle l’Axe de la Résistance. Une tâche relativement aisée dans un Irak corrompu et où les services de bases souffrent d’un dysfonctionnement structurel. Dans le meilleur des mondes imaginés par les stratèges atlantistes, une déstabilisation de l’Irak méridional à majorité chiite, pourrait embraser l’Iran où les populations semblent usées par une politique économique ayant atteint ses limites extrêmes. Un pari fou mais toujours possible.

Mais la question fondamentale demeure le Golan. Ce plateau stratégique est au coeur de la guerre au Levant. Les troupes syriennes se déploient à nouveau dans la partie sous contrôle syrien du Golan pour la première fois depuis des années et cela provoque des sueurs froides à Tel-Aviv où l’on ne compte plus les renforts militaires envoyés vers le Nord-Est pour renforcer les positions militaires israeliennes au Golan occupé.

L’affaiblissement de la Syrie n’a pas abouti sur un quelconque résultat. Au contraire, les syriens sont de retour sur le plateau, une manière de narguer les israéliens dont le soutien stratégique et tactique à la rebellion syrienne, s’inscrit dans la guerre constante que livre Israël depuis sa création en 1948 à son environnement immédiat jugé hostile.

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