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28/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Levant : fin de partie à Idlib

La guerre en Syrie, un conflit de plus de sept longues années, est virtuellement terminé. Pas pour Israël et une grande partie de ses réseaux d’influence nichés au sein de l’appareil legislatif et les mécanismes d’attribution des marchés publics faisant fonctionner ce que l’on identifie comme le complexe militaro-industriel aux États-Unis.
Il ne reste plus à Damas que de reconquérir la province septentrionale d’Idlib, sous la coupe d’Al-Qaïda (peu importe les nouvelles appellations adoptées par cette organisation-outil) pour mettre définitivement fin à cette guerre folle. Le sort des forces étrangères stationnées illegalement dans les étendues désolés de l’Est syrien, principalement des détachements de Marines US et d’unités des forces spéciales de l’OTAN, derrière lesquels se cachent des agents de sabotage israeliens sera alors scellé par le temps.
La présence étrangère en Syrie orientale et septentrionale ne tient que grâce à la corruption irakienne et à l’accord tacite turc.
C’est pour cette raison qu’une éventuelle offensive réussie de Damas et ses alliés sur Idlib est tant redouté :  il signifie la fin, pour de bon, de cette aventure syrienne pour laquelle l’empire et ses vassaux ont tant investi et dépensé en termes de ressources morales et matérielles. Pour un résultat proche du zéro, car la situation prévalant aujourd’hui en Syrie est assez proche du statut ante bellum.
Pour contrer cette éventualité, les israéliens préconisent une stratégie assez simple dans ses prémisses :  faire perdurer le conflit le plus longtemps possible de manière à user les ressources des deux principaux alliés de Damas, à savoir la Russie et l’Iran et à y créer un chaos permanent rendant toute solution autre que celle privilégiant les intérêts stratégiques de Tel-Aviv, inefficiente et non viable. 
Si l’ereintement de l’Iran est une réalité presque palpable-le pays est pratiquement exsangue et à genoux d’un point de vue économique et social, il en va pas de même pour la Russie dont les militaires sont extrêmement motivés par une série de très violents affrontements directs et le plus souvent passés sous silence avec les forces US présentes à Al-Tanf et soutenus depuis le Kurdistan irakien.
Autre problème, l’extrême difficulté pour la classe dirigeante israelienne, en perte de vitesse sur tous les plans, à identifier ses intérêts stratégiques et à agir en consequence. Hormis une apparente obssession anti-iranienne, Tel-Aviv n’arrive plus à élaborer de stratégie cohérente en Syrie, d’autant plus que ses forces aériennes n’ont plus la capacité ou la latitude d’y mener des raids en toute impunité.
Il ne reste donc qu’un nombre limité d’options :  les attaques sous fausses bannières dans le cadre de la thématique devenue ridicule des armes chimiques ou carrément du chlore ;  l’entraînement de nouvelles forces issues de Daech et d’Al-Qaïda dans les poches sous occupation afin de les utiliser contre les positions syriennes fragiles de Palmyre ou de Deir Ezzor ;  la carte du démembrement territorial, initiée par la thématique kurde et embourbée depuis dans l’amas de ses propres contradictions.
En d’autres termes, rien de bien fiable.
Idlib semble être la nouvelle ligne rouge des faiseurs de guerre. Or, ces derniers pataugent.
A Idleb, petit sanctuaire ou se sont réfugiés, non sans frictions, les rebelles syriens de toutes les provinces pour y devenir des négociants sous la protection intéressée d’Ankara, qui y voit un rempart contre l’irredentisme syrien et toute éventuelle revendication territoriale concernant la province du Hatay, la situation semble surréaliste. S’y côtoient des salafistes armés, des représentants de multinationales, des espions de plus de 45 pays, deux centres opérationnels clandestins de l’OTAN et un du Mossad, sans compter divers sous-traitants venus de tous les pays du monde. Le commerce y est florissant et les affaires louches ne se sont jamais aussi bien portées. Les bombes russes et syriennes risquent de déranger beaucoup d’intérêts. 
 

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