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Paradox [CPS] WW
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29/11/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Imaginez un moment une vaste étendue jaune s’étalant aussi loin que l’horizon visible, sans aucun point de repères. Un désert jaune où la désolation semble disputer le vide et l’ennui . Puis imaginez un instant que l’on vous fasse sauter à partir d’un Transall ou d’un A400M au dessus d’un tel décor. 

Le paysage est grandiose. Pic d’adrénaline et en plein enthousiasme guerrier on se rend compte au fur et à mesure de la descente que la géodesie particulière de ce coin perdu n’offre aucune possibilité de couverture. 

Sauter sur Menaka ou ses environs dans le Nord-Est du Mali, doit être une expérience magnifique. Elle l’est un peu moins au sol. Et même beaucoup moins. 

Faute d’ennemi, toujours insaisissable ou invisible dans une contrée plate et ouverte, on se rabat sur la portée symbolique et plus particulièrement l’impact du saut sur l’affect et l’imaginaire d’une population clairsemée et des plus pauvres. 

Sauter sur Menaka ne résoudra certainement pas le conflit malien et encore moins les problèmes de développement auxquels font face des populations oubliees et marginalisées mais cette expérience non moins forte que celle du saut des légionnaires étrangers sur la fameuse passe du Salvador permet de justifier la « survie » de l’opération Barkhane. Une opération dont les objectifs ne seront jamais atteints. Elle sert plus à l’entraînement dans un milieu extrême et hostile qu’à résoudre l’inextricable imbroglio d’un conflit malien remontant aux premieres années post-indépendance. 

Il y a un peu plus de dix ans, des parachutistes Algériens avaient paradé à Menaka à l’occasion d’une cérémonie. La population locale, non habituée à voir du monde, en était ébahie et fort contente. Aujourd’hui des parachutistes et des légionnaires français et autres tombent du ciel un peu plus fréquemment que la survenue de crues soudaines dans le lit desseché d’un oued. Pour les locaux, cela change de la monotonie d’un désert silencieux et toujours dangereux où les contrebandiers devenus guérilleros contrôlent toujours une bonne partie du pays. En attendant les drones armés américains basés à quelques encablures de Menaka et Douentza ou encore Abeibara. 

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