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Paradox [CPS] WW
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27/11/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Il y a 57 ans, la crise des missiles a Cuba, ce qui a changé depuis ? Rien ou presque, il est minuit de l’Apocalypse

Il y a 57 ans, le président américain John F. Kennedy délivrait un important discours sur la découverte d’une base de missiles soviétiques à Cuba. C’était un moment d’extrême tension  de guerre froide et la crise des missiles à Cuba avait failli précipiter le monde dans un holocauste nucléaire. Il était alors minuit moins cinq avant l’apocalypse.    Au mépris du temps, plus de cinq décennies plus tard, la guerre froide est revenue en force. Les États-Unis et la Russie se battent en Syrie et en Ukraine, se déploient en Arctique, se positionnent en Afrique australe, leurs satellites se croisent dangereusement en orbite basse et leurs submersibles nucléaires jouent à une belle partie de cache-cache jusqu’en Antarctique.
Ce qui a changé par contre est qu’en 1961, la Chine était une puissance de troisième ordre, souffrant de la malnutrition et de la pauvreté massive, voire une grande famine. En 2018, l’Empire du Milieu est la seconde puissance économique mondiale, la troisième puissance nucléaire (oubliez les statistiques bidons quantifiant les ogives opérationnelles par pays, il semble que personne n’est en mesure de connaître le nombre d’ogives à la disposition de l’Armée de Liberation Populaire de Chine), la manufacture du monde, dont l’impact sur les affaires de la planète est croissant.
En 1961, les forces armées US avaient songé à attaquer la Chine avec des armes nucléaires avant de se raviser en constatant les dégâts causés par la famine dans le pays.
En 2018, les forces armées US continuent toujours à encercler la Chine et des B-52 survolent la mer de Chine méridionale mais la Chine dispose d’assez de ressources pour dissuader n’importe quelle attaque dans son environnement immédiat.
La guerre froide 2.0 est donc une guerre trilatérale et l’Europe est aujourd’hui comme en 1961 qu’un théâtre d’operations secondaire d’un éventuel accrochage entre l’aigle américain et l’ours russe.
A mesure que les forces de l’OTAN et leurs boucliers ABM se rapprochent des marches russes, Moscou déploie de nouveaux types de missiles hypersoniques très difficiles à intercepter.  Une armée ou un Ost qui se rapproche des murailles est toujours le premier signe précurseur d’une bataille. Le monde est en guerre.  
Pour mieux illustrer cette situation, Donald Trump vient de décider du retrait américain du Traité sur les armes nucléaires intermédiaires (Intermediary Range Nuclear Forces Treaty) signé en 1987 par son prédécesseur Ronald Reagan et le dernier président de l’ex-Union Soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Ce Traité, vestige d’une certaine époque où le désarmement et le contrôle nucléaires avaient le vent en poupe, ne valait plus grand chose. Depuis 2010, la tendance est non seulement au réarmement tous azimuts mais à la course vers la miniaturisation et la simulation virtuelle des essais nucléaires. Loin du vacarme soulevé par les essais nord-coréen pour l’acquisition de la bombe du pauvre, les puissances nucléaires déclarées et non déclarées rivalisaient en essais virtuels et en matière de production de nouvelles armes nucléaires et d’autres vecteurs de destruction. 
Mathématiquement,  la déflagration est inévitable.     Nous sommes à minuit de l’apocalypse. 
Le Président John Fitzgerald Kennedy en 1961. Il sera lâchement assassiné en 1963. 
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