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25/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Le tireur de Thousand Oaks a servi en Afghanistan à l’âge de 18 ans…

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Ian David Long, le tireur de la tuerie de One Thousand Oaks en Californie était un ancien Marine ayant servi en 2010 en Afghanistan.

Le tireur a utilisé un pistolet Glock 21 de calibre 45. à l’intérieur du bar le Borderline tuant 12 personnes. Selon la police locale, Long s’est donné la mort avec son arme. Vu le calibre utilisé, cette arme de poing devait donc avoir un chargeur permettant de tirer 13 coups.

Long fut déployé à l’âge de 18 ans en Afghanistan comme opérateur d’une arme semi-lourde au sein d’une unité de Marines.

Comme beaucoup de vétérans US de la très guerre longue guerre d’Afghanistan (octobre 2001-à ce jour), Long développa un mélange d’aversion et d’admiration à l’égard des Talibans et de la très forte culture afghane. De retour aux États-Unis, il versa dans un anti-féminisme virulent avant de prendre conscience de certains enjeux politiques. Souffrant d’un syndrome post-traumatique il chercha des réponses à certains questionnements relatifs à l’interventionnisme militaire US dans des pays très éloignés et pauvres ne représentant aucune menace existentielle et il crut pouvoir y répondre en versant d’abord dans un antisémitisme de base puis l’antisionisme. La remise en cause et le rejet des système socio-politique et économique occidental en général et US en particulier firent de Long un marginal.

Un marginal tranquille même si les médias US évoquent des problèmes d’abus domestique, un phénomène auquel n’echappe aucun militaire ayant servi ou servant encore en Afghanistan.

Il y a eu des cas de Navy Seals, l’élite de l’élite des forces spéciales américaines, qui ont fini par égorger au couteau de chasse leur campagne ou épouse après leur retour d’un deploiement.

En réalité la plupart des vétérans ayant été en contact assez prolongé avec la culture afghane sont choqués par ce qu’ils perçoivent comme un pouvoir prépondérant et abusif des femmes dans leur société libérale et finissent tous, sans exception aucune, par admirer le « modèle afghan » des relations homme-femme.

Des études réalisées sur ce phénomène ont amené le Pentagone à restreindre au minimum les rapports entre les militaires US et leurs alliés afghans dans le sillage des incidents « Friendly fire ».

Ces mesures ne parviennent pas toujours pas à limiter l’attrait d’une culture afghane profondément guerrière, où l’homme occupe une place de choix, pour un grand nombre de militaires US issus des milieux ruraux des États de la ceinture rouillée du Midwest ou des rivages du Mississippi ou encore des États pauvres de l’Union.

Le choc culturel a du être rude. Plus rude que le feu des embuscades et des bombes improvisées sur le bord des routes.

Fait significatif, la tuerie du bar le « Borderline » en Calidornie intervient presque une année après celle de Devin Kelley, un vétéran de l’US Air Force qui a ouvert le feu sur une église au Texas, tuant 26 personnes.

Indubitablement, aucun média ne vas aborder cet aspect du problème car la réflexion sérieuse sur les motivations réelles ou profondes de ces tireurs forcenés amènerait inévitablement une critique cinglante du système politique et économique américain, voire une remise en cause du simulacre du rêve américain et la découverte de certaines réalités pas très politiquement correctes.

Le problème récurrent des tueries par armes à feu n’ont rien à voir avec la circulation des armes ou le second amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique :  c’est un problème de fond dont les véritables causes sont à chercher dans le système politique et économique US.

Les vétérans US sont marginalisés par calcul même s’ils bénéficient de nombreux avantages sociaux. Il suffit que l’un d’eux commence à remettre en cause les guerres auxquelles il a participé pour qu’il se retrouve de l’autre côté de la barrière. Certains sombrent dans la drogue et l’alcoolisme ;  la plupart entretiennent une rage intérieure souvent extrême. Quelques uns sont pris par l’Amok comme ce fut le cas à Thousand Oaks.

Le problème est profond.  

   

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