15/08/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Afghanistan : le Pentagone reconnaît l’impossibilité d’une victoire, les Talibans exigent le retrait des forces de la coalition

Selon les estimations les plus optimistes du Pentagone, les Talibans contrôlent plus de 60  %  du territoire de la République Islamique d’Afghanistan le jour et près de 85 %  la nuit.

Après plus de 17 ans de guerre, les chefs militaires US semblent de plus en plus convaincus de l’impossibilité de gagner une guerre en Afghanistan.

Les médiations secrètes entre Washington et les Talibans, tenues en pays tiers, se sont soldés jusqu’ici par des résultats mitigés :  les Talibans exigeant le retrait total des forces étrangères du pays et les americains tentant de sauver le gouvernement qu’ils ont mis en place à Kaboul.

Un air de déjà vu ?

Retrait des forces soviétiques d'Afghanistan.

Oui. Les soviétiques sont passés par cette étape en 1988.

Le commandant en chef des forces de la coalition en Afghanistan a lui même reconnu l’impossibilité de gagner la plus longue guerre de l’histoire des États-Unis,  peu de temps après avoir échappé à une attaque des Talibans à Kandahar à l’issue de laquelle huit officiers supérieurs afghans et US ont été blessés et deux généraux afghans tués.

La guérilla talibane, mal armée et peu équipée est paradoxalement considerée actuellement comme l’une des meilleures guérillas de l’histoire. Ce mouvement formé initialement d’étudiants en théologie islamique par les écoles deobandis n’a pas réussi à conserver un semblant d’État dont le concept lui semblait profondément étranger mais a pu tenir tête et se battre durant presque deux décennies contre la plus puissante machine militaire de l’histoire contemporaine ainsi que contre les meilleures armées occidentales.

Étrangement, Maulana Samiul Haq,  l’un des pères sprirituels du mouvement et l’un des professeurs du très charismatique Mollah Omar, longtemps chef du mouvement avant sa mort, a été assassiné la semaine dernière à Rawalpindi dans des circonstances demeurés mystérieuses. 

Ayant rencontré les deux hommes il y a quelques années dans des circonstances et des contextes fort différents, je ne peux que rester dubitatif face à la force de leurs convictions et la justesse de leurs prédictions quant à l’évolution du conflit en Afghanistan. Les deux étaient certains que la coalition et donc l’Alliance atlantique allait tôt ou tard se casser les dents en Afghanistan.

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