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22/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Du déclin inexorable du Nouvel Ordre mondial

Les accrochages en cours au Golan entre les forces armées syriennes et l’Armée israélienne et ses alliés affirment la nature régionale du conflit syrien que les médias dominants influencés par la propagande israélienne, ont tenté de présenter comme un guerre civile syrienne.

La guerre en Syrie est en réalité une guerre hybride de nouvelle génération utilisant des éléments des techniques des « révolutions colorées » teintées à l’humus socio-culturel local, un usage militaire des réseaux sociaux sur Internet et l’utilisation classique de guérillas entraînées, armées et levées ou recrutées en masse suivant une cause inventée, fictive ou réelle.

Dans le cas syrien, l’exploitation de l’opposition « islamiste » et la longue répression du Mouvement des Frères musulmans par le gouvernement syrien furent les deux ferments sur lesquels a été érigée une sorte de lutte pan-islamique contre un État impie et anti-religieux. C’était dans le fond le même modus operandi que celui utilisé tout le long des années 80 contre l’ex-Union Soviétique en Afghanistan.

Cette recette idéologique visant à la fois à créer un nouvel ennemi-épouvantail et un prétexte d’intervention tout en l’utilisant contre des régimes classés comme hostiles, a échoué au Levant face à l’intelligence stratégique des syriens qui surent nouer des alliances avec les prochains pays visés par la stratégie d’hégémonie de l’empire: l’Iran et la Russie. Une chute du régime syrien aurait entraîné l’étranglement puis la destruction du Hezbollah libanais et le prélude à un assaut généralisé sur un Iran totalement encerclé et isolé. Une fois le régime iranien abattu, l’Asie centrale et le Sud de la Fédération de Russie seraient une proie facile au « Djihad Otanien ». Une fois le désordre total installé en Russie, tous les efforts de l’empire seraient dirigées contre la Chine, l’adversaire final. Cependant le plan a totalement échoué en Syrie et avait même failli l’être auparavant en Libye.

La Syrie est un pays arabe de l’ancien « Axe du refus » en contact direct avec Israël qu’il ne reconnaît point et avec lequel il est techniquement toujours en guerre ouverte depuis 1973.

La guerre en Syrie avait pour objectif de détruire la Syrie et d’abattre son régime anti-israélien. Elle a abouti en 2019, soit après huit années de combats acharnés, à l’émergence d’un véritable pôle de puissance aux frontières flottantes d’Israël. Le Hezbollah libanais, lequel s’est militairement impliqué aux côtés de Damas durant la guerre, a acquis une immense expérience de guerre et a accru ses capacités de défense au point de pouvoir mener des offensives sur des fronts étendus de plusieurs centaines de kilomètres. La Syrie, presque anéantie en 2015, s’est remise sur pied et est en train de rebâtir une force de dissuasion stratégique adaptée à sa lutte contre Israël tandis que l’Iran est menacé d’une guerre en raison de son rôle dans la mise en échec de tous les plans US dans la région. Résultat: lorsque Washington a menacé l’Iran d’une guerre, l’ensemble des alliés et sympathisants de l’Iran dans la région ont répondu à l’appel. Il n’est plus question désormais de se défendre mais de passer à un nouveau type de guerre insupportable pour l’empire: mener une guerre de libération dans la profondeur stratégique d’Israël et investir la Galilée et le Golan tout en faisant pleuvoir sur les objectifs extrêmement sensibles d’Israël un déluge de missiles et de projectiles. Cela change radicalement la donne. Israël est militairement incapable d’agir contre la bande assiégée de Gaza où une force paramilitaire parvient à résister à la pression militaire israélienne et au blocus égyptien. En Ci-Jordanie, la situation est très tendue et une guerre peut éclater à tout moment. Au Liban et en Syrie, des dizaines de milliers d’hommes et de missiles sont désormais disponibles pour mener ce qu’ils considèrent comme le combat final. Une simple attaque contre l’Iran déclenchera à coup sûr une guerre mondiale généralisée. Le coût d’une telle aventure est trop élevée. Le « printemps arabe » a été déclenché pour garantir qu’Israël survive et demeure la seule puissance stratégique au Proche et Moyen-Orient bien au delà de 2048, date de son centenaire. Or, il vient d’aboutir à un résultat fort éloigné des objectifs initiaux.

Une nouvelle puissance est née en Orient. Exaspéré par les provocations de Washington, la Chine vient d’exprimer son désir de joindre le Centre d’échange d’informations militaires de Bagdad regroupant la Syrie, l’Irak, la Russie et l’Iran. C’est une révolution: jamais Beijing n’aurait oser publiquement agir de cette façon s’il n’a pas été poussé à bout.

Israël et l’Arabie Saoudite ont entraîné les États-Unis dans des guerres désastreuses au Moyen-Orient et dans le Golfe arabo-persique, causant ainsi son déclin. Ces deux puissances fort influentes et ingrates ont même osé se détourner de Washington lorsque ce dernier s’est montré réticent à les suivre pour certains vieux pays européens pour les entraîner à leur tour dans un tunnel sans fond. En vain. Le vieux monde est mort. Le nouveau monde est en déclin. Un nouveau soleil se lève à l’Orient.

Le Nouvel Ordre Mondial, annoncé en 1992, est en pleine phase de destruction.

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