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22/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

La Corée du Nord construit un nouveau sous-marin lanceur de missiles balistiques

On l’oublie souvent mais la Corée du Nord, ce petit pays reclus et isolé de l’Asie du Nord-Est possède la troisième flotte de submersibles après les Etats-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie.

Souvent décriés pour leur vétusté ou l’obsolescence de leurs systèmes d’armes, les submersibles nord-coréens ne se limitent cependant pas aux vieux sous-marins à propulsion diesel de l’ère soviétique. Depuis quelques années, Pyongyang s’est lancé dans un formidable défi : acquérir des sous-marins lanceurs d’engins balistiques. Ce qui n’est pas une mince affaire.

Pour certains analystes occidentaux, ce cauchemar n’existe pas ou il est si marginal qu’il peut ne pas exister. Ils estiment ainsi que la Corée du Nord ne doit posséder qu’un seul sous-marin lanceur de missiles balistiques au maximum. Une manière commode d’éluder un problème est de nier son existence. Dans le domaine de la défense, cette approche d’autruche aboutit invariablement sur des surprises stratégiques.

Les estimations de la flotte de submersibles nord-coréens lanceurs d’engins balistiques dotés ou pas d’ogives nucléaires varie entre un et seize unités. Ce qui est énorme pour un pays comme la Corée du Nord mais pas impossible.

La flotte de submersibles opérationnels en Corée du Nord inclut des sous-marins de la classe Golf de fabrication soviétique modifiés et améliorés ainsi que des submersibles de la classe Gorae, fabriqués localement. Les sous-marins de la classe Gorae sont assez petits (2000 tonnes) et ne transportent chacun qu’un seul missile, certainement le Pukkuksong-1, un SLBM -Submarine Launched Ballistic Missile- à combustible solide dont le premier essai remonte à l’année 2016. Il aurait été déployé en 2017 et est actuellement opérationnel. Il emporterait de cinq à dix ogives nucléaires.

Ainsi dans un premier temps, le second vecteur de la dissuasion nucléaire nord-coréenne fut basé sur un peu plus d’une douzaine de sous-marins emportant chacun un seul missile balistique à têtes multiples.

Cela semblait fort insuffisant pour une réelle dissuasion vu les limitations intrinsèques des sous-marins en termes de vitesse et d’endurance (80 jours) et surtout la portée du Pukkuksong-1, estimée à 2000 kilomètres. De plus, il n’y avait qu’une seule possibilité de lancement unique face à un pays adverse disposant de nombreux systèmes anti-balistiques. Même si Pyongyang estime que les capacités des systèmes anti-missiles sont loin d’être aussi performantes que ne le prétend le complexe militaro-industriel US, il fallait passer à la vitesse supérieure et se doter d’une véritable plate-forme de lancement sous-marin fiable et peu chère à maintenir.

L’agence officielle nord-coréenne KCNA a diffusé il y a quelques jours des images de Kim Jong-Un en visite à un chantier naval où un nouveau sous-marin de classe inconnue est en construction. Les images de la KCNA ne permettent pas d’évaluer avec exactitude la taille réelle du submersible mais il semble qu’il soit bien plus imposant que le Gorae. Pyongyang a donc opté pour une véritable force de dissuasion sous-marine. Les chantiers de construction navale de la Corée du Nord disposent d’une immense expérience dans la construction de sous-marins. Ils ont construit plus de 46 sous-marins d’attaque diesel de la classe Sang-O constituant le gros de la flotte submersible opérationnelle de ce pays.

Si le nouveau sous-marin est capable d’emporter quatre missiles balistiques, la Corée du Nord aura alors la capacité de lancer à partir de flotte de sous-marin 64 missiles nucléaires. Ce qui n’est pas du tout mal si l’on y ajoute les autres missiles balistiques lancés à partir de rampes mobiles et de silos.

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