Stats

  • 6 161 215 Hits
360TotalSecurity WW
Paradox [CPS] WW
Paradox [CPS] WW
21/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Sur les deux missiles hypersoniques de courte portée lancés par la Corée du Nord ayant ébranlé le Pentagone

Les deux derniers essais de missiles de courte portée effectués par la Corée auraient pu paraître banales. Plus de soixante-cinq pays possèdent des missiles de courte portée. En réalité, jamais des essais nord-coréens n’ont autant ébranlé les analystes du Pentagone et leurs homologues de la pléthorique communauté du renseignement américain.

Et il y a lieu d’être assez confus à ce sujet. Tout d’abord, aucun observateur militaire ne peut se targuer de connaître le type ou la dénomination des missiles lancés en Mer de l’Est jeudi dernier.

Selon l’agence officielle d’information nord-coréenne KCNA, Kim Jong-Un a personnellement supervisé le tir de deux « engins tactiques guidés ».

Notre première analyse livrée à chaud faisait état d’un missile ressemblant au très redoutable 9K720 Iskander E russe. La variante « export » de ce missile furtif dont la portée a été délibérement limité à 280 kilomètres équipe des pays triés sur le volet: l’Algérie et l’Arménie. Or il semble que les nord-coréens s’en sont un peu inspirés. Le missile Iskander est un missile furtif capable de changer subitement de trajectoire et il est impossible à intercepter par les systèmes de défense antimissiles existant actuellement.

Les nord-coréens ont du modifier une variante de l’Iskander et en lisant attentivement le texte de la KCNA reproduisant une déclaration de Kim Jong-Un à l’issue de l’essai, il apparaît que les capacités déjà extrêmement furtives du nouveau missile hyper-sonique (Mach 5.9 au minimum) ressemblant à l’Iskander russe ont été améliorés pour exploiter sa capacité au vol plané à basse altitude avant de se ressaisir et changer abruptement de trajectoire. Comme l’Iskander russe, le missile nord-coréen à dénomination inconnue est lancé à partir d’une rampe mobile particulièrement difficile à localiser ou à détecter et pratiquement impossible à intercepter. Cela signifie que Pyongyang veut garantir que ses ogives nucléaires fassent un carton plein en cas de conflit majeur et cette éventualité a drôlement refroidi bon nombre d’analystes américains, assez prompts à railler les capacités de défense de la Corée du Nord. La trajectoire fort inhabituelle suivie par les deux missiles hypersoniques nord-coréens laisse clairement entendre que les efforts de développement militaire de Pyongyang dépassent de loin les estimations habituelles des analystes sud-coréens, japonais et US.

Y a t-il un essai d’un missile de croisière lors des tests nord-coréens de jeudi dernier? Selon de nouvelles données qui nous été communiquées, il semblerait que non. Cependant, ils soulignent qu’avec la Corée du Nord, tout est désormais possible et que le dernier missile de croisière en cours de développement pourrait très bien atteindre une vitesse supersonique de plus de Mach 3.5 et suivre une trajectoire fort aléatoire, ce qui le rendrait l’une des armes les plus redoutables qui soient auxquelles feraient face les forces US stationnés en Corée du Sud et au Japon. Nos sources ajoutent que vu les distances assez courtes entre les sites probables de lancement et les bases US en Corée du Sud et au Japon, les défenses ABM US n’auraient même pas le temps de se mettre en alerte pour le contrer.

Contrairement à ce qu’ils ont annoncé, les pays surveillant de très près les principaux sites de lancement de missiles et les grandes bases militaires de la Corée du Nord n’ont rien vu venir cette fois. Des déploiements de batteries SAM (Missiles Sol-Air) autour de certains sites puis leur retrait ont bien été détectés par les RC-135, les drones de très haute altitude et les satellites-espions US. Une source Elint a même suggéré des préparatifs pour un essai de missile depuis un site de lancement fixe. Mais personne n’a vu les lanceurs mobiles camouflés. Et pourtant l’ensemble des moyens de surveillance étaient en alerte après la visite d’inspection de Kim Jong-Un à l’un des plus grands chantiers navals en compagnie des plus hauts responsables des programmes balistiques du pays.

Pour Pyongyang, les derniers essais sont un avertissement clair à Séoul où la faction des bellicistes est revenue en coulisses. Cette faction n’a pas supporté les rencontres entre Donald Trump et Kim Jong-Un et s’est alliée aux factions de l’Etat profond US tout en se dotant d’armes hyper-sophistiqués sur fond de poursuite des exercices militaires conjoints avec Washington ayant pour objectif la destruction du dispositif défensif de la Corée du Nord.

Ce ne sera pas le seul avertissement de Pyongyang. Le prochain missile balistique lancé à partir de sous-marin qui équipera une nouvelle classe de sous-marins lanceur d’engins nucléaires sera l’une des plus grosses surprises de 2019. Bien plus que le dernier char de bataille ou du nouvel avion de combat en cours de conception.

En exclusivité pour Strategika 51

%d blogueurs aiment cette page :