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Paradox [CPS] WW
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25/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Les théories du complot n’existent pas. C’est un petit concept fourre-tout crée par les bureaux d’intoxication psychologique des principales agences de renseignement du monde dit libre, c’est-à-dire soumis à la dictature de la NovLangue (restrictions linguistiques de ce que l’on appelle le politiquement correct) et interdiction de toute critique libre (crimes de la pensée, comme celui d’aborder quelques sujets forts marginaux et anecdotiques de l’histoire de la Seconde guerre mondiale, transformés par une certaine propagande en véritables rites sacrés et vérités métaphysique par opportunisme mercantile ou pour de gigantesques escroqueries financières)

Dans le cas de la Syrie, indépendamment du type du régime ou la nature du système politique en vigueur dans ce pays, on a toute de suite reconnu un type de guerre hybride déclenchée par les adversaires habituels de Damas dès les premiers coups de feu tirés à Derâa un certain 15 mars 2011. Ce qui fut présenté comme des manifestations pro-démocratie dans une région, le Sud de la Syrie, où l’équilibre tribal et clanique était l’une des bases de la paix sociale, n’était en fait que la continuation de la guerre techniquement en vigueur entre la République Arabe de Syrie et l’Etat d’Israël et ses nombreux alliés régionaux et internationaux. Le régime des Assad père et fils avait accumulé un nombre impressionnant d’ennemis à l’extérieur et beaucoup de ressentiment à l’intérieur et il ne restait qu’à attendre l’étincelle.

On peut reprocher beaucoup de choses au régime syrien sur le plan interne et dans les faits, les dirigeants syriens ou leur système politique n’ont jamais été réputés pour être des enfants de chœur. Les hommes politiques libanais qui ont osé bravé Damas durant la longue guerre civile libanaise de 1975 à 1989 en savent quelque chose. Cependant, aussi cruel que le régime syrien a pu être avec ses opposants de l’intérieur, on peut lui concédé d’avoir été constant dans ses convictions idéologiques ou dans sa posture stratégique. Il n’a jamais tourné de veste et n’a jamais fait de concessions secrètes avec ses ennemis. Il a frappé d’une main de fer ses opposants locaux et étrangers mais également les Etats-Unis, la France (attentats de Beyrouth de 1982-1983) et aussi bien les agents des puissances du Golfe que les forces supplétives d’Israël et ce dernier directement lors de la guerre civile libanaise puis lors de la fameuse guerre de juillet 2006 ayant opposé Israël au Liban et durant laquelle le Hezbollah libanais avait mis fin à l’hégémonie supposée des armes israéliennes au Moyen-Orient avec l’aide active de Damas.

L’effondrement du mythe surfait du char Merkava IV date de ce conflit et les israéliens ne se sont jamais remis totalement de cet épisode. Israël recherche sa revanche depuis lors. En 2007, les israéliens bombardent avec l’aide logistique des Etats-Unis d’Amérique un centre de recherche scientifique syrien à Deir Ezzor soupçonné d’abriter un réacteur nucléaire développé en coopération avec les nord-coréens. Les israéliens et surtout leurs alliés régionaux organisent un attentat terroriste en plein Damas contre le chef militaire du Hezbollah libanais. En 2009 et 2010, les réseaux d’espionnage israéliens pullulent en Syrie avec l’aide active des irakiens, des jordaniens et des turcs. En 2011, une sorte de révolution de couleur qui se transforme très vite en une guerre civile meurtrière s’étend à tout le pays. La Syrie est vite envahie par des dizaines de milliers de mercenaires recrutés parmi les populations pauvres et désespérées du monde dit arabe et musulman mais également des banlieues paumées d’Europe et des Amériques.

La très étrange ambassade US à Damas a joué avant, pendant et après les « événements » ayant abouti à la présente guerre généralisée au Levant un rôle de subversion de premier plan.

Compte Twitter de la mystérieuse ambassade US à Damas

Jusqu’à cette heure où nous écrivons, cette ambassade fait la promotion des rebelles et des factions terroristes combattant l’Etat syrien. Le niveau y est tellement bas que le staff de cette étrange représentation diplomatique au large est devenue une sorte de portail du gouvernement israélien et des multiples organisations terroristes activant en Syrie. Sa dernière sortie en date du 27 août 2019 a fait voler en éclat toute la rhétorique « onéreuse » de l’anti-complotisme en tentant de saboter une foire internationale commerciale organisée à Damas en menaçant tous les individus, les sociétés et les négociants de l’extérieur de la Syrie qui voudraient y participer.

De ce fait, non satisfait d’avoir recrutés des milliers de pauvres chômeurs tunisiens, libyens, marocains, soudanais, tchétchènes, ouïgours et envoyé des centaines d’agents de renseignement déguisés en volontaires ou de combattants indépendants (Pays-Bas, Canada, Allemagne, France, etc.) avant de finir par y envoyer des forces militaires et des milliers de tonnes d’armement dont les fameux missiles TOW, Washington se rabaisse jusqu’à s’offusquer de la tenue d’un événement commercial à Damas ou du retour à la vie normale dans la majorité du territoire syrien. Dans un monde normal, Damas, techniquement en guerre avec Israël depuis 1973, aurait du déclarer solennellement la guerre aux Etats-Unis depuis 2015 mais il n’a pas osé franchir ce pas qu’aucun pays visé par Washington n’a osé le faire non plus. Pas même l’Irak assiégé et sous blocus de Saddam Hussein entre 1992 jusqu’en 2003. Autre fait étrange, la Syrie ne s’est pas retirée de la Ligue Arabe dominé par l’Arabie Saoudite et l’Egypte et de laquelle elle en a non seulement été exclue mais désignée au lynchage international puisque la Ligue Arabe a transmis le dossier de la Syrie au Conseil de Sécurité des Nations Unies dans le cadre du chapitre 7 autorisant une intervention militaire contre ce pays. Or la logique voudrait que Damas mobilise sa diplomatie pour tenter de dissoudre cette Ligue Arabe créée par la Grande-Bretagne en 1945 et déclarer son intention de s’y retirer définitivement. De même, Damas n’a jamais osé rompre ses liens diplomatiques avec les pays du Golfe ayant financé l’apparition et l’implantation d’organisation terroristes comme DAECH à partir d’Irak sur le sol syrien avec tous les dégâts que cela a provoqué dans les infrastructures de base et le tissu urbain de ce pays.

La Syrie d’août 2019 a réussi à survivre. Ses forces militaires ont pu se réorganiser et un semblant de vie normale commence à reprendre son cours dans la totalité des zones contrôlées par le gouvernement syrien. Les dissensions apparues entre les adversaires de la Syrie et plus particulièrement entre l’Arabie Saoudite et le Qatar et la polarisation qui s’en est suivie avec l’émergence d’alliances et de contre-alliances (Arabie Saoudite-Emirats-Egypte VS Qatar + Turquie) ont permis à des pays résolument engagés dans la guerre syrienne à lâcher du lest et modifier leur postures selon la posture de l’adversaire qu’est devenu l’allié d’hier. Il ne reste donc sur la scène qu’Israël et ses alliés inconditionnels vs la Syrie mais également l’Irak, l’Iran, le Liban et tous les pays qu’il perçoit comme ennemi. C’est le retour des fondamentaux.

Ce qui se passe au Moyen-Orient n’a pas vraiment changé depuis plus de 70 ans. C’est toujours la poursuite d’une même et unique stratégie. Ou faut-il plutôt parler de complot. Washington ou plus précisément le caniveau Washingtonien est dominé par les tenants et partisans zélés de la politique étrangère israélienne basée elle même sur un nombre très limités d’objectifs aussi paranoïaques qu’irrationnels et dont la stratégie repose sur le maintien de l’hégémonie militaire et technologique sur le voisinage proche et lointain de cette base militaire qui refuse de dire son nom.

La Syrie aurait pu être un pays prospère et riche, son régime choyé par les régimes occidentaux si ses dirigeants avaient choisi de prendre leurs distances avec l’Iran et abandonné le Hezbollah libanais. Mais en matière de stratégie, les syriens se sont toujours montrés supérieurs et leurs alliances le prouvent. C’est d’ailleurs grâce à ces alliances avec la Russie ressuscitée et l’Iran que la Syrie tient toujours le coup. Il est vrai que sa chute programmée depuis longtemps aurait balisé le terrain à une invasion ou un changement de régime en Iran puis au démantèlement de la Russie.

Le complot syrien est assez ancien. Sa poursuite pourrait vite aboutir à une guerre mondiale qui est en cours alors que la majorité de l’humanité continue ses rituels consuméristes et coule sous les dettes.

Nous avons tous été intoxiqués. La guerre en Syrie a fait tomber tous les masques. Le faiseur de marionnettes est nu.

Le Grand Jeu finira dans la poussière.

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