Damas a fermement condamné les patrouilles conjointes américano-turques de convois blindés lourds arborant de très grands drapeaux US et turcs à l’est de l’Euphrate et a qualifié ce spectacle de « violations caractérisée et flagrantes » de la souveraineté de la Syrie.

Côté turc, on affirme que le début des patrouilles militaires conjointes avec les forces américaines sur le sol syrien pose un immense problème à chaque étape et des frictions fréquentes opposent les officiers et les hommes de troupes des deux puissances déployés côte à côte dans le nord de la Syrie. Pourtant les militaires des deux pays ont une longue expérience de travail en commun notamment durant la guerre du Golfe 2 et plus particulièrement après l’invasion de l’Irak et les premières années de destabilisation de la Syrie.

Côté kurde, on estime que tout soldat turc déployé à plus de cinq kilomètres à l’intérieur du territoire syrien à l’est de l’Euphrate est une cible légitime de tous les combattants des factions kurdes, toutes tendances confondues. Dans les faits, les milices kurdes se retrouvent prises au piège: leur alliance avec Washington ne leur a servi à rien et ils se retrouvent une nouvelle fois comme le dindon de la farce puisque Ankara a ordonné à ses militaires de tirer sur le tas dès que des « terroristes kurdes » sont repérés…

Côté américain, c’est une petite victoire symbolique que de pouvoir étaler de grandes et visibles bannières étoilées au dessus de véhicules blindés lourds sur le sol syrien dans ce qui s’apparente à une victoire symbolique. Ce n’est pas la première fois que des forces US opèrent dans le nord ou l’est de la Syrie où ils disposeraitent de plus de 30 camps fortifiés dont le plus important est à Al-Tanf mais c’est la première fois que des forces US parcourant en conquérant l’est de l’Euphrate, flanquées il est vrais par les blindés turcs, sont aussi visibles dans les médias et on se demande ce qu’en pensent les esprits tordus qui vous accusent de complotisme à la simple évocation de ce fait il y a quelques mois.

La guerre en Syrie est techniquement terminée. Hormis les abords de la province rebelle d’Idleb, il n’y a plus de combats ni d’opérations militaires notables dans le reste de la Syrie.

La capitale Damas est extrêmement sécurisée et demeure assez sûre même pour des touristes assez frileux.

Ailleurs, mis à part un risque d’attentat isolé, généralement au mortier ou d’un raid aux missiles israélien, plus rien ne bouge et la vie normale reprend son rythme.

L’Armée syrienne continue sa reconstruction mais n’est pas encore capable d’aller affronter les forces américano-turques qui patrouillent à l’est de l’Euphrate. D’où l’énorme enjeu kurde que Damas tente de rallier à sa cause en dépit de fortes divergences politiques et idéologiques. Car s’il y a bien un élément de divergence entre Ankara et Washington, c’est bien l’attitude à adopter envers les forces kurdes dont une partie sert d’auxilliaires aux Américains. Le président turc Erdogan ne cesse de menacer à cet effet de poursuivre en solo et selon un le propre agenda de son pays l’aventure si Washington continue à protéger ou à promouvoir les kurdes. Vraie divergence ou simple mise en scène tenant lieu de ruse de guerre pour tromper l’adversaire syrien et ses alliés russe et iranien? L’avenir nous le dira.

En attendant, la Syrie continue d’être malgré elle un champ de bataille à des puissances qui prétendaient n’avoir aucune influence sur le fameux mensonge de ce qu’ils ont appelé à tue-tête de « guerre civile syrienne » en poursuivant paradoxalement la lutte sans la participation des syriens. Ce n’est plus une drôle de guerre mais une préfiguration de ce que seront les guerres de la décennie 2020.

La guerre au Levant concerne désormais moins les syriens que les égos et le prestige nationaux des puissances qui ont allumé le feu en Syrie. C’est un changement de paradigme assez important pour être souligné. Les sites minoritaires qui avaient dès le début de cette guerre perçu le facteur exogène furent tous taxés comme « complotistes » et donc  » peu ou pas crédibles ». Que dire maintenant, presque neuf ans après, en visionnant ces images dignes des romans les plus fous de politique-fiction montrant des blindés US et turcs pavillions au vent? Il est clair que l’accusation de complotisme n’a jamais été neutre ni bienveillante mais revêt une fonction d’appoint à la propagande système. Et cela marche sur les esprits mimétiques ou les personnes qui adhèrent à l’ordre établi par peur de perdre leurs petits privilèges souvent insignifiants si on les compare à la grosse arnaque multiforme dont ils sont victimes (et nous avec). La critique est un art difficile de haute volée.

Dans le passé récent, un peu avant la création du NovLangue PC, les incursions de forces militaires étrangères dans un pays souverains étaient assimilées à une invasion. Ce n’est plus le cas de nos jours.

Le Grand Jeu continue de plus belle. En attendant, les uns jouent avec le feu et les autres avec le vent. Les plus futés jouent avec l’eau. Comprenne qui pourra.

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