La malédiction du meurtre d’Itzhak Rabin poursuit toujours Benyamin Netanyahu et même si ce dernier a réussi à force de fraude, de populisme extrême et de trahisons à « gagner » cinq mandats consécutifs-un record!- comme Premier ministre de l’Etat d’Israël, il sera celui par qui le malheur est arrivé.

La carrière politique de Benyamin Netanyahu s’est terminée dans l’ignominie et la lâcheté. Ce serait une pure folie si ses soutiens et par dessus tout ses mentors cachés (Israël est dirigé par un cabinet collégial et secret) continuent à le considérer comme une carte gagnante. Dans les faits et à posteriori, Netanyahu et son cabinet n’ont pas brillé par leur compétence. Loin d’être un César investi des pleins pouvoirs en temps de guerre, Nétanyahu s’est révélé être ce qu’il a toujours été: un démagogue opportuniste. C’est dans l’air du temps mais dans le cas d’Israël, il y a des contingences géostratégiques qui ne pardonnent aucun faux pas. Et les faux pas, Netanyahu ne cesse de les accumuler.

Israël de 2019 n’est plus celui des années 1970-1990. La société israélienne a profondément changé et l’impératif de la survie a disparu. La crise du sionisme et un matérialisme débridé doublé d’un individualisme total ont fait voler en éclats les idéaux des premiers Kibboutzim.

Il y a un facteur exogène important qui a influé sur la capacité d’Israël à manoeuvrer et le président américain Donald Trump n’est pas étranger à l’incapacité dans laquelle se trouve le cabinet Netanyahu.

L’affaire Epstein aurait pu enterrer la moitié de ce que Philippe Grasset désigne comme Washington-La-folle. Elle a surtout servi à tétaniser un cercle restreint de décideurs ayant une redoutable influence sur la politique intérieure et étrangère des Etats-Unis, confirmant au passage l’existence d’un conflit réel et sans limite à l’intérieur des cercles dirigeants de l’Empire. Certes, Israël n’a jamais eu l’influence que beaucoup lui prêtent dans la conduite des affaires internationales. Israël n’est qu’un acteur parmi tant d’autre de l’échiquier international avec ses limitations et ses faiblesses. D’ailleurs, la stratégie US du Moyen-Orient, influencée en partie par des réseaux d’influences favorables aux politiques israéliennes ont fini par mettre en danger l’existence même d’Israël. Paradoxalement, les israéliens ont perdu la guerre du Levant mais ont gagné de nouveaux alliés sur lesquels ils comptent plus désormais que sur leur grand allié US: les pays arabes du Golfe. C’est un retournement majeur. On verra dans quelques années ce que ce revirement va engendrer.

Les choses changent. Le Hezbollah libanais, ce cauchemar absolu des stratèges israéliens, a changé les règles d’engagement. Cela fait longtemps que les militaires israéliens sont prêts à tout pour éviter d’être postés sur ce qu’ils désignent comme le Front Nord. Désormais l’Armée israélienne se replie à des kilomètres à l’intérieur et abandonne ses postes d’observation à la frontière libanaise. Le Premier ministre Benyamin Nétanyahu se cache au son de la première sirène d’alerte suite à des tirs de roquettes palestiniennes depuis Gaza et une société entière s’interroge sur l’avenir d’Israël dans l’ère post-sioniste. Depuis Beyrouth, le Secrétaire général du Hezbollah qualifie Tsahal d’Armée hollywoodienne et assure, voire martèle qu’en cas de conflit, la question de savoir si la Galilée sera ou non investie par les forces terrestres du Hezbollah ne se pose même pas. Netanyahu n’y peut rien ou si, promettre des monts et merveilles à ses soutiens les plus ultras et plus irrationnels: l’annexation de nouveaux territoires. Une provocation électoraliste à la légère que tous les pays de la région dont la Syrie et l’Arabie Saoudite condamnent dans les termes les plus fermes.

Avec Netanyahu et consorts, on peut être sûrs qu’Israël va droit au mur. Et pas le bon mur ni même le mur des lamentations. Trump y est pour quelque chose. Il y a quelque chose qui s’est brisé entre la Maison Blanche et le reste de l’empire au sujet du Levant. Le Départ de John Bolton, un idéologue de l’ère diluvienne très favorable aux thèses extrémistes israéliennes n’est que la conséquence et non la cause d’un profond clivage non apparent au sein des élites du monde dit occidental.

Le complotisme est officiellement mort, foudroyé par un cliché pris à Berlin réunissant un jeune hong kongais d’origine sud-vietnamienne, un syrien oscarisé, un maire ukrainien et une activiste iranienne tous proches d’une Nancy Pelosi (lire le clan de Hillary Clinton et consorts), du philanthrope George Soros et de Haas, le ministre Allemand des Affaires étrangères qui se prend pour le nouveau Goebbels du quatrième Reich européen dont le siège est à Bruxelles. Mauvaise idée de confier le rôle de leader à l’Allemagne en Europe. La Seconde guerre mondiale n’a donc servi à rien.

En élisant Netanyahu, les israéliens ont choisi la chute. On ne confie pas le sort d’un Etat à un charlatan qui s’est fait une notoriété en politique en hurlant au meurtre et applaudissant l’extrémisme. On voit le résultat du populisme et de la démagogie. Israël est à la dérive. Trump souffle le chaud et le froid et joue tantôt à la roulette russe et au poker menteur. On ne sait plus qui est l’ennemi de l’autre et qui est l’ami. Ce que l’on sait est que l’Union européenne paiera tôt ou tard son suivisme aveugle et que du moment ou la Grande-Bretagne ne veut absolument pas participer au cirque des apprentis dictateurs cachés derrière une batterie infinie de réglementations supranationales réunissant 28 pays que rien ne lie, c’est que cela ne va pas tenir longtemps.

Et nous autres dans tout ce bouleversement majeur? Rien ne va changer pour nous autres. Au final, Israël n’a jamais été un problème majeur ailleurs qu’au Levant. Les israéliens sont autant victimes de l’arnaque du système économique prédateur que les grandes côteries financières ont imposé à la quasi-totalité de la planète que ne le sont les iraniens du fait des dures sanctions imposées à leur pays. Le problème véritable est à rechecher dans les profondeurs de la bassesse, l’égoïsme et l’avidité de l’humain. Le problème c’est nous.

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6 commentaires

  1. Si le Hezbollah arrive à s’infiltrer en terre d’usure, la priorité pour eux sera de trouver l’emplacement d’une ou deux bombes nucléaires et de se procurer un vecteur pour pouvoir les lancer dans les plus brefs délais. Ça pourrait dissuader les tapettes européennes, américaines et du golfe de venir au secours de leurs maitres 🙂

  2. Pas nous, car « nous » c’est avant tout les gens qui portent un regard critique envers le système prédateur qu’une petite clique parfaitement criminelle a imposé au monde. Ton blogue est très symptomatique de ce « Nous ».
    Je ne culpabiliserais jamais devant cette catastrophe car je la critique en dénonçant ses architectes depuis très longtemps. Bonne continuation

    1. Author

      Il s’agit pas de culpabilisation. Il suffit de se tourner dans la rue pour constater le degré de soumission de l’espèce humaine.

      Merci!

      1. Eh oui, encore une fois, il faut porter un regard anthropologique au sens de la biologie du comportement pour comprendre où va le monde. L’humain est resté ce qu’il était du temps des sociétés de chasseurs cueilleurs semi nomades. Fait pour des interactions en vis à vis dans des groupes de quelques dizaines d’individus. Le langage corporel et oral prime. Même l’odeur corporelle, perçue ou non, est importante. Nous nous accomplissons dans l’action et avons nécessité d’avoir des activités vivrières pour ne pas sombrer dans la dépression ou toute forme de trouble psychiatrique. Toutes choses que n’offrent plus les mégalopoles technicisées actuelles. Nous avons générés des chefs de tribus ne connaissant pas leurs membres pléthoriques et atteints d’un hubris démesuré démultiplié par les leviers de l’argent accumulé qui soumet et asservi et des portes voix médiatiques. L’humain moderne est atteint de névroses voire de psychoses avec leur lot de troubles grave du comportement par incapacité à assouvir des besoins émotionnels et physiques fondamentaux tels que légués par des millions d’années d’évolution en milieu naturel. La bonne nouvelle ? La nature va revenir nous donner de quoi nous occuper à survivre. C’est à cela que nous sommes bons, en petits effectifs et avec des technologies simples et compréhensibles par tous.

  3. Bien analysé

    Mais doit-on se mettre dans le « Le problème c’est nous » ?
    Si c’est le cas, alors pourquoi faire cette analyse/opinion ?

    Cela dit, pour ma part, la cause palestinienne est une cause universelle à défendre et soutenir, ne serait-ce qu’intellectuellement

  4. Bien dit le problème c’est l’humain, comme je le dis souvent la faune et la flore se porterait bien mieux sans nous.

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