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26/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Donald Trump dévoile ses véritables intentions: « Il est grand temps de sortir de [mettre fin à] ces guerres sans fin ridicules »

On le savait depuis un bon bout de temps, Donald Trump n’a jamais été en faveur des guerres sans fin de l’Empire et quels que soient les griefs retenus contre lui, il est à ce jour le seul président américain du 21ème siècle à ne pas avoir déclenché de conflit depuis son avènement.

Il vient même de le dire publiquement au sujet du retrait des troupes US de la Syrie septentrionale et orientale, un sujet brûlant pour lequel l’État profond a failli organiser une mutinerie au sein de la pléthorique communauté du renseignement militaire et une partie des forces armées américaines.

Sans ambiguïté aucune, Trump annonce la couleur dans ce qui se révèle être une nouvelle salve à l’endroit de ses nombreux ennemis au sein de ce que l’on désigne, faute de mieux, de l’État profond US et ses ramifications européennes: « Les États-Unis étaient supposés rester 30 jours en Syrie, c’était il y a des années. Nous sommes restés et nous nous sommes enfoncés de plus en plus profondément dans une bataillep qui n’a aucun objectif à terme. Quand je suis arrivé à Washington, l’EI [Daech] devastait la région. Nous avons rapidement défait 100% du califat de l’EI [Daech] incluant la capture de milliers de combattants de Daech, la plupart vénus d’Europe. Cependant l’Europe ne voulait pas leur retour chez eux et a dit à l’Amérique de les garder ! J’ai dit NON ! Nous vous avons rendu une grande faveur [en vous débarrassant de ces combattants] et maintenant vous voulez que les États-Unis les gardent dans leurs prisons à des coûts exorbitants. C’est à vous [européens] de les juger … « 

Le président US Donald Trump laisse penser ici que les pays européens sont d’une façon ou d’une autre les premiers responsables de l’apparition de Daech en Syrie pour ne pas aller jusqu’à dire qu’ils ont envoyé des milliers de combattants en Syrie pour y semer le chaos. Pour Trump, c’est l’Amérique qui est venue essuyer les dégâts des européens au Levant et en guise de remerciements, ils ne veulent plus entendre parler du problème. Posture typique de la politique de l’autruche propre à l’Union européenne. Or Trump affirme que ces combattants jetés comme des kleenex devaient être jugés chez eux dans leurs pays et donc en Europe. La France et la Grande-Bretagne ont tout fait pour convaincre l’Irak et les autorités du Kurdistan irakien de se débarrasser des traces.

Et ce n’est pas fini! Trump sort l’artillerie lourde et tire à tout va:

Il confirme le petit secret de polichinelle maintenant la « loyauté » des kurdes en Syrie: « les kurdes se sont battus à nos côtés mais ont reçu massivement de l’argent et des équipements pour cela. Ils sont en guerre contre la Turquie depuis des décennies. J’ai retenu cette guerre [entre les kurdes et la Turquie] pendant trois ans mais maintenant il est temps pour nous de sortir de ces interminables guerres ridicules, tribales pour la plupart, et ramener nos soldats à la maison. « 

L’allusion de Trump à la grande offensive terrestre et aérienne que le président turc Erdogan s’apprête à lancer sur les kurdes de Syrie est assez claire. Les Américains ont du avoir des difficultés extrêmes à travailler avec deux ennemis jurés qui n’attendaient que le moment propice pour exterminer l’autre.

Et Trump annonce la couleur à l’État profond au risque de soulever contre l’ensemble de l’Empire:

« NOUS NOUS BATTRONS LÀ OÙ EST NOTRE INTÉRÊT ET UNIQUEMENT POUR GAGNER. La Turquie, l’Europe, la Syrie, l’Iran, la Russie et les kurdes devront se débrouiller et voir ce qu’ils veulent faire des combattants de Daech dans leur » voisinage ». Ils détestent tous Daech avec lequel il sont ennemis depuis des années. Nous sommes à 7000 milles de la zone et nous ecraserons Daech à nouveau s’il se manifeste près de nos frontières. » En décodage express, Trump lance à tous les acteurs étatiques et non-étatiques impliqués dans les guerres du Levant un « démerdez-vous » historique assez osé vu l’implication de Washington et de ses vassaux européens dans la création de Daech en Irak/Syrie sous les administrations Bush et Obama.

Damas, Moscou et Téhéran ont beaucoup à dire au sujet du nettoyage de la table. On sait que les trois capitales ont toutes plus ou moins négocié en secret avec Washington sur le sujet. Trump le suggère fortement en tous cas et ce sujet est fascinant. Remarquez au passage que Trump demeure fort prudent et qu’il n’a pas évoqué une seule fois Israël ou l’Arabie Saoudite dans ce grand capharnaüm qu’est devenu le Moyen-Orient.

Une partie du commandement militaire US est de l’avis de Trump et dans les faits, des forces US sont en train d’être retirées de l’extrême nord de la Syrie laissant le champ libre aux troupes turques qui ne rêvent que d’en découdre une fois pour toutes avec les kurdes. Ces derniers se retrouvent encore une fois piégés par leur idiosyncrasie qui n’a jamais changé depuis un siècle. Ils se retrouvent abandonnés une nouvelle fois et n’auront aucun autre choix possible que de se tourner vers Damas pour faire face à l’infernal rouleau compresseur turc, lequel n’a jamais été réputé pour faire dans la dentelle. Une situation paradoxale de plus dans un Moyen-Orient où les guerres hybrides de l’empire et l’ensemble de sa stratégie ont été mises en échec et mat.

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