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22/10/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Global Hawk

La perte d’un second drone en Libye occidentale indique l’émergence d’une nouvelle réalité en Libye et l’existence de nouvelles capacités de guerre électroniques anti-drone au sol

Moins de 24 heures après la perte, en Tripolitaine (Libye occidentale), d’un drone de reconnaissance MQ-9A Predator B italien de l’opération « Mare Sicuro« , un autre drone, américain cette fois, fort probablement un Northrop Grumann RQ-4 Global Hawk, a été perdu à l’ouest de la capitale Tripoli.

L’Africom demeure muet sur le type de l’appareil perdu.

Les forces du Maréchal autoproclamé Khalifa Haftar, lesquelles se sont autoproclamées sous le nom d’Armée Nationale Libyenne (ANL), affirment avoir abattu le drone MQ-9 italien. Des photos de l’épave carbonisée du drone ont été diffusées sur internet par des partisans de Haftar.

Ce n’est pas la première fois que l’Italie perd des drones en Libye.

Les forces de Haftar considèrent l’Italie comme l’un des pays soutenant le gouvernement de Tripoli avec lequel ils sont en rivalité pour la prise du pouvoir en Libye.

La perte de deux drones assez sophistiqués au dessus de la Libye occidentale en moins de 24 heures (trois selon des sources sûres) pourrait indiquer l’existence de nouvelles capacités de brouillage électroniques et de lutte anti-drone en Libye.

Les soupçons d’un nombre élevé d’analystes proches de l’Otan pèsent sur le fameux Groupe Wagner dont l’activité est attestée en Libye.

D’un point de vue géopolitique, l’espace aérien libyen est ouvert aux appareils de l’Otan et d’autres pays comme ceux des Emirats Arabes Unis et L’Égypte, lesquels soutiennent ouvertement l’un des deux principaux protagonistes du conflit libyen.

Le seul pays voisin de la Libye disposant d’une réelle capacité à détecter, brouiller, pirater et détruire l’ensemble des drones et avions sans pilote actuellement en service au sein de l’Otan est l’Algérie mais ce pays n’est pas impliqué dans le conflit et se contente jusqu’à présent de soutenir diplomatiquement le gouvernement Tripoli.

Dans tous les cas de figure, l’Algérie qui dispose de liens fort amicaux avec Rome en dépit de la baisse par deux des importations de gaz algérien vers l’Italie, ne soutient nullement Haftar qu’elle considère plutôt comme un élément nuisible sur la scène politique libyenne.

L’Algérie voit d’un très mauvais œil l’implantation de bases de drones au Nord du Niger et de bases secrètes de l’Otan en Tunisie. Les systèmes S-400 de la défense aérienne algérienne suivent régulièrement en temps réel tous les objets volants au dessus de la Libye jusqu’à Tobrouk près des confins entre la Cyrénaïque et L’Égypte occidentale. Cependant, Alger qui a été exclu du processus de paix libyen par Berlin et Paris, n’intervient pas dans son voisinage et adopte une attitude attentiste et passive, sachant pertinemment qu’aucun pays occidental ne pourra résoudre même à long terme, le conflit libyen et ses métastases au Sahel.

Reste le groupe Wagner que des analystes occidentaux considèrent proche du Kremlin même si la réalité de ce groupe privé est bien plus complexe à appréhender. Les commandos Wagner sont devenus de mieux en mieux armés, surtout en système SAM et de contre-mesures électroniques depuis un combat meurtrier en Syrie orientale contre des forces aériennes US. Il semble que l’espace aérien aérien libyen ne sera pas aussi ouvert dans les prochains mois. De nouvelles forces imposent une nouvelle réalité sur le terrain.

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