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20/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Retour sur la mort de 13 militaires et la perte de deux hélicoptères français dans un combat nocturne près d’In-delimane, Ménaka (Nord-Est)

Mirage 2000D
Carte d’illustration tirée du projet de développement local ACTS Liptako

C’est une information officielle, à prendre avec des pincettes car le gouvernement français a imposé une sorte de black-out total sur le déroulement des opérations de combat dans le Sahel.

Ce que l’on sait de source locale diffère naturellement de l’information aseptisée fournie.

Le commandement militaire français a engagé une escadrille de Mirage 2000D, un hélicoptère Cougar et deux hélicoptères d’attaque Tigre dotés de moyens de vision de nuit pour pourchasser un pick-up Toyota à double réservoir tous feux éteints et une petite poignée de gars à motocyclettes connaissant parfaitement le terrain et s’orientent à l’aveugle sans l’aide de GPS, Glonass, Galileo ou Baidu.

La poursuite fut rendue très difficile par la présence d’un oued (cours d’eau asséché)

Cette stratégie du marteau ne fonctionne pas et demeure d’un coût fort onéreux.

La présence militaire française au Sahel n’a rien à voir avec une quelconque lutte contre le terrorisme mais s’insère dans le cadre classique de la préservation d’une exploitation post-coloniale de ressources minières et énergétiques. Le reste n’est que de la mise en scène. La France y défend son dernier pré-carré colonial en Afrique et entend bien pouvoir continuer l’usage du Franc CFA en Afrique occidentale.

Aucun groupe armé au Sahel ne peut remonter des milliers de kilomètres de Sahara, faire face aux redoutables et pléthoriques appareils de sécurité maghrébins, traverser la Méditerranée et venir menacer la forteresse Europe.

Ce qui c’est passé à Ménaka confirme encore une fois, une fois de trop, l’échec de l’approche militaire française au Sahel face à des contrebandiers connaissant parfaitement le terrain. Cette approche saigne les ressources financières de la France mais également celles de pays donateurs (Emirats Arabes Unis et dans une moindre mesure depuis quelque temps l’Arabie Saoudite) et conduit à une situation semblable à celle prévalant en Afghanistan. Un cul-de-sac sans aucune possibilité de sortie et un résultat égal à zéro. C’est le supplice de Sisyphe.

Inutile d’évoquer ce que beaucoup de militaires reprochent aux jeunes pilotes des hélicoptères Tigre. Cela ne nous intéresse guère. Ce genre de comportements existe dans toutes les Armées du monde depuis toujours. Un système d’armes n’est pas un jouet certes mais la guerre n’est-elle pas au fond un jeu ?

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