08/08/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Le parlement turc avalise comme prévu le projet de déploiement de forces turques en Libye, rapide état des lieux des forces en présence

Comme prévu, le parlement turc réuni en session extraordinaire vient d’approuver l’envoi de forces militaires pour soutenir le gouvernement d’entente nationale de Tripoli en Libye.

On savait que la Turquie allait tout faire pour envoyer légalement des troupes à Tripoli et Misrata après avoir envoyé des mois durant des armes et des « conseillers militaires » pour soutenir le gouvernement de Fayez al-Sarraj.

A la lumière de ce dernier développement attendu, passons en revue maintenant de façons succincte mais exhaustive la liste des intervenants étrangers dans la guerre en cours en Libye, une guerre faut-il le rappeler, déclenchée le 19 mars 2011 par le trio Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron, respectivement ex-Président des États-Unis, ex-Président de la France et ex-Premier ministre de la Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord:

I- FORCES INTERNATIONALES ET SUPPLÉTIVES SOUTENANT L’ARMÉE NATIONALE LIBYENNE OU LNA DU MARÉCHAL KHALIFA HAFTAR (GOUVERNEMENT NON RECONNU DE TOBROUK ET PARLEMENT RÉFUGIÉ À AL-BAYDA):

  1. Forces armées égyptiennes, notamment des forces spéciales, des blindés et des avions de combat.
  2. Présence avérée et sporadique de mercenaires français appartenant à huit sociétés privées de sécurité ainsi que des officiers de liaison et des hommes des COS (cf. abandon du QG de Haftar à Gharyan et exfiltration via la Tunisie). En outre la France a fourni aux forces de Haftar des missiles antichar FGM-148 de fabrication US ainsi que des équipements spéciaux.
  3. Instructeurs et conseillers militaires jordaniens en plus de blindés légers.
  4. Drones d’attaque et avions de combat des Emirats Arabes Unis, qui ont envoyé en Libye leur propre compagnie de sécurité privée gérée par des anciens vétérans de l’ex-Blackwater et de Academi.
  5. Combattants soudanais de l’Armée de Libération du Soudan, aile d’Abdelwahed.
  6. De 500 à 700 combattants soudanais, concentrés à Jufrah.
  7. Des centaines de combattants Tobbou du Tchad (contrôle de Sabha) dans le Fezzan.
  8. 1200 combattants Janjawid du Soudan, concentrés principalement dans le croissant pétrolifére.
  9. Mercenaires recrutés au Niger et au Tchad.
  10. Groupe Wagner avec prédominance de combattants ukrainiens, serbes, monténegrins, lettons, bulgares et grecs, etc.
  11. Pilotes de combat de location issus de 13 pays du Moyen-Orient, d’Europe et d’Amérique du Sud.
  12. Observateurs US.

II- FORCES ÉTRANGÈRES SOUTENANT LE GOUVERNEMENT D’ENTENTE NATIONALES DE TRIPOLI (FAYEZ AL-SARRAJ)

  1. Officiers de liaison des services spéciaux turcs, présence de forces spéciales et d’opérateurs de drones d’attaque turcs.
  2. Blindés et éléments de l’artillerie auto tractée de fabrication turque
  3. Éléments des services de renseignement italiens et intermédiaires en courtage dans le commerce des armes.
  4. Afflux de combattants rebelles syriens via Gaziantep (Turquie)
  5. Mercenaires du Niger et du Mali.
  6. Observateurs US.
  7. Précurseurs britanniques des SAS ou Special Air Service en compagnie d’agents chargés d’observer l’évolution de la situation.

La guerre civile en Libye rappelle de par sa complexité et le nombre d’intervenants étrangers certains aspects de la terrible guerre d’Espagne de 1936 mais l’analogie s’arrête à ce dernier aspect. Il semble que le pétrole dont la Libye regorge ne soit pas la seule raison de ces rivalités croisées entre des pays de l’Otan et du voisinage géopolitique immédiat et éloigné autour de la Libye. L’objectif semble bien plus grand et important: il s’agit d’un nouveau remodelage stratégique majeur où chaque pays entend avoir sa petite place au soleil.

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