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28/11/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Lavrov confirme une information de Strategika 51, l’Iran poursuit une nouvelle stratégie asymétrique pour dégager les forces US/OTAN de l’ensemble de la région centrale du monde

Le Chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov, a confirmé une information que Strategika 51 a été le seul à rapporter au sujet de l’attaque balistique iranienne du 08 janvier 2020 contre les bases US dans la province irakienne d’Al-Anbar et au Kurdistan irakien selon lesquelles des chasseurs-bombardiers US de type F-35 survolaient les confins irako-iraniens très peu de temps avant la destruction du Boeing 737-800 ukrainien par la défense aérienne iranienne.

«Il y a des informations selon lesquelles, après l’attaque [contre des bases US en Irak], les Iraniens s’attendaient à une nouvelle frappe américaine. Ils ne savaient pas sous quelle forme, mais il y avait au moins six F-35 en vol dans l’espace aérien juste à la frontière iranienne. Ce sont des informations, à mon avis, qui doivent être encore revérifiées. Mais je veux juste souligner que la nervosité est toujours présente dans de telles situations», a affirmé Serguei Lavrov selon le réseau d’informations russe Sputnik.

Strategika 51 a en effet reçu une information le 08 janvier 2020 sur le décollage d’avions de combat US de type Lockheed-Martin F-35 Lightning II et de Lockheed Martin F-22 Raptor de plusieurs bases de pays du Golfe peu après que les premières salves de missiles balistiques iraniens se soient abattus avec une violence inouïe sur la base aérienne d’Ain Assad dans la province irakienne d’Al-Anbar en Irak occidental. Ce qui a non seulement mis en état de combat l’ensemble du dispositif de défense anti-aérienne de la République islamique d’Iran mais a provoqué le décollage téméraire d’avions de combat iraniens pour intercepter la menace. Il est apparu plus tard que des avions de combat US se sont approchés des frontières iraniennes pour simuler une attaque aérienne en concomitance avec une solide cyberattaque et de multiples brouillages électromagnétiques pour leurrer la défense iranienne et lui faire croire à une attaque aérienne. Les radars iraniens étaient totalement saturés d’objets hostiles et il a fallu beaucoup de sang-froid aux officiers de la défense antiaériennes pour ne pas déclencher un tir de barrage massif et décharger la plupart des batteries de missiles SAM. Seule exception, l’équipage d’un système TOR M1 (9M331) modifié dépendant d’une des brigades du dispositif défensif de Téhéran, a lancé deux missiles Sol-Air contre un Boeing 737-800 civil ukrainien, tuant 180 personnes à bord.

La tragédie du Boeing 737-800 ukrainien dont la responsabilité a été courageusement assumée par Téhéran commence à livrer quelques secrets: les dizaines d’arrestations effectuées par les unites de la police militaire iranienne au sein des forces aérospatiales iraniennes ont permis la découverte de saboteurs et il n’est plus exclu à ce stade que l’ordre de tir adressé au chef de l’unité ou son absence soit un sabotage intelligent.

Dans tous les cas de figure, la succession des événements depuis l’assassinat du général-major Qassem Sulaimani indique que:

  1. Aucune défense antimissile ou anti-balistique US ne semble fiable et les performances supposées des systèmes d’armes du type Patriot ne sont que de l’emballage marketing pour booster les ventes à des pays alliés;
  2. Que la force Al-Quds, le petit corps de 15 000 hommes issus des Pasdarans et destinés aux opérations de guerre asymétrique à l’étranger a pu être inflitrée;
  3. Que les Etats-Unis ont déclenché l’une des plus importantes cyberattaques contre l’infrastructure informatique et communicationnelle de la défense iranienne avec des résultats limités;
  4. Que des avions de combat US avaient simulé une attaque contre l’Iran le 08 janvier 2020 pour renforcer la réalité virtuelle d’une attaque aérienne à des fins de déstabilisation;
  5. Que le pouvoir iranien et à sa tête le Guide Suprême de la Révolution iranienne, l’Ayatollah Ali Khamenei s’est mobilisé pour une guerre totale mais asymétrique avec les Etats-Unis et Israël avec pour objectif affiché: dégager l’ensemble des forces US/OTAN du Moyen-Orient et dans la foulée d’Afghanistan et du Golfe.

Que l’on s’y trompe pas. Par un seul acte, Washington s’est embourbé dans un labyrinthe géostratégique qui a déjà entamé l’image des Etats-Unis en tant que superpuissance globale. Le prêche de l’Ayatollah Ali Khamenei du 17 janvier 2020 dans une mosquée de Téhéran, le premier depuis 2012, a très fortement marqué les esprits. C’est le genre de discours que même un observateur très averti des affaires du Moyen-Orient n’aurait jamais cru entendre de son vivant. Le ton de Khamenei ne laisse subsister aucun doute sur la volonté de Téhéran de se doter de tous les moyens possibles de dissuasion face à une menace existentielle.

L’Iran semble avoir pris la mesure de la menace de la guerre de cinquième génération visant à créer des dissensions et des révoltes au sein de sa population par une nouvelle ingénierie du chaos interne, ce que Washington ne cache plus et il est fort probable qu’à ce jeu, le plus faible ne soit pas celui que l’on désigne. Les ennemis de l’Iran comptent beaucoup sur les sanctions économiques et financières dont l’impact sur la population et l’économie iraniennes sont plus qu’effroyables pour aboutir à une révolution colorée d’un nouveau type qui serait appuyé par toute la panoplie diplomatique, militaire et informationnelle de la guerre hybride totale. Mais l’Iran dispose encore de nombreuses cartes: l’Afghanistan est une cause totalement et irrémédiablement perdue pour les Etats-Unis; l’Irak est un terrain d’affrontement idéal et la Syrie et le Liban abritent des forces alliées aguerries par de très longues années de guerre. Cette guerre est celle de la résilience avec des camps non monolithiques ni d’un côté ni de l’autre.

Pour sa part, l’Ayatollah Khamenei, l’un des hommes d’Etat les plus intelligents et les plus fins actuellement au pouvoir, semble poursuivre une stratégie asymétrique d’un nouveau type dont les contours sont totalement étrangers à l’esprit occidental et l’efficacité dans la non-action est plus prononcée que dans l’action. Tout dépendra de la perception des pays Arabes des enjeux colossaux auxquels fait face la région MENA ou la partie centrale du monde et pour le moment tout indique que l’Iran a de grande chances de l’emporter sur le plan stratégique et politique.

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