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19/09/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Des systèmes Buk-M2E syriens abattent des missiles de croisière israéliens « Delilah » au-dessus de Homs

Les attaques israéliennes contre des objectifs militaires syriens à Al-Qunaitra dans le Golan syrien et à Homs se sont heurtées à un bon vieux système datant de l’ère soviétique, bien que modernisé, lequel n’a jamais déçu ses opérateurs syriens: le système SAM Buk-M2E est quasiment l’un des meilleurs systèmes de missiles Sol-Air de moyenne portée en termes d’économie, de rusticité et d’efficacité. La preuve, le déploiement de systèmes BUK sur le front Nord face à la Turquie a multiplié par cinq les pertes de drones d’attaque turcs et hier, ce bon vieux BUK a réussi à intercepter et à détruire plusieurs missiles de croisière israéliens de type Delilah en phase d’approche finale au-dessus de la base aérienne de Dabaah près de Homs.

Les dernières attaques israéliennes contre des positions militaires syriennes ont impliqué de nombreux systèmes d’armes variant des missiles Air-Sol Rampage au missiles de croisière Delilah ainsi que des avions de combat F-16D et le fameux F-35 I (ces derniers ont plutôt servi de plates-formes de lancement des missiles de croisière Delilah en dehors de l’espace aérien syrien). Les syriens ont utilisé des Pantsir S1 et des systèmes Buk-M2E pour contrecarrer l’attaque au-dessus de Homs.

Comme d’habitude, les israéliens affirment avoir agi pour empêcher une attaque balistique iranienne contre des objectifs militaires israéliens au Golan à partir du territoire syrien. Une affirmation impossible à vérifier et qui sert plus à faire diversion sur la bataille en cours d’Idlib entre la Syrie et la Turquie.

Existe-il une collusion d’intérêts militaires et stratégiques entre Israël et la Turquie en Syrie?

Comme dans tout conflit, la propagande de guerre et la manipulation font rage. A titre d’exemple, la déclaration du ministre français de l’Europe et des Affaires Étrangères contre la décision d’Ankara d’ouvrir les vannes du flux migratoire vers l’Europe servait plus à camoufler la très étroite alliance franco-turque et à intoxiquer l’adversaire (en ce cas de figure l’axe Damas-Moscou) sur une hypothétique divergence au sein de l’Otan. Accessoirement ce genre de déclarations sert également à calmer l’opinion interne, effarée par le déferlement de « réfugiés » lors des années précédentes, conséquence directe des guerres menées par l’Otan en Libye, au Sahel et au Levant.

A première vue, la coïncidence des attaques israéliennes avec l’assaut turc à Idlib et à Alep nous emmènent à privilégier une collusion entre Ankara et Tel-Aviv dans la guerre que subit la Syrie depuis presque neuf longues années. Cependant, les israéliens ne veulent pas d’une Turquie assez forte pour contre-carrer leur plan d’hégémonie au Moyen-Orient. Ce qui explique la levée de boucliers de la plupart des analystes saoudiens et israéliens sur le rôle de plus en plus affirmé de la Turquie d’Erdogan en Syrie et en Irak. Pour ces derniers, une Turquie qui sert d’outil jetable »pour briser les forces armées syriennes et accrocher la Russie dont les relations économiques avec Ankara sont très fortes serait une excellente chose mais pas au delà de ce rôle. Le dépassement de ce rôle par une Turquie de plus en plus imprévisible dans le jeu de positionnement actuel, notamment au sein des États profonds occidentaux et plus particulièrement aux États-Unis, n’enchante guère les élites dirigeantes israéliennes en crise ouverte de gouvernance apparente (Netanyahu a été nommé et non élu en secret comme chef de guerre derrière une parodie de scrutins répétitifs inédits). De ce fait, les turcs servent de marteau dont il faut se débarrasser au plus vite en cas de chute du régime syrien ou de détérioration des relations stratégiques turco-russes par trois moyens possibles:

  1. Un autre putsch visant l’élimination du leadership turc actuel;
  2. Poursuite du plan de démantèlement de l’intégrité territoriale turque sur son flanc oriental;
  3. Une révolution colorée de type 4.0

Pour le moment, Ankara agit strictement dans le cadre de l’Otan en Syrie. La Turquie n’est pas seule à Idlib. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays de l’Otan participent à l’opération en fournissant certains segments de la guerre électronique et une imagerie satellite en temps réel. La guerre en Syrie est une version plus petite d’un véritable conflit mondial opposant toutes les puissances du moment. Tout ce qui a été dit sur ce conflit par les médias de la propagande soporifique universelle est faux. Le conflit n’a jamais été une simple guerre civile mais depuis le début et même avant la continuation d’un conflit bien plus ancien et d’une très grande amplitude.

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