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Paradox [CPS] WW
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31/10/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Le concept d’un gouvernement mondial unifié comme unique solution à la profond crise actuelle ?

L’idée n’est pas nouvelle mais est désormais plébiscitée publiquement par les élites mondiales comme la seule solution de sortie à la très profonde crise actuelle aggravée par le facteur COVID-19.

De plus en plus d’experts préconisent la suppression des dernières entraves archaïques à l’établissement d’une sorte de gouvernement mondial unifié ou d’un ordre international abolissant pour de bon la souveraineté et les limites territoriales de ce qui reste comme États-Nation en tant que concept comme unique moyen de survie de l’humanité.

Après la crise du COVID-19, la plupart des pays du monde devront gérer la plus grave crise économique et financière de l’histoire contemporaine. Une crise qui bouleversera en profondeur le mode de vie et les habitudes acquises par la population mondiale durant le processus connu sous le nom de Mondialisation ou de Globalisation. Le marché libre sera incapable de faire face au séisme de crises systémiques qui vont le paralyser durablement, voire l’annihiler et aucun État, quel que soit sa richesse ou sa puissance, ne pourra faire face seul à la déferlante qui risque d’emporter tout le monde dès le mois d’octobre 2020.

Mais un gouvernement mondial tel que préconisé par Albert Einstein sera t-il efficace après la débâcle d’organisations transnationales telles que celle des Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Ligue Arabe, l’organisation des États d’Amérique, l’ASEAN (Association des États d’Asie du Sud-Est) et d’autres ? Verra t-on le président US Donald Trump, le président russe Vladimir Poutine et leur homologue chinois Xi Jinping siéger au sein d’un conseil d’administration unique dans une sorte de gouvernement mondial trilatéral ou siégeront d’autres représentants de blocs continentaux en tant que simples conseillers techniques ?

Le sujet n’a rien à voir avec une quelconque thèse de politique-fiction. Il est très sérieux et serait fort avancé.

Après la crise du COVID-19, le monde ne sera plus comme avant. Il y aura un changement radical qui affectera non seulement la structure et l’organisation des relations internationales et la nature des États mais jusqu’à nos comportements et croyances. Après des années de relative abondance, le retour des pénuries et de la rareté des ressources détermineront une nouvelle économie politique.

La faillite des États-Nation semble actée. La confiance populaire dans les institutions, une des bases du maintien de l’Etat et du contrat social ne sera bientôt qu’un lointain souvenir chimérique dont la réalité sera disputée et sujet à des controverses philosophiques. L’après COVID-19 sera marqué par l’effondrement des superstructures socio-économiques et la disparition progressive des systèmes culturels établis. Une guerre de grande ampleur sera inevitable sans un nouvel ordre mondial. Cela veut dire que nous vivons actuellement la fin d’une ère ayant commencé avec la Conférence de San Francisco et le début d’une nouvelle ère.

La crise économique actuelle est infiniment plus complexe que celle de 2008. En réalité elle ne ressemble à aucune autre crise connue. Elle risque de provoquer un chaos que le monde d’aujourd’hui n’arrive pas à concevoir mais qui a des précédents dans l’histoire de l’humanité. A l’effondrement soudain d’une civilisation succède une période plus ou moins longue de chaos durant lequel toutes les convictions sont ébranlées. Cela rappelle des épisodes historiques anciens que le monde contemporain n’a jamais connu.

Ce qui est certain pour le moment est que les valeurs ou les supposées valeurs émanant de ce que l’on appelle la Renaissance puis des siècles des lumières se sont totalement effondrées. D’où le début de panique s’étant emparés d’un nombre important de sociétés secrètes dont la fondation remonte au 17 et 18ème siècles. C’est le retour de la réalité. Le monde des maçons n’a jamais prévu qu’en 2020, on préconise encore des recettes issues du haut moyen-âge comme le confinement de populations comme unique solution préventive contre un virus pathogène. Cela signifie l’échec de la science positiviste (le premier ministre italien en appelle à l’ouverture des églises pour faire face au COVID-19 car il estime que la science a échoué, même écho dans certaines parties du monde musulman) mais surtout l’impasse fatale à laquelle nous a mené la corruption intrinsèque de la recherche du gain dans l’industrie pharmaceutique par exemple comme on le voit devant nos yeux.

Comment aussi expliquer qu’une alliance militaire unissant les pays les plus riches et les plus puissants en termes de moyens aient dépensé des trillions de dollars dans un concept de guerre sans fin contre le terrorisme mais soient présentement incapables d’assurer de simples masques, des respirateurs et des médicaments de base pour faire face au COVID-19 ou à n’importe quelle autre épidémie ? La corruption. Le rideau est tombé sur un des plus grands mensonges contemporains. Le concept de guerre sans fin était un justificatif créé de toutes pièces pour assurer un flux continuel de ressources et nourrir une corruption titanesque plus lucrative que toutes les dividendes versées aux capitaines de l’industrie et surtout les actionnaires. C’était et c’est encore une poule aux œufs d’or et cette corruption portant sur des trillions de dollars a grandement affaibli la capacité du monde dit libre à répondre à une épidémie à létalité réduite mais incapacitante du point de vue économique. C’est une errance absolue. Que se serait-il passé en cas de guerre nucléaire dans ces conditions ?

La vanité et l’orgueil humain sont ridicules non seulement à l’échelle du cosmos mais également l’histoire. Les partisans ou les fanatiques du progrès doivent se rendre compte que l’humanité n’est pas plus avancée en 2020 qu’il y a quinze siècles. Avec tout le progrès technique que l’on doit tout de même relativiser car mis à part quelques domaines nous ne sommes toujours pas capables d’envoyer des engins habités au-delà de la haute atmosphère en 2020 alors que cela se faisaient dans les années 1960 et 1970. En dépit de nos millions de publications et de nos cohortes d’ingénieurs et de philosophes, on a assisté médusés à des déplacements de voyageurs dans le cadre de rapatriements en pleine période d’épidémie alors qu’au 7 ème siècle, le prophète de l’islam ordonnait à ses disciples d’éviter de sortir et de rentrer dans une zone d’épidémie jusqu’à la fin de celle-ci. On est fier de nos smartphones de plus en plus high tech qui nous ont créé une nouvelle forme d’addiction, traquent nos faits et gestes et nous ont rendu incapables d’un simple calcul mental que nos ancêtres maniaient avec aisance et dextérité. Le pire est que notre capacité de jugement est profondément altérée. Du coup, on en arrive aux errements de la « théorie du genre » et à considérer ce qui est juste comme du faux et vice-versa. Le progrès dans son acception post-moderne est une guerre contre le bon sens et la logique élémentaire. Ce n’est pas nouveau puisque ça remonte à la religion des mystères et des cultes secrets, tous importés dans ce que l’on appelle par paresse intellectuelle l’Occident et dont les préceptes se sont adaptés plus ou moins dans l’humus culturel en dehors de la vulgate. L’humanité a donc toujours été prédisposée à une forme ou une autre d’esclavage et cest à la lumière de cette vérité fondamentale que l’on comprend mieux les vieux mythes Sumériens évoquant les Annunaki ou encore le terme arabe sémitique fort ancien « Abd » pour désigner l’être humain: serviteur, esclave ou servant. D’où le fatalisme que l’on a attribué et souvent reproché aux populations du vieux Proche et Moyen-Orient au moment où la civilisation industrielle était à son apogée en Europe occidentale et en Amérique du Nord. On s’est rendu compte après l’échec du positivisme triomphant de l’ère victorienne que la science suscite plus de questions que d’explications et que les civilisations, comme les hommes, sont mortelles. Moins on sait et plus on croit et plus on est enthousiastes et volontaires. Et donc plus prompts à passer à l’action. Le mythe du surhomme défiant la nature et tentant de la dompter sans en connaître les mélodies cachées n’est pas loin. Promethée avait fini par payer un prix exorbitant pour son audace. Nous avons le feu nucléaire que nous savons produire de la fission et la fusion d’atomes mais nous ne savons pas comment faire face à un virus microscopique. Le consumérisme et le néolibéralisme (dans sa connotation idéologique péjorative) ont réduit l’innovation de l’esprit humain à une simple course pour le profit et la speculation. Cette prédominance de l’économie virtuelle a anéanti le progrès scientifique et bridé l’avancement technique. Cela a forcé certaines de mes connaissances à écrire noir sur blanc que dans un monde uchronique dominé par les Soviétiques ou les Nazis, l’un ou l’autre auraient conquis la moitié du système solaire avant l’an 2000. Or nous sommes en 2020 et la plupart des inventions que nous utilisons dans la vie de tous les jours remontent à l’antiquité sinon à la préhistoire.

C’est dans ce contexte historique très délicat que les élites intellectuelles mondiale nous proposent désormais un nouvel ordre mondial incluant cette fois un gouvernement mondial unifié sous une forme ou une autre pour nous sortir du fond du trou dans lequel on est tombé. La proposition est intéressante puisque la notion de souveraineté n’existe plus depuis la fin de la guerre froide. Cependant il serait utile de se poser la question suivante: pour quels intérêts de caste travaillerait ce gouvernement mondial et est-ce qu’il ne sera qu’un simple conseil de gestionnaires jetables comme le sont la plupart des dirigeants actuels ? Sera t-il un nouvel outil des mêmes coteries ayant fait main basse sur le système financier mondial ou sera t-il indépendant ? Ce sujet ne relève plus des théories du complot. On y est en plein dedans. La crise que nous vivons actuellement à été en partie souhaitée depuis longtemps par les partisans du chaos créateur et on sait que ces derniers sont de fervents lecteurs des anciens Véda hindous. L’année 2020 est décidément une année charnière à plus d’un titre. Bientôt la plupart d’entre-nous n’aura plus à se poser de questions de ce genre car nous seront tous préoccupés par des besoins de survie immédiate. Les banques et les grandes sociétés de télécommunications se chargeront de nous aliéner puisque rien ne nous appartiendra vraiment. Que feront les puissances désignées comme « negationnistes » par Washington telles que la Chine et la Russie face à cette configuration nouvelle ? Quelle sera la place de pays comme la République Islamique d’Iran et la Corée du Nord dans un tel monde ? Et comment évoluera le supranationalisme juif en Israël dans un tel environnement ?

Nous vivons un basculement d’ère et d’époque. Un changement de toutes les notions et une reification forcée des concepts que l’on croyait bien définis. Le monde ne sera plus le monde et sa face changera à jamais pour un autre nouveau n’ayant aucune ressemblance avec le précédent pour paraphraser une citation d’un génial auteur musulman du 14ème siècle. Beaucoup d’entre-nous et probablement la majorité de l’humanité n’arrivent pas encore à concevoir ce changement en cours. Encore moins à l’accepter. C’est humain. On a tous été plus ou moins conditionnés par un système de programmation mental et comportemental. Or cette programmation risque de ne pas être adaptée à la nouvelle ère qui s’annonce.

Au-delà des apparences et de la narration médiatique uniforme dans la pluralité des langues, chaque grand joueur est en train de préparer ses cartes aux nouvelles configurations géo-économique et géostratégique mondiale. Cette proposition de gouvernement mondial n’est pas nouvelle mais a le mérite de démontrer que certains cercles aspirant à l’hégémonie mondiale n’ont aucunement l’intention de renoncer à leurs objectifs.

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