Archives mensuelles : mai 2020

Requiem pour un empire

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Non, ce n’est pas Benghazi en Cyrénaïque mais à Houston, Texas. La révolte américaine est un double débordement: D’abord, une extension de la lutte souterraine et tenace déchirant des factions de l’Etat profond US, lutte à laquelle se sont joint les cercles dirigeants d’autres pays alliés. C’est aussi l’expression d’un ras-le-bol d’une société disloquée, divisée et profondément inégalitaire, terrain de jeu d’un nombre infini d’expérimentations et de manipulations pour préserver le privilège des élites.

La manipulation y est à plein régime. Les fameux hommes vêtus de noir ou de capuches mènent la casse et orientent le pillage. Ce ne sont pas des manifestants mais des groupes organisés, structurés, agissant selon un agenda bien établi et toujours déguisés. Leur objectif apparent est de semer le chaos.

Ces groupes ne sont pas neutres. Ils appartiennent à une faction du pouvoir US. La célérité avec laquelle la devanture de la chaîne de propagande CNN à été remise en état à Atlanta en dit long sur les véritables instigateurs des troubles sociaux aux États-Unis. Ce n’est pas le cas des biens et des commerces du reste de la population. Comme en Libye, en Syrie ou en Ukraine, des agents masqués orientent la violence ou l’exacerbent. Ces agents provocateurs sont derrière les antifa, sont parmi ce que l’on appelle les suprémacistes aryens, sont aux côtés des organisations noires, collectent du renseignement pour des agences fédérales et certains de ses membres sont envoyés pour organiser et financer les organisations islamistes au Moyen-Orient ou radicales en Ukraine et en Géorgie et partout ailleurs en Eurasie. Ce sont les chiens de l’enfer. Les chiens des élites dominantes tapies dans l’ombre.

C’est l’Etat totalitaire créé par la dynastie corrompue et criminelle des Bush et le criminel de guerre Obama et Biden. Presque deux décennies de guerres injustes contre des pays désarmés et très pauvres, une croissance économique au ralenti en dépit du trafic de stupéfiants organisé par des centaines de sociétés écran de la CIA en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie, une hausse scandaleuse de l’assurance santé, des dizaines de fusillades et de tueries de masse exploités par des médias aux ordres, l’exacerbation des relations entre les minorités et la division à l’infini de la société par l’invention de nouvelles catégories, la division ou plutôt la guerre contre la famille, contre l’homme, contre toute relation sociale saine et pour couronner ce chef d’œuvre du chaos, la création de Daech ou l’Etat Islamique EI ou IS pour continuer la grosse supercherie de la guerre sans fin contre le pseudo-terrorisme, un fonds de commerce sans fin pour les élites et un justificatif à la fois pour les colonies en Palestine et quand l’opinion occidentale commença à se réveiller un peu, la création des ANTIFA et des casseurs, suivant le modèle des agents ayant infiltré depuis longtemps les cercles de l’extrême droite européenne.

C’est une guerre. Une véritable guerre. Ce qui se passe aux États-Unis nous concerne tous parce que nous avons subi nous mêmes les répercussions de cette lutte à mort entre les factions de l’empire. Ils nous ont tous confinés sous un très fallacieux prétexte basé sur une grossière manipulation autour d’un vecteur biologique ayant roulé les meilleurs médecins au monde dans la farine. L’opération de guerre psychologique COVID-19 fait partie integrante de la guerre mondiale en cours et s’inscrit dans le sillage des révolutions colorées, du Printemps Arabe et des grandes manipulations de type 11 septembre. Elle constituent surtout un épisode paroxystique de la lutte entre deux factions mondiales.

Des Antifa de la CIA entraînant des séparatistes des YPG en Syrie

L’un des objectifs de cette guerre est la destitution, la démission ou l’élimination de Donald Trump, des options prioritaires après l’épisode Epstein et la mise à nu de l’extrême corruption et la perversion sans limites des élites dirigeantes. L’opération COVID-19 est un échec complet et remet en cause la pertinence de la médecine actuelle, un sujet qu’il faudra aborder avec courage dans l’avenir, il restait le terreau fertile des fractures sociales aux États-Unis, un pays socialement détruit par l’ultra-libéralisme ou plutôt la prédation économique, la violence et le racisme.

En désignant les Antifa comme une organisation terroriste non domestique et donc mondiale, l’administration Trump prend un risque majeur car les Antifa n’est pas une organisation centralisée ou nationale, c’est une nébuleuse de groupes sans véritable leaders financés par de puissants mécènes cachés. Il n’y a pas que le milliardaire hongrois Soros qui finance lz casse mais il s’agit de dizaines d’auto-proclamés philanthropes, tous milliardaires et adhérant sans réserve au Sionisme international. Ce sont les mêmes financiers du Likoud qui donnent des fonds aux Antifa sous le label de l’extrême-gauche tout en finançant les partis de l’extrême-droite. C’est une stratégie aussi vieille que celle ayant déterminé en coulisse la bataille de Waterloo en 1815.

Tout cela ne justifie en rien l’extrême violence multiformes que subissent les populations afro-Americaines ou encore la violence disproportionnée de certains éléments de la police souffrant de graves troubles psychiatriques et de pulsions criminelles. Le recrutement de vétérans ayant commis de très graves crimes de guerre contre des civils en Afghanistan, en Irak et ailleurs a aggravé le phénomène de la violence policière aux États-Unis. La colère populaire légitime contre cette violence policière est actuellement exploitée par l’Etat profond US et ses bras armés pour emporter la lutte et rétablir leur pouvoir totalitaire au langage contrôlé. Donald Trump a beau avoir fait des courbettes à ne plus en finir à Israël et ses soutiens, menacer le Venezuela et l’Iran, critiquer en permanence la Chine en la désignant comme l’ennemi à abattre, cela ne lui épargnera pas une guerre civile en plein Washington D.C. et jusqu’aux rives du Potomac. Ce scénario est d’autant plus plausible que le clivage qui s’est créé entre la base électorale de Trump et ses adversaire revêt une dimension idéologique plus marquée que l’hostilité entre les Nazis et les Soviétiques durant la seconde guerre mondiale.

Dans un monde ou le chômage de masse sera la norme pour très longtemps, le mercenariat est une valeur sûre et montante.

L’opération du COVID-19 est une grosse supercherie qui ne dupe plus personne. La manipulation a atteint un niveau extrêmement élevé. Nous avons tous été manipulés par des statistiques sur un nouveau virus de la famille des Coronaviridae et par dessus tout une présentation orientée de statistiques relatives à la mort que les sociétés occidentales ont complètement décidé d’ignorer. Le COVID-19 n’est qu’une séquelle du Grand Jeu en cours. Ce Grand Jeu qui a été déraillé en Syrie ou au Levant.

En 2021, tout porte à croire que cette guerre mondiale hybride de haut vol continuera avec d’autres innovations impliquant des attaques cybernétiques visant les réseaux électriques nationaux ou transnationaux, l’interruption du réseau internet ou le lancement d’autres attaques biologiques et chimiques. Ce qui est certain pour le moment est que la reprise des essais nucléaires par les États Unis est inévitable, mettant fin à un moratoire et au dernier dispositif du désarmement nucléaire. Mais ce sera trop tard car la Chine et la Russie ont saisi le degré de la menace inhérente à la chute de l’empire decidée par des élites sans nom et se préparent au pire des scénario possibles.

Comme dans toute guerre, les populations seront les seules à souffrir d’un basculement inédit de l’axe du monde.

La télévision nord-coréenne diffuse un reportage sur l’assassinat de George Floyd tandis que Téhéran condamne fermement la ségrégation raciale contre les noirs aux États-Unis

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La Télévision officielle nord-coréenne a diffusé un reportage sur l’assassinat de George Floyd par la police de Minneapolis, Minnesota, alors qu’il était désarmé, à terre et menotté.

Le commentaire nord-coréen s’est contenté d’exposer les faits en précisant que ce genre d’assassinats à motivation raciale est fréquent aux États-Unis.

De son côté, la République islamique d’Iran a condamné par la voix de son Chef de sa diplomatie l’assassinat de George Floyd par des policiers US et appelle tous les pays du monde à condamner la ségrégation raciale dont sont victimes depuis des siècles les Afro-Americains.

Émeutes aux USA: les casseurs ne sont ceux que l’on croit…

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Les hommes habillés de noir et se faisant passer pour des Black Blocks sont en général des agents provocateurs affiliés aux renseignements de la police. Dans cette vidéo, l’un d’eux en appelle à la police lorsqu’il a été empêché d’agir par des citoyens noirs.

A Harlem, la manifestation de protestation contre l’assassinat de sang-froid de George Floyd s’est distinguée par son caractère pacifique.

Le monde Post-COVID-19

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Un manifestant défilant devant un local incendié avec un drapeau américain renversé, une image forte du nouveau monde Post-COVID-19.
Déploiement de la Garde Nationale US à Minneapolis

Les émeutes de Minneapolis n’échappent pas à la manipulation. Des membres d’escadrons informels issus des forces de l’ordre se sont mis à la casse et à l’incendie, entraînant de jeunes noirs dans leur sillage, dans ce qui s’apparente à une opération de contre-feu par la manipulation comme cela s’est passé au début du Printemps Arabe en Libye et en Syrie. Les opérations de COINTELPRO n’ont jamais cessé aux États-Unis et sont toujours dirigées contre les populations lorsque celles-ci ou une partie de celles-ci risquent de s’éveiller un peu de leur profonde léthargie.

Cette vidéo ci-dessus est une contre contre-manipulation tentant de nous faire croire le contraire de ce nous pouvons penser. Des relais de l’Etat profond US l’ont adopté pour tenter de calmer la tension tout en l’exacerbant en certains lieux.

Mais les choses risquent d’aller loin.

Toujours est-il que ni la Chine ni la Russie n’ont tenté de saisir le Conseil de Sécurité à ce sujet alors que Washington a tenté de le faire pour des broutilles à Hong Kong.

Fait étrange, il n’y a pas que la Garde Nationale US qui est mobilisée par le Pentagone mais également des forces spéciales de Fort Bragg, Fort Drum, Fort Riley et Fort Carson, qui auront à assurer le rôle d’une police militaire à Minneapolis, un peu comme dans le Nord de la Syrie…Un petit retour de Karma !

Des chasseurs russes Su-35 interceptent un avion de reconnaissance P-8A Poseidon ultra secret de l’US Navy au large du littoral syrien

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L’un des chasseurs russes s’est rapproché de manière spectaculaire du P-8A US.

Deux chasseurs russes Sukhoï Su-35 ont intercepté le 27 mai 2020 un avion de patrouille maritime P-8A de l’US Navy au large du littoral syrien en Méditerranée orientale. L’appareil américain est déployé à la station aéronavale (NAS) de Sigonella (Sicile, Italie) et fait partie d’un programme de reconnaissance ultra-secret visant la base militaire russe de Hmeimim en Syrie occidentale. Cet appareil est doté du Nec plus ultra en matière de brouillage électromagnétique et est destiné à la collecte du signal en Méditerranée méridionale et orientale.

Le meurtre de sang froid d’un homme noir à terre et menotté illustre la nature réelle et criminelle du monde dit libre

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Le meurtre de sang-froid de George Floyd par un criminel psychopathe caché sous l’uniforme de la police de Minneapolis illustre la nature réelle du monde dit libre.

George Orwell:1984 – Troisième Partie – Chapitre III
1984

– Votre réintégration comporte trois stades. Étudier, comprendre, accepter. Il est temps que vous entriez dans le second stade.Winston était, comme toujours, couché sur le dos mais, depuis peu, ses liens étaient plus lâches. Ils le retenaient encore au lit, mais il pouvait bouger un peu les genoux, tourner la tête à droite et à gauche, lever les avant-bras. Le cadran, aussi, était devenu moins redoutable. Lorsque son esprit était assez vif, Winston pouvait éviter ses coups. C’était surtout quand il montrait de la stupidité qu’O’Brien poussait le levier. Ils traversaient parfois toute une séance sans que le cadran fût employé. Winston ne se rappelait pas combien il y avait eu de séances. Le processus tout entier semblait s’étendre sur un temps long, indéfini, des semaines peut-être, et les intervalles entre les séances pouvaient avoir été, parfois des jours, parfois une ou deux heures seulement.– Depuis que vous êtes couché là, dit O’Brien, vous vous êtes souvent demandé, vous m’avez même demandé, pourquoi le ministère de l’Amour devait dépenser pour vous tant de temps et de souci. Quand vous étiez libre, vous étiez embarrassé par une question qui, dans son essence, était la même. Vous pouviez saisir le mécanisme de la société dans laquelle vous viviez, mais pas les motifs sous-jacents. Vous rappelez-vous avoir écrit dans votre journal : « Je comprends comment, je ne comprends pas pourquoi ? » C’est quand vous pensiez à pourquoi que vous doutiez de l’équilibre de votre esprit. Vous avez lu le livre, le livre de Goldstein, du moins en partie. Vous a-t-il appris quelque chose que vous ne saviez déjà ?– Vous l’avez lu ? demanda Winston.– Je l’ai écrit. C’est-à-dire, j’ai participé à sa rédaction. Aucun livre n’est l’œuvre d’un seul individu, comme vous le savez.– Est-ce vrai, ce qu’il dit ?– Dans sa partie descriptive, oui. Mais le programme qu’il envisage n’a pas de sens. Une accumulation secrète de connaissances, un élargissement graduel de compréhension, en dernier lieu une rébellion prolétarienne et le renversement du Parti, vous prévoyiez vous-même que c’était ce qu’il dirait. Tout cela n’a pas de sens. Les prolétaires ne se révolteront jamais. Pas dans un millier ni un million d’années. Ils ne le peuvent pas. Je n’ai pas à vous en donner la raison, vous la savez déjà. Si vous avez jamais caressé des rêves de violente insurrection, vous devez les abandonner. La domination du Parti est éternelle. Que ce soit le point de départ de vos réflexions.Il se rapprocha du lit.– Éternelle, répéta-t-il. Et maintenant, revenons à la question « comment » et « pourquoi ».– Vous comprenez assez bien comment le Parti se maintient au pouvoir. Dites-moi maintenant pourquoi nous nous accrochons au pouvoir. Pour quel motif voulons-nous le pouvoir ? Allons, parlez, ajouta-t-il, comme Winston demeurait silencieux.Pendant une minute ou deux, néanmoins, Winston n’ouvrit pas la bouche. Une impression de fatigue l’accablait. La lueur confuse d’enthousiasme fou avait disparu du visage d’O’Brien. Il prévoyait ce que dirait O’Brien. Que le Parti ne cherchait pas le pouvoir en vue de ses propres fins, mais pour le bien de la majorité ; qu’il cherchait le pouvoir parce que, dans l’ensemble, les hommes étaient des créatures frêles et lâches qui ne pouvaient endurer la liberté ni faire face à la vérité, et devaient être dirigés et systématiquement trompés par ceux qui étaient plus forts qu’eux ; que l’espèce humaine avait le choix entre la liberté et le bonheur et que le bonheur valait mieux ; que le Parti était le gardien éternel du faible, la secte qui se vouait au mal pour qu’il en sorte du bien, qui sacrifiait son propre bonheur à celui des autres. Le terrible, pensa Winston, le terrible est que lorsque O’Brien prononçait ces mots, il y croyait. On pouvait le voir à son visage. O’Brien savait tout. Il savait mille fois mieux que Winston ce qu’était le monde en réalité, dans quelle dégradation vivaient les êtres humains et par quels mensonges et quelle barbarie le Parti les maintenait dans cet état. Il avait tout compris, tout pesé, et cela ne changeait rien. Tout était justifié par le but à atteindre. « Que peut-on, pensa Winston, contre le fou qui est plus intelligent que vous, qui écoute volontiers vos arguments, puis persiste simplement dans sa folie ? »– Vous nous gouvernez pour notre propre bien, dit-il faiblement. Vous pensez que les êtres humains ne sont pas capables de se diriger eux-mêmes et qu’alors…Il sursauta et pleura presque. Il avait été traversé d’un élancement douloureux. O’Brien avait poussé le levier du cadran au-dessus de 35…– C’est stupide, Winston, stupide, dit-il. Vous feriez mieux de ne pas dire de pareilles sottises.Il recula la manette et continua :– Je vais vous donner la réponse à ma question. La voici : le Parti recherche le pouvoir pour le pouvoir, exclusivement pour le pouvoir. Le bien des autres ne l’intéresse pas. Il ne recherche ni la richesse, ni le luxe, ni une longue vie, ni le bonheur. Il ne recherche que le pouvoir. Le pur pouvoir. Ce que signifie pouvoir pur, vous le comprendrez tout de suite. Nous différons de toutes les oligarchies du passé en ce que nous savons ce que nous voulons. Toutes les autres, même celles qui nous ressemblent, étaient des poltronnes et des hypocrites.« Les nazis germains et les communistes russes se rapprochent beaucoup de nous par leur méthode, mais ils n’eurent jamais le courage de reconnaître leurs propres motifs. Ils prétendaient, peut-être même le croyaient-ils, ne s’être emparés du pouvoir qu’à contrecœur, et seulement pour une durée limitée, et que, passé le point critique, il y aurait tout de suite un paradis où les hommes seraient libres et égaux.« Nous ne sommes pas ainsi. Nous savons que jamais personne ne s’empare du pouvoir avec l’intention d’y renoncer. Le pouvoir n’est pas un moyen, il est une fin. On n’établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir. Commencez-vous maintenant à me comprendre ? »Winston était frappé, comme il l’avait déjà été, par la fatigue du visage d’O’Brien. Il était fort, musclé et brutal, il était plein d’intelligence et d’une sorte de passion contenue contre laquelle il se sentait impuissant, mais c’était un visage fatigué. Il y avait des poches sous les yeux, la peau s’affaissait sous les pommettes… O’Brien se pencha vers lui, rapprochant volontairement de lui son visage usé.– Vous pensez, dit-il, que mon visage est vieux et fatigué. Vous pensez que je parle de puissance alors que je ne suis même pas capable d’empêcher le délabrement de mon propre corps. Ne pouvez-vous comprendre, Winston, que l’individu n’est qu’une cellule ? La fatigue de la cellule fait la vigueur de l’organisme. Mourez-vous quand vous vous coupez les ongles ?Il s’éloigna du lit et se mit à arpenter la pièce de long en large, une main dans sa poche.– Nous sommes les prêtres du pouvoir, dit-il. Dieu, c’est le pouvoir. Mais actuellement, le pouvoir, pour autant qu’il vous concerne, n’est pour vous qu’un mot. Il est temps que vous ayez une idée de ce que signifie ce mot pouvoir. Vous devez premièrement réaliser que le pouvoir est collectif. L’individu n’a de pouvoir qu’autant qu’il cesse d’être un individu. Vous connaissez le slogan du Parti : « La liberté, c’est l’esclavage. » Vous êtes-vous jamais rendu compte qu’il était réversible ? « L’esclavage, c’est la liberté. » Seul, libre, l’être humain est toujours vaincu. Il doit en être ainsi, puisque le destin de tout être humain est de mourir, ce qui est le plus grand de tous les échecs. Mais s’il peut se soumettre complètement et entièrement, s’il peut échapper à son identité, s’il peut plonger dans le parti jusqu’à être le Parti, il est alors tout-puissant et immortel.« Le second point que vous devez comprendre est que le pouvoir est le pouvoir sur d’autres êtres humains. Sur les corps mais surtout sur les esprits. Le pouvoir sur la matière, sur la réalité extérieure, comme vous l’appelez, n’est pas important. Notre maîtrise de la matière est déjà absolue. »Un moment, Winston oublia le cadran. Il fit un violent effort pour s’asseoir et ne réussit qu’à se tordre douloureusement.– Mais comment pouvez-vous commander à la matière ? éclata-t-il. Vous ne commandez même pas au climat ou à la loi de gravitation. Et il y a les maladies, les souffrances, la mort.O’Brien le fit taire d’un geste de la main.– Nous commandons à la matière, puisque nous commandons à l’esprit. La réalité est à l’intérieur du crâne. Vous apprendrez par degrés, Winston. Il n’y a rien que nous ne puissions faire. Invisibilité, lévitation, tout. Je pourrais laisser le parquet et flotter comme une bulle de savon si je le voulais. Je ne le désire pas parce que le Parti ne le désire pas. Il faut vous débarrasser l’esprit de vos idées du XIXe siècle sur les lois de la nature. Nous faisons les lois de la nature.– Non ! Vous n’êtes même pas les maîtres de cette planète. Que direz-vous de l’Eurasia et de l’Estasia ? Vous ne les avez même pas encore conquises.– Sans importance. Nous les conquerrons quand cela nous conviendra. Et qu’est-ce que cela changerait si nous le faisions ? Nous pouvons les exclure de l’existence. Le monde, c’est l’Océania.– Mais le monde lui-même n’est qu’une tache de poussière. Et l’homme est minuscule, impuissant ! Depuis quand existe-t-il ? La terre, pendant des milliers d’années, a été inhabitée.– Sottise. La terre est aussi vieille que nous, pas plus vieille. Comment pourrait-elle être plus âgée ? Rien n’existe que par la conscience humaine.– Mais les rochers sont pleins de fossiles d’animaux disparus, de mammouths, de mastodontes, de reptiles énormes qui vécurent sur terre longtemps avant qu’on eût jamais parlé des hommes ?– Avez-vous jamais vu ces fossiles, Winston ? Naturellement non. Les biologistes du XIXe siècle les ont inventés. Avant l’homme, il n’y avait rien. Après l’homme, s’il pouvait s’éteindre, il n’y aurait rien. Hors de l’homme, il n’y a rien.– Mais l’univers entier est extérieur à nous. Voyez les étoiles ! Quelques-unes sont à un million d’années-lumière de distance. Elles sont à jamais hors de notre atteinte.– Que sont les étoiles ? dit O’Brien avec indifférence. Des fragments de feu à quelques kilomètres. Nous pourrions les atteindre si nous le voulions. Ou nous pourrions les faire disparaître. La terre est le centre de l’univers. Le soleil et les étoiles tournent autour d’elle.Winston eut encore un mouvement convulsif. Cette fois, il ne dit rien. O’Brien continua comme s’il répondait à une objection.– Dans certains cas, évidemment, ce n’est pas vrai. Quand nous naviguons sur l’océan, ou quand nous prédisons une éclipse, il est souvent commode de penser que la terre tourne autour du soleil et que les étoiles sont à des millions de millions de kilomètres. Et puis après ? Supposez-vous qu’il soit au-dessus de notre pouvoir de mettre sur pied un double système d’astronomie ? Les étoiles peuvent être proches ou distantes selon nos besoins. Croyez-vous que nos mathématiciens ne soient pas à la hauteur de cette dualité ? Avez-vous oublié la doublepensée ?Winston se recroquevilla dans le lit. Quoi qu’il pût dire, une immédiate et fulgurante réponse l’écrasait comme l’aurait fait un gourdin. Il savait cependant qu’il était dans le vrai. Il y avait sûrement quelque manière de démontrer que la croyance que rien n’existe en dehors de l’esprit était fausse. N’avait-on pas, il y avait longtemps, démontré l’erreur de cette théorie ? On la désignait même d’un nom qu’il avait oublié. Un faible sourire retroussa les coins de la bouche d’O’Brien qui le regardait.– Je vous ai dit, Winston que la métaphysique n’est pas votre fort. Le mot que vous essayez de trouver est solipsisme. Mais vous vous trompez. Ce n’est pas du solipsisme. Ou, si vous voulez, c’est du solipsisme collectif. Tout cela est une digression, ajouta-t-il avec indifférence. Le réel pouvoir, le pouvoir pour lequel nous devons lutter jour et nuit, est le pouvoir, non sur les choses, mais sur les hommes.Il s’arrêta et reprit un instant l’air du pédagogue qui questionne un élève qui promet :– Comment un homme s’assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston ?Winston réfléchit :– En le faisant souffrir, répondit-il.– Exactement. En le faisant souffrir. L’obéissance ne suffit pas. Comment, s’il ne souffre pas, peut-on être certain qu’il obéit, non à sa volonté, mais à la vôtre ? Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies. Commencez-vous à voir quelle sorte de monde nous créons ? C’est exactement l’opposé des stupides utopies hédonistes qu’avaient imaginées les anciens réformateurs. Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d’écraseurs et d’écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu’il s’affinera, deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. L’ancienne civilisation prétendait être fondée sur l’amour et la justice. La nôtre est fondée sur la haine. Dans notre monde, il n’y aura pas d’autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l’humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout.« Nous écrasons déjà les habitudes de pensée qui ont survécu à la Révolution. Nous avons coupé les liens entre l’enfant et les parents, entre l’homme et l’homme, entre l’homme et la femme. Personne n’ose plus se fier à une femme, un enfant ou un ami. Mais plus tard, il n’y aura ni femme ni ami. Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève leurs œufs aux poules. L’instinct sexuel sera extirpé. La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d’alimentation. Nous abolirons l’orgasme. Nos neurologistes y travaillent actuellement. Il n’y aura plus de loyauté qu’envers le Parti, il n’y aura plus d’amour que l’amour éprouvé pour Big Brother. Il n’y aura plus de rire que le rire de triomphe provoqué par la défaite d’un ennemi. Il n’y aura ni art, ni littérature, ni science. Quand nous serons tout-puissants, nous n’aurons plus besoin de science. Il n’y aura aucune distinction entre la beauté et la laideur. Il n’y aura ni curiosité, ni joie de vivre. Tous les plaisirs de l’émulation seront détruits. Mais il y aura toujours, n’oubliez pas cela, Winston, il y aura l’ivresse toujours croissante du pouvoir, qui s’affinera de plus en plus. Il y aura toujours, à chaque instant, le frisson de la victoire, la sensation de piétiner un ennemi impuissant. Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement. »Il se tut comme s’il attendait une réplique de Winston. Celui-ci essayait encore de se recroqueviller au fond du lit. Il ne pouvait rien dire. Son cœur semblait glacé. O’Brien continua :– Et souvenez-vous que c’est pour toujours. Le visage à piétiner sera toujours présent. L’hérétique, l’ennemi de la société, existera toujours pour être défait et humilié toujours. Tout ce que vous avez subi depuis que vous êtes entre nos mains, tout cela continuera, et en pire. L’espionnage, les trahisons, les arrêts, les tortures, les exécutions, les disparitions, ne cesseront jamais. Autant qu’un monde de triomphe, ce sera un monde de terreur. Plus le Parti sera puissant, moins il sera tolérant. Plus faible sera l’opposition, plus étroit sera le despotisme. Goldstein et ses hérésies vivront à jamais. Tous les jours, à tous les instants, il sera défait, discrédité, ridiculisé, couvert de crachats. Il survivra cependant toujours.« Le drame que je joue avec vous depuis sept ans sera joué et rejoué encore génération après génération, sous des formes toujours plus subtiles. Nous aurons toujours l’hérétique, ici, à notre merci, criant de souffrance, brisé, méprisable, et à la fin absolument repentant, sauvé de lui-même, rampant à nos pieds de sa propre volonté.« Tel est le monde que nous préparons, Winston. Un monde où les victoires succéderont aux victoires et les triomphes aux triomphes ; un monde d’éternelle pression, toujours renouvelée, sur la fibre de la puissance. Vous commencez, je le vois, à réaliser ce que sera ce monde, mais à la fin, vous ferez plus que le comprendre. Vous l’accepterez, vous l’accueillerez avec joie, vous en demanderez une part. »Winston avait suffisamment recouvré son sang-froid pour parler.– Vous ne pouvez pas, dit-il faiblement.– Qu’entendez-vous par là, Winston ?– Vous ne pourriez créer ce monde que vous venez de décrire. C’est un rêve. Un rêve impossible.– Pourquoi ?– Il n’aurait aucune vitalité. Il se désintégrerait. Il se suiciderait.– Erreur. Vous êtes sous l’impression que la haine est plus épuisante que l’amour. Pourquoi en serait-il ainsi ? Et s’il en était ainsi, quelle différence en résulterait ? Supposez que nous choisissions de nous user nous-mêmes rapidement. Supposez que nous accélérions le cours de la vie humaine de telle sorte que les hommes soient stériles à trente ans. Et puis après ? Ne pouvez-vous comprendre que la mort de l’individu n’est pas la mort ? Le Parti est immortel.Comme d’habitude, la voix avait vaincu Winston et l’avait réduit à l’impuissance. De plus, il craignait, s’il persistait dans son désaccord, qu’O’Brien ne tournât encore le cadran. Il ne pouvait pourtant rester silencieux. Faiblement, sans arguments, sans aucun soutien que l’horreur inexprimable de ce qu’avait dit O’Brien, il retourna à l’attaque.– Je ne sais pas. Cela m’est égal. D’une façon ou d’une autre vous échouerez. La vie vous vaincra.– Nous commandons à la vie, Winston. À tous ses niveaux. Vous vous imaginez qu’il y a quelque chose qui s’appelle la nature humaine qui sera outragé par ce que nous faisons et se retournera contre nous. Mais nous créons la nature humaine. L’homme est infiniment malléable. Peut-être revenez-vous à votre ancienne idée que les prolétaires ou les esclaves se soulèveront et nous renverseront ? Ôtez-vous cela de l’esprit. Ils sont aussi impuissants que des animaux. L’humanité, c’est le Parti. Les autres sont extérieurs, en dehors de la question.– Cela m’est égal. À la fin, ils vous battront. Tôt ou tard ils verront ce que vous êtes et vous déchireront.– Voyez-vous un signe de ce destin, ou une raison pour qu’il se réalise ?– Non. Je le crois. Je sais que vous tomberez. Il y a quelque chose dans l’univers, je ne sais quoi, un esprit, un principe, que vous n’abattrez jamais.– Croyez-vous en Dieu, Winston ?– Non.– Alors, qu’est-ce que ce principe qui nous vaincra ?– Je ne sais. L’esprit de l’homme.– Et vous considérez-vous comme un homme ?– Oui.– Si vous êtes un homme, Winston, vous êtes le dernier. Votre espèce est détruite. Nous sommes les héritiers. Comprenez-vous que vous êtes seul ? Vous êtes hors de l’histoire. Vous êtes non-existant.Ses manières changèrent et il ajouta plus agressivement :– Et vous vous croyez moralement supérieur à nous, à cause de nos mensonges et de notre cruauté ?– Oui. Je me considère comme supérieur.O’Brien se tut. Deux autres voix parlaient. Après un instant, Winston reconnut en l’une d’elles la sienne. C’était un enregistrement de la conversation qu’il avait tenue avec O’Brien, la nuit où il s’était enrôlé dans la Fraternité. Il s’entendit promettre de mentir, voler, falsifier, tuer, d’encourager la morphinomanie, la prostitution, de propager les maladies vénériennes, de lancer du vitriol au visage des enfants. O’Brien fit un léger geste d’impatience, comme pour signifier qu’il était à peine besoin de conclure. Il tourna un bouton, et les voix se turent.– Levez-vous de ce lit, dit-il.Les liens se relâchèrent. Winston descendit du lit et se mit debout en chancelant.– Vous êtes le dernier homme, dit O’Brien, vous êtes le gardien de l’esprit humain. Vous allez vous voir tel que vous êtes. Déshabillez-vous.Winston défit le bout de cordon qui retenait sa combinaison. La fermeture-Éclair en avait depuis longtemps été arrachée. Il ne se rappelait pas si, depuis son arrestation, il avait enlevé, à un moment quelconque, tous ses vêtements à la fois. Sous la combinaison, son corps était entouré de haillons jaunâtres et sales dans lesquels on pouvait à peine reconnaître des sous-vêtements. Tandis qu’il les faisait glisser sur le sol, il vit qu’il y avait un miroir à trois faces à l’autre bout de la pièce. Il s’approcha puis s’arrêta court. Un cri involontaire lui avait échappé.– Continuez, dit O’Brien. Mettez-vous entre les battants du miroir. Vous aurez ainsi une vue de côté.Il s’était arrêté parce qu’il était effrayé. Une chose courbée, de couleur grise, squelettique, avançait vers lui. L’apparition était effrayante, et pas seulement parce que Winston savait que c’était sa propre image. Il se rapprocha de la glace. Le visage de la créature, à cause de sa stature courbée, semblait projeté en avant. Un visage lamentable de gibier de potence, un front découvert qui se perdait dans un crâne chauve, un nez de travers et des pommettes écrasées au-dessus desquelles les yeux étaient d’une fixité féroce. Les joues étaient couturées, la bouche rentrée. C’était certainement son propre visage, mais il semblait à Winston que son visage avait plus changé que son esprit. Les émotions qu’il exprimait étaient différentes de celles qu’il ressentait. Il était devenu partiellement chauve. Il avait d’abord cru qu’il avait seulement grisonné, mais c’était la peau de son crâne qui était grise. Son corps, à l’exception de ses mains et de son visage, était entièrement gris, d’une poussière ancienne qui ne pouvait se laver. Il y avait çà et là, sous la poussière, des cicatrices rouges de blessures et, près de son cou-de-pied, l’ulcère variqueux formait une masse enflammée dont la peau s’écaillait.Mais ce qui était vraiment effrayant, c’était la maigreur de son corps. Le cylindre des côtes était aussi étroit que celui d’un squelette. Les jambes s’étaient tellement amincies que les genoux étaient plus gros que les cuisses. Il comprenait maintenant ce que voulait dire O’Brien par « vue de côté ». La courbure de la colonne vertébrale était étonnante. Les minces épaules projetées en avant faisaient rentrer la poitrine en forme de cavité. Le cou décharné semblait plié en deux sous le poids du crâne. Au jugé, il aurait dit que c’était le corps d’un homme de soixante ans, souffrant d’une maladie pernicieuse.– Vous avez parfois pensé, dit O’Brien, que mon visage, le visage d’un membre du Parti intérieur, paraissait vieux et usé. Que pensez-vous du vôtre ?Il saisit l’épaule de Winston et le fit tourner pour l’avoir en face de lui.– Voyez dans quel état vous êtes, dit-il. Voyez cette crasse malpropre sur tout votre corps. Voyez la poussière entre vos orteils. Voyez cette plaie dégoûtante qui vous prend toute la jambe. Savez-vous que vous puez comme un porc ? Vous avez probablement cessé de le remarquer. Autour de votre biceps, je pourrais, voyez-vous, faire rencontrer mon pouce et mon index. Je pourrais vous casser le cou comme s’il était en verre. Savez-vous que vous avez perdu vingt-cinq kilos depuis que vous êtes entre nos mains ? Même vos cheveux s’en vont par poignées.Il tira sur la tête de Winston et arracha une touffe de cheveux.– Ouvrez la bouche. Il reste neuf, dix, onze dents. Combien en aviez-vous quand vous êtes venu à nous ? Et le peu qui vous reste tombe de votre mâchoire. Voyez !Il saisit, entre son pouce et son index puissants, l’une des dents de devant qui restaient à Winston. Un élancement de douleur traversa la mâchoire de Winston. O’Brien avait déraciné et arraché la dent. Il la jeta dans la cellule.– Vous pourrissez, dit-il. Vous tombez en morceaux. Qu’est-ce que vous êtes ? Un sac de boue. Maintenant, tournez-vous et regardez-vous dans le miroir. Voyez-vous cette chose en face de vous ? C’est le dernier homme. Si vous êtes un être humain, ceci est l’humanité. Maintenant, rhabillez-vous.Winston se rhabilla avec des gestes lents et raides. Il n’avait pas, jusqu’à ce moment, remarqué combien il était mince et faible. Une seule pensée occupait son esprit, c’est qu’il devait être dans cet endroit depuis plus longtemps qu’il l’avait imaginé. Subitement, tandis qu’il fixait autour de lui ses misérables haillons, un sentiment de pitié pour son corps en ruine le domina. Avant d’avoir réalisé ce qu’il faisait, il s’était écroulé sur un petit tabouret qui était à côté du lit et avait éclaté en sanglots. Il avait conscience de sa laideur, de son inélégance – un paquet d’os, dans des sous-vêtements sales, assis à pleurer sous la blanche lumière crue – mais il ne pouvait s’arrêter.O’Brien posa une main sur son épaule, presque avec bonté.– Cela ne durera pas éternellement, dit-il. Vous pourrez vous en sortir quand vous le voudrez. Tout dépend de vous.– C’est vous qui l’avez fait, dit Winston. Vous qui m’avez réduit en cet état.– Non, Winston. Vous vous y êtes réduit vous-même. C’est ce que vous avez accepté quand vous vous êtes dressé contre le Parti. Tout était contenu dans ce premier acte. Rien n’est arrivé que vous n’ayez prévu.Il s’arrêta, puis poursuivit :– Nous vous avons battu, Winston. Nous vous avons brisé. Vous avez vu ce qu’est votre corps. Votre esprit est dans le même état. Je ne pense pas qu’il puisse rester en vous beaucoup d’orgueil. Vous avez reçu des coups de pied, des coups de fouet et des insultes, vous avez crié de douleur. Vous vous êtes roulé sur le parquet dans votre vomissure et votre sang. Vous avez pleurniché en demandant grâce. Vous avez trahi tout le monde et avoué tout. Pouvez-vous penser à une seule dégradation qui ne vous ait pas été infligée ?Winston s’était arrêté de pleurer, mais ses yeux étaient encore mouillés. Il les leva vers O’Brien.– Je n’ai pas trahi Julia, dit-il. O’Brien le regarda pensivement.– Non, dit-il, non. C’est parfaitement vrai. Vous n’avez pas trahi Julia.Le respect particulier, que rien ne semblait pouvoir détruire, qu’il éprouvait à l’égard d’O’Brien, gonfla le cœur de Winston. « Combien il est intelligent ! pensa-t-il. Combien intelligent ! » Jamais O’Brien ne manquait de comprendre ce qu’on lui disait. N’importe qui sur terre aurait tout de suite répondu qu’il avait en réalité trahi Julia. Qu’est-ce qu’on ne lui avait pas en effet arraché, sous la torture ? Il leur avait dit tout ce qu’il savait d’elle, ses habitudes, son caractère, sa vie antérieure. Il avait confessé jusqu’au détail le plus trivial tout ce qui s’était passé à leurs rendez-vous, tout ce qu’il lui avait dit et qu’elle lui avait dit, leurs repas de produits achetés au marché noir, leur adultère, leurs vagues complots contre le Parti, tout. Et cependant, dans le sens dans lequel il entendait le mot, il ne l’avait pas trahie. Il n’avait pas cessé de l’aimer, ses sentiments à son égard étaient restés les mêmes. O’Brien avait compris, sans besoin d’explication, ce qu’il voulait dire.– Dites-moi, demanda Winston. Quand me fusillera-t-on ?– Ce peut être dans longtemps, répondit O’Brien. Vous êtes un cas difficile. Mais ne désespérez pas. Tout le monde est guéri tôt ou tard. À la fin, nous vous fusillerons.


Il y a trop de vétérans psychopathes habitués aux crimes de guerre contre des civils en Afghanistan, Irak et ailleurs au sein de la police US. Le meurtre de George Floyd par Derek Chauvin, membre de la police de Minneapolis, matricule 1087 nous rappelle une fois de plus que tout le dispositif droit-de-l’hommiste déployé par Washington contre ses adversaires n’est q’une ruse de guerre et une fuite en avant. Le Département d’Etat devrait inclure la liste de toutes les personnes assassinées par la police US dans son rapport annuel et ridicule sur l’état des droits humains dans le monde au lieu de se focaliser sur Hong Kong.

Anarchy in the USA

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Biden. Corona. ‘Trump 2020’ aka ‘Kushner 2020’. States make up unconstitutional rules while corporations do anything to protect their bottom line. Bill Gates appears telling us we must not attempt to live like Bill Gates. Modern Monetary Theory is announced to the joy of all. America’s number one avowed ally — at least according to America — has an indicted criminal as its head who publicly mocks the law to the joy of all. Meanwhile an equally corrupt US Central Government colludes with highly-criminalized banks and mega-corporations.More? The false paradigm of left-wing vs right wing is touted by all pundits and everyone avoids the topic of the socialist elephant in the room, including the people who scream for it when disaster befalls. To cap all, America and the west have adopted anarchy for debt as the mandate for US foreign policy so long as King Dollar may be maintained, and infinitely issued.Despite a setback at the onset of this contagion, Wall Street rockets ever higher daily, gamed by the Prince of Darkness, Chairman Powell, and a US central bank so corrupt that the corrupt central government and US Treasury have prevailed to dump the stench of Modern Monetary Theory on us all. It’s a public so clueless in their obsession with Povich and Springer they have no idea “Federal Reserve Note” is printed at the top of every immoral and amoral cash note in their pocket book or wallet. It’s a US history where the demise of manufacturing — except for food production and weaponry — means the lucky ones have jobs as parasites in finance or trade, while others serve in IT or usually the military. And that military service is key and by design. The knock-on of US military adventure has continued apace since 911, and particularly since the Wicked Witch of the West’s ‘Arab Nightmare’ in 2011. It’s the foreign policy of chaos Pepe Escobar labeled so succinctly. Now Donald ‘Jared’ Trump gloats about the ‘strong dollar’ an illusion to whit we will defer below. Meanwhile the poor and impoverished of the world lend so that Bill Gates and Bezos may lavishly spend. Those who don’t play America’s vile game are forced to suffer. One minor relief is that the Russians are no longer purported to be hacking the US…! — at least for now. A dark picture you say? Even so, the above is not the definition of anarchy that anarchists or minarchists ever anticipated. In An Exit Strategy to Nowhere we examined a potential scenario for winding down the contagion crisis — where the contagion appears to be an appearance of the fourth kind . However when the US cannot extricate itself from Afghanistan or Syria, the US is clearly unable to deal with a complex domestic issue such as a health crisis too. Since we are considered to be cattle – or at least sheep – why not let herd immunity play out? Apparently the public has already made that decision. Ironically, a reticent China (alleged to be the source of the contagion!) may be forced to join the game for hegemony. China has always resisted that call. But Jared Trump’s heckling of China is not the only game in town.The conflicts in Syria, Libya, and Yemen have become ever more complex to a point where alliances may shift almost daily. The participation of Turkey, Egypt, and to some extent Algeria in these shifting alliances is underscored by the double-dealing of the United Arab Emirates, Qatar, and Saudi Arabia. Eventually the game of musical chairs must stop. Does Mike Pompeo have any idea when? Of course not, because the US keeps it all going to profit its weapons industry.Against this backdrop, instability in oil markets and its impact on US dollar trading (especially Eurodollar trades) is only fueled by the US central bank’s ability to print (issue currency). At what point will the debt-to-GDP ratio flash so red that even gamed Wall Street banks and their debauched criminalized traders can no longer ignore the reality? As always, this author suspects the key indicator will be gold and not BTC.But still, that does not give us a view to the future. What happens when at least twenty percent of the US labor force is unemployed? Will they go back to work when conditions ease? I’d suspect not. What happens when those tax receipts across the board fall by at least ten percent this year? What happens when an economy run on air (credit) finds its creditee bankrupt? What happens when free governmental hand-outs cause folks not to work at all?The answer, right now, is that a fully criminally complicit US central bank will continue to provide liquidity to infinity, as Modern Monetary Theory so mandates. And think of this. Corporations and Dealer Banks will of course support the system. But what happens when even the broke consumer is made minimally liquid but refuses to spend?

There is the rub. Check out the chart: https://fred.stlouisfed.org/series/M2V If I may make any prediction, the direction of that chart is not going to change. And that is a massive challenge for Mr Mnuchin and his henchmen… To conclude – and this is not a cop out – we just don’t know. This has never happened before. Not even in the previous US financial collapse of 2008-2009. It’s likely Steve Mnuchin does not know what’s next either, to say the least. His only tool is to create currency via his lackey Powell with its value determined only by governmental decree. That’s never ever worked before. Will it work now? Only time will tell.Meanwhile hang on for the ride, because it’s going to get rough, real rough. Where this rocky winding desert trail will take us as it narrows, strewn with boulders, will be the ultimate challenge even for the hardiest 4×4, currency winch and all.

Steve Brown

Les unités d’élite du Hezbollah Libanais sont-elles entraînées par les Spetznaz russes en Syrie? Une vidéo surprenante du Hezbollah…

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Avertissement: le mouvement du Hezbollah libanais est l’une des principales forces socio-politiques au Liban. Sa composante militaire est intervenue en Syrie à la demande du gouvernement syrien. Ce mouvement populaire d’obédience chiite englobe également des éléments sunnites, chrétiens et druzes. Il est classé comme une organisation terroriste par Israël et ce dernier tente d’influencer par tous les moyens possibles des pays occidentaux pour qu’il en fassent de même. La participation du Hezbollah dans la guerre en Syrie lui a permis d’avoir une très grande expérience technique et de maîtriser les problèmes logistiques et opérationnels des fronts élargis. Cette vidéo diffusée par le Hezbollah démontre une très nette influence de l’entraînement des Spetsnaz russes qui sont extrêmement actifs en Syrie. Au point que certains analystes pro-israéliens prétendent que les Spetznaz russes arborent désormais les insignes du Hezbollah au combat. Un autre avatar du Russia bashing…

Cinq tankers iraniens emportant plus d’un 1.5 million de barils de carburant se dirigent vers le Venezuela: une tentative inédite de briser le blocus menée par l’Iran et le Venezuela, deux pays soumis à des sanctions de Washington

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Cinq tankers iraniens emportant l’équivalent de 1 530 000 barils de carburant se dirigent vers le Venezuela en dépit des sanctions frappant aussi bien la République islamique d’Iran que la République bolivarienne du Venezuela, deux pays classés dans l’Axe du Mal et donc ciblés par des opérations de changement de régime.

Le premier tanker, ”Fortune”, a atteint sa destination, escorté dès son arrivée à la Zone économique exclusive (ZEE) du Venezuela par des bâtiments de surface de la marine bolivarienne. Le second tanker, le ” Forrest”, a atteint les limites de la ZEE dimanche et les trois autres tankers (le Faxon, le Petunia et le Clavel) sont encore en route mais ne sont plus loin des côtes vénézueliennes. Téhéran a mis en garde contre d’éventuelles répercussions au cas d’une éventuelle interception ou acte de piratage visant ce convoi maritime a destination du Venezuela. Des analystes estiment que l’Iran ne manquera pas de riposter à un éventuel piratage en haute mer de ses tankers par un ciblage systématique des bases et des camps militaires US disséminés en Irak et en Syrie mais également dans le Golfe.

Caracas a pour sa part envoyé des navires de guerre et des avions pour escorter le convoi maritime et assurer sa sécurité. Membre de l’Opep et pays producteur de pétrole, le Venezuela fait face à une très grave pénurie de carburants, en raison d’un blocus qui ne dit pas son nom imposé par les États-unis qui y poursuivent une guerre hybride dure visant un changement de régime à Caracas et le remplacement du président Maduro par Juan Guaido, un poulain de Washington.

Le Pentagone suit avec une extrême attention cette tentative inédite de briser le blocus entreprise par deux pays sous sanctions et aux économies exsangue. Il demeure toutefois peu probable que Washington ordonné ouvertement une action militaire contre cette action mais pas en sous-main. Les Caraïbes sont une zone assez propice à des sabotages menées par des mercenaires pirates et des compagnies militaires privées ou encore de fausses milices agissant sous faux drapeaux.

Après l’échec du COVID-19, vecteur de la guette hybride contre la Chine, la déstabilisation de Hong Kong reprend après la décision de Beijing de prendre le taureau par les cornes

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Après l’échec de l’opération de guerre hybride impliquant le vecteur COVID-19 contre la Chine, les opérations de déstabilisation reprennent à Hong Kong, laquelle est devenue priorité des priorités absolues de Beijing. La décision chinoise d’imposer une loi sur la Sécurité nationale susceptible de changer le statut administratif spécial de Hong Kong affole les adversaires de Beijing. Résultat, la guerre hybride classique est de retour, avec pour élément de soutien, la ligne de tensión avec Taïwan. Cela veut dire que la Chine a réussi à amortir l’impact économique du COVID-19 mais pas seulement. Le ciblage ouvert de Beijing vient de provoquer un choc électrique au sein des élites dirigeantes chinoises. Celles-ci ne sont plus enclines au compromis ou à la conciliation et Beijing évoque publiquement l’imminence d’une guerre froide avec Washington.

Les jeunes manifestants de Hong Kong constituent une chair à canon commode puisque manipulable à merci. Leurs revendications ressemblent de plus en plus à celles des rebelles libyens et syriens comme l’atteste cette photographie montrant de jeunes protestataires brandissant des pancartes sollicitant une intervention militaire US directe “pour protéger la population de Hong Kong”. Une partie des protestataires veut même transformer Hong Kong en un protectorat US.

Le noyau dur des protestataires menés par des experts en guérilla urbaine et en subversion venus de pays de l’Otan, sont de plus en plus violents et menacent gravement l’ordre et la stabilité de Hong Kong avec pour objectif d’entraver toute reprise économique indispensable à la récupération de l’économie chinoise durement affectée par la crise artificielle du COVID-19.

Un manifestant arborant une pancarte appelant à une intervention des troupes US pour protéger les populations de Hong Kong et donc une guerre directe entre la Chine et les États-Unis. En d’autres termes plus précis, une guerre thermonucléaire mondiale.

La manipulation de type printemps de Prague ou de Timisoara est dépassée. C’est plutôt une manipulation de type printemps arabe avec de nouveaux éléments perfectionnés vu l’existence d’une population jeune très connectée aux réseaux sociaux. Cette manipulation connaîtrez une escalade croissante jusqu’à prétendre au génocide. Cela a commencé déjà comme l’illustre cette pancarte portée par de jeunes enfants, qui évoque des réminiscences des Casques Blancs syriens à Idleb:

“Arrêtez de nous massacrer” et un enfant en pleurs. Non ce n’est pas le Nord de la Syrie ou le Darfour mais Hong Kong. Des méthodes de manipulation usées.

Or, jusqu’ici, les forces de l’ordre n’ont pas usé de force létale à Hong Kong et il n’est pas rares que des policiers et des civils appelant au calme se fassent tabasser par des manifestants en colère ou essuient des tirs de flèches et de grenailles sans riposter.

Le plan est plus large cette fois car la réactivation de la guerre hybride à Hong Kong s’accompagne cette fois par la réactivation des réseaux dormants d’obédience islamiste extrémistes au Xinjiang et sans surprise aucune les réseaux séparatistes du Tibet à l’étranger.

Washington a également entraîné Taïwan dans la curée. Une ligne rouge chinoise susceptible de provoquer un retour de manivelle de la part de Beijing. Le COVID-19 n’était qu’un vecteur parmi d’autres parmi la panoplie antichinoise de l’empire, effaré par la perte de son hégémonie et prêt à tout pour la maintenir.

Les nouveaux sous-marins lanceurs d’engins balistiques de la Corée du Nord consacrent la seconde composante de dissuasion nucléaire

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Pyongyang est sur le point d’annoncer le déploiement effectif de ses nouveaux submersibles lanceurs d’engins balistiques. Le lancement du premier sous-marin lanceur d’engins balistiques, un bâtiment de plus de 3000 tonnes et pouvant emporter entre trois et six missiles balistiques à portée intermédiaire sera célébré à Sinpo sur le littoral oriental du pays même si des informations fiables indiquent que le premier submersible de ce type serait déjà opérationnel.

L dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait appelé, le 24 mai 2020, à renforcer davantage la dissuasion nucléaire de son pays dans un véritable pied de nez aux visées de l’Etat profond US qui cherche à tout prix à désarmer la Corée du Nord afin d’y faciliter un changement de régime. Et c’est la toute la problématique de la question coréenne: Pyongyang n’est pas du tout disposé à abandonner ses armes nucléaires en échange d’un allègement du train de sanctions économiques et financières auquel ce pays isolé.

Le renforcement des capacités de dissuasion évoqué par Kim Jong-Un concerne donc la mise au point d’une composante SLBM (Submarine Launched Ballistic Missile) de conception locale et suivant une doctrine adaptée à la philosophie locale. C’est un défi qu’un pays comme la Corée du Nord n’avait aucune chance de gagner. Le lancement des premiers sous-marins lanceurs d’engins démontre la ténacité de ce petit pays aux revenus pauvres à défier l’empire dans son propre domaine.

Les théoriciens néo conservateurs pourront glosser à l’infini sur leur vision archaïque et surannée du monde. Nonobstant son type de régime, la Corée du Nord a réussi à imposer sa propre réalité, laquelle n’est pas celle des désirs pervers de la clique belliqueuse ayant décrété la fin de l’histoire en 1992.

La Corée du Nord dispose désormais de sa seconde composante de dissuasion nucléaire et il semble que le pays ait délibérément ignoré le développement du vecteur aérien au profit des vecteurs balistiques et d’une force compacte de submersibles lanceurs d’engins.

Le ministre syrien de la Défense célèbre la fin du Ramadan en visitant les unités militaires en poste avancé et les soldats blessés dans les hôpitaux (TV publique syrienne)

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Le général Ali Ayoub, ministre syrien de la Défense, à transmis les vœux de l’Aid du président Bachar Al-Assad à des unités militaires déployées sur les lignes défensives montagneuses séparant la province de Lattaquié avec la province rebelle d’Idleb avant de se rendre dans un hôpital militaire pour s’enquérir sur l’état de santé de dizaines de militaires blessés lors des récentes escarmouches. Source: chaîne YouTube d’Al-Ikhbarya Surya, TV publique syrienne
Le général-major Ali Abdullah Ayoub, ministre de la Défense et vice-commandant en chef des forces armées syriennes, figure sur la liste noire des personnalités soumises à des sanctions établie par le Département d’Etat US.

Potographie d’illustration: le général-major Ali Ayoub avec des pilotes des forces aériennes syriennes, véritable fer de lance de l’effort de guerre syrien depuis le début du conflit le 15 mars 2011.

Un Aid virtuel pour les musulmans cette année

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La fête musulmane de l’Aid ou l’Eid marque la fin du mois sacré du Ramadan et intervient cette année dans un contexte surréaliste. La fermeture des mosquées et l’établissement d’un couvre-feu dans certains pays en raison du COVID-19 ont transformé la façon dont les musulmans célèbrent cette fête.

La guerre continue en Libye et en Afghanistan, même si les Talibans ont décrété un cessez-le-feu de trois jours en cette occasion.

Enfin, en attendant des jours meilleurs, Strategika51 souhaite un Eid Moubarak à ses lecteurs musulmans ou vivant dans des pays à majorité musulmane et salue l’ensemble de ses lecteurs et visiteurs issus de plus de 120 pays et territoires à travers le monde.

Le brouillage stratégique dans la perception du conflit en Libye est un nouveau paradigme stratégique

Les rapports de force et les alliances annoncées dans le conflit en cours en Libye ne concordent pas avec la réalité du terrain et encore moins avec le positionnement des parties qui y sont impliquées. Le retrait des hommes du groupe PMC Wagner de la localité de Tarhouna, au sud de Tripoli vers la ville de Banou Walid, un bastion des partisans des Gaddafi, révèle quelques faits intéressants.

Le premier fait est que la puissante tribu des Warfalla s’est alliée de Facto avec les forces du Maréchal Khalifa Haftar. A première vue, ce positionnement semble logique vu le très grand ressentiment existant entre les Warfalla et les milices armées de la ville de Misrata, elles-mêmes alliées au forces du gouvernement d’entente nationale (GNA) de Tripoli et son principal soutien militaire étranger, la Turquie. Mais la cohérence de ce positionnement est mis à mal par le soutien de pays comme les Emirats Arabes Unis, L’Égypte, la France et la Russie aux forces de Haftar. Cela veut dire que les partisans de l’ex-colonel Gaddafi sont soutenus par des pays qui ont œuvré à la destruction de son régime en 2011. Il s’agit là d’un retournement de situation assez commun. Seul le positionnement de la Russie semble cohérent. Même si les liens entre le groupe privé PMC Wagner et Moscou sont loin d’être aussi proches que ne le prétendent les médias de l’Otan, le soutien logistique russe aux combattants des Bsnou Walid semble logique. Il s’inscrit en outre dans la continuité de la lutte contre l’Otan, représenté par la Turquie.

La Turquie n’agit pas seule en Libye. Ankara dispose du soutien caché de l’administration US et quasiment aucune décision stratégique turque n’est prise sans des consultations préalables avec Washington. Comment expliquer alors le positionnement des autres pays alliés comme la France, les Emirats Arabes Unis ou encore l’Arabie Saoudite ? Double-jeu visant à établir une confusion stratégique ou une ruse de guerre classique ou le chacun pour soi suivant ses intérêts économiques et stratégiques propres, il semble bien que l’on soit face à une situation assez complexe. Comme la Turquie au Levant, la France poursuit un rôle de diversion en Libye. Elle joue une partition dictée par une stratégie plus large, laquelle est celle de Washington in fine. Les pays du Golfe sont animés par le clivage idéologique et religieux et il n’est point surprenant de voir le Qatar prendre position pour Ankara tandis que les Emirats Arabes Unis se positionnent contre. A noter l’attitude de Ryad, écartelé entre son alliance avec l’empire et sa rivalité avec des frères musulmans au pouvoir apparent en Turquie. C’est une partition inédite. Le conflit en Libye illustre le nouveau type de conflit à alliances flottantes et changeantes où l’allié d’un des belligérants est en fait son ennemi et vice-versa.

Combattants soudanais et tchadiens devant un système de défense aérienne Pantsir S-1 en Libye (forces de Haftar)

La dérive de la Libye et son instabilité durable depuis la chute du Colonel Gaddafi en 2011 a contraint certaines puissances intéressés par les richesses fossiles et en terres rares de ce pays à revenir au paradigme de l’homme fort capable d’imposer sa poigne et à protéger les intérêts des multinationales étrangères. Ce choix s’est vite porté sur le maréchal Haftar mais ce dernier est animé par des ambitions contradictoires ou tout au moins ambivalentes. L’adhésion des Banu Walid à son initiative renseigne sur la capacité de manœuvre du personnage qui est capable d’utiliser ses vieux liens avec le régime de Gaddafi qu’il avait trahi lors de la guerre du Tchad pour engranger un avantage tactique. Cet aspect est sous-estimé par les pays occidentaux pour lesquels il n’existe pas de nuances entre le blanc et le noir, et dont l’ignorance des réalités libyennes est un secret de polichinelle. Qu’en est-il alors du gouvernement de Fayez Al-Serraj et de son alliance avec la Turquie ? Là encore, la carte n’est pas le terrain. Les élites du GNA, d’origine ottomane ou andalouse, de vieille extraction urbaine se sont alliés avec les vieilles familles juives de Misrata et appelé à l’aide le Grand Turc. Celui-ci ne lésine sur aucun moyen comme le démontre récemment l’envoi de chasseurs bombardier F-16 ou de dizaines de drones d’attaque ainsi que de forces spéciales et des miliciens syriens de la province rebelle d’Idleb. Pour la Turquie, la guerre par procuration contre la Russie, les Emirats Arabes Unis, L’Égypte et les miliciens syriens pro-Damas qui se battent du côté de Haftar est une continuation de la politique pro-ottomane du président Erdogan mais pas seulement: elle s’inscrit dans le cadre plus large d’une stratégie du chaos visant à brouiller la perception des conflits en cours dans le monde de manière à ne pas pouvoir y distinguer qui est qui. C’est une nouvelle approche difficile à cerner. Dans ce jeu là certains pays comme la France par exemple soutient Haftar mais fournit du renseignement à la Turquie et surtout les coordonnées du Groupe PMC Wagner sensé combattre à ses côtés. La Turquie dont la totalité des classes dirigeantes méprisent au plus haut point la France, est donc à la fois l’adversaire et l’alliée de la France dans le conflit libyen. Cette dichotomie convergente selon les buts et les moyens est déconcertante suivant un schéma classique. C’est pourtant une norme nouvelle avec laquelle il faudra s’adapter.

Les récents développements sur le terrain corroborent cette perception. Le retrait des unités de PMC Wagner et des Janjawid soudanais avec armes et bagages de Tarhouna, non sans avoir subi des pertes devant Tripoli, indique qu’au moins un ou deux autres parties impliquées aux côtés de Haftar jouent un double-rôle. Ces parties gèrent le clivage entre les deux Libye mais ne souhaitent à aucun des deux belligérants de l’emporter définitivement à moins d’être sous contrôle. Pour le moment, la Turquie et donc l’Otan semblent l’emporter en Tripolitaine mais ce n’est que partie remise. Le camp adverse dispose d’assez de ressources pour se repositionner assez rapidement. Dans un même camp, certains alliés jouent sur les deux tableaux. La perception stratégique en est floue et c’est une marque de la nouvelle stratégie US depuis 2015.

La Libye est un pays riche en pétrole et en terres rares disposant d’une large façade maritime en Méditerranée centrale. Le contrôle du gouvernement de Tripoli ou de Tobrouk ou même un troisième assurera un gain stratégique appréciable aux puissances impliquées dans le conflit qui déchire ce pays depuis l’intervention de l’Otan en mars 2011. Les deux pays limitrophes de la Libye disposant d’assez de ressources militaires pour y intervenir et mettre fin à la guerre, l’Algérie et L’Égypte, se heurtent quasiment sur tous les points et poursuivent des objectifs totalement contradictoires, voire hostiles, bien que L’Égypte soit militairement sur le terrain tandis que l’Algérie continue de rester à l’écart se contentant d’appeler à une solution négociée et inclusive entre toutes les parties libyennes.

Retrait tactique des hommes du groupe de PMC Wagner de Tarhouna vers le bastion Gaddafiste de Banou Walid.

La Chine s’apprête à envoyer la mission Tianwen-1 vers la planète Mars sur fond d’une nouvelle course de l’espace avec Washington

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La Chine envisage de lancer une mission d’exploration automatique vers la planète Mars au courant du mois de juillet 2020. Cette mission comprendra un module d’exploration au sol.

La mission chinoise sur Mars est baptisée Tianwen-1, un nom dérivé d’un poème de Qu Yuan, un des plus grands poètes chinois anciens ayant vécu entre 340 et 278 avant Jésus-Christ. L’agence spatiale chinoise à également révélé pour la première fois le logo officiel de ses futures missions d’exploration interplanétaires, élaboré sur la base de la lettre latine C, signifiant Chine.

La Chine entend mener simultanément des missions scientifiques en Antarctique sur la planète Terre tout en continuant l’envoi de missions automatiques sur la face cachée de la lune et sur Mars. Une planète qui intéresse de plus en plus les chinois après la promulgation par le président US Donald Trump d’un ordre exécutif susceptible de paver la voie à des revendications territoriales sur d’autres corps célestes du système solaire.

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Aux origines du Watergate et de la démission forcée de Richard Nixon qui estimait que c’était une erreur que de laisser la politique étrangère US au Moyen-Orient être dirigée par un Juif allemand et que Newsweek, le New York Times et le Washington Post sont totalement acquis à la “juiverie” américaine…

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On comprend dès lors pourquoi Hollywood ne cesse de vilipender Nixon et le représenter sous les traits d’un homme irascible et hypocrite tenant un langage coloré en privé et invariablement comme un méchant président. Ce n’était pas un ami d’Israël.

Richard Nixon avait échappé à l’assassinat car une décennie plus tôt l’un de ses prédécesseurs, John Fitzgerald Kennedy avait été exécuté en public à Dallas, Texas et remplacé par le très corrompu Lyndon B. Johnson qui intensifia la désastreuse guerre du Vietnam sous le fallacieux prétexte de la lutte contre l’expansion communiste en Asie du Sud-Est. En réalité c’était une très grosse escroquerie visant à engraisser le gigantesque complexe militaro industriel et ses lobbies. Nixon qui contrairement au flamboyant Kennedy, venait d’un milieu modeste, savait à quoi s’en tenir et commença à se méfier de tous et de tout. C’est la fameuse paranoïa que Hollywood allait lui coller ad vitam æternam. Il avait osé mettre sur écoute la CIA et l’ensemble de ce que l’on désigne aujourd’hui sous le terme générique d’Etat profond et c’était l’erreur de trop. Il fallait le faire tomber. On chargea le quatrième pouvoir représenté par la presse juive américaine, totalement acquise à la mafia khazare de le démolir avec l’aide des moyens de l’Etat profond. Ce fut le Watergate. Un procédé qui fera date. Plus aucun président des États-Unis ne sera libre et aura une lourde épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête.

Le Fardeau de l’âne ou comment on se fait tous manipuler

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Il est quasiment impossible d’échapper à la manipulation dans la manipulation d’une autre manipulation croisée ou parallèle à la première ou simultanément à la seconde. Disons-le d’emblée et sans ambage: la majorité d’entre-nous, dont l’auteur de ce billet, s’est fait manipuler à outrance avec cette histoire de COVID-19. Ce vecteur biologique basé sur un virus de la famille des Coronaviridae à servi à une des plus grandes opérations de manipulation de masse de l’histoire humaine. Oubliez toutes les autres grandes opérations de guerre psychologique similaires de grande ampleur survenues entre le 01 septembre 1939 et le 11 septembre 2001. L’opération de guerre psychologique doublé d’un féroce conflit économique se servant de la peur induite par l’irruption d’un vecteur biologique pathogène sensé être extrêmement contagieux et s’adaptant sans cesse aux conditions environnementales extrêmes (le virus survit désormais à des températures avoisinant les 65 degrés Celsius/149 degrés Fahrenheit) pour renforcer les capacités de contrôle social et restructurer les voies d’approvisionnement mondial et précipiter la chute d’une coterie tout en préparant un conflit mondial avec les puissances ayant entravé les visées géostratégiques de l’empire risque d’aboutir à des resultats fort inattendus. Dans la foulée, nous, simples observateurs d’un monde de plus en plus complexe dans sa capacité à façonner une réalité imposée et à y formater en conséquence les éléments de langage, avons été littéralement “roulés dans la farine” et pour reprendre les termes d’un analyste spécialisé dans la veille documentaire dédiée au phénomène de la propagande sectaire, “frits à petit feu dans une poêle en laiton”.

Puis il y a tous ces morts et cette comptabilité morbide. Quotidienne, insistante comme le ressac d’une vague marine. Les médias ont en trop fait. Ce n’est plus du formatage mais une surenchère de la peur, d’une peur primale, ancienne liée à des terreurs passées. L’humain est un animal politique extrêment sensible à la peur et à la possibilité d’un gain quelconque. Les populations sont non seulement parqués comme du bétail mais désormais assignées à résidence au nom d’une nouvelle forme de quarantaine. Les gouvernements ou plutôt les gestionnaires visibles du parc à bétail sont dépassés et font semblant de gérer un effet papillon qui leur échappe en totalité. L’argent fiat maintient un ordre social désordonné et en plein désarroi. Le bétail humain est facile à gérer par endroit. Très difficile par d’autres. Le niveau intellectuel général est gravement affecté et on ne gère guère que par l’émotion et l’affect. Gérer est un mot inadéquat. On manipule. On nous manipule. On vous manipule. C’est une forme d’esclavage post-moderne. Le travail est dévoilé pour ce qu’il a toujours été depuis deux décennies. Une supercherie. Une crèche pour adultes. Les études ne comptent plus. Les embouteillages sont l’expression non naturelle et donc artificielle d’un besoin de faire quelque chose. C’est donc un mouvement factice. Sans but propre. L’ennui humain est un puissant moteur. La distribution de la fausse monnaie régule le tout. La disparition de l’économie réelle à entraîné avec elle la société réelle. Nous sommes devant un nouveau état de fait. Une nouvelle culture. Un nouveau monde. Nous sommes trop imprégnés de nos anciens préjugés pour pouvoir discerner la complexité de la nouvelle donne. Peu importe si le COVID-19 vise autant l’administration Trump que la Chine. Le fait est que nous nous sommes fait avoir. C’est la raison pour laquelle les élites chinoises et russes font le dos rond et attendent de meilleurs jours. Le noyau dur des élites financières mondiales est capable de détruire l’ensemble de la planète avec des procédés fort élaborés. C’est dans ce contexte que la liberté de pensée, d’opinion et d’expression, très durement affectée au cours de cette crise ou guerre doit être préservé. Le COVID-19 a servi de prétexte à la chape de plomb qui s’est abattue sur l’ensemble du Net, dans quasiment la totalité des pays de la planète. Cette tendence dangereuse laisse imaginer le monde idéal voulu par les tenants du monde dit libéral. Ils n’hésiteront point à anéantir quiconque se dressera sur leur chemin. Pire, ils sont prêts à se suicider comme des kamikazes bourrés d’explosifs à l’intérieur d’un bus bondé de monde pour empêcher un changement de paradigme défavorable à leurs intérêts. Nous sommes fixés. Il nous faut jouer serré. Les méthodes de gangsters sont de retour. Au harcèlement multiformes s’est substitué les visites musclées à domicile et les fractures inopinées de tibias. Il nous faut donc tenir. Coûte que coûte. Réfléchir. Sortir des schémas de pensée connues ou imposées. Dépasser nos propres préjugés et accepter une extension du domaine de la perception et inévitablement celui de la lutte. Nous nous sommes trompés. Nous avons été trompés. Le COVID-19 cache une mystification dangereuse. Il y a eu mort d’êtres humains et une exploitation odieuses de ces morts. Cela ne s’arrêtera pas à ce stade. La seconde phase sera plus insidieuse, beaucoup plus vicieuse dans les méthodes employées. La matrice opératoire sera basée sur une thématique de crise économique et d’une poursuite de la guerre. Il n’y aura bientôt plus assez de gens capables de discerner avec le recul nécessaire ce qui se passe autour d’eux. De ce que l’on est en train de leur faire subir sans qu’ils en aient la moindre conscience. A l’évidence, 1984, le fameux roman dystopique d’Orwell était un peu schématique, systématique et optimiste sur l’extraordinaire capacité de manipulation du pouvoir.

Le site que vous êtes en train de parcourir ne prétend point à la vérité ou du moins à une certaine forme de vérité puisqu’il s’est fait lui aussi manipuler par la grande opération en cours. Par conséquent, il vous est demandé d’être extrêmement vigilant et de recourir systématiquement au bon sens, si ce dernier n’a pas été encore entamé par l’insanité ambiante ou la corruption. L’enjeu est énorme. Il ne s’agit plus seulement d’une guerre pour gagner les cœurs des foules mais d’une nouvelle programmation mentale de masse. Le verbe zombifier n’est pas loin. Les zombies on les voit ruer autour de nous. Ils ne réfléchissent plus. Ils consomment et se font confiner. Demain il se feront massacrer avec le sourire.

” De quel droit avez-vous vous asservi les gens alors qu’ils étaient nés libres? ” Ali Ben Abi Taleb, quatrième Calife de l’islam, 7ème siècle après Jésus Christ.


Avertissement

La photographie d’illustration ne se veut pas péjorative ou offensante pour les asines que nous aimons et respectons au plus haut point. L’auteur milite d’ailleurs pour la réintroduction de l’âne commun ou equus asinus dans l’ensemble des zones urbaines.

La chasse au pétrole libyen se poursuit

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Après que le chef du renseignement du gouvernement libyen de l’accord national (GAN), Abdulkader Al-Tuhami, est décédé dans des circonstances mystérieuses, un certain nombre de médias affiliés à la Turquie ont minimisé l’importance de la nouvelle en affirmant que le maître espion libyen a subi une crise cardiaque, peut-être la cause de décès la plus courante.

Communiqué officiel des condoléances du GNA suite au décès du général Al-Tuhami, daté du 10 mai 2020.

Cependant, en Libye, les gens, et encore moins les maîtres espions, sont beaucoup plus susceptibles de mourir de causes plus sinistres, et le cas d’Al-Tuhami ne fait pas exception. Des sources bien informées sont convaincues que sa mort était en fait un assassinat organisé par de hauts responsables turcs.

L’invasion turque de la Libye poursuit, évidemment, non seulement pour les objectifs politiques fixés par Recep Erdogan, mais également pour obtenir des avantages économiques.

Une carte satellite de la Libye de nuit. Les zones claires représentent les régions regroupant la majeure partie de la population du pays.

Des sources au sein de la communauté du renseignement libyen indiquent que depuis le début des opérations turques, des équipes de spécialistes turcs ont mené des enquêtes sur la côte libyenne et dans les eaux territoriales à la recherche de champs de pétrole et de gaz. Des efforts considérables sont déployés pour garder ces activités secrètes afin d’éviter les soupçons des autorités libyennes et les critiques de la communauté internationale. Outre la recherche de gaz et de pétrole sur le plateau libyen, Ankara exploite un réseau de contrebande de pétrole via un certain nombre de groupes supplétifs. Le chef d’état-major de la Turquie, le général Yasar Guler, supervise personnellement la recherche et le commerce illégal, tandis que son adjoint, le général Metin Gyurak, qui commande les troupes turques en Libye, supervise les routes de contrebande vers l’Europe et la coopération avec les factions armées locales, selon les mêmes sources.

La contrebande transfrontalière est un domaine dans lequel Ankara possède une compétence remarquable. Tout au long des années du conflit syrien, la Turquie a chargé ses mandataires de produire et de faire passer du pétrole syrien pour exporter le carburant volé vers l’Europe. De plus, selon plusieurs membres de l’entourage de Recep Erdogan, le président turc a chargé son propre fils de faire passer en contrebande du pétrole acheté à l’Etat islamique. Les réserves de pétrole et de gaz de la Libye sont beaucoup plus substantielles que celles de la Syrie, c’est pourquoi il n’est pas étonnant que les élites turques se soient empressées de mettre la main sur les ressources naturelles libyennes. Les experts estiment que la mort mystérieuse du maître espion libyen Al-Tuhami pourrait être un résultat collatéral de la lutte pour le pouvoir entre les milices rivalisant pour l’emprise du pétrole. La nouvelle puissance représentée par l’armée turque n’hésite pas à éliminer ses concurrents en voie de la domination totale dans la bataille pour le pétrole libyen. De nombreux médias arabes ont suggéré qu’Al-Tuhami est mort aux mains de militants affiliés à la Turquie. L’officier libyen a été en mesure de découvrir les intentions d’Ankara de voler les ressources libyennes et, plus que probablement, il a tenté de l’empêcher. Malheureusement, les «alliés turcs» ont eu recours à des mesures radicales et l’ont assassiné. Comme c’est le cas en Syrie, il est évident que l’établissement turc ne cessera pas de se nourrir de la Libye déchirée par la guerre à cause de la catastrophe de l’économie nationale turque au milieu de la pandémie de COVID-19 et des dépenses militaires énormes pour les campagnes en Syrie et en Libye. Le dirigeant turc cherche à vider la Libye des ressources sous le voile de rhétorique en soutien au GAN. Ce n’est pas un secret qu’Erdogan est désespéré dans son désir de redonner à l’empire ottoman sa gloire d’antan. Cependant, le seul objectif qu’il poursuit en Libye est d’extirper les ressources naturelles en tirant les ficelles de sa propre marionnette du GAN – ironiquement, celle qui a fourni des motifs légitimes pour l’invasion turque.

Alaeddin Saleh

Journaliste libyen avec une longue expérience professionnelle en matière de l’étude et la couverture médiatique de la Libye et de la région

Lutte, résilience et résistance

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La chape de plomb n’est plus l’apanage d’un gouvernement ou d’une influente multinationale mais est devenue un des instruments de contrôle de la réalité des grandes compagnies du Net.

Après une éclipse forcée, les publications reprendront dans les heures qui viennent. Un réajustement de la ligne éditoriale s’est avéré nécessaire pour faire face à la censure nouvelle.

L’enjeu de la réalité imposée est immense. La construction mentale du réel est devenu le principal champ de bataille. D’où ce durcissement drastique et cette répression souriante qui s’abattent sur toute forme de liberté d’expression hors narration pré-formatée. Cet enjeu dépasse la stratégie de la division à des fins de contrôle sociétal. Le système ne veut plus que sa version de la réalité soit remis en cause. Cela me rappelle un souvenir lié à une rencontre informelle entre l’ex-Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, feu Boutros Boutros Ghali et l’ex-Secrétaire d’Etat US Madeleine Albright durant les années 90. La discussion était convenue, formelle et le dialogue était orienté suivant un étroit canal duquel on ne pouvait s’écarter d’un iota. Albright avait constamment ce sourire faux, professionnel et faisait mine d’ignorer une ou deux allusion du diplomate égyptien. Un autre officiel US qui jouera plus tard un certain rôle lors de la troisième guerre du Golfe assistait à cette discussion. Je ne me rappelle plus de son nom mais il avait ce sourire faux et ce visage hypocrite que certains d’entre-nous ne supportent guère. A un certain moment de la discussion, Boutros Boutros Ghali évoqua avec beaucoup de tact et de diplomatie, à voix presque basse, la question palestinienne. En mois d’une seconde, le sourire convenu de Madeleine Albright se figea avant de se transformer en une grimace d’effroi. Son accompagnateur du Département d’Etat fit un pas en arrière comme si un paquet venait de lui rentrer dedans. Albright lâcha une phrase où l’on put entendre le mot “shocking” (choquant) et fit remarquer au SG des Nations Unies que l’évocation de ce sujet est fort malpoli, malséant et inconvenant dans une société civilisée… C’était une technique de contrôle du réel. Les prêtres du nouveau temple nient toute réalité qui ne corresponde pas à leur fiction mentale qu’ils s’efforcent de construire à coups de concepts et de bombes. Ils vous dénient votre propre réalité. Ils vous dénigrent si votre réalité commence à créer des fissures au sein de leur construction sémantique. Ils tentent de vous réduire et si cette option s’avère impossible, ils vous supprimeront par divers moyens.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je n’aime pas le discours politiquement correct, lequel demeure une arme de guerre et de sujétion. C’est un joug invisible comme le sont le crédit, la monnaie fiduciaire, le conformisme social, etc. C’est par dessus tout un mensonge savant. Il vise à vous classer parmi les facteurs à ignorer lors de l’élaboration d’une théorie ou d’un paradigme.

Toute personne douée d’un minimum de bon sens, quelle que soit ses origines, son idéologie ou sa religion, se doit de lutter contre cette supercherie basée sur le mensonge et le profit sans fin, illimité et illégitime, le genre de profit que des pseudo experts basés à Washington et à New York se font sur le dos des afghans, des coréens, des cubains, des iraniens et de tous ces peuples vivant dans des points chauds d’une planète en guerre.

Nous ne laisserons pas cette vermine imposer ses fantasmes pervers. La lutte s’impose naturellement. Nous ne serons ni les premiers ni les derniers à le faire. Alors luttons !

Strategika51 est un vecteur de lutte et de résilience.

Vive la Résistance!

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