Archives mensuelles : juin 2020

Libye: vers une guerre des villes à coups de missiles Scud?

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Les forces de l’Armée Nationale Libyenne ou LNA du Maréchal Khalifa Haftar comptent utiliser des missiles balistiques sol-sol de type Scud sur le front de Syrte. Plusieurs convois transportant ce type de missiles a été aperçus sur les routes du Golfe de Syrte.

la portée de ces missiles leur permet de viser des cibles militaires et des infrastructures situés à Tripoli et à Misrata, où se trouvent les QG des forces gouvernementales et de leurs alliés, avec des têtes explosives pesant une demi-tonne.

Par ailleurs des informations contradictoires continuent à circuler sur la disparition du Maréchal Haftar, la plus recente faisant état de son assignation à résidence par les egyptiens. Cette information est sujette à caution.

Dans tous les cas de figures, l’accumulation de missiles tactiques sol-sol augure d’une forme limitée de guerre des villes au moyen de vecteurs balistiques. Un scénario qui est loin de plaire à tous les pays riverains de la Libye.

Raid aérien mené par trois Rafale français en Irak-22/06/2020

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Les Rafale français continuent de mener des raids aériens en Irak et en Syrie ainsi qu’au Sahel.

Dans cette vidéo ci-dessus, trois avions de combat Rafale des forces aériennes françaises bombardent des cibles non identifiées en Irak dans le cadre de l’opération Shammal. Selon l’état-major des armées françaises, les avions de combat français basés au Levant et notamment en Jordanie septentrionale, ont effectué 17 sorties et une frappe.

Le 22 juin 2020, trois Rafale français ont été utilisés en CAS (soutien de troupes au sol) en appui de l’opération des forces de sécurité irakienne « Heroes of Irak » ou أبطال العراق, en bombardant un poste de commandement supposé être de Daech mais qui est en réalité un PC d’une milice armée de l’opposition irakienne. La France est ainsi impliquée dans les sables mouvants de la politique intérieure irakienne sans que l’on sache si elle poursuit sa propre stratégie ou continue celle des principaux acteurs géopolitiques engagés au Levant et au Moyen-Orient.

L’hélicoptère militaire du futur n’en sera plus vraiment un

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L’avenir des hélicoptères militaires semble amorcer une nouvelle étape. Au projet du prototype US Bell 360 Invictus, répondent divers projets du russe Kamov cherchant à concevoir des appareils à voilure mobile pouvant atteindre des vitesses comprises entre 500 et 700 km/h en vitesse de croisière.

Sikorsky/Boeing semble explorer le choix des doubles rotors pour lequel a opté le russe Kamov
image d’artiste du Bell 360 Invictus, l’hélicoptère de reconnaissance du futur de l’armée de terre US.
Une autre image d’artiste du Bell 360 Invictus armé de missile Air-Sol Hellfire et d’un canon de 20mm. Le design américain se rapproche des styles européens et même chinois.
le projet Boeing-Sikorski hélicoptère léger RAH-66 Comanche, annulé en 2004.

Le Bell 360 Invictus est destiné à contrer les nouveaux chars russes Armata T-14 et les redoutables véhicules blindés lourds T-15 Армата comme l’illustre cette vidéo de présentation en images de synthèse ci-dessous:

La guerre en Syrie a cependant démontré l’extrême fragilité des hélicoptères d’attaque lorsque ces derniers font face à de simples pick-ups out Technicals dotés de canons ou de mitrailleuses lourdes.

Côté russe, la philosophie semble totalement différente et s’inspire des dures leçons acquises sur le théâtre des opérations syriennes où l’hélicoptère d’attaque est jugé trop lent pour survivre. Le bureau d’études de Kamov redouble d’imagination pour créer un hélicoptère de combat pouvant atteindre 700 km/h, soit la vitesse d’un chasseur de la seconde guerre mondiale et qui ne ressemble plus vraiment à un hélicoptère.

Bref, c’est une des condition de survie de cette arme qui se heurte à des très graves difficultés d’adaptation dans les guerres modernes.

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Conflit libyen: la Russie explore la troisième voie et prend contact avec Seif-al-Islam Gaddafi

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Pour la première fois, des officiers du GRU russes ont pris attaché avec Seif-al-Islam Gaddafi et ses partisans en Libye dans une tentative visant à explorer une troisième voie excluant à la fois le Maréchal Khalifa Haftar (Cyrénaïque) et le président Fayaz Al-Serradj (Tripolitaine).

Cette initiative russe prise après des consultations avec l’Algérie a pour objectif de sonder la popularité du clan des Gaddafi et leurs capacité à fédérer les puissantes tribus libyennes, véritables détentrices du pouvoir informel en Libye. La troisième voie permettrait de se débarrasser du très encombrant Maréchal Haftar et surtout ses dangereux soutiens égyptiens, saoudiens, émiratis et français tout en neutralisant la Turquie et le gouvernement de Fayaz Al-Serradj à Tripoli.

La situation demeure explosive autour de Sirte, l’ancien fief des Gaddafi, où des frégates de la marine de guerre turque commencent à se déployer au large. l’Égypte du Maréchal Abdelfettah al-Sisi a commencé à mobiliser et à armer avec des fonds émiratis les plus puissantes tribus libyennes de Cyrénaïque, notamment les Abidat ainsi que celles ayant des ramifications en Égypte occidentale. Le véritable enjeu du conflit libyen est la mainmise sur les hydrocarbures et les ressources hydriques.

le Maréchal Khalifa Haftar a disparu de la scène publique depuis l’approche des forces du gouvernement de Tripoli et des forces turques près de Sirte et d’Al-Jufra. Une information non confirmée évoquant la crainte de Haftar au sujet d’une opération de décapitation turque au moyen d’une frappe de drone ou une opération spéciale.

Dans tous les cas de figures, les pays soutenant Haftar feront tout pour éviter un tel scénario tandis que la Turquie ne compte pas lâcher le morceau ou plutôt une opportunité historique extraordinaire de devenir une puissance en jouant le rôle de bras armé de l’administration Trump tout en avançant ses propres priorités stratégiques néo-ottomanes.

L’Iran teste un nouveau missile anti-navire d’une portée de 280 km dans l’océan indien

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L’Iran a procédé cette semaine au test d’un missile anti-navire conçu localement au cours d’un exercice naval dans l’océan indien. Des spéculations sur ce nouveau missile tiré à partir d’un bâtiment de surface dont la portée est de 280 km laissent entendre qu’il s’agit du missile Noor, basé sur le missile anti-navire chinois C-802.

Pays à vendre, un nouveau concept en géopolitique

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L’effondrement de l’économie libanaise et la banqueroute généralisée des institutions financières de ce pays du Levant préparent le terrain à un nouveau concept en vogue en géopolitique: les pays à vendre.

La corruption endémique au Liban mais également les fraudes et les manipulations multiples affectant son système bancaire, monétaire et financier sont actuellement exploités pour régler les comptes avec le Hezbollah libanais, un des principaux soutiens politiques et militaires de Damas et Téhéran dans la région. Les banques libanaises procédant à la saisie des avoirs et des comptes syriens pour se conformer à la loi Caesar ne se relèveront pas de la profonde crise monétaire et économique. Une crise que Washington et ses alliés voulaient exploiter pour établir une sorte de protectorat sur le Liban. C’était sans compter la formidable capacité d’OPA de Beijing. L’occasion est historique. Un pays entier à vendre situé en Méditerranée orientale à l’extrémité de l’ancienne route de la soie Et c’est la Chine qui se porte acquéreur.

Au suivant.

Deux vagues successives de raids aériens israéliens ciblent des positions et des centres de commandement militaires à Hama et Al-Suwaidae en Syrie

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Peu d’informations sont actuellement disponible sur la dernière vague de raids aériens israéliens ayant ciblé plusieurs sites militaires syriens dans différents endroits en Syrie. Les israéliens ont contourné la zone de défense aérienne syro-russe à l’aide de nouveaux missiles de croisière et de missiles Air-Sol de nouvelle génération. Ce qui est remarquable cette fois est le large éventail de sites ciblés dans le sud, l’est et le centre de la Syrie.

Quelques heures avant cette vague de raids aériens israéliens, la base aérienne de Hmeimim a subi un intense pilonnage aux roquettes Grad et aux drones kamikazes. Le commandement militaire russe affirme que ces systèmes de défense aérienne ont intercepté avec succès tous les drones kamikazes hostiles ainsi que quelques roquettes non guidées Grad mais il semble que l’interception des roquettes non guidées soit toujours aléatoire.

Pour revenir aux raids israéliens, il s’agit d’une des opérations aériennes les plus complexes jamais menées en Syrie puisque les systèmes de défense antiaérienne n’ont pas pu être activés à temps soit par l’effet d’une attaque électronique ou par l’usage de nouvelles techniques de bombardement à distance.

La Syrie soutient officiellement les forces du Maréchal Haftar et l’Égypte ou comment la Syrie se retrouve de facto alliée avec la France en Libye

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Quel renversement de situation! La Syrie vient d’affirmer par la voix de Walid Muallam, son ministre des Affaires étrangères son soutien politique, diplomatique et militaire aux forces du Maréchal Khalifa Haftar en Libye et que la Syrie reconnaît non seulement le gouvernement et les institutions de Cyrénaïque mais se tient prête à prêter un coup de main militaire à l’Égypte.

En d’autres termes, la Syrie se retrouve alliée de la France en Libye mais ennemie sur son propre territoire même si la France a retiré le gros se son dispositif de nuisance du Levant.

On en est pas à un paradoxe près mais en matière de stratégie, le champ des possibles que l’on croyait limité est en train de s’étendre à l’infini.

l’état d’hostilité de la Syrie et de la Turquie s’étend donc au delà de la Syrie où la Turquie vient d’annexer de facto la province syrienne rebelle d’Idleb où la monnaie d’usage est la lire turque. Les forces armées turques renforcent chaque jour leurs positions à Idleb en y déployant notamment des systèmes de défense aérienne à plusieurs niveaux.

La Turquie envoie également des mercenaires syriens issues de la rébellion syrienne se battre en Libye aux côtés du gouvernement de Tripoli contre les forces du Maréchal Khalifa Haftar (LNA ou Armée Nationale Libyenne).

Quid de la stratégie francaise au Levant et en Libye?

Après s’être rués tête baissée dans la campagne de changement de régime en Syrie, les gouvernements français successifa ont fait preuve d’une extraordinaire cécité stratégique au point de se retrouver alliés avec le “méchant Bachar Al-Assad” qu’ils ne cessaient se vilipender pour au final se heurter à la Turquie, le plus important membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.

Paradoxalement, c’est la Turquie qui avait facilité et protégé les opérations clandestines françaises contre la Syrie. Plua encore, c’est la Turquie qui a ouvert un corridor spécial aux combattants islamistes extrémistes français mobilisés par Paris pour aller guerroyer en Syrie avant de récupérer leurs rejetons sous couvert humanitaire (rapatriement en France des enfants de Daech/État Islamique).

Or maintenant la Turquie et la France sont à couteaux tirés et se heurtent en Libye où Ankara entend bien s’implanter et devenir une puissance gazière (réserves de la Méditerranée orientale) et pétrolière (les fabuleux gisements libyens) et priver non seulement la France de sa part du gâteau libyen mais d’influencer le Sahel où la France se débat dans d’inextricables problèmes logistiques et militaires dans un conflit sans forme et probablement sans aucune fin. Les turcs ne sont pas intéressés par le Sahel mais les américains le sont et ils viennent de trouver l’outil ou plutôt la tête de bélier idéale pour fracasser tous les verrous stratégiques non encore entamés.

Cette situation est étrange. Pourquoi la France s’était mise dans une telle situation? Pourquoi avoir crié à tue-tête “Bachar doit partir” pour qu’à la fin elle met en veilleuse ses prétentions syriennes et se contente d’une alliance avec Assad? Une partie de la réponse à cette question réside dans l’influence émiratie sur la politique étrangère de la France. Autant dire que la France ne dispose plus de stratégie véritable depuis quelques années. C’est une sorte de navigation a vue où l’intérêt immédiat (et disons-le sans aucune honte: sonnant et trébuchant) de personnalités politiques corrompues prime sur toute autre considération supérieure.

Damas et Paris sur le même bateau. Qui l’aurait cru en ces temps troublés?

Il fallait l’imaginer. C’est une réalité géostratégique patente.

Attaque suicide à l’explosif contre une base militaire turque en Somalie

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Un kamikaze s’est fait exploser à l’intérieur d’une base militaire turque à Mogadiscio servant de centre d’instruction pour des cadets des forces armées somaliennes. Un premier bilan fait état de deux morts dont le kamikaze. C’est la première fois qu’une installation militaire turque est ciblée par un attentat en Somalie.

Les Chebabs somaliens ont revendiqué l’attentat mais des sources turques indiquent que n’importe quel commanditaire peut s’offrir les services des Chebabs moyennant le paiement d’une somme d’argent et il n’est pas exclu que cette attaque ait été commandité par un pays allié de l’OTAN ayant des intérêts stratégiques en Afrique.

La France soutient totalement Haftar et l’Egypte, la Turquie commence à démanteler les réseaux d’espionnage français en Turquie

C’est loin d’être une surprise. Après des mois d’ambiguïté délibérée dans le conflit libyen, le gouvernement français a fini par révéler son alliance avec les forces du Maréchal Khalifa Haftar en jugeant que les préoccupations de l’Égypte en Libye sont legitimes. Paris se place donc avec la Russie, l’Égypte et les Emirats sur l’échiquier contre la Turquie, l’Italie et les États-Unis.

La réaction turque ne s’est pas fait attendre. Quatre personnes viennent d’être arrêtées en Turquie pour espionnage au profit de la France et le gouvernement turc vient d’entamer un ciblage systématique des réseaux d’espionnage français en Turquie et au Levant.

Donald Trump pourrait rencontrer Nicólas Maduro comme ultime parade aux attaques redoublés de l’État profond

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Confronté aux attaques redoublées de l’Etat profond US et la parution iminente d’un livre de ragots signé par John Bolton, l’ex-conseiller à la sécurité nationale et l’un des plus virulents bellicistes ultra-sionistes, le président américain Donald Trump laisse planer le doute sur une éventuelle riposte incluant une rencontre au sommet avec Nicólas Maduro, président de la République bolivarienne du Venezuela et bête noire des néo-conservateurs US.

Dans un entretien avec Axios, Donald Trump a clairement laissé entendre qu’en principe il n’est jamais opposé à une rencontre et qu’il pourrait réfléchir à ce sujet en soulignant que Maduro souhaiterait une telle rencontre et que lui, président des États-Unis n’est jamais opposé à cette idée.

A la question s’il regrettait les conseils de Bolton sur le Venezuela où Washington soutient ouvertement une opération hybride de changement de régime via Juan Guaido, Trump répond par un “pas particulièrement” avant d’ajouter qu’il est fermement opposé à ce qui ce passe au Venezuela.

Trump a été le premier président US à avoir rencontré a deux reprises le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et avoir tenté une approche similaire avec l’Iran (que ce dernier a rejeté) en provoquant un séisme majeur au sein des réseaux mafieux liant l’Etat profond US aux principales oligarchies des pays d’Europe occidentale et du Moyen-Orient.

Ce sera une ultime parade de Trump pour contrecarrer l’assaut en règle de l’Etat profond visant à le pousser soit à la démission ou à retirer sa candidature aux prochaines présidentielles face à Joe Biden.


Une mêlée dans les Himalayas ou comment les soldats de deux puissances nucléaires se battent à mains nues pour régler un différend frontalier

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Note: cette vidéo a été prise avant la grande mêlée dans laquelle près d’une centaine de soldats des deux côtés ont été tués, blessés ou capturés.

Je ne sais pas comment la Troisième Guerre Mondiale sera menée, mais je sais comment le sera la quatrième: avec des bâtons et des pierres

Albert Einstein

Et si la troisième guerre mondiale, hybride, en cours, était déjà terminée et que nous entamons la quatrième à coups de barres de fer?

Le Mig-17 qui passa sous un pont à Mach 1.06 en Sibérie occidentale…

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le 04 juin 1965, le pilote soviétique Valentin Privalov passa sous un pont à Novosibirsk à bord d’un chasseur à réaction Mig-17 provoquant l’ire de sa hiérarchie. Il fut sauvé suite à une intervention personnelle du ministre soviétique de la défense de l’époque, le Maréchal Rodion Malinovsky, qui l’affecta dans une escadrille d’élite à Kubinka, près de Moscou. La photographie est sujette à controverse mais le fait est attesté dans les archives sovietiques et par des centaines de témoins oculaires.

C’était une belle journée ensoleillée que celle de ce 04 juin 1965 à Novosibirsk, ville située en Sibérie occidentale. C’était une journée fériée et les gens se promenaient sur les rives de l’Ob quand un avion à reaction aux couleurs argentées, symbole de la puissance spatiale soviétique, commença à réaliser des figures géométriques d’une haute précision au-dessus de la ville, ébranlée par le bruit du réacteur, avant de piquer subitement et passer sous la portion centrale du pont communal sur l’Ob, soulevant derrière lui des tonnes d’eau sous le regard ébahi de centaines de promeneurs. Le Mig-17 passa l’espace étroit de 30 mètres à une vitesse supersonique évaluée à 1126 km/heure soit Mach 1.06!

Le pilote du Mig-17 qui venait de passer sous le pont communal à une vitesse supersonique s’appellait Valentin Privalov et c’était un esprit rebelle qui croyait que l’on pouvait [presque] tout faire avec un Jet de combat. Son passage avec un Mig-17 lui vaudra une suspension et des sanctions de la part de sa hiérarchie qui n’appréciait guère ce genre d’écart avec un appareil coûtant une fortune au budget de l’État. Mais la prestation de Privalov fit tellement de bruit qu’elle attira l’attention du ministre de la défense soviétique de l’époque, le Maréchal Rodion Malinovsky, qui intervient personnellement pour éviter la cour martiale à Privalov et le muter dans une escadrille de l’élite de l’élite des pilotes de chasse stationnée à Kubinka, non loin de Moscou. Privalov rejoigna plus tard les deux meilleures formations acrobatiques de l’armée de l’air soviétique où il dépassa toutes les limites du possible. Cependant le caractère rebelle de Privalov finit par atterrir en fin de carrière comme haut fonctionnaire dans…le contrôle aérien civil dans la région de Moscou.

C’est donc une véritable histoire de Maverick sovietique, plus de vingt ans avant la sortie du premier Top Gun, film américain réalisé par Tony Scott en 1986.

Un avion de combat léger AERO L-39 Albatros de l’Armée Nationale Libyenne (LNA) effectue un atterrissage d’urgence à l’extrême nord du Niger

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Un avion d’entraînement et d’attaque au sol léger Aero L-39C Albatros des forces du Maréchal Khalifa Haftar a effectué un atterrissage d’urgence sur un plateau rocailleux à l’extrême nord de la République du Niger. Les deux pilotes ont été arrêtés par des militaires nigériens.

On en parle plus dans les médias à cause du False flag de Reading : un bus transportant des militaires syriens détruit par un engin explosif improvisé planté sur le bas côté d’une route à Deraa (Sud)

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Un attentat à l’explosif a vise un bus transportant des militaires syriens à l’est de la ville de Deraa dans le sud de la Syrie où les pays soutenant le terrorisme dans ce pays viennent de lancer une nouvelle tentative de relancer la rébellion tandis que le gros des troupes syriennes fait face aux forces turques et US à Idleb dans l’extrême nord du pays.

Toute la nébuleuse propagandiste anti-syrienne est mobilisée depuis le 26 mai 2020 pour relancer la rébellion a partir de son fief historique à Deraa, en exploitant des manifestations de populations protestant contre la vie chère et la hausse des prix. L’entrée en vigueur de la loi Ceasar visant à affamer la Syrie et à détruire l’économie libanaise vise le même objectif: provoquer un soulèvement de population et affaiblir le gouvernement en Syrie et priver le Hezbollah libanais de son ancrage populaire au Liban. En d’autres termes, l’échec des moyens militaires pour obtenir un changement de régime en Syrie n’a pas dissuadé les adversaires de ce pays et les pousse à revenir aux moyens de coercition économique et financière en injectant de la fausse monnaie au Levant et en détruisant la monnaie. La banqueroute du Liban, facilitée par la corruption et des opérations bancaires et boursières frauduleuses visent l’affaiblissement du Hezbollah, un allié clé de Damas.

On en parle plus dans les médias aux ordres. Ces derniers sont trop occupés à faire le buzz sur un agent libyen du Mi6 britannique qui a bénéficié d’une assistance psychologique pour participer à une ridicule petite opération sous faux drapeau à Reading dans le Berkshire au Royaume-Uni. Un couteau, un réfugié libyen, contexte de manifestation idéal, thématique raciale, on en rajoute une vieille couche de terrorisme mais si c’est un produit expiré et ça tient. Il y aura toujours des zombies qui y croiront.

Le retour des bellicistes au pouvoir leur réserve de grosses surprises car ils n’arrivent pas à admettre que le monde a changé et que ce n’est pas en écartant Donald Trump qu’ils vont reprendre les affaires comme si de rien n’était.

A Sidi Barrani, le président égyptien Al-Sisi affirme que l’Egypte avait toute légitimité à intervenir en Libye et que les villes de Syrte et de Benghazi sont une ligne rouge…

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Bien que faisant face à une féroce guérilla au Sinaï et à un conflit éminemment stratégique avec l’Ethiopie au sujet d’un barrage en amont du Nil, véritable poumon de l’Égypte, c’est la Libye qui demeure en haut des priorités du Caire. Lors de sa visite sur la base militaire de Sidi Barrani, non des frontières avec la Libye, le président Abdelfatah Al-Sisi passa en revue les meilleures unités militaires égyptiennes et réaffirmant que l’intervention militaire de son pays en Libye est légitime et que la ville de Syrte, marquant la frontière entre la Tripolitaine et la Cyrénaïque ainsi que Benghazi, la capitale de la Cyrénaïque sont des lignes rouges. Un message à peine voilé en direction de la Turquie mais également l’Algérie puisque cette dernière avait répété au moins à deux reprise que Tripoli est une ligne rouge.

C’est cependant la Turquie qui est la plus engagée militairement aux côtés du gouvernement d’Entente Nationale de Tripoli ou GNA, le seul à être reconnu par les Nations Unies et c’est grâce aux forces turque que fut brisé le siège de Tripoli et que les forces de Haftar et leurs soutiens internationaux subirent de cuisantes défaites militaires sur le terrain. C’est encore les turcs qui permettent aux forces du GNA de se lancer à l’assaut de Syrte et de menacer la Cyrénaïque en anéantissant les forces du Maréchal Haftar et les mercenaires égyptiens, français, emiratis, tchadiens, soudanais, ukrainiens, grecs et kurdes.

La posture stratégique de l’Egypte laisse entendre que Le Caire n’obéit pas uniquement à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis et qu’il exploite l’aide financière de ces deux pays pour promouvoir un ancien rêve de puissance régionale accordant la primauté de l’Orient sur le Maghreb. Et c’est bien dans cette optique qu’il faut comprendre le choix fort symbolique de Sidi Barrani, où eut lieu l’une des plus grandes batailles de la seconde guerre mondiale.

Indépendamment de sa sous-traitance pour les Emirats Arabes Unis, l’Egypte considère la Cyrénaïque et le gouvernement du parlement de Tobrouk (non reconnu) comme des vassaux dans un conflit entre l’Orient et le Maghreb. Cette posture est encouragée par l’effacement total et la faiblesse apparente de l’Algérie et de la Tunisie, pays qui semblent totalement hors champ et qui subissent depuis 2011 les contrecoups de la guerre en Libye, pays pourtant membre de l’Organisation de l’Union du Maghreb Arabe (UMA).

Pour l’Egypte, l’extension de sa zone d’influence est un très vieux rêve poursuivi inconsciemment depuis l’époque pharaonique et les guerres oubliées contre les Libbu ou les mercenaires Lybiques. On se rappellera que durant les années 50, l’Egypte de Nasser avait voulu mettre sous sa coupe des factions indépendantistes algériennes et l’Algérie indépendante avait échappé de très peu à une domination égyptienne en 1963.

La fiasco sans nom de l’OTAN en Libye et la guerre civile qui ravage ce pays très riche a laissé le terrain ouvert à toutes les interventions. Pour le moment, c’est la Turquie d’Erdogan, un pays membre de l’OTAN qui est en train de rafler la mise au détriment de ses “alliés”. Une éventuelle intervention militaire égyptienne “formelle” pour tenter d’empêcher la chute de Syrte et de Benghazi aura pour conséquence une confrontation avec la Turquie. Or même si les deux pays sont en très mauvais termes, voire en état d’hostilité, il demeure peu probable qu’ils veuillent en arriver jusqu’à une confrontation fort hasardeuse en Libye et il est fort à parier que les turcs se contenteront d’appliquer leurs nouvelles tactiques asymétriques mêlant drones d’attaques et coups de main musclés aux forces locales tandis que l’Egypte est plutôt tentée par une campagne de raids aériens en soutien aux forces de Haftar. Cela veut dire que le conflit ne changera pas de nature mais qu’il va durer dans le temps.

La bataille d’Al-Jufra où est située une importante base aérienne a fait sortir l’Egypte de la clandestinité. Ses troupes spéciales dont notamment des éléments de l’unité 999 opèrent déjà aux côtés des forces de Haftar et ont croisé le fer avec les redoutables forces spéciales turques, engagées aux côtés des forces du gouvernement de Tripoli.

Les objectifs de l’Egypte en Libye à très court terme se résument donc aux points suivants:

  1. Entraîner et fournir des armes aux tribus libyennes;
  2. Intervenir pour soutenir le gouvernement du parlement de Tobrouk;
  3. Assurer un soutien aérien tactique aux forces de Haftar;
  4. Modifier le rapport de forces sur le terrain en vue d’un cessez-le-feu.

Autant dire que ce ne sera pas du tout une tâche aisée.

Quelque chose ne tourne pas rond dans l’esprit des dirigeants indiens

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Certaines factions ultra-extrémistes du leadership indien ne préconisent pas moins qu’une action militaire limitée contre la Chine au Lagash. Cela confirme que quelque chose ne tourne pas rond dans la tête des dirigeants indiens et que le régime ultra-nationaliste et sectaire du Premier ministre Modi est en train de mener l’Inde dans un précipice stratégique duquel elle ne risque pas de sortir indemne.

La Chine n’a aucune intention de se retirer des zones disputées entre les deux premières puissances démographiques mondiales. Bien au contraire, une brigade de troupes de haute montagne est en déploiement et il ne s’agit pas cette fois de “boxeurs” de Kung-fu munis de pics en bambou.

Le président US Donald Trump qui a tenté une médiation dans le conflit frontaliers sino-indien a observé que le Premier ministre indien Modi avec qui il s’est entretenu “n’allait pas bien”. Le chef d’état-major des armées indiennes, le général Rawat, et le principal conseiller à la sécurité nationale indienne (NSA), Ajit Doval, pensent qu’il est tout a fait possible de lancer une opération militaire punitive mais limitée contre les positions militaires chinoises à l’ouest des Himalayas. Une option fort risquée et suicidaire induite par le tapage médiatique belliciste continuel en Inde, lequel contraste fortement avec le silence radio des médias et des officiels chinois sur le sujet.

Une fausse perception des rapports de force et des enjeux dans cette région du monde risquent de modifier et d’affaiblir la posture stratégique de l’Inde. Dans ce nouveau cas de figure et à moins d’un changement de cap à la tête du leadership indien, l’Inde va se retrouver en état d’hostilité avec deux puissances nucléaires dont une majeure. New Delhi risque non seulement de ne jamais avoir gain de cause dans les régions contestées avec la Chine mais de prendre son emprise de fer et de feu sur le Cachemire qu’elle occupe par la force brute depuis des décennies.

Espions canadiens en Chine: l’information que Strategika 51 avait publié il y a onze mois totalement confirmée et rendue publique

Il y a onze mois, Strategika51 avait rapporté qu’un réseau d’espionnage des Cinq Yeux (Five Eyes) supervisé par deux canadiens expatriés en Chine avait été ciblé en représailles à l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou, un cadre exécutif du géant chinois Huawei.

Cette information que nous avons eu d’une source non-chinoise nous a valu à l’époque un certain nombre de critiques condescendantes et assez méprisantes de la part des fermes à trolls et de certains publicistes pro-atlantistes. N’étant pas dans le domaine du journalisme, l’auteur de ce billet n’a aucune obligation morale de divulguer ses sources et encore moins révéler leur origine. Il existe une certaine catégorie d’information qui n’est jamais publiée et demeure toujours restreinte. L’un des objectifs de Strategika51 est de la rendre publique, même par bribes, par metaphores ou par messages codés. Les fermes à trolls prebendés à l’heure peuvent toujours nous taxer de complotistes anonymes, le fait est que depuis le lancement de Strategika 51, le taux d’exactitude de l’information publiée avoisine les 95 % avec des prédictions correctes dans plus de la moitié des conjectures proposés. Ce n’est pas parce que c’est gratuit que c’est du bas de gamme. Au contraire, nous offrons à des particuliers des éléments isolés mais fort pertinents d’analyse destinés aux décideurs et ce métier (tradecraft) est payant. C’est un métier dur et exigeant qui n’est pas à la portée du premier venu.

Le gouvernement chinois a officiellement condamné deux ressortissants canadiens pour espionnage au profit du programme des Cinq Yeux (Five Eyes). Il s’agit en réalité de deux espions tolérés par Beijing jusqu’à l’éclatement de l’affaire Huawei.

Michael Spavor, un businessman (une couverture commune) surveillait entre autres les liens commerciaux et économiques entre la Chine et la Corée du Nord tandis que Michael Kovrig, un ex-diplomate, gérait un réseau de surveillance des activités et des exportations militaires chinoises. Leurs activités souterraines étaient connues par les services de la Sécurité d’Etat de la République populaire de Chine et les deux hommes qui opéraient souvent en freelance pour le Mossad israélien ou de grandes multinationales US et britanniques savaient fort probablement que leur couverture était juste en règle. Leur arrestation est intervenue quelques jours après l’arrestation de Meng Wanzhou par la police canadienne sur instruction des services secrets canadiens et de la communauté du renseignement des États-Unis. C’était une sorte de message crypté de la Chine à l’égard de Washington. Même si aujourd’hui Beijing nie que l’arrestation des deux espions canadiens est liée à l’affaire Huawei, les initiés y voit une volonté de la Chine à démontrer qu’elle dispose toujours d’une monnaie d’échange non négligeable en cas d’eventuelles négociations pour aplanir des conflits commerciaux nuisant à toutes les parties.

Dans le collimateur chinois figurent surtout les services secrets britanniques, australiens et canadiens, les trois pays les plus activement engagés dans des activités hostiles à la Chine au profit de Washington.

L’incident naval entre les frégates turque Gokova et française Courbet en Méditerranée illustre la fin non déclarée de l’OTAN et la montée en puissance de la Turquie

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la frégate turque TCG Gokova (F-492)

l’incident ayant opposé des bâtiments de surface des marines de guerre turque et française en Méditerranée illustre la fin non déclarée de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Libye.

L’illumination à trois reprises consécutives de la frégate française furtive multimissions de seconde ligne Courbet (F712) de la classe Lafayette par la frégate turque TCG Gokova (F-492) escortant des cargos remplis d’armes et de munitions en direction de la Libye n’est ni le premier incident de ce genre ni le dernier. Les armées de l’OTAN se battent entre elles en Libye et on a déjà rapporté qu’un scénario impliquant un éventuel combat aérien opposant des F-16 turcs ou des F-35 italiens contre des Rafale français, égyptiens ou émiratis n’est plus à exclure après le face-à-face des F-16C turcs et les nouveaux Mig-29 du LNA envoyés par la Russie pour tenter de limiter les très lourdes pertes subies par le groupe privé PMC Wagner.

Il faut dire que la tentation est trop forte du côté turc. Après avoir donné une raclée mémorable aux ukrainiens du groupe Wagner et aux égyptiens se battant sous l’uniforme des forces du Maréchal Khalifa Haftar, les turcs ont appris a éliminé les drones d’attaque émiratis de type Wing Loong (une autre frégate turque a abattu avant hier un drone d’attaque émirati Wing Loong au large de la base militaire de Watya, prise d’assaut par les forces du GNA de Tripoli avec l’aide décisive des forces spéciales turque) et surtout les Pantsirs S-1 de Haftar.

Les débris d’un drone d’attaque Wing Loong des UAE, abattu au-dessus de Watya par un missile surface-air tiré par une frégate de la marine de guerre turque

En tant que pays belligérant dans le conflit libyen depuis son origine, la France s’est positionnée du côté des forces du Maréchal Khalifa Haftar aux côtés de l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et la Russie, après avoir perdu tous ses pions en Tripolitaine au bénéfice de la Turquie et de l’Italie. De ce fait, les turcs dénient à la marine française tout rôle neutre y compris au sein de l’opération maritime conjointe “Sea Guardian” et perçoivent la France comme un adversaire à éliminer du théâtre libyen au même titre que la Grèce. Cette vision est partagée en catimini par l’Italie dont les intérêts en Tripolitaine ont été rudement secoués par la guerre en Libye, laquelle est perçue comme l’une des inconséquences de la politique folle de Sarkozy bien que ce soient les États-Unis qui avaient sauvé le projet de changement de régime en Libye car les pays européens se sont montrés incapables de mener à bien ce projet dans un pays dépourvu de forces armées.

La guerre en Libye a surtout bénéficié à la montée en puissance de la Turquie et son déploiement régional. Les dirigeants turcs en remercient encore Sarkozy en utilisant une vieille blague ottomane sur le caractère soumis des juifs hongrois (Sarkozy se prétend d’une descendance juive hongroise et grecque). Cette donnée impensable n’aurait jamais été possible sans la gabegie des stratèges de l’OTAN.

La guerre en Libye est en train de causer la désagrégation de la plus grande alliance militaire de la planète.

La bête se révèle : l’idéologue et criminel de guerre John Bolton tente de faire chanter Donald Trump ou la fin de l’Empire

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Nous voilà fixés sur un point de détail assez controversé et risqué en ces temps de censure universelle. La publication d’un livre de ragots par l’inénarrable John Bolton, un obsédé idéologique au service exclusif des milieux connus sous l’appellation politiquement correcte de néo conservateurs (lire à haute voix: ultra-sionistes corrompus), chargeant le président US Donald Trump, son ex-patron, nous révèle un peu plus un pan entier du dessous des cartes en jeu dans le conflit en cours déchirant le pouvoir aux États-Unis d’Amérique. Cela confirme surtout nos suspicions initiales sur le tir groupé contre Trump par l’ensemble de ce que l’on qualifie, faute d’une meilleure définition sémantique, d’Etat profond US et ses filiales européennes et moyen-orientales.

On peut reprocher dix millions de choses à Donald Trump et le personnage ne manque pas de casseroles mais face au criminel de guerre Bolton, maniaque obsédé par une guerre thermonucléaire globale et l’un des caciques les plus corrompus du personnel politique américain décadent, il n’y a aucune comparaison qui tienne. L’erreur initiale de Trump est d’avoir cédé ou voulu rassurer le lobby juif pro-sioniste US en le recrutant dans son équipe où il n’a pas brillé par ses états de service.

La guerre civile US au sommet de l’État fédéral et même ailleurs puisque les alliés ont presque tous, à l’exception notable de la Turquie et du Royaume-Uni, rallié “ceux” qui se cachent derrière les Démocrates et les Républicains anti-Trump, continue de faire rage d’autant plus que les prochaines élections se rapprochent et que le choix hâtif de Joe Biden, désigné dans l’urgence absolue, se révèle peu convaincant dans un pays socialement et économiquement déchiré. Les autres options possibles demeurent fort controversées. Une combinaison Joe Biden/Michelle Obama qui surferait sur le mouvement Black Lives Matter et des clivages ethniques ne résoudra pas le problème des tensions raciales aux États-Unis. Pas plus que ne le fera Hillary Clinton en tant que vice-présidente.

Il y a une donnée importante que les néoconservateurs US n’arrivent pas à saisir: le momentum de l’empire a été dépassé et la propagande est totalement rouillée. Israël n’est plus une priorité de la politique étrangère des États-Unis sauf pour empêcher un autre assassinat de président US.

Trump est un businessman et un ancien hôte d’émissions de téléréalité qui a cru pouvoir se jouer d’un système qu’il connaît assez bien, même en traînant des casseroles sur des milliers de bornes. Sa réthorique anti-chinoise ou anti-iranienne a une valeur tactique et dans tous les cas servait plus à manoeuvrer un adversaire interne que de transmettre un quelconque message aux pays concernés. Le turc Erdogan l’avait bien compris depuis qu’il fait cavalier seul pour le rétablissement de l’empire turc par la force des armes. Les israéliens l’avaient compris depuis le début et faisaient semblant de ne pas comprendre. Ce qui explique les déboires du 45ème président des États-Unis. Le blocage politique apparent en Israël répond à une urgence de survie car la situation stratégique d’Israël ne tient plus grâce au rôle de la stratégie de Washington au Moyen-Orient mais-et c’est une première, au ménagement de l’humeur maussade et changeante de Moscou ainsi qu’au super activisme militaire turc dans la région. La situation semble tellement désespérée que les israéliens commencent à vouloir s’en remettre à des chinois fort irrités et réticents à faire perdurer une tectonique géostratégique mondiale totalement fissurée et nettement en leur défaveur.

Le Grand Jeu évolue. La guerre qui a commencé sur les rives de l’Euphrate il y a trente ans est arrivée sur les rives du Potomac et risque d’emporter l’Empire. Car quelel que soit la prochaine équipe à la Maison Blanche , elle ne fera qu’acter la chute finale de l’ancienne superpuissance et sa transformation en un simple pays du tiers-monde comme le sont désormais les pays d’Europe occidentale.

Tension frontalière sino-indienne: une bastonnade meurtrière dans les Himalayas

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Ce qui est remarquable dans les bastonnades ayant opposé des militaires chinois et indiens sur un point de la ligne de contrôle LoC au Ladakh dans les Himalayas, est qu’aucun document photographique ou vidéo n’a pu être pris sur place. Un exploit quand on sait que les militaires des deux premières puissances démographiques et nucléaires engagés dans un étrange face-à-face disposent des meilleurs smartphones des marques montantes Samsung, Oppo, Xiaomi, Huawei, OnePlus, Blackview, Ulefone, Realme et une dizaine d’autres moins connues.

Indubitablement, des consignes strictes ont été données de part et d’autres. Aucun coup de feu. Les soldats chinois et indiens ont mis leurs armes à feu et les baillonettes de côté et ont échangé une pluie de pierres et un déluge de coups de bâton. Un premier bilan officiel côté indien parle de la mort d’un colonel et de vingt-deux soldats à l’issue de cette castagne que l’on devine comme mémorable. Côté chinois, un extrait du Global Times évoque des pertes humaines des deux côtés sans en préciser les détails. Ce qui est certain est que la mêlée générale ayant suivi la pluie de pierres a du être “solide” et c’est le moins que l’on puisse dire.

En réalité, même si la tension géostratégique sino-indienne ne cesse de croître, la situation est sous contrôle. Les vieux contentieux frontaliers ne sont pas susceptibles d’aboutir à un conflit et ce fait semble faire consensus aussi bien à Beijing qu’à New Delhi. C’est plus le rapprochement spectaculaire entre la Chine et le Pakistan, le rival géostratégique de l’Inde, qui semble motiver l’alignement du régime extrémiste de Modi sur les thèses néo-conservatrices de l’État profond US et Israël.

Cette bastonnade meurtrière entre militaires indiens et chinois n’est pas la premiere. Cela fait des semaines que les médias indiens sont pris d’une frénésie guerrière et belliciste à l’égard de la Chine. A l’inverse, les médias chinois se montrent très peu prolixes et évoquent à peine un sujet qui n’emballe guère l’opinion publique chinoise. Une première bastonnade a visé des gardes frontières chinois avant d’être suivie d’autres bien plus musclées impliquant la capture de prisonniers. Les chinois ont laissé faire avant d’adopter une stratégie assez curieuse. Les unités engagées ont été rappelées à l’arrière pour être remplacées par des unités ad-hoc composées de “boxeurs” et de lutteurs professionnels. L’empreinte de l’école de Shaolin dans la dernière mêlée est assez claire. Habitués à avoir le dessus lors des combats au corps à corps individuels, les soldats indiens ont été surpris cette fois par des lutteurs chinois spécialisés dans le combat au bâton et à mains nues. C’est une forme de stratégie subtile mais redoutablement efficace. Les deux pays disposent de la panoplie complète des armes modernes mais préfèrent recourir à la mêlée, laissant aux commandants des unités opérationnelles une marge de négociation sur place. A un niveau plus élevé, un dialogue diplomatique est en cours. La Chine ne veut pas. D’un encerclement stratégique complet au moyen d’un collier de points chauds ou de tension. L’étau est réel et s’étend suivant le mouvement d’une horloge de la péninsule coréenne à la mer de Chine méridionale, Hong Kong, le plateau du Tibet, les Himalayas et la province occidentale du Xinjiang. De son côté, l’Inde ne cache plus son alignement de plus en plus flagrant avec les factions les plus bellicistes de l’empire. L’épithète de plus grande démocratie du monde cache mal un pays dirigée par une caste ultra-violente, sectaire et aux visées très expansionnistes (tous azimuts). C’est les services spéciaux indiens qui alimentent la rébellion au Baloutchistan, province à cheval entre le Pakistan et l’Iran sous prétexte de faire échec à la nouvelle initiative économique chinoise. C’est encore New Delhi qui complique au plus haut niveau le conflit du Cachemire et joue un rôle déstabilisateur en Afghanistan. Cette politique risque d’être inopérante face à la Chine. Le potentiel de risque dans ce type de confrontation est simplement beaucoup trop élevé pour être pris à la légère. Il y a toujours un moyen de résolution des conflits frontaliers et la confrontation est le moyen le moins efficace. La dernière bastonnade d’enfer entre des militaires volontairement désarmés en est une preuve. On observera au passage une sorte de finesse asiatique que l’on retrouve nulle part ailleurs. Les deux protagonistes se sont battus sans armes. Un exemple qui ne risque pas de se reproduire ailleurs.

“Spot”, de Boston Dynamics

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Le développement des robots dont le fonctionnement est basé sur les biomimétisme continue. En témoigne “Spot”, l’un des produits phares de la compagnie US Boston Dynamics. La robotique est encore rudimentaire mais laisse présager une issue à nombre de problématiques économiques et sociales auxquelles sont confrontées des élites minoritaires devant assurer leur survie en contrôlant des masses humaines de plus en plus désœuvrées et assistées.

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