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05/12/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Peu après le lancement par l’Iran du satellite Noor, Israël lance Ofek-16, son dernier satellite militaire

Le 06 juillet 2020, l’État d’Israël a procédé au lancement d’Ofek-16, son plus récent satellite-espion à usage excusivement militaire. Le ministère israélien de la défense a utilisé sur ses réseaux sociaux un verset du Coran évoquant « le jour et la nuit, le soleil et la lune ainsi que la navigation en orbite » pour annoncer le décollage de la fusée Shavit-2 dans une réponse directe au lancement par l’Iran du satellite Noor (Lumière en Farsi et en Arabe) au mois d’avril 2020.

La constellation des satellites « Ofek » ou Horizons en hébreu moderne et en Arabe (Afaq ou Ofok) a débuté en 1988 lorsque le premier satellite désigné sous cette appellation fut lancé, suscitant à l’époque de très vives critiques dans un monde Arabe dominé à l’époque par des régimes progressistes et majoritairement hostiles à Israël.

Plus de trois décennies plus tard, le monde dit Arabe dominé par les pays du Conseil de Coopération du Golfe et les autres monarchies de la région MENA n’a jamais été aussi proche de l’Etat d’Israël et partage avec cette entité créée de toutes pièces en 1948 les mêmes adversaires et les mêmes préoccupations géostratégiques.

Les satellites militaires israéliens sont lancés vers l’Ouest en orbite basse de quelques centaines de kilomètres. Ofek-16 étoffera ainsi la constellation de satellites espions fournissant de l’imagerie de très haute résolution à l’Unité 9900 spécialisée dans le renseignement électronique. Il concentre les efforts des trois plus grandes compagnies du complexe militaire israélien que sont IAI ou Israel Aerospace Industries, le principal bénéficiaire du projet et constructeur du lanceur (Groupe Missiles et Espace); Elbit Systems, pour la caméra « Jupiter », l’œil d’Ofek-16 (1m50 de long, 120 kilogrammes, 700 mm d’ouverture, résolution de 0.50 m soit 50 centimètres depuis une altitude de 600 kilomètres, capacités multi-spectrales) et la firme Rafael Advanced Defense Systems pour le système de propulsion basé sur l’hydrazine et le troisième étage du lanceur ainsi que les propulseur de correction en orbite. En plus de ces firmes, le département de l’espace du ministère israélien de la défense et la firme publique TOMER ainsi que Rokar et Cielo ont été mobilisées pour ce projet sous l’égide de la Direction des Recherches et Développement du ministère de la défense.

Le lancement de ce satellite fait écho au récent lancement par la République Islamique d’Iran d’un satellite militaire en avril 2020 dans un contexte de tensions croissantes au Levant, dans la région du Golfe persique, en Egypte et en Libye.

L’Etat d’Israël fait partie des treize Etats possédant une capacité de lancement de satellite en orbite grâce à une coopération intense avec la France, l’Italie et l’Inde. Des pays comme l’Azerbaïdjan, la Géorgie, le Maroc et la Thaïlande cherchent à établir des liens de coopération avec Israël dans le domaine des satellites.

Les satellites-espions israéliens couvrent désormais l’ensemble de la région de l’Atlantique jusqu’aux confins du Xinjiang avec une focalisation extrême sur le Liban, la Syrie et l’Iran.

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