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Paradox [CPS] WW
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28/11/2020

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Trump et Lukashenko font face chacun de son côté à une révolution colorée visant à les écarter du pouvoir

Tout sépare Donald Trump, le 45ème Président des États-Unis et Alexandre Lukashenko, le président biélorusse, et pourtant, les deux hommes sont devenus les bêtes noires des médias dits mainstream (lire propagande universelle) et autant le préciser, des bêtes noires à abattre.

Pour Alexandre Lukashenko, un personnage droit dans ses bottes à la tête de la petite Biélorussie depuis 1994, à cheval entre le grand et trop envahissant frère russe et les nouveaux vassaux du néo-liberalisme que sont les pays Baltes, la Pologne et l’Ukraine, une révolution colorée ne semble pas être la solution la plus adéquate même si les bureaucrates de l’Union européenne y croient dur comme fer en y croisant les doigts. Lukashenko a tenu à son sixième mandat en dépit d’une très vive opposition de Moscou et s’est retrouvé dans une position peu confortable et très peu enviable. D’un côté la Russie avec laquelle son pays entretient des relations stratégiques a laissé Minsk faire face à l’ingenierie sociale du chaos venant des pays voisins devenus de simples outils de l’OTAN, lui-même un outil assez usé des élites financières transnationales. La pression traditionnelle est amplifiée par les réseaux sociaux et même Chuck Norris est venu à la rescousse des apprentis révolutionnaires biélorusses. Tout se passe comme si le programme occidental est figé dans le temps et est devenu inamovible: campagnes médiatiques (facilitées dans le cas de la Biélorussie par l’hostilité manifeste de Lukashenko pour ce qu’il désigne comme les dégénérés de l’Ouest), montée en puissance de la pression et de la manipulation des populations. Bref, la panoplie habituelle type printemps Arabe ou Maidan. Pour la propagande ordinaire, Lukashenko est l’archétype indémodable et caricaturé du méchant dictateur d’Europe orientale. Il ne croit pas au COVID-19 et même infecté par le SARS-nCoV-2, il persiste à croire à un complot et à une manipulation; hérésie ultime, il refuse le confinement, y voyant une mesure stupide visant la destruction de l’économie réelle et donc l’activité primaire qu’est l’agriculture; il a en horreur toutes ces théories du genre, l’avortement et la location de l’utérus ou encore la reproduction asexuée; enfin il s’oppose publiquement aux dérives multiformes de Bruxelles et dénonce l’OTAN; il considère certains aspects de bourse comme un jeu de hasard déterminé par des montages de type Ponzi et la speculation et n’y voit aucune utilité économique réelle; il ne veut absolument pas adhérer à une union à deux États avec la Russie dont il est un allié mais dont il se méfie; il méprise ouvertement la Pologne et les pays Baltes pour leur soumission aux valeurs dégénérés des élites occidentales. Pour Lukashenko, les États-Unis sont dirigés par de grandes familles riches ayant leurs propres armoiries familiales comme l’étaient les grands seigneurs féodaux au Moyen-âge. Ces familles ultra-riches et privilégiées partagent pratiquement les mêmes origines et ont longtemps pratiqué l’endogamie. Elles se sont accaparées du pouvoir économique avant d’exercer une influence prédominante sur le pouvoir politique dont l’apparence change pour cacher la rémanence d’un pouvoir inamovible et caché. Cette ploutocratie a basé son économie de guerre sur l’état de tension permanent avec la recherche continue d’un ennemi permanent et si cette quête s’avère impossible, la création d’un ennemi de toutes pièces avec toute la narration justificative au niveau des concept et la logistique inhérentes à une telle entreprise, devenant ainsi un secteur d’activité générant des emplois autour de cette quête. Pour Lukashenko, ni la ploutocratie US, ni ses oligarchies restreintes et prédatrices en Europe ou ailleurs ne peuvent être classées comme des démocraties. Le plus souvent c’est les mêmes tireurs des ficelles qui se positionnent derrière tout le spectre des idéologies affichées des parties politiques dans ce type d’oligarchie. Le même cas est observé aux USA: Républicains et Démocrates constituent un duopole de fait établi par les mêmes maîtres du jeu. Il n’est pas dès lors étonnant que Lukashenko ne soit pas présenté comme l’un des pires dictateurs anachroniques d’Europe et soit invariablement critiqué par les médias.

La Biélorussie a déjà fait l’objet de tentatives de révolutions colorées. Sa proximité avec l’Ukraine, la Pologne, la Lithuanie et la Lettonie a facilité la mise en place de réseaux de déstabilisation visant un changement de régime à Minsk. Lukashenko a su tenir toutefois sans recourir au grand frère russe dont il se méfie plus que des occidentaux depuis la guerre en Ukraine. Le passage en force de Lukashenko pour un sixième mandat est l’élément de déclenchement d’une autre révolution colorée, laquelle si elle abouti coupera définitivement la Russie de son enclave de Kaliningrad et mettez l’ensemble des marches occidentales de la Russie historique sous la main du loup, dénomination commune au Kremlin désignant l’ennemi séculaire voulant envahir les vastes steppes russes. Après la brouille entre Minsk et Moscou au sujet des mercenaires du Groupe PMC Wagner, Lukashenko a demandé à Moscou de faire front commun contre la menace d’une révolution colorée dont le segment biélorusse ne sera qu’une répétition de celle attendant la Russie. La Biélorussie dispose d’une petite armée et d’une milice totalisant près de 90 000 hommes. Elle ne dispose pas des moyens militaires colossaux dont dispose la Russie mais la configuration similaire des deux pays laisse à penser que les concepteurs de la guerre hybride veulent s’entraîner en Biélorussie pour ensuite réactiver leurs réseaux en Russie, qui ne sont guère affaiblis après la neutralisation du réseau public de Navalny.

L’envoi d’une brigade de parachutistes à l’ouest du pays par Lukashenko indique que ce dernier est conscient de la nature de la menace mais que vaut une réponse militaire classique à une situation de guerre hybride complexe? Le cas biélorusse est intéressant à plus d’un titre à cet égard car tous les pays ayant répondu militairement à une offensive hybride s’y sont cassés les dents. La Syrie tient depuis neuf ans mais ses forces armées et notamment ses divisions blindées et une grande partie de son aviation ont été quasiment anéanties.  

Le cas de Donald Trump est des plus complexes qui soient dans l’histoire politique occidentale. Sur le papier, Donald Trump est le Président des États-Unis d’Amérique, superpuissance mondiale après 1945 et unique hyper-puissance de 1994 à 2001. Dans les faits, Donald Trump n’a jamais pu gouverner. À certains moments, ses adversaires de l’Etat profond l’ont pratiquement paralysé et ont démontré qu’il ne pouvait rien faire sans leur aval. Donald Trump est un promoteur immobilier et un homme d’affaires de New York qui ne s’est jamais embarrassé des formes grotesques et du langage politiquement corrects de Washington. C’est la gabegie des élites politiques et économiques US qui a permis à Trump d’accéder un peu par défaut à la Maison Blanche sous un déluge de critiques. Son avènement tumultueux face à une candidate issue d’une des familles du pouvoir réel lui a aliéné l’Etat profond qui ne s’attendait nullement à ce qu’un simulacre de président allait être aussi incontrôlable sur le plan du langage et de l’image, notamment à travers un usage intensif de l’application de micro-blogging Twitter. Trump méprise les traditions de l’establishment et a voulu se jouer de certaines règles. Son approche pragmatique et très politicienne lui a valu une levée de boucliers sans précédent au point où ses attaques contre la Chine et l’Iran sont plus perçus comme une tentative de faire diversion et d’occuper l’Etat profond avec des adversaires de taille. En critiquant la Chine, Trump cherche moins à s’en prendre à Beijing qu’à provoquer un réveil de la partie d’en-face et occuper ses adversaires. Trump s’est trompé sur la nature de la société de spectacle et du simulacre US. C’est une société de bas niveau certes, le même que celui de la télé-realité mais régie par un langage convenu frisant la phraséologie utilisée par le parti National-Socialiste allemand entre 1933 et 1945. Trump a voulu jouer et cela lui a joué de très mauvais tours. Les élites et les congrégations secrètes de l’Amérique puritaine qui n’hésitent point à mettre à feu et a sang une région géopolitique entière pour le profit n’aiment pas Donald Trump et ce dernier le leur rend bien. Comme Lukashenko en Biélorussie, Trump n’a jamais cru à cette manipulation du COVID-19 et il le démontre bien en lisant à la hâte et sans âme des discours rédigés par des spécialistes du discours convenu. En réalité il n’en a cure. Il sait que tous les moyens sont bons pour que le système retrouve ses marques post-1992. La machine déployée après les attaques sous faux drapeau du 11 septembre 2001 s’est totalement enrayée et personne ne s’étonne plus quand les médias ne parlent plus d’un chef terroriste au patronyme ou pseudonyme incluant un Ben. Le fonds de commerce du terrorisme sans fin élaboré sous les administrations Clinton/Bush2 et Obama s’est envolé en mille éclats. La reconversion de l’appareil militaire US ne s’annonce pas une tâche aisée. Le blocage du conflit en Syrie a amené les élites cachées à désigner la Russie et la Chine comme des puissances « négationnistes », c’est à dire remettant en cause la narration de la réalité néolibérale telle que diffusée par la propagande universelle. La guerre contre la fausse terreur entretenue par les services spéciaux est terminée. Commence la terreur biologique diffuse et pandémique avec une origine liée à la Chine. l’Amérique découvre qu’elle a consacré trop de ressources à combattre des ombres (et à justifier un déploiement étalé sur 800 points de la planète) et qu’il fallait revenir aux fondamentaux de la guerre classique contre des puissances équivalentes. Le tabou du nucléaire aura vécu. Cette arme dont on a attribué une puissance de destruction à l’échelle planétaire n’est qu’une pièce d’artillerie de plus. Son usage est totalement possible même sur un champ de bataille aussi secondaire que le Yémen. La miniaturisation des ogives nucléaires et les développements de nouvelles armes nucléaires de nouvelles générations permettent désormais leurs usage même en temps de paix et la militarisation à outrance de l’orbite basse de la Terre. Trump ne dispose que d’un contrôle extrêmement limité sur les forces armées des États-Unis et ne contrôle pas du tout la communauté du renseignement US. Les actions militaires US dans le monde se passent souvent à son insu et le groupe secret dénommé Anonymous qui serait dirigé par des hauts responsables favorables à Trump a été inflitré s’il n’est pas une création de type COINTELPRO visant la manipulation dans la manipulation. La crise du COVID-19 est surtout de nature économique. Les élites tentent de couler le bateau pour évincer la Chine mais le naufrage risque d’emporter tout le monde. Trump navigue à vue car il s’attendait pas à une telle dangerosité du système qu’il croyait connaître. L’affaire Epstein, éminemment politique, a démontré que les élites savaient se débarrasser de leurs pièces maîtresses avec une rapidité déconcertante quand leurs intérêts ou réputation étaient en jeu. Trump ne fait nullement exception. Un pas de travers et une balle assassin est susceptible de l’emporter. Trump manoeuvre, tente d’apaiser les lobbies les plus fanatiques, tente de rallier des alliés à l’international qui se comptent sur le bout du doigt, nommément le britannique Johnson , le saoudien Mohamed Ben Salmane, le turc Erdogan et le Nippon Abe. Tout le reste est ligué contre Trump, à commencer par les Allemands dont le système politique est totalement vassalisé à l’égard de l’État profond US et des élites transnationales.

Les prochaines présidentielles US seront encore une fois déterminantes et truquées comme toutes les précédentes depuis plus de vingt ans. La machine de la fraude de l’Etat profond est bien plus perfectionnée que celles, flagrantes, du reste du monde. Trump fait face à une révolution colorée adaptée par l’État profond en se basant de sa riche expérience en la matière dans le reste du monde et en prenant soin à ne pas trop écorner l’image de l’Amérique. Le choix de Joe Biden et de Kamala Harris ne laissent plus place au doute quant à la volonté de l’Etat profond de se débarrasser de Trump le plus vite possible et avec le minimum de casse, c’est à dire éviter une seconde guerre civile US même limitée ou en mode de basse intensité/hybride. Les européens suivront sans se poser de questions et la mythologie créée après le postulat de la fin de l’histoire de Francis Fukuyama en 1990 pourrait enfin continuer et le COVID-19 disparaître pour n’être qu’une vulgaire grippe saisonnière sans gravité particulière. Le reste n’est que manipulation et tentatives de profit par délit d’initiés. Après cela, le pouvoir sera aux géants de l’internet mais cela est une autre histoire.

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