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19/06/2021

Strategika 51

 Πάντα ῥεῖ…

Sur la rupture des relations diplomatiques entre la Corée du Nord et la Malaisie

L’extradition d’un ressortissant nord-coréen par la Malaisie aux États-Unis a fait voler en éclats les relations diplomatiques entre la Corée du Nord et la Malaisie.

Accusé de blanchiment d’argent et de gestion d’une série de sociétés écran dans le Sud-est asiatique au profit de Pyongyang, le ressortissant nord-coréen Mun Chol-myong a épuisé tous ses recours légaux pour éviter d’être extradé vers un “pays ennemi” avec lequel son pays est toujours techniquement en guerre depuis la fin de la Guerre de Corée en 1953.

Cette décision d’extradition prise par une cour de justice malaisienne a provoqué la fureur de Pyongyang: la Corée du Nord a immédiatement rompu ses relations diplomatiques avec la Malaisie en dénonçant un acte impossible à pardonner et la collusion de Kuala Lumpur avec Washington.

La Malaisie a dénoncé la décision de la Corée du Nord de rompre les relations et a decidé d’expulser l’ensemble des diplomates nord-coréens et leurs familles dans un délai de 48 heures à compter du 19 mars 2021. Au total 33 personnes de nationalité nord-coréenne ont quitté l’ambassade de Corée du Nord à bord d’un bus et pris la direction de l’aéroport de Kuala Lumpur afinbde rallier Pyongyang.

A Pyongyong, le ministère des Affaires étrangères nord-coréens a vivement réagi à l’extradition de Mun Chol-myong à un pays ennemi en avertissant que Washington paiera le prix de cet énième acte de félonie.

Mun Chol-myong a été arrêté par les services de sécurité de Malaisie en 2019 après que les États-Unis l’avaient accusé de blanchiment d’argent et de délivrance de documents facilitant l’importation de biens et de matériels “illicites” par la Corée du Nord en violation du régime de sanctions internationales frappant ce pays. Il s’est battu jusqu’au bout pour éviter son extradition vers les États-Unis en mettant en avant que son procès est politiquement motivé.

Pyongyong a qualifié l’extradition de son ressortissant d’acte maléfique et de crime impardonnable commis par les autorités malaisiennes, lequelles “ont livré un ressortissant nord-coréen comme un sacrifice sur l’autel de la politique agressive américaine et en violation du droit international”. Pour la Corée du Nord, l’acte commis par la Malaisie a détruit l’ensemble de la fondation des relations bilatérales basées sur le respect et la souveraineté”.

La Corée du Nord a en outre souligné que la Malaisie est devenu un pays vassal de Washington chargé de sous-traiter et découvrir certaines opérations de la CIA comme les autres pays “soumis” de l’Asie du Sud-Est.

Les relations entre la Corée du Nord et la Malaisie se sont détériorées en 2017 après l’assassinat de Kim Jong-nam, demi-frère en rupture de ban du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, à l’aéroport de Kuala Lumpur.

Cet assassinat mystérieux aurait été mené par deux femmes de nationalité étrangère (dont une vietnamienne) à l’aide d’une fiole contenant un liquide huileux et visqueux inodore et incolore identifié comme du gaz VX, un agent innervant organophpsphoré classé comme une arme de destruction massive par les Nations Unies.

Soumise à un très dur régime de sanctions internationales interminables visant à l’isoler sur la scène internationale et à asphyxier son économie, la Corée du Nord a développé un réseau souterrain international d’échanges économiques afin de survivre et éviter la famine provoquée du début des années 90, considéré par Pyongyong comme une opération de guerre économique US. Les nord-coréens ont pu ainsi créer des points de support dans un certain nombre de pays pour assurer l’approvisionnement de leur pays en métaux précieux, en machines-outils et en semences tout en écoulant des services et des produits nord-coréens à l’international sous diverses couvertures. Assez paradoxalement, le réseau nord-coréen est bien plus légal que le gigantesque réseau mondial de trafic de stupéfiants de la CIA et de certains pays occidentaux mis en place pour assurer le financement des opérations clandestines, les ingérences dans les processus politiques et économiques de pays tiers et la corruption.

Le réseau d’affaires nord-coréen explique comment la Corée du Nord, un pays soumis à un embargo total, avait réussi à produire des smartphones similaires au “Realme” ou “Oneplus” ou encore à manufacturer certaines machines-outils de haute précision et des chaînes de montages automatisées utilisés dans l’industrie mécanique. Cependant, le réseau souterrain de Pyongyong avait pour principal objectif le renflouement des réserves d’or du pays, jugées comme la seule valeur refuge dans un “monde capitaliste de faux-monnayeurs et d’escrocs” (dixit la KCNA), en référence à la planche à billets et autres “Fiat money” ou monnaies fiduciares basées sur du vent. Cette planche à billets est pourtant le principal support de la puissance des États-Unis, de leurs alliés et même leurs rivaux…

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