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21/09/2021

Strategika51 Intelligence

 Πάντα ῥεῖ…

Défaite stratégique de l’Empire en Afghanistan

En moins de deux semaines, les Talibans Afghanistan ont capturé 2.86% de l’ensemble des véhicules Humvees en dotation au sein de l’armée Nationales Afghane (ANA).

Washington a octroyé au gouvernement afghan près de 25 000 véhicules militaires de type Humvee suivant un financement complexe dans lequel la corruption a englouti plus de la moitié des ressources allouées au programme d’équipement d’une armée afghane pléthorique mais dont les unités combattantes fondent comme de la neige au soleil depuis le retrait militaire US partiel. Ces véhicules capturés par les Talibans sont désormais utilisés contre le gouvernement afghan. Si l’avance des Talibans est assez rapide et la possibilité qu’ils puissent prendre le pouvoir extrêmement élevée, ils ne pourront jamais entretenir ni financer une armée de la taille qu’entretient le gouvernement afghan actuel.

Selon la BBC, près de 1000 militaires afghans auraient fui au Tadjikistan voisin suite à de violents combats avec les Talibans. Il s’agit de soldats et d’officiers d’ethnies tadjik et ouzbèke dont le sort demeure incertain au cas d’un retour des Talibans au pouvoir.

Cette éventualité laisse la porte ouverte à plusieurs scénarii dans lesquels la Chine et la Russie pourraient jouer un rôle de premier plan dans la géopolitique afghane. Le retrait militaire US, dans tous les cas partiel et ne concernant que des unités régulières, pourrait amener la Chine à ré-investir en Afghanistan selon son approche spécifique excluant tout recours à la force. Beijing considéré en effet l’Afghanistan comme un passage obligé et historique de la Nouvelle route de la Soie, ou l’initiative de la ceinture de prospérité chinoise et dispose d’une première tranche d’un montant de sept milliards de dollars US pour un programme de reconstruction d’un pays en guerre depuis quatre décennies.

L’intervention militaire US et Atlantique en Afghanistan s’est achevée avec une défaite stratégique majeure et historique.

Contrairement à l’ex-URSS dont les stratèges savaient évaluer le rapport gain stratégique/coûts économiques, les planificateurs de l’Empire, intoxiqués par un sentiment de supériorité absolue, s’obstinèrent à faire perdurer la guerre durant deux décennies en inondant l’Afghanistan avec de la planche à billets et la corruption. Et faute de résultat probant avec des bombes du type MOAB (Mother of All Bombe où Mère de toutes les Bombes).

Les exactions et les violations massives des droits humains commises par les forces spéciales US, britanniques, canadiennes, australiennes, françaises, danoises et néerlandaises et de celles d’autres pays embarqués dans cette aventure sans issue ont provoqué l’adhésion de certains groupes de la population hostiles aux Talibans à ce mouvement, lequel ne cesse de se renforcer en dépit de vingt années de guerre.

C’est un échec retentissant doublé d’une défaite historique de l’Empire que ses médias tentent d’ignorer mais dont les effets se font sentir sur la nature même du système politique et économique d’un empire qui crut pouvoir marquer le 21ème de son empreinte. Comme le 3ème Reich Allemand qui espéra au faîte de sa puissance durer un millénaire, l’Empire totalitaire libéral continue à espérer poursuivre son hégémonie grâce aux géants du Net, la propagande, l’ingénierie sociale, la fraude électorale et la gigacorruption financière et économique. Or, la Providence voulut qu’il se cassat les dents en Afghanistan, un pays arriéré et très pauvre d’Asie. Cette Asie où le poids du monde a basculé.

Vidéo amateur prise par la caméra embarquée d’un smartphone transmise par un ressortissant afghan montrant des scènes de liesse, réelles ou simulées, suite à l’entrée des forces des Talibans à Qala City, l’un des plus grands ports secs du pays et véritable poumon économique de ce pays enclavé d’Asie.

Un panneau aux couleurs du drapeau de l’Émirat Islamique d’Afghanistan, interdit jusqu’ici, mis bien évidence à l’entrée des limites administratives de la province de Faryab, capturée par les Talibans. C’est dans cette région de l’ancien Khorasan ou Bactriane qu’est originaire l’illustre Al-Farabi (Alpharabius en Occident), grand philosophe musulman (872-950 après Jésus-Christ), surnommé le second Aristote ou le deuxième Magister.

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