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20/09/2021

Strategika51 Intelligence

 Πάντα ῥεῖ…

Mali: les prémisses d’une nouvelle géopolitique africaine se précisent

La tentative d’assassinat du Président de la transition de la République du Mali, le colonel Assimi Goita, en pleine prière de l’Aïd El-Kébir dans la grande mosquée de Bamako a été mise en échec grâce à la vigilance des fidèles. Elle s’inscrit dans une nouvelle série d’éliminations physiques directes ciblant certains chefs d’États africains et insulaires.

Dans la vidéo amateur prise par un smartphone montrant la tentative d’assassinat du Président intérimaire malien, on s’aperçoit clairement que l’assaillant avait tenté d’égorger sa cible en pleine mosquée. L’attaquant est mort en détention sans plus de précisions fournies (exécuté ?) mais les commanditaires de cette opération sont ailleurs et feront tous ce qui est possible pour parvenir à un objectif qu’ils estiment essentiel.

La tentative d’assassinat du président Assimilé Goita dans la grande mosquée de Bamako en pleine prière de l’Aïd El-Kébir rappelle les assassinat de certains Califes par de faux convertis au début de l’Islam.

L’intervention militaire française a abouti à une impasse totale. C’est un double échec politique et stratégique sans aucun gain possible, faute d’une définition claire des objectifs.

Au lieu de définir l’objet et l’objectif d’une intervention dans une zone désormais hostile, Paris s’est perdu dans des considérations idéologiques fort éloignées de la réalité et de la nature du terrain.

Le résultat est sans appel: un fiasco caché par le vent de sable du septentrion malien désertique. D’où la réticence des autres pays de l’OTAN à s’embourber dans une entreprise sans issue fiable. Les rares pays ayant fourni des contingents et une assistance logistique se sont heurtés à moult difficultés, souvent inextricables mais ont préféré sous-traiter la chair à canon à sacrifier aux combattants tchadiens et d’autres pays africains se battant sous l’égide des Nations Unies.

Si l’action de la France a permis de sauver Bamako en 2012, elle n’a pas permis de saisir la complexité géostratégique d’une zone sahélienne ayant toujours échappé aux pouvoirs centraux et éludé la cause principale du conflit : la pauvreté et la marginalisation de zones entières de l’aide au développement, systématiquement détournée par une élite corrompue. Elle a aussi non seulement éludé l’irrédentisme de certains groupes ethniques mais l’a aggravé en l’étendant à d’autres composantes de la population qui n’avaient jamais posé problème jusqu’au milieu des années 2010.

L’intervention asymétrique russe en Centrafrique et la résurgence de l’action soft chinoise visent désormais le Mali comme un pays à arracher au binôme France-USA (Washington visait à évincer la France de ce pays du Sahel depuis 2005). Cet objectif stratégique auquel s’est jointe la Turquie se précise de plus en plus dans un contexte international qui se délite à grande vitesse et dont l’aboutissement façonnera grandement la nouvelle géopolitique africaine à l’horizon 2030-2040.

Photographie d’illustration: Illustration montrant Mansa Moussa, puissant souverain de l’Empire du Mali au Moyen-Âge, détenteur de la moitié de l’or du monde médiéval.

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