Archives mensuelles : novembre 2021

A Dark New Age?

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The classical world’s free-thinkers and philosophers had the advantage of being relatively unburdened by the mythology that ruled thought and action until their time, and yet they still rebelled against it.

Harwood explains in Mythology’s Last Gods that the evolution of science and secular learning was largely a rebellion versus the unrewarding tribute paid to a myriad of conjured notions, hosts, and deities.


By rejecting such mythological superstition, the classical thinkers of that era, Diogenes, Pythagorus, Socrates, Plato, Plotinus, Archimedes, Aristotle and many others, proposed that math, science, and the objective examination of nature — and perceived reality — could be far more productive than relying on myth-superstition as the lens through which to view the world. Agree or disagree, the Aristotelian tradition of science and secular thinking has been a foundation for civilization ever since.*


But the Mystery School adherents of the Hellenistic era were not stupid. They knew that math and science together cannot explain the mysteries of the universe. By nature of our existence, humankind will always look for answers beyond that which can be empirically proven by science, mathematics, and individual perception/observation. Furthermore, the Rulers of the Planet understood that science, individualism, and secular thinking may challenge the collective conformist view which supports the State, and may even pose a danger to the existence of the State itself. In other words, from the Hellenistic Period going forward, the Rulers of the Planet had a problem: rational individual thought — in place of superstition and fear — was infecting the population with a notion of individualism and self-rule.


By the time of the Constantine the state as Empire understood that it could no longer oppose evolution in rational thought, and hijacked it. By the Edict of Milan, Constantine saw that Christianity had somewhat codified the secular ideals of Hellenistic philosophy in the form of an increasingly accepted religion.

Constantine further understood that by codifying the philosophy of the individual in the form of religious beliefs — related to a monolithic Church — free will could be repressed and manipulated. In other words, establishment of Empire was linked to monolithic institutionalized religion. In the west, this yoke of monolithic religious constraint on the masses would last for one thousand years, effectively suppressing advancement in thought, science, and industry.


But Empire in the west founded on monolithic theism became a victim of its own Imperial success… the outstanding example being the Crusades. Centuries of theistic and imperial conflict in the West then resulted in the Treaty of Westphalia, and the Age of Enlightenment. The idea being, that national sovereignty stands in opposition to the imposition of one hegemonic Empire.

In the modern era, the advancement of science and technology (which began in antiquity with the mathematics of Pyhtagorus, Archimedes and Aristotle) has been remarkable. Likewise, the model for repression of a populace based on religious bigotry has morphed into something much more: “psychological warfare”. And State-sponsored psychological warfare has progressed remarkably. In opposition to humanism, the media’s psychological warfare and trans-humanist agenda has (apparently) recently supplanted former Elitist ideas about controlling the population through conflict based on monolithic religious belief.
High speed communications, social media, and technology may be turned against us, while attempting to define us. That is, our perception of reality is stretched beyond limit via the high-tech “metaverse”; gender wars; social division; economic and military ambition… and a media that concentrates on all that. Just as in the Holy Roman Empire era — that era of Empire (in the form of the global hegemonic) is still with us. Apparently the West still hopes to conquer the Eastern world for Empire, just as it attempted to do from 1095 and for three hundred years thereafter. Today, the technology to do so is far more advanced, and far more dangerous.


In this era of the contagion, we are suspicious. Not because we as people wish to be suspicious, but because we are made to be. Depression may set in when we consider the delusional, illusory world we must confront today, which is far more complex than the ideas about the world that Aristotle set forth in antiquity.

Fortunately there may be a way to fight back. Get out of the markets. How about living simply and frugally? Don’t let the metaverse and “connected world” define you, or define us.


Advocating to turn off, tune out, and get off the grid, is hypocritical for me. Because I spend much time online, researching and writing such as this.. But these are the paradoxes that define us as human beings. Retaining our humanity, being opposed to war and aggression, learning about agorism and adopting the agorist lifestyle is perhaps key to exposing and opposing this new Dark Age.


Don’t look now. It is upon us. Recognizing that, is perhaps one-half the battle.

Steve Brown


*Arguably the Mystery Schools of Hellenism stand in opposition

Les racines orientales de la civilisation occidentale

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Un coup d’œil sur le livre polémique de Martin Bernal

Comme il est toujours connu, l’historiographie de l’humanité est pleine d’injustices. Mais la plus grande injustice a été d’effacer l’apport historique des civilisations égyptiennes et phéniciennes dans la genèse de l’Occident.

Le premier qui a jeté un pavé dans dans la marre et qui a dénoncé l’arrogance historique de l’Occident qui s’accroche au mythe hellénique a été Martin Bernal qui dans un livre très polémique « Athéna noire  : les racines afro-asiatiques de la civilisation asiatique » a démontré que les anciens Égyptiens et les Phéniciens ont colonisé la Grèce antique durant lâge de bronze et que les anciens Grecs reconnaissaient leur dette envers l’Égypte ancienne à travers leur propre perception, leur culture, leur art et que la remise en cause de cet acquis a été réalisée au 18ème siècle lorsque les historiens occidentaux ont renié l’apport de l’Égypte et de la Phénicie à la Grèce antique.


Bernal va plus loin en évoquant une colonisation par l’Égypte et la Phénicie de la Grèce en réfutant la thèse aryenne qui stipule que des indo-européens sont venus en Grèce d’Europe centrale.


Je dois à ce stade dire qu’il y a beaucoup de mythes sur les indo-européens dès qu’on cherche des éléments civilisationnels ou cultuels qui permettent de les distinguer des autres races. George Dumézil a trouvé quelque chose qui est la tripartition et son corollaire dans la religion antique, la triade divine. Chez les Romains par exemple la triade formée par Jupiter, Mars et Quirinus a été la norme religieuse. Or, les triades divines ont existé même chez des peuples sémitiques donc non indo-européens. Dans le Coran, il est fait mention dune triade dans la cité de Taïf que le Prophète Muhammad a tenté de convertir les sujets à l’Islam. La triade des idolâtres de Taïf est composée de Al-Uzzâ, Allât et Manât. Le verset du Coran qui relate leur existence est celui-ci : « Que pensez-vous d’al-Lat et al-‘Uzzâ et de l’autre, Manât, la troisième Aurez-vous le garçon et Dieu la fille Quel inique partage !  » Ainsi, la théorie de Dumézil ne repose sur rien. Même la tripartition en classes qui lui est si chère n’est pas convaincante. Quand on pense au clergé d’Amon en Égypte, on ne peut qu’être convaincu que dans toutes les civilisations, il y avait un clergé. Rien de surprenant à cela.


Par conséquent, la thèse de Bernal nest pas incongrue. Les tribus qui ont colonisé la Grèce antique ne pouvaient pas être uniquement indo-européennes, à supposer que ces dernières existent réellement comme race.
Hérodote a évoqué les influences orientales et Eschyle célèbre l’arrivée à Argos d’Égypte des Danaïdes, filles de Danaús.


La veritable influence de l’Orient sur la Grèce antique: position du problème


L’influence de l’Orient a été beaucoup plus importante que cela même si les critiques mettent l’accent sur son caractère peu visible. La véritable influence de l’Orient à la Grèce s’articule autour de quatre vecteurs historiques:


– Le premier n’est autre que l’origine de l’écriture grecque qui a été marquée par l’apport des Égyptiens, des Mésopotamiens et des Cananéens. Bernal date l’entrée de lalphabet phénicien en Grèce entre -1 400 et -1 800 alors que les études les plus reconnues aujourdhui situent la date de cette révolution vers – 600 à Cumes, dans le Sud de lItalie, à l’époque des Étrusques.

Nous allons nous appuyer sur des recherches encore plus sérieuses qui parlent dune influence orientale (égyptienne et cannanéenne) dans la formation de l’alphabet dit phénicien. Les Phéniciens ont transmis aux Grecs et aux Italiens un alphabet qui sest déjà formé lentement grâce à une sysnthèse égypto-sémitique. Nous allons raconter cette histoire très importante.


– Le second élèment ou vecteur est l’influence orientale sur la Grèce dans les domaines de la philosophie et de la science qui a débuté avec lécole milésienne, Pythagore et Thalès. La géométrie et les mathématiques ainsi que la philosophie des Grecs proviennent essentiellement de l’Orient. Cette vérité a été tellement dissimulée. Il convient d’en retracer lévolution.


– Le troisième vecteur historique nest autre l’héllenisme qui n’est qu’une fusion entre la culture grecque et la civilisation orientale (Egypte et Babylonie) et qui est un héritage des conquêtes d’Alexandre le Grand en Orient. A la mort dAlexandre en 323 avant Jésus-Christ, plusieurs écoles de pensée sont apparues. L’école d’Alexandrie, ville fondée par Alexandre le Grand en Égypte, a produit des scientifiques et des philosophes qui ont contribué de manière décisive au progrès de la pensée. Il suffit juste de citer Plotin qui est un Égyptien dont la philosophie se nourrit de la pensée égyptienne et qui est devenu le philosphe héllenique qui a le plus influencé le christianisme.
– Le dernier vecteur a été matérialisé durant le Moyen Âge. La survivance des sanctuaires de la pensée héllenique en Syrie et à Alexandrie a permis l’apparition de la pensée islamique qui a transmis ses plus belles réalisations à l’Occident au moment où ce dernier avait perdu le contact avec l’Orient à l’époque de l’Empire romain qui vivait dans une grande indigence intellectuelle comme la justement rappelé Alexandre Koyré dans ses Etudes d’histoire de la pensée scientifique.


Dans l’Empire romain, il n’y avait ni philosophie, ni science mais seulement des traités de morale et une sagesse pargmatique comme celle de Marc Aurèle.
Les Romains ne connaissaient aucun système philosophique ou un savoir scientifique comme celui dArchimède qui a vécu à la fin de l’épopée héllénique. Cest un soldat romain qui a tué le savant Archimède alors quil était plongé dans ses recherches scientifiques pendant la prise de Syracuse, sa patrie, lors d’une dernière péripétie de la seconde guerre punique qui scella le destin de la Méditerrannée héllénique et qui deviendra un lac romain.

Depuis cette date, l’Europe est entrée dans les ténèbres parce que le contact avec l’Orient a été rompu. Les Romains ne pouvaient plus se nourrir des foyers culturels et intellectuels de l’Orient et de l’Extrême-Orient. Cest l’Islam qui ne connaissait pas la langue grecque qui a appris la philosophie héllenique et qui en a été le principal vecteur vers l’Occident.


Avec ces quatre vecteurs, la civilisation occidentale possède des racines éminement orientales.

Origine de l’écriture moderne et de lalphabet: lOrient


Il semble qu’il y a une racine commune à l’écriture et elle est d’origine orientale. Les plus anciennes écritures proviennent bien entendu du Proche-Orient: l’écriture hiéorglyphique en Égypte et l’écriture cunéiforme en Babylonie. Elles sont des écritures figuratives. Ce type ancestral d’écriture a pris naissance à partir du moment où les hommes ont éprouvé le besoin de graver des signes, des symboles et des images sur les parois des cavernes. Des vases ont été trouvées en Égypte datant du néolithique et sur lesquels des images stylisées en été gravées. Des carrés, des réctangles et des zigzags qui symbolisaient le Nil, les terres irrigables et le pays d’Égypte. Ce sont les premières figures dans la longue route de la gensèse de l’écriture. Ensuite, l’écriture criptographique cunéiforme a permis, non seulement, de désigner des nombres et des choses concrètes mais aussi des sons. Ce fut la même chose en Égypte avec les hiéorglyphes. Par exemple, la figure du canard plus celle du pain est prononcée saw-th et qui désigne le mot soeur. Saw est le cris du canard. Cette découverte stupéfiante a été faite en Égypte où le son du language a été représenté dans des figures.
La seconde révolution dans l’histoire de l’écriture a été l’invention de lalphabet. L’alphabet a été inventé à Sarabit al-Khadim, une région située dans le Sinaï, où les anciens Égyptiens faisaient l’extraction de la turquoise.


Non loin de là, dans la vallée Ouadi-el-Mukattab, de nombreux signes gravés ont été trouvés dans les parois rocheuses, Cest ce qu’on appelle l’alphabet protosinaïtique dont lalphabet phénicien est un dérivé tardif. Ils sont le résultat d’une association entre les signes hiéorgliphyphiques égyptiens et la langue sémitique. Ce sont des travailleurs sémitiques, probablement des cananéens qui aidaient les Egyptiens dans l’extraction et le transport de la turquoise. Ces derniers se sont appropriés l’écriture hiéorliphyque égyptienne en l’adaptant à leur langue sémitique.


Ils ont adapté les signes égyptiens en leur attachant le premier son dans leur langage sémitique du mot désigné par le hiéroglyphe égyptien.
Donnons maintenant des exemples concrets afin de clarfier les choses :
Ce signe désigne en hiéorglyphe une maison ou la construction. Les
Sémites ont prononcé pour ce signe hiéorlyphique le signe béît. Ce signe a été utilisé pour désigner la lettre elle-même dans le nouvel alphabet. Cest l’ancêtre du béta grec et du B en Latin. Ce qui est extraordinaire, c’est que les Sémites (cananéens) ont utilisé la lettre béit pour désigner une maison. Dès qu’ils voient ce signe il prononce béit.
Un autre signe désigne en hiéroglyphe un buf et en sémitique alef, cest-à-dire un animal. C’est lancêtre de l’alpha des Grecs et du A en Latin.
Ce fut la même chose pour ce signe emprunté des hiéroglyphes auquel les Sémites ont donné la première lettre de Maa qui signifie eau en sémitique et qui est lancêtre du M du Grec et du Latin. Prenant un dernier exemple : le signe hiéorglyphique qui désigne une tête a été utilisé par les Sémites en lui donnant la première lettre du mot rosh (pour tête) qui est devenu R. On peut dire phonème à la place de signe.
Il y a eu donc une concordance entre les signes hiéroglyphiques et les phonèmes sémitiques. De cette manière, l’écriture qui a été en Égypte une affaire de scribes très spécialisés et érudits puisqu’il y avait une centaine de figures hiéorglyphique s’est démocratisée et elle est devenue accessible au plus grand nombre puisque les Sémites ont utilisé une dizaine de sons identifiés à des lettres alphabétiques pour écrire tout ce qu’ils voulaient en – 1 800.

Ils ont ainsi transformé les hiéroglyphes égyptiens en alphabet. Cet alphabet proto-sinaïque a été transmis à tout le Proche-Orient et a donné naissance à l’alphabet phénicien qui a été transmis à Cumes (Sud de lItalie) en 600. Il se peut que cette transmission date de plus loin (-1000).
Il y a donc une racine commune à l’écriture de l’Occident et de toute l’humanité qui est égypto-sémitique. Quelle dette détenue par les Orientaux !


La genèse des mathématiques en Orient : la Grèce a été en retard de 2 000 ans sur l’Égypte et la Mésopotamie

Durant cette période antique, il n’y avait pas que l’écriture qui est de source orientale et qui suffit en elle-même pour déterminer l’apport de cette région ancestrale à l’Occident au-delà des thèses de Bernal qui sont utiles sur le plan de la reconnaissance cultuelle et intellectuelle des Grecs vis-à-vis de l’Égypte (comme l’atteste les mythes sur Hermès Trismégiste et les poèmes d’Eschyle). Il y a aussi des concepts mathématiques comme les grandeurs (centimètre et mètre). Là, c’est un sujet délicat parce que la connaissance des Égyptiens dans le domaine des grandeurs et des mesures semble être bien enracinée dans l’égyptologie qui nous fait savoir que ce peuple antique utilisait des grandeurs comme le doigt, le pouce, la paume, la main, le poing.

Or, le savoir des Égyptiens a été plus important. Il est connu que Pythagore a étudié en Égypte pendant des années et il a ramené en Grèce ce que les Égyptiens ont découvert. Les incertitudes nourries autour du Papyrus de Rhind ont été levées. Depuis l’époque des Pyramides, le théorème du triangle rectangle de Pythagore était connu de ce peuple antique. La preuve en est la Pyramide de Khephren qui a été bâtie en se servant de la règle 3 4 5 (sa demi base vaut 3 (107,9), sa hauteur vaut 4 (143,87) et son apothème vaut 5 (179.84)). Ceci rappelle le théorème de Pythagore basé sur la règle 3, 4, 5 dont les carrés vérifient ce théorème.
Il nest pas inutile de rappeler que cette découverte stupéfiante des Égyptiens provient de leur propension à construire à l’aube de leur glorieuse histoire des pyramides car la règle 3, 4, 5 permet dobtenir des angles droits ce qui est reflété dans le théorème du triangle rectangle de Pythagore. Les Égyptiens connaissaient également le nombre Pi (3,14). Dans un film documentaire intitulé K19 sur l’histoire des Pyramides, il a été révélé que ce peuple oriental ingénieux a inventé le centimètre en s’inspirant de la taille des gouttes d’eau qui ont le même diamètre (un centimètre précisément).
Ils ont également inventé le mètre. La preuve archéologique en est le pyramidion qui se trouvait à côté de la grande pyramide de Chéops. La hauteur de ce pyramidion est précisément d’un mètre.

Ces affirmations n’ont pas été publiquement réfutées alors que les documentaires qui portent sur ces découvertes sont accessibles et diffusés sur YouTube depuis un certain temps. Les critiques prétendent que c’est le hasard qui explique ces faits, ce qui est ridicule.
Non loin de la terre du Nil, il y avait presque à la même époque antique une grande civilisation orientale, la Babylonie. Une célèbre tablette d’argile « Plimpton 322 » conservée à l’université de Columbia et datant de -1800 montre que les Babyloniens connaissaient parfaitement le théorème de Pythagore dans une version plus compliquée. Ce peuple peu connu avait tendance à utiliser les grands nombres. Non seulement ils avaient une base de calcul articulée sur 60 chiffres au lieu de 10 que nous connaissons tous, mais ils ont également utilisé des séries de nombres comme 119, 120, 169 et 4961, 6480, 8161 qui vérifient bien le théorème exactement comme la série 3, 4,5.
Je ne parlerai pas des techniques égyptiennes basées sur l’utilisation de la corde pour calculer les aires et les surfaces, ce qui était la norme pour une civilisation basée sur l’irrigation des terres par le Nil. Ces techniques sont connues eu égard aux problèmes géométriques citées dans plusieurs papyrus égyptiens comme le papyrus de Moscou.


Il est également connu que Thalès (mort en 545 à Milet), le savant fondateur de l’école milésienne a fait un séjour en Égypte. De ce pays, il ramena à Milet les principales idées qui font de lui le premier philosophe grec. D’abord, il a compris comment mesurer la hauteur d’une pyramide par rapport à son ombre. Ensuite, il a appris à prévoir l’éclipse solaire. Enfin, il a considéré que l’eau est l’origine du monde. Les Égyptiens ont développé la même idée depuis 2300 en évoquant dans leur mythologie, l’Océan primordial appelé Noun ou Nouou (Nwn) qui entoure le monde et qui est lorigine de la vie.
A partir de la mythologie égyptienne, Thalès a lancé l’idée que l’eau est le fondement de l’existence. Cette idée a été reprise par Anaximandre.


Héraclite (mort en -480) a changé le fusil d’épaule. Il remplace l’eau par le feu qui devient le principe de toutes choses et létat premier et l’état final du cosmos. Cette idée a été importée d’Égypte encore une fois. Il séjourne à Héliopolis, ville du grand Dieu Râ, où il comprendra ce que les Égyptiens entendaient par feu divinisé permettant la renaissance perpétuelle des choses à l’image de ce dieu qui devient Kéhpri et Atoum. Même Platon a séjourné en Égypte et a appris beaucoup de choses qui lui ont permis de développer sa philosophie.


Par consequent, les penseurs de la Grèce antique ont repris ce que les Égyptiens ont découvert des siècles avant la naissance de la civilisation classique. Un héritage qu’il faudrait reconnaître aujourdhui.
Tandis que les premiers penseurs grecs ont été des Grecs qui ont rapporté beaucoup d’idées et de concepts d’Égypte, les philosophes et les scientifiques de la période héllenique, cest-à-dire de la période qui sétend de la mort d’Alexandre le Grand en -323 à la mort de Cléopatre, reine ptolémaique d’Égypte en -31, ont été pratiquement tous des Egyptiens héllenisés. Comme il a été rappelé au début de cet article, cette dernière date marque l’apogée de la domination romaine et le début du déclin de la pensée grecque.


Les conquêtes par Alexandre le Grand de territoires immenses s’étendant de la Grèce à l’Inde et le partage de son empire par ses généraux à partir de -323 a permis la création d’une nouvelle et grande civilisation en Syrie, en Irak et en Égypte. C’est à partir de ces territoires que la science, la philosophie et la littérature vont se développer et se préserver jusqu’à la conquête musulmane.


Les courants philosophiques qui sont apparus durant cette période réalisent un murrissement des idées professées en Égypte et en Mésopotamie depuis des millénaires d’où la nature esotérique, mythologique et naturaliste de ces philosophies. Il suffit de citer l’épicurisme (fondé en 306) et le stoïcisme (fondé en 301) qui réunissent des traits de la mentalité orientale faite d’ironie, de sagesse et de curiosité.


Comme le rappelle Emile Brehier la philosophie héllenestique préconise l’assimilation d’une vérité déjà trouvée. Cest exactement ce qui s’est passé durant cette époque. Les Égyptiens héllenisés ont repris les vieilles idées de leurs ancêtres dans de nouveaux courants philosophiques qui reflètent bien cette diversité et cette vitalité de la pensée des anciens Égyptiens et Mésopotamiens. La philosophie est néée précisément en raison de cette vitalité de la pensée orientale et ce n’est pas une création grecque par excellence.


L’héritage héllenestique contient également l’astronomie qui avec Eudoxe, Callipe et Erathostène, connait un nouvel essor. L’astronomie est une science très connue en Égypte et en Babylonie depuis des siècles (prévision des éclipses, déterminbation de la position des étoiles errantes et fixes, etc). Il est donc normal que les astronomes héllènes hissent leurs connaissances à un tel niveau en puisant du savoir antique oriental.
Erathostène par exemple (mort à Alexandrie en -194) a mesuré la circonférence de la Terre en comparant les angles des ombres formées par des rayons du Soleil à deux lieux différents espacés d’une distance déterminée. Comme les Égyptiens connaissaient le mètre qui est intrinsèquement lié à la circonférence de la Terre, il est probable qu’Erathostène a repris les calculs égyptiens.
L’un des deniers philosophes héllènes fonda une école philosophique, les néoplatoniciens. C’est Plotin (mort en 270). Il influenca les premiers penseurs chrétiens comme Saint-Augustin. Le cœur de la pensée plotinienne est ce triptyque de l’Un, de l’Intellect et de l’âme. Le destin de l’homme est de retrouver l’Un qui est, selon Plotin, le principe suprême en tant que cause de tout ce qui existe sans avoir une cause et qui est assimilé au bien à partir de l’intelligence qui dérive de l’Un et qui recèle les idées, qui sont les formes « platoniciennes » et les vérités. La troisième entité plotinienne est l’Âme du monde qui est en fait le monde sensible qui se multiplie à mesure qu’il s’éloigne de l’Un. Selon Plotin, l’Un produit l’intelligence en tant que principe d’unité puis celle-ci engendre l’Âme du monde selon un processus appelé « procession ».

Ce qui est intéressant dans cette philosophie est qu’elle relate l’origine du mal en tant qu’absence d’intelligence et comme matière. Le mal n’est pas lié au bien de l’Un mais il n’est autre que le résultat de la séparation de l’Un par l’Intellect. Comme le dit Plotin, le mal est un défaut de bien et l’homme doit agir en s’orientant vers le bien et en se rapprochant autant que faire se peut de l’intelligence qui garde en mémoire l’Un qui l’a engendrée. Cest cela, selon lui, la source du bonheur. Là aussi, on voit que le néoplatonisme reprend les vieilles idées sur la conduite humaine de la pensée orientale, en considérant comme important le libre arbitre de l’homme.
Ce dernier doit chercher son bonheur à travers ses actions, lesquelles doivent refléter l’intelligence et non le monde sensible. Par conséquent, l’homme est responsable de ses actes et cet enseignement na pas manqué d’influencer le Mutazilisme à l’époque abbasside. Le néoplatonisme d’Alexandrie sest étendu à Nisibis et à Césarée et même à Rome où Plotin a dispensé ses cours. Cest pour cette raison que le néoplatonisme s’est répandu dans tout le Moyen-Orient et il a influencé ainsi aussi bien le christianisme que les philosophes et théologiens musulmans.

À Alexandrie, il y avait également une école théologique chrétienne qui a joué un grand rôle au tout début du christianisme. Elle fut créée par Pantène d’Alexandrie en 180 et elle forma les premiers fondateurs de l’église. Mais son membre le plus important est Origène. Ce dernier a élaboré une théologie qui sinspire des hypostases de Plotin : selon lui, Dieu a créé en premier lieu le Logos qu’on peut rapprocher de l’Un de Plotin puis les logikoï qui sont des êtres rationnels et invisibles aux humains. Ces êtres sont peut-être l’incarnation des vérités de l’intelligence plotinienne. Il n’évoque pas cependant l’Âme du monde, prévue par Plotin. À moins que l’existence du monde sensible qukelle incarne soit une évidence.

Le dernier vecteur du savoir oriental vers l’Occident, l’Islam

Le dernier vecteur de l’héritage hellénique vers l’Occident est l’Islam. La fusion entre la culture grecque et les cultures de ces antiques territoires a entraîné la constitution d’un grand patrimoine culturel universel qui a été ensuite transmis par les Musulmans à l’Occident.

Ce patrimoine a été sauvegardé et développé dans trois centres intellectuels situés dans ces régions de haute culture : l’Académie de Jundê-Shâpur en Iran, Harran dans le nord de l’Irak et Alexandrie en Égypte. Ce sont les centres intellectuels de transmission de la culture hellénique à la civilisation islamique. Jundê-Shâpur a accueilli des philosophes grecs qui y sont venus après la fermeture par l’empereur Justinien de l’Académie d’Athènes en 529 ainsi que des intellectuels nestoriens de langue syriaque. Cest dans cette langue que les plus importants ouvrages en philosophie, en théologie et en science ont été traduits.

Cest grâce à la médecine que les nouveaux maîtres de la région, les Musulmans abbassides, vont connaître et exploiter ce centre intellectuel. Là, on peut comprendre comment la philosophie et la science grecques qui étaient déjà enseignées dans ce centre perse y sont parvenues, et ceci, grâce à des traductions réalisées par des Syriaques des ouvrages d’Aristote, de Galien et d’Euclide pour ne prendre que ces géants de la philosophie et de la science grecques de la langue syriaque au Pehlvi.

En 529, plusieurs philosophes néoplatoniciens s’installèrent à Harran dans le Nord de l’Irak après la fermeture par les Byzantins de l’école dAthènes. Ils ont traduit directement du Grec vers l’Arabe pour le compte des Abbassides, les ouvrages grecs ramenés par les néoplatoniciens de l’Empire byzantin (Grèce).

Maintenant en quoi ce vecteur islamique a apporté des concepts et des idées qui ont fait le bonheur de l’Occident ? Nous rappelons qu’Alexandre Koyré considère les Arabo-musulmans non pas seulement et simplement comme des vecteurs de la philosophie grecque mais comme véritablement les « éducateurs » de l’Occident. Pourquoi les Romains, les Chrétiens du Moyen Âge et les Byzantins qui connaissaient parfaitement la langue grecque nont pas pu faire de la philosophie ? Cest simplement parce que ces derniers ont perdu, depuis la naissance de l’Empire romain, le contact avec l’Orient et l’Extrême-Orient, un contact récupéré et valorisé par les Musulmans.

Par ailleurs, la révolution scientifique de l’Europe au XVIe siècle n’a été possible que grâce à la première révolution scientifique de l’Islam durant le Moyen Âge. Par exemple, la méthode scientifique et la physique en Occident doivent beaucoup aux travaux dIbn Al-Haytham. Ce dernier a jeté les bases de la méthode scientifique moderne dans sa dimension expérimentale.

Grâce à sa méthode expérimentale, il a découvert la loi de réfraction de la lumière. Il a également étudié les propriétés de la luminance et sa dispersion à travers des prismes. Ibn al-Haytham a développé également une critique de Ptolémée. Dans un livre intitulé « Al-Shukûk alâ Batlamyûs » (Doutes sur Ptolémée), Ibn al-Haytham évoque des anomalies géométriques (comme aurait dit Thomas Kuhn) au sein du système de Ptolémée (orientation à partir du centre du monde, problème de léquant, mouvement de la latitude).

Dans le domaine de la médecine, al-Zahrawi (Albucassis) (936-1013) qui fut le grand chirurgien de son époque, a écrit une encyclopédie de 1500 pages et 30 tomes, « Al-Tasrif liman Aegiza an al-Talif », sans protéger ses inventions qui comprenaient les instruments de chirurgie dans les modèles existent aujourdhui malgré le progrès technologique. Cette encyclopédie a été traduite en latin par Gérard de Crémone et a été éditée plus de vingt fois dans toute l’Europe. Elle est restée la référence en médecine et en chirurgie jusquau dix-huitième siècle.

N’oubliant pas bien entendu les mathématiques. Le travail de Muhammad Ibn Mûsâ al-Khuwârizmî (mort vers 850 à Bagdad) a été vraiment décisif pour le développement de l’algèbre. Il emprunte aux Indiens les chiffres décimaux mais aussi le zéro qui permet de définir les chiffres négatifs des Indiens, inventé par Bramagupta et cités dans son ouvrage le Brahmasphutasddhana (rédigé en 628). Les chiffres indo-arabes sont diffusés à Cordoue en Espagne et en Afrique du Nord. Puis ils ont été découverts par des occidentaux qui les diffuseront dans le monde chrétien sous le nom de chiffres arabes et qui sont passés en Occident à travers l’Espagne islamique. Ils sont progressivement utilisés dans les pays occidentaux et ce nest pas un hasard que l’un des premiers pays où vont circuler ces chiffres soit le pays de la Renaissance et de la seconde révolution scientifique mondiale, l’Italie.

Conclusion

Voilà, on a parcouru une odyssée historique. Il me semble que le dernier vecteur oriental dun savoir incommensurable destiné à lhumanité entière nest autre que la pyramide de Chéops, chef duvre de lEgypte ancienne. La pyramide garde des secrets géométriques et physiques comme le nombre Pi et le nombre dor qui ressortent des mesures géométriques de la pyramide.
Ces nombres sont partout présents dans lunivers et dans les plus importantes équations mathématiques qui décrivent le monde physique. Il parait même quon y retrouve des constantes universelles comme la vitesse de la lumière. Tout est dans les mesures de la pyramide qui est un symbole du savoir humain et un temple pour la science pour les siècles passés et avenirs.
En fait, la région du Moyen-Orient est l’origine du monde, avec sa science antique, sa philosophie, ses énigmes et ses symboles. Elle a transmis tout ce que l’Occident avait besoin pour bâtir sa civilisation et sa culture scientifique et technique. Comme le dit Bernal, l’Occident a jadis gardé le souvenir de ce qu’il doit à l’Orient. Mais il a renié cet héritage en raison dun regain d’intérêt pour le racisme et la supériorité de l’homme blanc et de l’Occident. Nous voulons simplement dire que Bernal na pas tout dit. l’Occident doit sa civilisation à l’Orient parce que ce qui compte vraiment ce nest pas que les Égyptiens par exemple aient colonisé la Grèce ou que les dieux grecs soient des emprunts des mythes et des panthéons de l’Égypte mais cest plutôt la transmission à l’Occident de l’écriture alphabétique qui est d’origine sémitique et proto-sinaïque et les concepts scientifiques et philosophiques. Ce sont les idées qui font le monde et celles-ci proviennent de l’Orient. l’Occident na fait que l’oublier.

Rafik Hiahemzizou
Philosophe et essayiste

Omicron n’est pas l’Oméga

Omicron, ou comment Nu et Xi furent écartés. Les lettres grecques crient à la discrimination positive.

Finalement, l’une des leçons des Covid-19, COVID-20, Covid-21, Covid-22, Covid-23, Covid-nn…est qu’une pandémie est non seulement un enjeu éminemment politique mais un outil aussi bien géopolitique que sociétal. En ce qui concerne le nouveau variant de Noël, apparu au Botswana et dont la protéine Spike, la clé d’entrée cellulaire du virus, ne présenterait pas moins de trente mutations (excusez du peu) d’origine non naturelle, c’est le cadeau de trop. L’abonnement vaccinal semestriel ou trimestriel épuisera à coup sûr l’alphabet Grec qui dérive du Phénicien et il faudra déjà penser à utiliser les idéogrammes chinois pour compléter la série. Les médias se chargeront de la fabrique de la peur sans se soucier de ce que l’on appelle les “Fake news” puisque c’est toujours à sens unique et à deux poids, deux mesures.

L’abonnement vaccinal semble être une autre façon de déplumer le peu qui reste d’une immunité géniale mais piégée par un simple mécanisme du vivant.

À la prochaine lettre ou idéogramme. Ne plus penser ni réfléchir ni rien. Ingurgiter et se faire injecter est la nouvelle norme. Une grande partie de l’espèce humaine ne mérite que ce type de traitement en attendant son véritable grand remplacement par des machines.

Il n’y aura pas d’image d’illustration. Nous sommes l’illustration.

 

Scandale Pegasus: Apple poursuit la société israélienne NSO Group

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La firme US Apple inc. a décidé de poursuivre en justice la société écran israélienne NSO Group pour son rôle dans le scandale Pegasus, du nom d’un logiciel espion ayant été utilisé par un certain nombre de pays alliés à Israël pour espionner des individus, des chefs d’entreprises, des Chefs d’État et des responsables civils et militaires.

Pegasus a causé des dommages irrémédiables à l’image d’Apple et les responsable de la firme américaine sont décidés à obtenir l’interdiction définitive de ce type de pratique. La société israélienne NSO Group a déjà fait l’objet d’un Blacklisting auprès des agences gouvernementales aux États-Unis.

À titre d’exemple, le spyware Pegasus a été utilisé par le Maroc pour cibler l’Iphone du président français Emmanuel Macron ainsi que ceux de plus de 250 officiels, des chefs de partis politiques, des chefs d’entreprises, ded journalistes, des personnalités et des individus en France.

Selon des informations recoupés, les Émirats Arabes Unis auraient non seulement espionné des opposants grâce au logiciel Pegasus, mais traqué tout commentaire jugé comme insultant à la famille régnante sur le réseau.

De façon similaire, l’Iphone du journaliste Al-Khashoggi a été surveillé grâce à Pegasus. Tous les échanges via des messageries cryptées de ce journaliste saoudien assassiné dans un traquenard au niveau du consulat général du royaume d’Arabie Saoudite à Istanbul étaient interceptés grâce au spyware israélien.

Enfin, le logiciel Pegasus aurait permis au Maroc de surveiller des milliers de téléphones portables en Algérie, dont ceux des plus hauts responsables civils et militaires ainsi que la majorité des responsables locaux et même des footballeurs et de simples particuliers. Au Maroc même, les téléphones de la famille royale ainsi que ceux des principaux responsables sécuritaires étaient surveillés par ce même logiciel fourni par les israéliens.

Pour le moment, aucune cible de ce spyware n’a semblé réagir à ce qui s’apparente comme l’un des plus grands scandales de cyberespionnage connus. La decision d’Apple d’agir légalement contre la source de ce logiciel malveillant serait un début de prise de conscience de l’ampleur des dégâts occasionnés.

 

Une géopolitique du drame

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La Russie commence à se résigner à l’idée que la force, et uniquement la force, demeure le seul langage intelligible avec un Empire qui vient de mobiliser tous ses moyens pour une confrontation décisive et finale avec la Chine et la Russie.

“La diplomatie avec un loup qui ne cherche qu’à vous dévorer lui est totalement inintelligible. Le seul langage que puisse comprendre un prédateur est une frappe subite, brève, violente et assez dévastatrice pour qu’il ne puisse plus se ressaisir où se rétablir avant longtemps…”, estime une source russe qui a préféré garder l’anonymat.

Moscou a amassé un peu plus de 90 000 hommes et du matériel de seconde ligne sur son flanc occidental pour parer à une éventuelle surprise en Ukraine ou en Biélorussie. L’agitation des factions les plus bellicistes en Pologne et en Ukraine est désormais encouragée par l’alliance atlantique, laquelle est en train de fournir des armes sophistiquées et de déployer des unités militaires dans ces pays et les Républiques Baltes. L’activité des services spéciaux US et britanniques en Moldavie est suivie par beaucoup d’appréhension à Moscou. D’autant plus que ces points de tension coïncident avec une situation plus qu’explosive dans le Caucase où une reprise d’une guerre entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie au Nagorno Kara-Bagh est demeurera une possibilité persistente pour très longtemps.

L’Empire contre-attaque en Europe orientale avec la réactivation du front de l’Est (pays Baltes, Bélarus, Ukraine, Pologne),  la tension en Mer noire, la poudrière du Caucase, au Moyen-Orient où Israël menace l’Iran mais également en Syrie, un État en faillite où les russes sont présents militairement. Ce premier arc n’est pas le seul: un autre arc s’étendant de de la Corne de l’Afrique jusqu’au littoral atlantique de l’Afrique occidentale est actuellement le théâtre d’une confrontation avec la Russie, laquelle y déploie de nouveaux outils d’action géopolitique dans le cadre d’une extension préemptive d’un front qui s’est rapproché dangereusement de son sanctuaire du Valdaï.

La guerre psychologique fait rage. Dans le cyberespace, c’est la curée. Après la guerre des trolls et l’intox, place aux coups fourrés. La France et le Royaume-Uni, qui se livrent une étrange guerre particulièrement atroce au Cameroun en armant et finançant chacun des groupes armés sur une base linguistique (francophones vs anglophones), font front commun contre la nouvelle menace militaire russe asymétrique.

Tel Janus, la Turquie détient dans cette nouvelle confrontation les clés des deux mondes. Ankara livre des drones d’attaque à l’Ukraine et signe avec Kiev des accords de défense. En même temps, le Turc Erdogan et le Russe Poutine se concertent et discutent. Une discussion entre hommes forts n’est jamais commode. La négociation est tenace. Les turcs surveillent les activités chinoises en Afghanistan, au Pakistan, en Iran et même à l’intérieur de son territoire mais en même temps, ils multiplient les accords économiques avec Beijing. La Turquie dote l’Azerbaïdjan, le Maroc et l’Ukraine des redoutables Bayraktar TB-2 qui leur confère une supériorité actuelle écrasante sur leurs adversaires mais en même temps  s’oppose à ses alliés de l’OTAN. Surtout sur des points de détail. La dynamique est bien huilée.

La tension en Mer de Chine méridionale est toujours entretenue. Le détroit de Formose est l’enjeu d’une confrontation potentielle entre la Chine et les États-Unis. La contre-offensive diplomatique très aggressive de Taiwan est soutenue par l’ensemble des pays occidentaux. Le jeu des passages de navires et des survols d’aéronefs peut déboucher sur une catastrophe à tout moment. Les vols conjoints de bombardiers stratégiques russes TU-95MS et chinois H-6K entre le Japon et la péninsule coréenne visait à faire une diversion symbolique mais fort loquace en direction de Washington. Pour les Chinois du continent, l’île de Taïwan sur laquelle se sont réfugiés les nationalistes chinois de Chiang-Ai Shek après la fin de la Guerre civile chinoise en 1949 est toujours une partie intégrante de la Chine. Beijing aurait voulu suivre un processus similaire à celui de Macao (Hong Kong demeure un mauvais exemple) pour assurer une réunification en douceur mais la présence de forces militaires US à et autour de Taïwan exclut une telle approche. Pour une partie des insulaires, la crainte du Parti communiste chinois est plus grande que le désir d’un rattachement avec le continent. Sur le plan politique, le jeu politique local n’est pas sans rappeler certains aspects de la politique intérieure nipponne où l’influence US est très lourde à gérer.

Le monde de cette fin d’année 2021 n’a jamais été aussi proche d’un délitement complet. La loi martiale est décrétée partout mais n’est reconnue nulle part. Les lignes entre amis et ennemis s’est estompée. En surface, c’est la guerre de tous contre tous. Les alliances sont toutefois stables. Le Grand jeu s’est fragmenté en une multitudes de jeux à sommes non nulles que le passage à l’acte transformerait en jeu à sommes nulle. C’est l’impasse constamment reportée par l’enthousiasme belliqueux. Au rocher du réel se heurtent et se fracassent les vues de l’esprit. Dans le cas d’un drame et une guerre est toujours à la fois la matrice et la somme de tous les drames, tout passage à l’acte est funeste.

La montée des populismes et la destruction de l’intellect participent à cette volonté de subir continuellement le drame, tel un Sisyphe à l’esprit plongé dans l’oblivion et rageant sous le fardeau sans cesse renouvelé. L’homme n’oublie pas seulement ses erreurs passés mais veut sans cesse les renouveler dans le cadre d’un cycle fermé par l’ignorance à tout jamais. D’où la criminalisation de l’esprit universel, de la sagesse ancienne et de toute science réelle. C’est là un autre débat un peu plus philosophique que la question des nouveaux orbiters hypersoniques chargés d’ogives nucléaires qui menacent notre horizon à tous.

 

 

La Répression

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Aux Pays-Bas, la police aurait tiré à balles réelles sur des civils manifestant violemment contre les mesures sanitaires prises par le gouvernement. D’après les vidéos circulant en ligne, les policiers néerlandais ont fait usage de leurs armes pour tuer et non pour des tirs de sommation. Plus étrange est la participation de membres de l’AIVD (Algemene Inlichtingen- en Veiligheidsdienst), la principale agence de renseignement néerlandaise, dans la répression des manifestations de Rotterdam. Des informations indiquaient que l’AIVD participait depuis des mois à un programme de fichage systématique des personnes et des groupes exprimant leur opposition aux vaccins et passes sanitaires. Une pratique redoutable de par son efficacité et rappelant un peu trop celles de la défunte STASI de l’ex-République Démocratique Allemande (RDA).

En Guadeloupe, la population est en état d’insurrection contre les mesures sanitaires prises par le gouvernement. Blocage des établissements hospitaliers, jets de pierres contre les forces de l’ordre, grèves, pneus brûlés et désobéissance civile. Paris envoie des renforts policiers et militaires et le préfet local y décrète le couvre-feu. C’est la première fois qu’un couvre-feu est instauré en raison de “mouvements sociaux et actes de vandalisme”. Un nouveau palier dans la répression des populations est franchi en temps de paix. l’État central y envoie le GIGN et le RAID, les meilleures unités d’élite de la Gendarmerie et de la police pour mater l’insurrection d’une population qui ne réclame ni indépendance ni de nouveaux droits mais juste la fin de la “connerie”. C’est la répression.

Ces deux exemples confirment que le prétexte COVID-19 n’est qu’un outil de manipulation politique de masse visant le renforcement du contrôle des population et l’affranchissement du semblant de démocratie. Le message est simple: soit vous vous soumettez à nos mensonges flagrants et les mesures stupides ou irrationnelles qui les accompagnent , soit on vous écrase, par la force si nécessaire.

Il ne s’agit plus de croire ou de ne pas croire en une narration souffrant de graves lacunes en matière de cohérence mais de se soumettre dans tous les cas de figure à des acteurs non-étatiques ayant relégué ce qui reste des États-Nation (un concept obsolète) en simples machines de répression et de contrôle au profit des multinationales. C’est une forme de corruption institutionnelle qui préfigure un avenir dans lequel des conglomérats financiers auront la primauté absolue sur les États.

Le sujet est grave. Il y aura toujours des dérives. Par expérience, la casse n’est pas toujours spontanée. Il existe un marché de casseurs à louer. Le noyautage de la petite délinquance et du grand banditisme par le capital où les services de l’État n’est pas une nouveauté. Les faux semblants et les actes de vandalisme, réels ou sous faux drapeaux, serviront à réprimer les honnêtes gens pour leur opinion, leur pensée, leur objection ou même leur capacité de résilience face à la bêtise institutionnelle.

Ce n’est pas une insurrection, c’est une révolte des laissés pour compte souffrant du chômage, d’une inflation réelle à deux chiffres, un manque d’eau potable, de racket, de l’exclusion et des déprédations des mafias du foncier qu’on veut transformer en cobayes à traire jusqu’à ce que mort s’en suive. Et quand ces gens-là se révoltent, le gouvernement ne trouve d’autre solution que la force comme au bon vieux temps des colonies. Cela fait des semaines que les grèves en Guadeloupe sont passées sous silence. Que des tribunes sont censurées, que des personnes sont harcelées pour délit d’opinion, que les patrons de presse, grands amis des politiques et des pontes du régime, font mine d’ignorer.

Autre détail troublant: les processus de prise de décision en matière sanitaire aux Etats-Unis où l’apprenti sorcier Fauci sombré dans le délire mais également dans les pays d’Europe occidentale se basent depuis quelque temps sur les conclusions d’équipes israéliennes dont on ignore la composition réelle, la qualification ou même le type de recheches qu’elles effectuent (la pratique courante de faux rapports est un sport de choix en Israël). C’est un scénario revisité d’un improbable dialogue aux enfers entre Faust et Mengele. Un cauchemar souriant et paisible dans le meilleur des mondes. Un monde où on vous contraint à vous faire piquer régulièrement pour accroître le rythme des bénéfices des Big Pharma à la seconde sous peine d’être abattu par un commando d’élite comme un dangereux terroriste. C’est la fabrique de la peur qui vient de se recycler. Le mythe du terroriste islamiste ayant été épuisé puisque tous les pays de la zone MENA sont à terre, il fallait un puissant anxiogène universel avant de revenir à la confrontation globale. Les populations, portion congrue, tout juste bonnes à consommer et faire marcher le cycle non vertueux, doivent être maintenue dans la terreur douce. Les forts en tête seront ciblés et éliminés. Les autres seront des cobayes d’une expérimentation à ciel ouvert. Une sorte de palestination du monde sur fond d’une confrontation entre blocs géants. L’humain ne compte plus.

La contrainte, c’est pour votre bien. Une balle dans la tête en cas d’objection. Merci aux piètres menteurs qui font semblant de gouverner.

Le déploiement d’armes nucléaires en Ukraine risque de détruire l’ensemble de l’Eurasie

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Le déploiement d’armes nucléaires tactiques par l’OTAN en Ukraine est une mesure radicale qui confirme non seulement notre précédente analyse sur le potentiel d’un conflit global en Europe mais est susceptible d’aboutir à une catastrophe inédite.

Dans un climat de crise économique et sociale marquée par une hausse universelle des prix, une inflation hors de contrôle niée par des statistiques officielles, un durcissement de la dictature sous prétexte sanitaire et un flottement géostratégique global, la levée du verrou nucléaire en Europe met en péril l’ensemble de l’Eurasie. Ce qui est certain est que la Russie ne restera pas les mains croisés face à une menace désormais existentielle pour sa propre survie en tant que nation sur son flanc occidental.

Même limité, un échange nucléaire en Europe orientale précipitera un effondrement politique, économique et social de l’ensemble de l’Eurasie dans un délai très court. Cette menace n’est plus une vue de l’esprit, l’inférence d’un jeu de simulation guerrier ou un scénario de la théorie des jeux: c’est une possibilité très plausible que certains membres de l’Otan sont en train d’applaudir comme des supporters ultras dans un stade chauffé à blanc.

Une autre guerre mondiale “chaude” déclenchée à partir de la Pologne ou des pays Baltes est désormais une option établie. Si cette guerre éclate, les dégâts seront si élevés pour l’ensemble des belligérants qu’aucun d’eux ne pourra se proclamer vainqueur. Certains pays enthousiastes à l’idée d’une telle confrontation finale pourraient même disparaître de la carte.

 

 

 

Les débris du Kosmos-1408…

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Dans la nuit du 14 au 15 novembre 2021, le satellite militaire russe non-opérationnel Kosmos-1408, d’un poids de 2200 kgs et en orbite basse (entre 645 et 675 km d’altitude) depuis le 16 septembre 1982 a subitement disparu. Ce satellite déclassé spécialisé ELINT (renseignement électronique) de l’ère soviétique a probablement été détruit en orbite.

Le commandement des forces spatiales des États-Unis a promptement accusé Moscou d’avoir procédé à un essai d’une arme antisatellite “ascensionnelle”, comme le Nudol (A-235) avant de condamner la mise en danger des astronautes de la NASA (National Aeronautics and Space Administration), un astronaute Allemand de l’ESA (European Space Agency) et les cosmonautes russes de ROSCOSMOS se trouvant à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS).

Le 15 novembre 2021, la station de contrôle de l’ISS à Houston au Texas avisa l’équipage embarqué de la Station qu’une zone de débris a été générée près d’une portion de la trajectoire orbitale de l’ISS. Les astronautes et les cosmonautes ont été instruits de se mettre à l’abri: les Américains et l’Allemand à bord d’une capsule SpaceX (Dragon) et les Russes avec un Américain à bord d’un module Soyouz, tous deux rattachés à la Station. L’ISS traverse le champ de débris toutes les 90 minutes.

Aucune information n’a filtré jusqu’ici sur la réaction chinoise et les mesures prises pour la protection des Taïkonautes actuellement à bord de la Station spatiale chinoise, face au risque des débris orbitaux.

Les milliers de débris générés par la destruction d’un objet spatial demeurent une redoutable menace, même fragmentés en une nébuleuses de petits objets dont le poids ne dépasse guère quelques grammes. Un objet d’à peine quelques grammes lancé à une vitesse de 26 000 km/heure est un projectile dont l’impact peut être plus dévastateur qu’un obus d’artillerie lourde de gros calibre tiré à bout portant et à très courte portée sur terre.

Impact d’un objet en plastique d’un poids de 14 grammes lancée à une vitesse initiale de 24 000 km/heure sur un blindage en aluminum.

Mais était-ce une arme antisatellite balistique? Rien n’est moins sûr. En dépit de l’engagement de tous les pays disposant d’un programme spatial avancé à œuvrer pour la non militarisation de l’espace extra-atmosphérique, la panoplie des armes antisatellite ne cesse de croître depuis les années 2010 et elles sont loin de se limiter à des ASAT ou à des vecteurs ascensionnels lancés à partir du sol ou d’un aéronef volant en stratosphère. La panoplie actuelle inclut des satellites tueurs de satellite, des vecteurs à impulsion EM (électromagnétique), de nouveaux types de laser, des techniques de sabotage mécaniques et chimiques ainsi que des vecteurs balistiques embarqués en orbite.

Les débris humains en orbite existent depuis 1957, date du lancement du Spoutnik, premier satellite inaugural de l’ère spatiale. Depuis lors, le nombre de débris ne cesse d’augmenter, mettant en danger les activités humaines en orbite et en endommageant parfois des dispositifs. Les boucliers de l’ISS peuvent supporter les impacts d’objets jusqu’à un 10 mm de diamètre mais ne peuvent garantir une sécurité optimale. Toutes les stations orbitales, du SkyLab à l’ISS, en passant par MIR, ont subi des dommages mineurs causés par des débris en orbite.


Nota: le ministre russe de la défense a officiellement reconnu, le 16 novembre 2021, l’essai d’une arme antisatellite au potentiel prometteur contre un satellite non opérationnel (Tselina-D/Kosmos 1408).

Le Département d’Etat US condamné un acte irresponsable et risqué de la Russie remettant en cause l’usage pacifique de l’espace extra-atmosphérique. Pour rappel, le États-Unis disposent d’une branche des forces armées spécialement dédiée à l’espace et ce pays est considéré comme l’un des plus avancés dans la militarisation de l’espace aux côtés de la Chine et de la Russie.

Une unité d’assaut contre des criminels de la pensée

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Histoire assez surprenante que celle qui nous vient d’Italie. Un groupe de personnes s’étaient regroupées sur une chaîne de l’application Telegram pour s’opposer virtuellement au pass sanitaire, à la vaccination anti-Covid, aux mesures prises par l’un des gouvernements les plus impopulaires depuis 1945.

C’était un espace virtuel où des gens échangeaient sur la pertinence des mesures prises dans le cadre de la lutte contre les différentes vagues successives d’un virus et émettaient de sérieuses réserves, parfois fort bien étayées sur le plan scientifique, sur le bien fondé des vaccins proposés par les grandes multinationales pharmaceutiques.

D’autres chaînes Telegram (plus une trentaine ) vendaient des pass sanitaires plus ou moins réels et certaines de ces chaînes étaient administrées par des personnes mineures dont l’âge n’a pas dépassé dix-sept ans. Des médecins sont impliqués dans la vente des faux vrais pass sanitaires. Un des médecins du groupe ironisait sur l’authenticité du pass sanitaire délivré par les autorités et le considérait comme un faux officiel.

Résultat: les administrateur et deux douzaines d’ utilisateurs de ces groupes ont reçu, le lundi 15 novembre 2021, la visite-musclée, d’ unités d’élite (spécialité assaut en milieu clos) de la police italienne et plusieurs membres des groupe ont été arrêtés par des hommes cagoulés comme si c’était des membres de la mafia.

Cette répression visant et assimilant à la fois les groupes proposant la vente de pass sanitaires et ceux qui critiquent la narration officielle sur ce que les médias dominants qualifient comme une pandémie, ne mettra pas fin à ce type d’activités humaines, de surcroît dans un pays où quasiment tout se vend, y compris les postes ministériels. Cette assimilation est une dérive inquiétante puisque l’amalgame y est délibéré et vise à éteindre toute voix contestataire.

Ce qui c’est passé en Italie préfigure le monde nouveau. Dans un futur très proche, les utilisateurs d’internet et non pas les trafiquants de faux pass, pourront être la cible d’un assaut des forces de l’ordre pour une simple opinion publiée sur un réseau social. Des gens ont déjà été poursuivis en justice et même emprisonnés pour de simples statuts sur des réseaux sociaux dans un nombre croissant de pays. Il met en relief la puissance terrifiante des géants du numérique dans cette nouvelle chasse aux sorcières de Salem.

On savait depuis longtemps que certaines vérités ne sont pas bonnes à dire. Désormais certaines vérités exposent leurs auteurs à être traités comme de dangereux terroristes. Cela démontre que tout est sous contrôle depuis le début. La répression s’occupera des récalcitrants et autres dissidents. C’est une technique trop tentante pour les États pour qu’ils se privent d’en faire usage selon les intérêts de caste.

 

 

Des secousses telluriques provoquent un effondrement de terrain dans le sud-est de l’Iran

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Une série de secousses telluriques a provoqué d’étranges phénomènes dans le Sud-est de l’Iran, au nord de Bandar Abbas.

L’une de ces secousses a été suffisamment puissante pour provoquer un glissement de terrain ou un éboulement de montagne auquel ont assisté, terrifié, des automobilistes sur une autoroute.

La profondeur d’une des secousses les plus puissantes, dont la magnitude a été évaluée à près de 5 sur l’échelle ouverte de Richter exclut toute les conjectures erronées établies par certains sites et qui laissaient entendre que ce pays aurait effectué un essai nucléaire souterrain sans même avertir sa propre population vivant ou circulant dans le périmètre d’un supposé test de cette nature. .

L’énergie libérée par ces secousses à plus de 15 km de profondeur sous terre dépasse de loin celle des armes nucléaires les plus puissantes actuellement en service.

La zone de Bandar Abbas en Iran est à haut risque sismique.

 

De la rencontre entre les responsables du renseignement saoudien et syrien au Caire

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Dans le jeu complexe de la politique moyen-orientale, aucune subtilité n’est de trop. La rencontre entre les principaux responsables des services secrets de l’Arabie Saoudite et de la Syrie en marge d’un forum sécuritaire au Caire fut tout sauf un exercice de tout repos dans un décor feutré ou chaque mètre carré comportait un dispositif d’amplification ou de répétition du signal.

Le responsable de la principale direction des services secrets du Royaume d’Arabie Saoudite, Khalid Al-Humaydan (à G. sur la photographie supra) aurait même suggéré que directeur des renseignements généraux syriens quelques conseils très  “amicaux” sous peine d’une prolongation du purgatoire dans lequel se trouve la Syrie. Il a été question d’éloigner les “conseillers” militaires iraniens et de rompre tout lien avec Hezbollah libanais, mais cette question récurrente dans le jeu de rivalité géostratégique entre le bloc du Conseil de Coopération du Golfe (que Washington tente de faire passer pour une nouvelle alliance sunnite) et l’Iran demeure subsidiaire tant l’enjeu est à la fois complexe et énorme.  Les États-Unis continueront à faire semblant de s’opposer à une réhabilitation de la Syrie tant que des critères recherchés dans le cadre d’un affaiblissement de l’influence russe au Levant et celle de l’Iran dans la région n’ont pas été atteints. Les syriens, habitués aux jeux de miroirs les plus subtils, avec une approche particulièrement pragmatique des enjeux du pouvoir, ne lâcheront pas prise même en cas d’un nouveau plan Marshall à coup de planche à billets car ils s’attendent à un scénario à l’irakienne qu’ils veulent absolument éviter. La double-pensée contradictoire sera déterminante et les brouilles aussi fulgurante que les effusions d’amitié frelatée au nom d’une fraternité ennemie.

Tous ces gentillhommes de l’an 2021, plus condottiere de quelques coteries et autres maisons vassales ne semblent pas trop sympathiques et pour certains, rien ne semble limiter leur virtue machiavélienne. Le chantage odieux est une adresse d’un art consommé du messager. Le racket en est un autre, spécialité exclusive du suzerain qui manipule des faux marchés avec de la fausse monnaie et des faux titres.

Ce monde glauque est inévitable. Jouer au double jeu ne garantit aucunement de s’en sortir indemne. C’est les rapports de force qui ont toujours déterminé les rapports entre différents groupes d’humains aux intérêts divergents. La menace de la faim est aussi vieille que celle de l’art de la guerre. Elle fait partie de la panoplie de la stratégie de la terre brûlée et comme telle elle appartient aux tactiques militaro-économiques primitives qui ont été utilisés par certaines puissances européennes pour s’arracher des morceaux de colonies en Afrique et ailleurs. Un avatar policé de cette méthode subsiste dans certains types de négociations post-conflit entre un haut commis de l’Etat et un prince d’un royaume où tout est possible. Frapper avec un bâton puis attirer avec une carotte puis actionner un piège à loups ou un coup malencontreux de tronçonneuse… Ce cycle ouvre également un autre champ des possibles.

Après dix ans de guerre, la force brute n’a pas changé la donne. Les sanctions économiques non plus même si elles ont détruit une société entière. Place à la duperie et à la tromperie. D’un point de vue historique, c’est les levantins qui ont toujours excellé dans ce domaine. Ceux de la péninsule arabique agissent comme les Yankees en bulldozer en pleine échoppe de fine porcelaine…

Au Caire, derrière les portes et sous les tables, les espions russes et israéliens cherchent à appréhender le sens du vent dans un labyrinthe de courants d’air. Une tâche aussi ardue qu’ingrate. Car à tous les coups, et tous les coups sont permis dans ce domaine interlope, la conclusion s’achève sur une mauvaise interprétation et perception erronée du réel.

Exclusive: The Globalist Fourth Reich

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History is written by someone who was not there about something that didn’t happen. And seventy-six years on, subsequent to thousands of books and films about Hitler and the Third Reich, that’s true with regard to the accepted history that has come after.

Even though the Third Reich ended with Hitler’s death and the defeat of Germany in 1945, the globalist ideal represented by those men has lived on.

A power bloc exists, obfuscated and hidden, at the very highest levels of power, not usually considered, seldom discussed in serious historic terms. They’re not Illuminati or Bilderbergers, or the usual suspects that a conspiratorial fringe might obsess about, such as the Bohemian Grove or Freemasons. They are not anti-Semitic, or white supremacists… but militarist totalitarians of the first order.


Dr Joseph Farrell explained that there is a fifth column at the highest level of power seldom considered as influencing world events, creating much confusion and misunderstanding for the populace. How can people address the elephant in the room when they are unaware the elephant even exists? That’s an important factor for the Globalist Fourth Reich… secrecy. Furthermore, this Elite Fourth Reich ideology is not anti-Semitic, and the ideology does not embrace white supremacy; whereas militarism and totalitarianism are highly prized ideals.
Link: Globalist Fourth Reich https://www.bitchute.com/video/mZa0eQaNV5Fe/


It is no coincidence that Klaus Schwab’s World Economic Forum has called its Great Reset the Fourth Industrial Revolution, evoking a Fourth Reich meme … or what we shall call the Globalist Fourth Reich. So how did the Globalist Fourth Reich come about?


Ever since the dissolution of the Holy Roman Empire after the Napoleonic Wars, a small group of Elites hoped to re-establish that empire.

Arguably, desire for re-establishment of the Holy Roman Empire eventually resulted in the nascent National Socialist Movement in Germany during the 1920’s, which assumed power there during the 1930’s and formed the basis for the Third Reich.
But, by 1943, Martin Bormann knew that Germany was defeated. So, as Paul Manning describes in his book, Martin Bormann: Nazi in Exile, Bormann developed a plan to export German influence in industry and politics all over the world. Bormann’s plan in part inspired the 1957 Treaty of Rome.
Link: The Red House Report https://glwdocuments.wordpress.com/1944/11/27/the-red-house-report-07-nov-1944/

Adam Lebor documented the same Nazi ideology seeking a monetarily unified Europe (and eventually globe) in his book, The Tower of Basel.

The Tower of Basel describes the history of the world’s largest and most secretive central bank, the Bank for International Settlements (BIS). The BIS was founded to repay German reparations after WW1, but the bank’s remit quickly grew and transformed to be a Nazi bank. As the second world war appeared lost and Hitler became an irrelevance, the Nazi goal was not just for a unified Europe under a European central bank, but a unified world under totalitarian rule. The Bank for International Settlements has participated in this totalitarian evolution – and funded it – every step of the way… and does so today.

Likewise Allen Dulles, top CIA man and perhaps one of the most evil men to ever walk the earth, recruited Nazi’s to work for the US government and its intelligence services after World War 2. The CIA’s most remarkable recruit was an SS man, REINHARD GEHLEN. During the 1960’s it was still okay to theorize about Nazi power in the west, and an excellent film was made on the subject called, The Quiller Memorandum. We must return to that 1966 Quiller Memorandum story today, to get an idea of how this totalitarian ideal has progressed. In the end, Quiller understands that he cannot change this history, or even warn of the coming totalitarian future.


Thus we live in an Orwellian nightmare of the present as edited by Huxley, where we are told that powerful men like Bill Gates and Klaus Schwab and their predecessors — who have brought us war, inflation and oppression for over one hundred years — wish to keep us safe. And that there is no point in suspecting otherwise. Many believe it. Bamboozled by the western media, engaging our attention elsewhere in every Orwellian sense, with Cervantes windmills and illusions used to confuse and obfuscate.

We are told that China is a threat one day. Next month it’s Russia … then Iran the next.. and so on. Or perhaps all three together with ISIS plus a new virus mixed in? Where is this nonsense coming from, and most of all… why?


Long ago, the United States and Europe traded away their respect for humanity, the Rights of Man, liberty, sovereignty, and self-determination… in exchange for what? In exchange for an ideology based on greed, avarice, self-interest, totalitarianism, and growing central governmental control. To gain ultimate power, Elites sacrificed their golden goose to the deity of deception and lies, usury and kleptocracy. The populace does see – and asks why. Something is not right, but the major media’s smoke and mirrors prevent us from realizing how totalitarian rule has evolved. How it has developed like a malignant cancer over time and continues to do so. Faster and faster. It’s time to see it.


An Elite .1% own 99.9% of the globe, while their ideologue view is deeply rooted in the central governmental framework of control and theft. The control they seek knows no bound with regard to faith or even personal belief.

The Globalist Fourth Reich ideology began with the defeat of Germany and Red House plan, but evolved over many years ideologically and secretly. Via ideologues like the Frankist Leo Strauss, Mike Ledeen, Francis Fukayama and many others, the Globalist Fourth Reich expanded to the extent where such thinking has dominated the political-tech class overall in the West.


By division of left wing versus right wing and vice versa, by one party versus another, the false dilemma myopic view prevents us from seeing the big and obfuscated picture. The Globalist Fourth Reich is not KGB or CIA or even Nazi’s in the classic sense, and cannot be compartmentalized by popular notional labels. Yes, it’s about control, while attempting to hide their power grabs. But perhaps by your umpteenth jab, you will feel it.


Since the Globalist Fourth Reich’s object is a totalitarian State characterized by complete control — whether by a digital currency of digital ID or just by brute force — we must not only prevent it, but defeat it. Awareness that a very dangerous ruling class of globalists seeks complete control over us all and all aspects of our lives, is at least a start on the means to doing so.


Steve Brown

Exclusive for Strategika 51 Intelligence

Après la pandémie, un conflit mondial…les aliens !

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Une information que l’on attendait depuis longtemps et qui tombe au même moment que celle rapportant un déploiement d’unités parachutistes russes à la frontière avec la Lituanie et la Pologne: un haut responsable en activité de la communauté du renseignement US admet pour la première fois que les objets volants non identifiés aperçus autour des bâtiments de surface de la marine de guerre US et près de dizaines d’installations nucléaires dans le monde pourrait avoir une origine extraterrestre.

L’option d’une révélation spectaculaire relative aux “aliens” se confirme et coïncide avec une situation géostratégique critique marquée par une escalade inédite d’un potentiel de guerre mondiale en Europe orientale.

C’est à la fois une opération de guerre psychologique et l’amorce d’une nouvelle stratégie adaptée à un contexte explosif. La grande révélation (littéralement l’apocalypse) devait intervenir après la vaste opération de manipulation mondiale ayant entouré la propagation du vecteur biologique COVID-19 en juin 2021 avec la publication d’un rapport choc. Le rapport a été publié mais ne contenait aucune information un tant soit peu probante sur les phénomènes aérien non identifiés. Cependant, certains analystes y ont perçu le potentiel d’une nouvelle opération psychologique.

C’est la première fois qu’une telle admission émanant du renseignement US est “fuitée” aux médias dominants sans filtre. Dans ce contexte de conflit mondial où les points de tension s’exacerbent aussi bien en Ukraine qu’en mer de Chine méridionale ou encore en mer rouge et au Moyen-Orient, une révélation sur l’existence non pas d’une vie extraterrestre mais d’une forme d’intelligence extraterrestre agissant sur Terre aurait un effet psychologique majeur aussi bien sur le processus de prise de décision d’acteurs géopolitiques que l’opinion au niveau mondial.

L’année 2022 sera pyrotechnique!

 

De l’art de la duplicité arabe

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Le monde Arabe est en crise profonde, sinon en état de mort clinique. La faillite du concept d’État-Nation dans son acception post-moderne est un fait assumé qu’aucune propagande ou opération de gestion d’image ne peut occulter. Les restes d’un empire n’ont jamais pu s’organiser autrement.

Quant il s’agit d’analyser la situation dans le monde dit Arabe, toute approche rationnelle se heurte à des impondérables impossible à cerner avec précision et hautement imprévisibles. L’intervention militaire américaine en Irak a tourné au désastre absolu à cause de cette perception erronée d’une situation changeante dans laquelle les acteurs ne sont pas motivés par des facteurs rationnels pesants mais un sens subtil et une intuition du pouvoir échappant au cadre étriqué de la raison.

La rencontre de Bachar Al-Assad, président de la République Arabe de Syrie avec le Chef de la diplomatie des Emirats Arabes Unis, Cheikh Abdallah Ben Zayed Al-Nahyane, le 09 novembre 2021 à Damas , en Syrie illustre le très haut niveau atteint par l’art de la duplicité arabe dans le domaine politique.

Cette rencontre entre deux frères ennemis jurés ambivalents s’est déroulé naturellement dans le faste et non sans effusion. L’image d’un potentat à la tête d’une république laïque enlaçant dans un interminable salamalek un autre dignitaire d’un autre potentat d’une richissime fédération d’Émirats, qui était jusqu’à très récemment son pire ennemi. Un ennemi qui n’a eu de cesse de dépenser des dizaines de milliards de dollars US pour avoir sa peau et détruire de fond en comble un pays de vieille civilisation. Cette scène est un signe déroutant pour un esprit non averti des subtilités extrêmes de la diplomatie arabe.

Il ne manquait que le couteau planté dans le dos mais vu les dégâts subis par la Syrie, transformé par plus de dix ans de conflit de haute intensité en un État en faillite où les forces US et turques y disposent de bases sans même y être invités et où l’espace aérien est devenu le champ de tir de toutes sortes de missiles israéliens, ce couteau est déjà planté.

On a beau présenter cette scène digne d’une ancienne tragédie de la Grèce antique comme une reconnaissance de facto de la victoire de la Syrie sur ses ennemis. Damas se félicite de son retour dans la Ligue Arabe, une organisation panarabe creuse et vide servant à peine de caisse de résonnance pour les politiques de l’Empire via les richissimes pays du Conseil de Coopération du Golfe et de leurs vassaux.

C’est la première fois visite d’un dignitaire émirati en Syrie depuis le début de la guerre dans ce pays le 15 mars 2011. Pour certains observateurs, il marque la fin de l’isolation du pouvoir syrien, ciblé par une guerre de fin du monde ayant impliqué la totalité des pays de l’Otan et du CCG, lesquels lui ont envoyé plus de 95 000 mercenaires “islamistes” et des milliers de contras fantômes. En parallèle, la Syrie subissait les opérations clandestine de sabotage et de subversion des unités spéciales de plus d’une vingtaine de pays et de centaines de raids aériens et balistiques menés aussi bien par Israël que les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et bien d’autres pays.

Les Émirats Arabes Unis ont réouvert leur ambassade à Damas en 2018 et parlent désormais de plans futurs visant à relancer et renforcer la coopération économique et explorer de nouveaux secteurs d’investissements. Ça sent la reconstruction mais aussi une extension de l’influence des pays du Golfe dans un pays allié au grand rival iranien sur fond d’un effondrement du Levant avec la faillite du Liban et une crise sans précédent en Israël.

Damas, de son côté, cherche à s’assurer une aide internationale, notamment des très riches pays du Golfe qui ont soutenu à coups de centaines de milliards de dollars une rébellion armée particulièrement féroce pour un résultat anéanti par l’accès de la Russie au littoral oriental de la Méditerranée via les ports syriens.

Résultats des course: des trillions de dollars de pertes de tous les côtés. La moitié d’une population exilée ou réfugiée. Une partie du territoire hors contrôle et on reparle business et même gros business. Dans ce contexte, les adversaires géopolitiques de l’Iran vont certainement commencer à distiller des informations faisant état d’une modification des rapports entretenus jusqu’ici entre Damas et Téhéran ou Damas et Moscou. C’est l’ABC de la manipulation dans une guerre d’influence mais il est très peu probable que les relations entre la Syrie et ses deux alliés traditionnels, lesquels ont payé et paient un prix fort pour leur engagement en Syrie face à l’Otan et Israël puissent connaître le moindre changement à court terme.

On se tue et on s’embrasse. C’est le comble du raffinement. Les mafias occidentale s’y connaissent en matière de code de l’honneur.

Le Grand Jeu continue.

 

 

Néocolonialisme et abâtardissement de certains esprits africains

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Il y a, en Afrique, un gros problème de décolonisation des esprits, qui touche plus ceux que l’on considère les intellectuels !

Le monde, en particulier les Africains, sait que la France a saigné l’Afrique depuis plus de quatre siècles. Elle n’est pas prête à y renoncer, car c’est dans sa « culture » de spolier pour s’enrichir afin d’assurer son bien-être aux dépens des autres.

L’ennui aujourd’hui est qu’au moment où cette France perd de l’influence dans cette Afrique, où ses nuisances et son brigandage commence à se réduire pour disparaitre inexorablement à terme – par sa politique funeste, son arrogance et ses penchants néocolonialistes – des voix africaines, sûrement de bonne foi puisqu’elles s’affichent résolument contre l’exploitation des peuples, donnent la forte impression qu’elles conseillent à cette France de changer vite d’attitude en lui proposant des solutions pour ne pas perdre cette Afrique au profit d’autres puissances en l’occurrence la Russie et la Chine !

La France « doit faire ceci ou cela » etc. « pour ne pas perdre ceci ou cela », que l’on lit dans des articles ou vu dans des vidéos, est une attitude purement d’allégeance due à un abâtardissement de certains esprits africains !

On ne donne pas à un néocolonialiste, en voie de disparaitre, les bonnes solutions pour y demeurer ! Comme en cas de guerre, on ne divulgue pas sa stratégie ou la voie de sortie au loup*!

Dans les deux cas, c’est de la traîtrise !

Amar Djerrad

* Terme réadapté.

Une autre guerre mondiale à partir de la Pologne?

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Du matériel lourd de la Bundeswehr transporté par voie ferroviaire a été aperçu, le 11 novembre 2021, près de la ville polonaise de Olsztyn, non loin de l’enclave russe de Kaliningrad et de la Biélorussie.

Ironie de l’histoire assez cocasse en ces temps incertains, la Pologne et l’Ukraine réunissent en cette fin d’année 2021 tous les ingrédients d’une guerre mondiale. Pour rappel, c’est à la suite d’un engrenage d’évènements malencontreux situés en Pologne qu’éclata la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) et dont le bilan a été évalué à plus de cinquante millions de morts.

Les forces armées polonaises ne cessent d’envoyer des renforts vers la frontière avec la Biélorussie tandis que Minsk achemine des renforts militaires à la frontiere avec la Lituanie où sont stationnés des troupes de l’Otan (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). Simultanément, des renforts militaires russes continuent d’affluer vers la frontière avec l’Ukraine. L’artillerie ukrainienne est en train de sonder le terrain avec quelques tirs de barrage du côté de Gorlovka. Washington a d’ailleurs averti tous ses alliés de la possibilité d’une invasion russe de l’Ukraine.

La réactivation du front de l’Est passe également par la Mer noire où des avions et des bâtiments de guerre de l’Otan multiplient les patrouilles. Ces mouvements sont perçus comme hostiles par la Russie.

Minsk menace de recourir au chantage énergétique avec l’arme du gaz naturel dans son bras de fer avec une Union européenne qui joue la partition de Washington. Pour appuyer cet argument géostratégique, des bombardiers stratégiques russes ont effectué une petite virée au dessus de la Biélorussie, escortés par les meilleurs chasseurs locaux. En face, les armées de l’Otan se massent en Pologne, en Ukraine et dans les pays Baltes à quelques encablures du Valdaï.

Encore une guerre mondiale où les Polonais se jettent tête la première ? Une analyse minutieuse de la situation, jugée extrêmement grave, dégage tous les éléments d’un conflit de grande envergure dans les marches occidentales de la Russie.

Ce n’est pas du détroit de Taïwan ou la tension est vive, ni encore d’Iran que partira le feu d’un autre conflit mondial “chaud”; c’est de l’immense poudrière du front de l’Est en pleine Europe. Le contact direct entre Berlin et Moscou est loin d’être aléatoire ou fortuit. Un rapprochement entre l’Allemagne et la Russie est un scénario mortel pour l’Empire. Une reprise du conflit au Donbass ou, pire, une guerre avec la Biélorussie verra probablement des combats plus ou moins “ouverts” entre forces régulières allemandes et russes pour la première fois depuis 1945.

 

 

La crise migratoire en Europe orientale: un outil géopolitique de choix

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La crise des migrants kurdes en cours à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne illustre le caractère artificiel de ce type de tensions et leur exploitation à des fins purement géopolitiques dans le jeu international.

Les crises migratoires ne sont pas uniquement générées par des États en faillite ou des guerres mais surtout par l’ingénierie sociale des services spéciaux des grandes puissances si ce ne sont pas des multinationales agissant en couverture. Le chantage aux migrants n’est l’apanage d’aucun pays puisque c’est un outil de pression tout comme les sanctions internationales ou le chantage énergétique et financier.

Le déluge migratoire qui s’abat sur l’Europe depuis quelques années n’est pas spontané. C’est un processus contrôlé. Il s’agit d’un outil géopolitique à l’usage du pouvoir. Les flux humains n’échappent at aucun contrôle dans un monde cadastré et fermé. Les migrations sont manipulées comme le sont les prix des produits alimentaires de première nécessité, sauf que les humains sont considérés comme des produits secondaires, servant de catalyste à une “reprise de la consommation” pour le bien du cycle vertueux et fort rentable de ce que l’on ose designer sous le terme d’une économie.

Quand la Turquie usa du chantage migratoire après un retournement entre alliés en Syrie, elle engrengea une rente de cinq milliards de dollars US. Un créneau porteur que le Maroc a compris aussi. La traite d’êtres humains rapporte toujours aussi gros au 21e siècle que du temps de la Grèce antique. La thématique peut aussi servir dans un débat politique interne relevant plus de la masturbation mentale à vide que d’une question vraiment pertinente car tout est sous contrôle aussi bien en amont qu’en aval. Le reste relève du fantasme construit ou de l’exorcisme.

 

 

Un projet de jet d’affaires hypersonique

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Le 09 novembre 2021, une start-up américaine a présenté un prototype d’un jet d’affaire hypersonique capable de voler à Mach 5 (cinq fois la vitesse du son au niveau de la mer dans des conditions optimales de pression atmosphérique et de température soit 1700 mètres par seconde). Ce prototype désigné sous l’appellation de Quaterhorse a été conçu par Hermeus et disposerait d’une capacité d’emport entre 9 et 19 passagers. Il suscite l’intérêt de l’US Air Force: un contrat de 60 millions de dollars US lie Hermeus au Pentagone depuis août 2021. Ce contrat inclut le développement d’un moteur basé sur le GE J85.

Ce qui intéresse le plus le complexe militaro-industriel est le développement de drones hypersoniques, un domaine où la bataille fait rage entre la Chine, les États-Unis et la Russie.

Voler à une vitesse de croisière de 6000 km/heure est une perspective intéressante qui rappelle le rôle précurseur joué par le Concorde qui fut le premier avion commercial supersonique (Mach 2) à être exploité de 1976 jusqu’à 2003. C’était il y a plus de quarante ans. À présent, le domaine de l’aviation civile est en pleine crise et des voix comme celles d’Elon Musk appellent à une révolution dans ce secteur quitte à se débarrasser de toute l’industrie existante et changer radicalement de paradigme. L’ère des porteurs subsoniques touche à sa fin sans que l’on connaisse vraiment une alternative fiable et surtout rentable à ce modèle vieux de près d’un demi-siècle. Voler à bord d’un drone de transport hypersonique ne sera pas économique avant longtemps bien que les Chinois aient divisé par vingt les coûts d’un vol orbital habité (un paradoxe: la Chine a enclenché un processus de démocratisation de l’espace bien plus rapide que prévu).

Le potentiel est fabuleux. Lorsqu’un simple drone dont la vitesse de croisière ne dépasse pas les 200 km/heure comme le Bayraktar TB-2 peut révolutionner l’art de la guerre et mettre en échec les meilleurs systèmes d’armes actuels, l’émergence de drones hypersoniques accompagnant des chasseurs ou agissant en mode autonome ouvre de nouvelles perspectives à même de bouleverser tous les fondements de la stratégie militaire contemporaine.

 

 

 

Les taxis submersibles de la Piscine

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“Ces petits propulseurs sous-marins de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure, plus connue sous son acronyme DGSE étaient mal connus jusqu’à une époque relativement récente et rappellent une forte tradition remontant aux temps où les pirates infestaient les mers au service des rois…Plusieurs modèles et variants existent bien qu’ils ne soient pas tous connus, puisque leur existence relève du secret defense…”

Les taxis submersibles de la Piscine ont été utilisés avec des fortunes diverses pour l’inflitration ou l’extraction de nageurs de combat pour des opérations de sabotage et confirment la relation étroite entre le Service Action de la DGSE et le Commando Hubert. Elles révèlent également le rôle centrale qu’à joué le GERS (Groupe d’Études et de Recherches Sous-Marines) dans la conception d’outils adaptés à des missions spécifiques et clandestines.

Ces minipropulseurs submersibles sont aujourd’hui au musée. Ils n’ont inspiré aucun scénariste même pour une fiction. Preuve que le cinéma est non seulement totalement déconnecté de la réalité- sa vocation première est de vendre du rêve, mais n’arrive même pas à adapter des faits réels passés sous silence.

Quand l’esprit critique devient un criminel par défaut

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Il était une fois, dans le meilleur des mondes possibles, un gentil président directeur général d’une multinationale du bien fondée vers 1849. Depuis Manhattan où se situe son quartier général, le gestionnaire de cette grande institution philanthropique pesant plus de 173 milliards de dollars a fini par qualifier in extremis toute personne exprimant une opinion, un avis ou une pensée dubitative concernant la vaccination anti-COVID-19 comme criminelle. Ces personnes qui se posent un peu trop de questions sur un cocktail biochimique miracle sensée sauver l’espèce humaine sont en outre responsables de millions de morts. Bon, Hitler, Mao, Staline, Roosevelt, Churchill, Pol Pot, Napoléon, Aung San Suu Ki  et bien d’autres vont se sentir beaucoup moins seuls.

Le média est le plus souvent aussi révélateur que la source. Albert Bourla, PDG de PFIZER Inc., a déclaré à l’Atlantic Council, un think tank basé à Washington connu pour ses positions bellicistes “joyeuses” que “les personnes qui propagent de fausses informations sur les vaccins anti-COVID19 sont criminelles” et de préciser que ces personnes sont “criminelles parce qu’elles ont littéralement causé des millions de morts [elles nous ont liitéralement coûté des millions de vie]. Une nouvelle étape dans l’évolution de Sapiens vient d’être franchie. 

Pour Bourla, le monde ne peut retrouver son état normal qu’en vaccinant à tour de bras les non vaccinés. C’est à cette condition pénible pour nombre de mortels que la paix pourrait régner sur Terre. Une paix où les actions en Bourse de Pfizer seront toujours à la hausse. 

Tous criminels par défaut. C’est le nouveau slogan NovLangue en vogue. Mais pourquoi sommes nous si obtus à vouloir mettre en doute la philanthropie sans limite et l’altruisme de nos bienfaiteurs attitrés? De faire preuve d’un manque d’ouverture d’esprit et d’une absence totale de flexibilité quant à une vaccination régulière tous les six mois à vie? Et après tout, avec toute la saloperie biochimique que nous ingurgitons matin et soir sous forme de nourriture ou que nous côtoyons dans notre environnement immédiat depuis notre naissance jusqu’à notre mort, quel mal nous ferait une petite injection d’un cocktail basé sur l’ARN Messager ou même des nanoparticules? Rien. Nous sommes des ingrats. On devrait ériger partout des stèles à l’effigie du solgan de PFIZER et instaurer un cultre avec rituels et offices comme pour les commémorations obsolètes inhérentes au nationalisme, un autre virus, mental celui-là mais non moins meurtrier que la peste noire qui frappa le monde au XIVème siècle. 

Mais pourquoi nous forcer la main au lieu de nous convaincre du bien-fondé de la chose? Cette méthode n’est pas sans rappeler celles des régimes les plus totalitaires alors qu’il aurait fallu laisser un choix même de façade (les souris de laboratoires sont bien forcées à passer par un labyrinthe orienté). 

Que l’Organisation Mondiale de la Santé déclare le nCoV2019 comme maladie saisonnière et tous ces mensonges que l’on nous a fait avaler depuis deux ans soient oubliés et mis sur le compte de la bêtise politique. La prochaine vague sera une nouvelle saison d’une série sans fin. Voilà ce qui arrive quand on tente de modifier des virus ou la séquence génétique d’un être situé à la lisière du vivant et du non vivant. 

Dans quelques décennies, nos descendants  ne vont rien comprendre en tentant de déchiffrer  ce qui s’est passé vers les années 2020-2025 mais ils vont certainement se dire “mais quels cons” en pensant à nos contemporains au visage caché derrière une muselière en tissu ou en papier.  

 

 

 

De l’art de la mêlée en haute altitude

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De l’utilité des lutteurs à mains nues ou avec des gourdins en géostratégie appliquée: l’exemple des bastonnades sino-indiennes en haute altitude dans un décor à couper le souffle en est un.

 

Cette image ci-dessus, ressemble aux nombreux bas-reliefs et autres fresques de batailles antiques retrouvés en Asssyrie, en Egypte ancienne, en Grèce antique et dans l’ancienne Rome.

Les militaires chinois et indiens se sont entendus pour régler leur différend frontalier sans aucune arme létale. Seule la mêlée est autorisée.

Dans ces conditions, il faut disposer de bons lutteurs et de boxeurs. Problème qui semble résolu depuis que les deux puissances nucléaires et démographiques asiatiques, totalisant à elles seules une masse humaine avoisinant les trois milliards d’âmes (et entre 2500 et 3000 ogives nucléaires, chiffres officieux à l’appui d’une fourchette jugée basse) ont ramené au front des spécialistes du combat au corps à corps. Il faut dire que les deux pays disposent d’une très solide tradition en matière d’arts martiaux.

Les boxeurs de Shaolin et les lutteurs manieurs de gourdins du Lathi khela se sont rentrés dessus dans quelques mêlées mémorables où les coups ont pleuvoir plus dru que lors d’une averse subite. Quand le poing, le genoux ou le gourdin ne donnent pas de résultat probant, l’une des deux parties belligérantes dévoile une autre arme non létale : celle du son. À certaines fréquences et à hauts décibels, cette arme sonique démoralise un bataillon complet bien plus vite qu’une mêlée furieuse. Même enregistré, ce son strident a les capacités d’endommager le peu qui nous reste de cervelle active.

 

Techniquement, c’est imparable. C’est une arme qui ne tue pas. Donc permise dans ce duel géostratégique en altitude. Après la castagne, la bastonnade, la mêlée, voilà l’arme sonique. Les soldats indiens en eu beau tenter de s’en prémunir avec des kits auditifs de protection. Rien n’y fit. Les chinois ont mis le paquet en matière de nuisance sonore.

Les généraux peuvent cependant dormir un peu plus tranquillement. Il suffit juste de s’assurer via les officiers subalternes qu’aucun chargeur ou munition vivante ne puissent être à la disposition de la troupe. Chose impossible à Hollywood où un acteur risque de tirer à balle réelle sur un plateau de tournage.

Détail assez intéressant, les fusils non chargés sont autorisés pour les coups de crosse. Les canifs ou autres objets contondants sont proscrits et passibles d’une cour martiale ad-hoc.

Cette méthode de régler des disputes territoriales est assez intéressante à plus d’un titre. Imaginez un seul moment si ce procédé avait été utilisé lors de la Première Guerre mondiale. Les Asiatiques disposent assurément d’une sagesse qui manque ailleurs.

Tous les politiques devraient régler leurs comptes à coups de gourdin. Non seulement on sera débarrassés d’une bonne partie de cette canaille mais cela éviterait bien des massacres d’innocents et autres boucheries inutiles déguisées en frappes chirurgicales.

Guerre du Sahara Occidental : Casus belli marocain et options algériennes

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Une vidéo diffusée le 26 octobre 2021 montre une frappe effectuée par un drone d’attaque Bayraktar TB-2 ukrainien de fabrication turque contre une pièce d’artillerie D-30 (2A18) de 122 mm des forces du Donbass en Ukraine orientale. Le drone TB-2 a utilisé un missile Air-Sol MAM-C pour neutraliser la pièce d’artillerie au sol.

C’est le 56ème D-30 à être détruit par un drone d’attaque Bayraktar TB-2 depuis que ce drone est utilisé dans le conflit du Nagorno-KaraBagh, de Syrie et d’Ukraine.

Un drone d’attaque similaire a tiré, le premier novembre 2021, deux missiles Air-Sol MAM-L sur deux camions commerciaux civils algériens arrêtés sur le bord d’une piste connue dans la partie libérée du Sahara Occidental, tuant trois routiers et provoquant un véritable casus belli avec l’Algérie dans cette zone “oubliée” par les médias internationaux.

Contrairement aux frappes des Bayraktar TB-2 au Nagorno-KaraBagh, en Libye en Syrie et en Ukraine où les cibles n’étaient que militaires, le drone utilisé par les forces d’occupation marocaines au Sahara Occidental a ciblé des civils empruntant un couloir commercial connu évitant la grande mer de sable du Grand Erg occidental, territoire inconnu et inexploré à ce jour, et de l’autre côté le mur de défense connu le sous le nom de Berm et long de 2700 km. Les deux camions algériens revenaient de la Mauritanie où ils avaient livré du ciment blanc et se sont arrêtés après que l’un d’eux ait connu une avarie (crevaison de pneus), ils était en position statique en plein jour lorsque deux missiles Air-Sol s’abattirent sur eux.

Alger a affirmé que cet acte ne restera pas impuni dans une allusion explicite à des représailles militaires qui seront limitées au Sahara Occidental, territoire en proie à une guerre passée sous silence depuis une année grâce à un blackout médiatique maintenu par les alliés du Maroc.

Le Maroc s’inspire énormément du conflit du Nagorno-KaraBagh et de l’exemple de l’Azerbaïdjan, lequel a remporté une victoire militaire sur l’Arménie grâce à l’acquisition de systèmes d’armes israéliens et turcs. Sur le papier, la supériorité militaire de l’Algérie est écrasante notamment dans le domaine aérien et balistique mais la similitude d’armemement entre l’Algérie et l’Arménie avec une prépondérance des blindés et de l’artillerie a amené les conseillers militaires israéliens au Maroc à conclure que l’usage de drones d’attaques et de drones kamikazes (loitering) pourrait neutraliser l’avantage militaire algérien et permettre la réédition d’un scénario proche de celui du Nagorno-KaraBagh au Sahara Occidental. L’importance croissante de l’équipement militaire allemand au sein de l’armée algérienne pourrait toutefois annuler cette approche.

L’usage des drones turcs Bayraktar TB-2 et Anka S en Syrie a démontré les limites des moyens de guerre électronique russes, pourtant parmi les plus avancés au monde. Elle a démontré sur d’autres théâtres la vulnérabilité de l’artillerie et des blindés mais aussi de système de défense aériennes de courte portée comme le Pantsir S-1 ou de portée moyenne comme le 9K37 Buk-M1 à ce type de menace.

Les options possibles

La riposte de l’Algérie semble facilitée par deux facteurs: primo, le conflit du Sahara occidental qui a repris en novembre 2020 entre le Front Polisario et le Maroc est une guerre invisible et sous embargo médiatique international. De ce fait, une riposte algérienne de type militaire dans les limites du Sahara occidental est tout à fait possible sans provoquer d’escalade ni même beaucoup de bruit. Dans ce cadre là, Alger pourrait faire survoler l’ensemble du territoire du Sahara Occidental par ses drones d’attaque vu l’extrême difficultés à les intercepter et la faiblesse de la défense aérienne marocaine dans cette zone. Secundo, la zone du Sahara Occidental est déjà une zone de guerre et une escalade limitée à cet espace géographique n’affecrera pas de manière significative la sécurité en Méditerranée occidentale ou en Europe. Des opérations plus asymétriques menées par le Polisario au sol et soutenues par des drones d’attaque et un soutien balistique tactique algériens pourraient mettre en difficulté l’ensemble du dispositif défensif marocain au Sahara Occidental.

Un autre exemple est celui de l’Iran. En riposte à l’assassinat d’un de ses généraux, Téhéran avait en effet pilonné une base militaire US à coups de missiles balistiques. Le 08 janvier 2020, un barrage de missiles balistiques tactiques iraniens de type Qiam-1 se sont abattus sur la base aérienne US d’Al-Asad dans la province d’Al-Anbar en Irak. Les Iraniens avaient alerté au préalable les Américains en guise de message en vue de contenir une éventuelle escalade.

Depuis plusieurs mois, des technicals du Polisario lancent des roquettes non guidées au delà du “Berm” sans que ces actions ne suscitent le moindre intérêt des médias internationaux. Cela pourrait néanmoins changer en cas de l’usage par l’Algérie de missiles balistiques tactiques de type Iskander-E contre une ou plusieurs bases militaires marocaines stratégiques au Sahara occidental. Deux charges conventionnelles de près d’une tonne pourraient en effet rayer le quartier générale d’une base nodale saharienne située profondément derrière le mur de défense.

Une guerre de drones en mode air-air est exclue vue que les deux pays ne disposent pas de la technologie nécessaire à ce type de combat du futur. Il est également très peu probable que le Maroc se risque d’utiliser son aviation militaire, très inférieure à celle de l’Algérie, au Sahara Occidental.

Par contre le Maroc pourrait accroître la portée de sa guerre cybernétique contre l’Algérie. Celle-ci est systematique et dure depuis des années. Le Maroc a mobilisé depuis longtemps une armée de trolls inondant de manière très offensive toutes les plateformes numériques, mediatiques, virtuelles ou électroniques où l’Algérie est citée ou évoquée.

l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en date du 24 août 2021. Moins d’un mois plus tard, le 22 septembre 2021, Alger décide de fermer son espace aérien à tout appareil civil ou militaire marocain et réitère qu’il ne renouvellera pas le contrat du gazoduc Maghreb-Europe passant par le Maroc. Cette infrastructure énergétique est importante pour le Maroc (17 % de la production d’électricité et des taxes de transit). Le 30 octobre, Alger annonce le non renouvellement effectif de ce contrat et assure l’Espagne que tous les approvisionnements de l’Espagne en gaz naturel seraient désormais assurés par le gazoduc alternatif Medgaz reliant directement la côte algérienne à la ville espagnole d’Almeria et passant sous la mer Méditerranée. Le 01 Novembre 2021, jour de fête nationale en Algérie, un drone marocain cible deux camions civils algériens assurant la liaison Ouargla-Nouakchott. Des pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite et le Qatar ainsi qu’Israël soutiennent le Maroc. l’Algérie affirme qu’une punition est inéluctable. Le conflit du Sahara Occidental est désormais un point très chaud qui risque de ressembler à la guerre au Yémen à la porte de l’Europe.

 

 

 

 

Une pause en pleine tempête

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Depuis quelques semaines, le site est en hibernation ou pour choisir le terme le plus adéquat, en phase d’observation. Il n’en continue pas moins de publier des contributions libres traitant de thématiques diverses et souvent polémiques ou à contre-courant dans le cadre d’une liberté totale de pensée et d’opinion. Un défi majeur dans un monde où la propagande totalitaire est désormais numérique et n’est plus du seul monopole des États-Nations.

Toute critique est donc hautement appréciable d’autant plus qu’elle participe à la survivance de cet esprit critique tant combattu par le dogme universitaire officiel, déjà intolérable bien avant l’émergence de ce que les médias aux ordres avaient désigné arbitrairement de pandémie et dont l’une des conséquences collatérales a été la mise à nu d’une supercherie liée à l’indépendance de la science vis à vis de l’idéologie ou de la politique.

La mise au pas des sciences médicales au service des Grandes Maisons de l’industrie pharmaceutique pour le profit et la spéculation boursière orientée en est une illustration concrète. 

Diverses informations concordantes émanant de sources anonymes au sein de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) évoquent l’imminence d’un nouveau vecteur viral sans préciser si ce sera un nouveau variant de celui ayant servi à l’une des plus vastes opérations de fumisterie dans l’histoire post-modernes (les futurs historiens auront beaucoup de choses à dire sur le Grand cirque de 2020) ou un autre vecteur biologique déterré au fin fond de l’Amazonie, des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est ou, bien pire, d’un lac souterrain en Antarctique.

Nous vivons une crise multiforme et multidimensionnelle. Les systèmes de gouvernance et de représentation politique sont morts. La culture recule. Les structures sociales ne tiennent plus que par quelques artifices paradoxalement liés à des combines d’économie politique et de prébendes variant selon les catégories de l’aide sociale au partage des dividendes ou du butin d’un vol plus ou moins réglementé.

Les économies souterraines ne sont pas seulement encouragées mais impliquent les oligarchies au pouvoir d’États dévorés par des mafias jalouses de leurs apanages et rétives à tout changement susceptible de remettre en cause leur mainmise sur une partie d’un racket en bonne et due forme.

Dans un monde ternaire où trois superpuissances jouent une partition à deux contre un avec un possible basculement d’alliance en cas de prédominance écrasante de l’une d’entre-elle sur les deux autres, la guerre sera permanente. Elle sera d’autant plus avec l’émergence définitive des drones, de l’intelligence artificielle et de la cyberguerre. La manipulation, la ruse et la duperie maintiendront le reste des chiourmes dans un état de ressources jetables que les promoteurs de l’écologie voudront bien recycler un jour dans la chaîne alimentaire. Cette éventualité anthropophage n’est pas plus choquante que le nombre de substances toxiques, tératogènes ou extrêmement nocives que les industriels ont imposés au cheptel humain depuis au moins un siècle.

Certaines personnes sensées ou pas- des populations entières ont sombré dans une forme de folie sans la possibilité de le savoir, car l’imprimatur et l’intoxication informationnelle sont d’une telle ampleur, qu’il est absolument impossible d’y échapper indemne. Comme certains métiers d’antan et le savoir-faire, le bon sens n’est plus. L’esprit critique est en passe d’extinction (le système universitaire veille particulièrement à ce que plus aucune forme d’esprit critique ne puisse perdurer), des humains s’accrochent à des lubies ou des mythes sinon ils fuient ce cauchemar en créant leur propres mythes. Certains de ces mythes forgés de toutes pièces ont donné naissance à l’histoire de toutes les nations. L’histoire est donc falsifiée par défaut. Ce travail de faussaire n’est pas moderne.

Nous avons toujours devancé l’info de quelques toises mais depuis quelques semaines, force est de constater que nous ne parvenons plus à décoder ou à analyser correctement l’état actuel du monde en raison d’une transition historique doublée d’une tromperie universelle tacitement acceptée par les principaux protagonistes (au final chacun joue le jeu en attendant sa fenêtre d’opportunité ou le moment de fondre sur son adversaire).

Nous vous donnons rendez-vous dans 60 jours terrestres. Merci à tous pour votre soutien moral et votre patience.

L’équipe de Strategika 51 Intelligence

 

 

Le véritable apport de la civilisation islamique à l’Occident

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Dans cette contribution, nous allons aller au-delà dune critique de l’extrême-droite et du discours d’Éric Zemmour en abordant l’islamophobie qui est appuyée par un courant de pensée qui cherche à critiquer l’Islam sur tous les fronts.

Une telle critique ne cherche pas seulement à remettre en cause l’Islam en tant que tel dans le contexte moderne mais à remettre en cause l’histoire de l’Islam et la civilisation islamique toute entière et son apport pour le monde dans les domaines scientifiques et philosophiques.

Je me propose dans cet article à critiquer une approche développée par Sylvain Gougenheim qui dans un livre très controversé et très polémique, à tenté de remettre en cause l’apport de l’Islam à l’Occident en termes philosophiques et scientifiques et stricto sensu en termes de traduction des livres grecs et leur transmission à l’Occident chrétien.

Cette critique dépasse de loin celle des orientalistes les plus radicaux et les plus agressifs à l’encontre de l’héritage islamique comme Ernst Renan qui nest pas allé jusqu’à remettre en cause le rôle des traductions des livres de Platon, d’Aristote, de Ptolémée et d’Euclide et bien dautres penseurs grecs du Grec ancien vers l’Arabe puis de l’Arabe vers le Latin.

Dans quelle époque nous vivons ? Une époque marquée par les révisionnismes les plus radicaux, une ignorance du strict minimum de l’histoire des civilisations.

Il y a ceux qui veulent nier lexistence du Prophète Muhammad et de l’Islam comme Tom Holland dans un funeste documentaire.

Il y a aussi ceux qui parlent dun mythe dAl-Andalus dans un révisionnisme historique assez réducteur.
Toutefois, le livre de Guggenheim est beaucoup plus pernicieux. Il a piégé les spécialistes de l’Islam dans les universités françaises qui ont été outrés par les allégations de ce médiéviste et qui se sont rassemblés contre lui, ce qui a poussé certains à le défendre en proclamant la liberté d’expression.


Nous allons alors décortiquer les thèses de Guggenheim et lui opposer une critique la plus objective. C’est ce que nous souhaitons avant tout.

Ce sont les idées qui donnent du courage et non les sentiments.


La thèse révisionniste de Gougenheim concernant la transmission à l’Occident du savoir grec par les Musulmans
Dans un livre intitulé « Aristote au mont Saint-Michel : les racines grecques de l’Europe chrétienne », paru en 2008, Sylvain Gougenheim, historien français du Moyen Âge a entrepris de démontrer que l’Occident a découvert l’héritage grec grâce à ses propres traductions dont un atelier dit de Saint-Michel en France et à un traducteur comme Jacques de Venise qui aurait traduit Aristote directement du grec ancien vers le latin un demi-siècle avant les traductions de l’Arabe réalisées en Sicile et à Tolède en remettant en cause l’idée d’un apport décisif de la civilisation islamique médiévale dans la transmission du savoir grec à lOccident et ce, malgré le fait qu’aucune trace de traductions du grec réalisées au Mont-Saint-Michel n’existe à ce jour.
Bien que ce livre soit paru il y a douze ans, il a lancé un débat important pour les relations Orient-Occident qui laisse des échos jusqu’à aujourdhui.

Je pense que malgré les nombreuses critiques dont a fait l’objet la thèse de cet auteur, elle na pas été suffisamment réfutée parce quelle déplace le centre de gravité du débat vers une question secondaire et non essentielle. Les critiques ont été ainsi piégés.


Cette thèse controversée et peu crédible en matière d’histoire des relations Orient-Occident a fait lobjet d’un débat médiatique et universitaire qui a tourné relativement à l’avantage de Gougenheim (le livre a été bien vendu. Il a obtenu un prix et il a été soutenu par plusieurs spécialistes reconnus). Trois autres éléments permettent d’expliquer cette situation :

Le premier est l’absence d’une réaction bien argumentée de la part des penseurs musulmans en France, surtout parmi les historiens et les philosophes des sciences.
Le second élément n’est autre que le caractère rédhibitoire et superficiel de ce débat attractif pour les milieux médiatiques qui aiment associer les idées en vogue sur les migrations et l’islamophobie par exemple avec dautres travaux en apparence scientifiques mais qui sont destinés à un large public peu connaisseur de la complexité des relations Orient-Occident.
Le troisième élément est la focalisation des critiques de ce livre sur des considérations plus idéologiques que scientifiques. L’auteur a été notamment accusé de nourrir les thèses xénophobes et celles relatives au choc des civilisations.
Or, le vrai problème n’est autre que le peu de rapport des idées développées dans ce livre avec la réalité historique des relations Orient-Occident. Dabord, la thèse de Gougenheim se limite à la question de la traduction des œuvres philosophiques et scientifiques grecques en ignorant la question de la production du savoir scientifique et philosophique du monde musulman lui-même durant la période Abbasside en Orient et Omeyyade en Espagne ainsi que l’apport d’autres cultures (persane et indienne notamment) qui ont été absorbées par les Musulmans.
Cet auteur va jusquà remettre en cause l’assimilation par les Musulmans du savoir grec en raison, d’une part, d’un prétendu irrationalisme de la religion et de la mentalité islamiques, thèses essentialistes et culturalistes par excellence, qui auraient empêché l’assimilation de l’hellénisme chez les Musulmans, ce qui ne fut pas le cas du monde chrétien et, dautre part, du peu de maîtrise linguistique du Grec ancien chez les philosophes arabes.
L’autre idée véhiculée dans ce livre est le rejet du concept d’âge dor de l’Islam qui est comparé par de nombreux spécialistes aux Lumières du XVIIe siècle en Europe. Certains ont rappelé qu’au moment où le monde musulman vivait une Renaissance, le monde chrétien était embourbé dans le Moyen Âge.


Le véritable apport de la civilisation islamique à l’Occident


En fait, Gougenheim s’est trompé sur les deux tableaux.

Dabord, les philosophes musulmans n’avaient aucunement besoin d’apprendre le grec puisque comme le dit si bien Alexandre Koyré ils savaient parfaitement faire de la philosophie après avoir absorbé l’héritage philosophique grec et c’est cette capacité à faire de la philosophie qui a été transmise à l’Occident.
Alexandre Koyré considère les Arabo-musulmans non pas seulement et simplement comme des vecteurs de la philosophie grecque mais comme véritablement les « éducateurs » de l’Occident. Au lieu que Gougenheim parle de la méconnaissance des philosophes musulmans de la langue grecque, il aurait mieux fallu qu’il se pose la question suivante : pourquoi les Romains, les Chrétiens du Moyen Âge et les Byzantins qui connaissaient parfaitement la langue grecque nont pas pu faire de la philosophie ? C’est simplement parce que ces derniers ont perdu, depuis la naissance de l’Empire romain, le contact avec l’Extrême-Orient, un contact récupéré et valorisé par les Musulmans. Ces derniers se sont nourris des idées développées par les cultures perse et indienne en plus de la philosophie grecque.
Concernant l’autre question qui est la récusation de l’âge d’or de l’Islam, il convient de rappeler que la révolution scientifique de l’Europe au XVIe siècle na été possible que grâce à la première révolution scientifique de l’Islam durant le Moyen Âge. Lapport de l’Islam na pas été véritablement de fournir des traductions réalisées à partir du grec mais plutôt de produire et de transmettre au monde un véritable savoir philosophique et scientifique.
Par exemple, la méthode scientifique et la physique en Occident doivent beaucoup aux travaux d’Ibn Al-Haytham. Ce dernier a jeté les bases de la méthode scientifique moderne dans sa dimension expérimentale. Dans son livre « Kitab Al Manazer » il lance l’idée que l’œil reçoit la lumière réfléchie par les objets en rompant avec la conception grecque d’une émission de la lumière par les objets eux-mêmes. Il a également développé une méthode pour tester les hypothèses théoriques. Ce travail a été découvert par Roger Bacon (1214-1296), un élève de Grosseteste qui est considéré par Alistair Crombie comme le véritable inventeur de la science moderne.

En réalité, cest Ibn al-Haytham qui est l’authentique inventeur de la science expérimentale moderne. Il a notamment basé ses hypothèses sur l’optique sur des preuves expérimentales évidentes comme il est coutume de le faire chez les scientifiques modernes. Grâce à cette méthode, il a découvert la loi de réfraction de la lumière et le prisme de lumière bien avant Isaac Newton. Ibn al-Haytham a également écrit un livre sur la lumière « Rissãlat fi l-Daw » (Traité de la lumière) dans lequel il a étudié les propriétés de la luminance et sa dispersion à travers des prismes. Ce savant a étendu ses recherches à la densité de l’atmosphère en la liant à l’altitude. Ces résultats ont été transmis aux savants occidentaux comme Francis Bacon, Johannes Kepler et Witelo.


Ibn al-Haytham a développé également une critique de Ptolémée. Cest là un sujet un peu plus complexe. Comme le dit à juste titre Alexandre Koyré, Copernic ne se situe pas nécessairement en rupture avec le système de Ptolémée. Toutefois, le long cheminement de la critique de l’Almageste hormis les beaux systèmes d’Aristarque et d’Héraclide du Pont comprend des travaux de scientifiques musulmans durant le Moyen Age comme ceux de l’École de Marāgha en Iran mais aussi et surtout ceux d’Al-Haytham qui sont édifiants.
Dans un livre intitulé « Al-Shukūk ‘alā Batlamyūs » (Doutes sur Ptolémée), Ibn al-Haytham évoque des anomalies géométriques (comme aurait dit Thomas Kuhn) au sein du système de Ptolémée (orientation à partir du centre du monde, problème de l’équant, mouvement de la latitude).
Il va plus loin et comme ce fut l’inventeur de la méthode expérimentale en physique, il lui ajoute la création d’un modèle basé sur la physique céleste. C’est-à-dire sauver les phénomènes en décrivant le mouvement réel des astres et non pas sauver les apparences à travers des artifices géométriques comme l’équant et l’épicycle. Il parait même qu’Ibn al-Haytham a découvert la loi d’inertie bien avant Galilée : mouvement d’un objet en mouvement uniforme et rectiligne en l’absence d’une force externe.

Il est certain que les contributions d’Ibn Al-Haytham vont au-delà de ce maigre tableau. Mais on est obligé de s’arrêter là.


Les Musulmans ont créé l’algèbre et la trigonométrie, cest-à-dire une fusion entre la géométrie et l’algèbre. Ils auraient pu développer la physique mathématique comme ultime étape mais ils n’ont pas eu le temps. Ils ont été frappés par un déclin dont on ne peut traiter les causes dans cet article.

Dautres scientifiques musulmans ont joué un rôle dans la révolution copernicienne. Le mécanisme que Copernic utilisa pour éliminer le centre de l’équant et modifier la position de l’orbite terrestre ressemblait aux inventions d’ibn-Al-Shâtir et des autres astronomes de l’école de Marâgha en Iran qui connut un grand essor durant le Moyen Âge. Pourtant aucune traduction latine de leurs œuvres nest attestée aujourdhui.


Ibn Al-Shâtir élimina des constructions de Ptolémée le centre de l’équant et certains cercles, il généralisa une configuration reposant entièrement sur des cercles pour les mouvements des planètes. Mais cette configuration était géocentrique.
Copernic a utilisé dans le Commentariolus, puis dans de revolutionibus une configuration comparable mais avec le Soleil comme centre. De même, Copernic consulta les travaux d’astronomes arabes qui ont approfondi le système de Ptolémée en cherchant à établir de nouvelles valeurs numériques, parmi lesquels, il faudrait distinguer Muhammad Al-Battâni, auquel les travaux de Copernic font référence. Ce dernier emprunta également aux Arabes les méthodes de la géométrie trigonométrique en utilisant les sinus au lieu des chords des astronomes grecs. Les travaux mathématiques de Copernic sont, de ce point de vue, largement supérieurs à ceux de ses prédécesseurs grecs.
Dans le domaine de la médecine, al-Zahrawi (Albucassis) (936-1013) qui fut le grand chirurgien de son époque, a écrit une encyclopédie de 1500 pages et 30 tomes, « Al-Tasrif liman Aegiza an al-Talif », sans protéger ses inventions qui comprenaient les instruments de chirurgie dans les modèles existent aujourdhui malgré le progrès technologique. Cette encyclopédie a été traduite en latin par Gérard de Crémone et a été éditée plus de vingt fois dans toute l’Europe. Elle est restée la référence en médecine et en chirurgie jusquau dix-huitième siècle.
N’oubliant pas bien entendu les mathématiques. Le travail de Muhammad Ibn Mūsā al-Khuwārizmī (mort vers 850 à Bagdad) a été vraiment décisif pour le développement de l’algèbre. Dans son livre majeur Kitab al Hisāb al-Jabr wa al-Muqăbala (l’Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison) il relate une demande qui lui a été faite par le Calife al-M’amun. Ce dernier lui demande d’utiliser son savoir pour permettre aux artisans, aux commerçants et aux particuliers de faire les calculs nécessaires aux divisions, à l’héritage, au commerce, à l’arpentage des terres, aux travaux d’irrigation, etc. Il se met à l’ouvrage et il crée ce qu’on appelle aujourdhui l’algèbre (al-jabr).


Comme ce fut le cas d’Isaac Newton qui a rédigé ses Principia mathematica philosophica en langage géométrique plutôt qu’infinitésimal, Al-Khuwārizmī recourt pour écrire ses six équations canoniques à un langage simple et non chiffré (l’inconnue est appelée chose, shay, la racine, le dijhr, la constante, adād, etc.). En cette matière, il a été très innovant et peu être considéré comme le fondateur de la science algébrique puisqu’il n’a consulté aucune œuvre grecque.


L’honnêteté intellectuelle de ce savant est vraiment à la hauteur de ses réalisations. Non seulement, il n’a utilisé aucune source grecque pour l’élaboration de l’algèbre et il n’en cite aucune puisqu’il est le véritable inventeur de cette discipline, mais il reconnait en plus les sources indiennes du système décimal positionnel dans son livre Kitābu ‘l-ĵāmi` wa ‘t-tafrīq bi-ḥisābi ‘l-Hind  (Livre de l’addition et de la soustraction d’après le calcul indien) dans lequel il décrit précisément ce système révolutionnaire repris des Indiens.
Il emprunte aux Indiens les chiffres décimaux mais aussi le zéro qui permet de définir les chiffres négatifs des Indiens, inventé par Bramagupta et cités dans son ouvrage le Brahmasphutasddhana (rédigé en 628). Ce savant indien obtient le le zéro comme résultat de la soustraction d’un nombre par lui-même et montre les résultats d’opérations obtenus grâce à ce nombre emblématique et décisif.


Les chiffres indo-arabes sont diffusés à Cordoue en Espagne et en Afrique du Nord. Puis ils ont été découverts par des occidentaux qui les diffuseront dans le monde chrétien sous le nom de chiffres arabes et qui sont passés en Occident à travers l’Espagne islamique. Les plus connues sont Gerbert d’Aurillac qui deviendra pape de Rome sous le nom de Sylvestre II, Robert de Chester qui traduit le livre d’Al-Khwârismî en 1145 et Leonardo Fibonacci qui reprend cette œuvre dans un ouvrage intitulé Liber Adaci (Le livre du calcul) publié à Pise en 1198. Ce dernier étudia ce système de calcul décimal auprès de savants à Bejaïa (Algérie actuellement).
Ils sont progressivement utilisés dans les pays occidentaux et ce nest pas un hasard que l’un des premiers pays ou voit circuler soit le pays de la renaissance et de la seconde révolution scientifique mondiale, l’Italie. L’essor de la physique mathématique grâce aux travaux de Galilée et de l’astronomie qui s’est nourrie de cette physique mathématique a nécessité l’utilisation de ce système décimal aussi flexible qu’efficace qui vient remplacer les chiffres romains. Depuis lors, même le nom « chiffre » rappelle son ancêtre arabe « sīfr » qui signifie zéro.
A cet égard, les Musulmans n’ont pas à s’inquiéter de leur héritage scientifique étant donné la provenance indienne des chiffres arabes puisque ce qui compte est non seulement leur diffusion à l’ensemble du monde musulman (Andalousie et Afrique du Nord) puis à l’Occident chrétien, mais aussi et surtout l’invention de l’algèbre qui est véritablement arabo-islamique et l’œuvre d’al-Khawarizmi
En astronomie, il a contribué à la rédaction du Zīj al-Sindhind  sur la base d’un ouvrage indien traduit par Muhammad al-Fazari. Le Zij est resté une référence pour les astronomes arabes puisqu’il présente un système de calcul qui sauve les apparences des phénomènes astronomiques emprunté aux Indiens et qui n’aura aucun équivalent dans le monde à cette époque. Il rédige également un ouvrage de géographie dans lequel il améliore les connaissances sur les positions des villes du monde de l’époque surtout dans sa partie islamique.


Concernant la philosophie, je pense que la contribution majeure des Musulmans durant le Moyen-Âge qui a été transmise à l’Occident ne se réduit pas seulement à quelques idées d’Ibn Sinã, d’Ibn Rũshd et d’Al-Farãbi mais concerne surtout l’unification de la métaphysique et des sciences naturelles par al-Kindī qui fut reprise par Saint Thomas d’Aquin plusieurs siècles après.

Cette unification a favorisé la conciliation entre la métaphysique et la théologie qui n’a pas été poursuivie dans le monde musulman en raison d’un retour en force des religieux traditionnalistes, hanbalites et asharites et notamment des idées d’al-Ghazãli dans son ‘Tahãfut’.


Mais cette conciliation a réussi en Occident grâce à Saint Thomas. Cependant, le premier qui est parvenu à le faire dans le monde musulman est Al-Kindi mais son héritage a été malheureusement oublié.
Quant à Ibn-Rũshd, de nombreux travaux historiques montrent que l’Occident chrétien n’a pas redécouvert Aristote grâce seulement aux traductions de ses œuvres du grec vers le latin ou de l’arabe vers le latin mais grâce aussi aux commentaires de ce savant musulman.
Parmi ceux qui ont critiqué ses commentaires comme Saint Thomas et ceux qui ont adopté ses idées comme les averroïstes latins qui ont eu pignon sur rue pendant toute l’époque de la renaissance, il y avait un consensus : sans la lecture d’ibn-Rũshd, l’Occident n’aurait pas pu franchir le pas vers la renaissance.


Quant à al-Ghazãli, son héritage intellectuel en Occident consiste dans une critique profonde d’Aristote qui a été nécessaire pour dépasser le monde péripatéticien dans des domaines comme la physique et l’astronomie. Or, personne n’a pu critiquer Aristote en Occident durant une longue période jusqu’à la Renaissance. Les livres d’ibn Rũshd ont été traduits en latin bien avant ceux d’Al-Ghazâli. Par conséquent, la perception d’Al-Ghazãlî chez les occidentaux a été influencée par la critique d’Ibn Rūshd et non par une comparaison entre les livres des deux penseurs. Le savant andalou avec sa manière toute aristotélicienne, considère la réfutation par Al-Ghazâlî du principe de causalité comme un rejet pure et simple de la connaissance rationnelle.
Par exemple, Ernest Renan reprend les arguments de la science galiléenne contre la pensée scolastique de l’Église catholique pour considérer Al-Ghazâli comme le principal acteur de l’Islam orthodoxe qui est l’équivalent de l’Église catholique à l’encontre du rationalisme scientifique des Mutazilites et des philosophes musulmans inspirés des penseurs de la Grèce ancienne. Mais le savant asharite a laissé un héritage différent en Occident à travers sa critique d’Aristote et qui a lui a été bien bénéfique.

La thèse de Gougenheim est une radicalisation des idées orientalistes sur l’Islam.


En fait, Gougenheim a occulté le véritable paradigme en matière de relations Orient-Occident : ce n’est pas la traduction des livres grecs qui a facilité à l’Occident la réalisation de la seconde révolution scientifique de l’histoire et le développement d’une philosophie apaisée de toute rivalité entre la foi et la raison mais plutôt l’utilisation des idées et concepts philosophiques et scientifiques des Musulmans.


L’approche de cet auteur est de nature quantitative : nombre de traductions nécessaires à l’Occident. Or, le véritable problème est d’ordre qualitatif : les Musulmans ont transmis l’essentiel à l’Occident en matière de méthode scientifique, de science physique et mathématique, d’astronomie et de philosophie critique anti-aristotélicienne. Inutile de retracer ce que les occidentaux doivent à L’Orient en matière d’idées philosophiques et scientifiques, ils sont connus, décisifs et nombreux.
Il convient juste de rappeler que la démarche de Gougenheim nest pas novatrice. Elle fait partie de toutes les approches historiques et philosophiques qui ont eu tendance à minimiser et relativiser le rôle de l’Islam durant le Moyen Âge dans le développement de la pensée humaine et à proclamer que l’Islam a été incapable de transmettre le savoir grec à l’Occident en raison de difficultés endogènes.


Ernest Renan a été peut être le premier à s’intéresser à ce problème. Dans son livre ‘Averroès et l’Averroïsme‘, il laisse libre court à sa pensée européocentriste sur les peuples sémites. Selon lui, les peuples sémites ne sintéressent qu’aux questions mystiques et non rationnelles comme la religion et non à la science et à la philosophie séculière. Selon lui, leur rôle historique a été juste de transmettre la science des Grecs vers l’Europe moderne. Sur ce point, Gougenheim vient enlever aux Musulmans le dernier bastion qui est la transmission du savoir grec à l’Occident.
Ernest Renan prétend que le dernier représentant de la philosophie arabe est Ibn Rũshd dont les œuvres ont été transmises à Saint Thomas.

« Lorsque Averroès meurt en 1198, la philosophie arabe a perdu son dernier représentant et le triomphe du Coran sur la libre pensée a été assuré pour au moins six cents ans» a-t-il affirmé.

Renan évoque une première période durant laquelle les livres grecs ont été traduits par les érudits musulmans au neuvième et dixième siècles. Puis il rappelle les travaux d’Ibn Sinâ et d’Ibn Rūshd en les qualifiant de commentateurs de Platon et d’Aristote.
Mais il occulte une période durant laquelle les scientifiques et les philosophes musulmans ont créé la première révolution scientifique de l’histoire. Le rationalisme des Mut’azilites et les découvertes d’Ibn al Haytham et d’Al-Khwârizmî en physique et en mathématiques ne sont pas évoqués par l’historien français.


Au-delà du silence de Renan à propos de l’âge dor du savoir musulman durant le haut Moyen Âge, il retrace bien entendu le déclin de la pensée et de la philosophie au treizième siècle lorsque les théologiens orthodoxes ont remporté la partie. Dans cette histoire racontée par Renan, Al-Ghazãli a été le véritable ennemi de la philosophie rationnelle.
En tant que théologien orthodoxe, il a eu une grande influence en luttant contre la philosophie rationnelle dont le dernier représentant pour Renan est Ibn Rũshd. Selon Renan, il y a un rejet pur et simple de la pensée critique dans le livre d’Al-Ghazãlî.
Il considère que ce penseur est un adepte du Soufisme et le Soufisme, selon lui, est le pire ennemi de la pensée rationnelle et de la philosophie. En tant que Soufi, Al-Ghazâlî a montré l’invalidité de la raison et du principe de causalité.
Pour Renan, ce qui est vraiment destructeur à la science est la propension à rejeter les lois de la nature et à considérer la relation entre les causes et les effets comme une impression ou une habitude qui existe dans l’entendement humain et non comme une réalité physique dans le monde. En fait, en tant que spécialiste d’Ibn Rũshd, Renan ne voit Al-Ghazãlî qu’avec la manière d’Ibn Rūshd de réagir au livre « Al-Tahâfut » de ce penseur musulman du Moyen Âge.


Ajoutant à ce sombre tableau, le travail d’Ignaz Goldziher, un orientaliste connu, qui considère lui aussi Al-Ghazâlî comme le destructeur le plus impitoyable de la philosophie rationaliste dans les pays d’Islam. Dans un style narratif assez incisif, Goldziher évoque un nouveau fait: l’ancienne culture hellénistique comprenant la métaphysique, la physique, les mathématiques, la médecine et la philosophie a été introduite dans la littérature islamique au Moyen Âge sous le nom de « science des Anciens » ((‘ulūm al-awā’il) en la distinguant de la « nouvelle science » (‘ulūm al-ḥadīthah) qui est la théologie islamique. Les tenants de la nouvelle science théologique et orthodoxe regardaient les adeptes de la science des Anciens avec beaucoup de suspicion : selon eux cette vielle science d’origine païenne représente un danger pour la foi et les croyances religieuses.

Goldziher ajoute que les tenants de l’orthodoxie considéraient cette science comme inutile. Ce fut suffisant, selon lui, pour éloigner les croyants de cette science, eux qui étaient terriblement sensibles et hostiles à l’égard de l’hérésie. Ce qui mérite de relever dans la narration racontée par Goldziher, se sont deux éléments : le premier est la polarisation de ce qui est opposable à l’orthodoxie et à la théologie par l’ancienne science qui fut progressivement assimilée à une sagesse d’obédience ancienne remontant aux Grecs païens et qui ne concorde pas avec la croyance et à la foi.


Le deuxième élément est la propagation d’idées qui sont en contradiction avec la religion comme celle de la création du Coran par les Mut’azilites. C’est en raison de cette «toxicité » de la nouvelle science que de nombreux penseurs ont rejoint une nouvelle science qui n’a plus rien à voir avec l’ancienne science qui est Ilm Al-kalam (Scolastique, NDLR ). D’ailleurs, le soutien califal à l’ancienne science rationaliste (notamment sous le règne d’ Ma’mūn) ne dura pas. Sous le règne du calife al-Mutawakil, les livres d’Ibn Sinâ et ceux d’Ikhwān al-Safā (“les frères de la pureté”, NDLR) ont été brûlés.


Passons maintenant à Bertrand Russel qui a écrit une monumentale Histoire de la Philosophie occidentale en 1945. Dans ce livre exhaustif sur les origines de la pensée occidentale dans sa dimension philosophique, il affirme dans un petit chapitre consacré à la philosophie islamique que la pensée des Musulmans n’était pas originelle et qu’Ibn Sinâ et Ibn Rushd n’ont été que des commentateurs de la philosophie grecque.


Sans remettre en cause l’apport scientifique des Musulmans au Moyen Âge qui ont, selon lui, découvert des choses importantes dans des domaines comme les mathématiques et la chimie, il affirme néanmoins que dans le domaine philosophique et son héritière la logique, ils n’ont pas véritablement apporté grand-chose.
Russel ne voit dans la civilisation et la culture islamiques que des vecteurs à travers lesquels l’héritage grec a été récupéré par les occidentaux. En fait, Russel s’appui dans cette conclusion sur une idée assez largement répondue chez les historiens de la philosophie qui se contentent d’une chronologie très simpliste des contributions les plus décisives à la philosophie occidentale. Les penseurs occidentaux s’accordent à penser qu’Ibn Rũshd a contribué à la naissance de la philosophie chrétienne, notamment celle de Saint Thomas.
Ce philosophe musulman a influencé grandement Saint Thomas, alors qu’il est en même temps le dernier grand philosophe de l’épopée musulmane. Après lui, la philosophie en pays d’Islam aurait décliné pour disparaitre complètement. Ibn Rũshd n’a pas laissé une école de pensée musulmane malgré sa critique obstinée du livre d’Al Ghazãlî, « la destruction des philosophies ». 


Les orientalistes prétendent tous que l’Islam n’est pas parvenu à dépasser l’antagonisme entre la raison et la foi. Mais peu d’entre eux remettent en cause son rôle dans la transmission du savoir grec à l’Occident. En effet, même si le monde musulman a décliné et a perdu son héritage scientifique et technique peu importe les raisons qui n’ont d’ailleurs jamais fait l’objet d’un consensus entre les historiens, il n’en demeure pas moins vrai que l’Orient et l’Occident musulmans ont réussi à transmettre à l’Occident chrétien non seulement l’héritage grec mais également un patrimoine philosophique et scientifique développé de manière endogène et qui est d’une grande valeur pour l’humanité.


Par conséquent, Gougenheim représente la dernière génération de penseurs occidentaux et d’orientalistes qui ont minimisé sans arguments valables le rôle de l’Islam dans l’histoire des civilisations et dans les relations Orient-Occident.

Rafik Hiahemzizou
Philosophe et essayiste
E-mail : Hiahemzizourafik@gmail.com


Références

Djebbar Ahmed  L’algèbre arabe, genèse d’un art, Vuibert/Adapt, 2005,
Gingerich Owen  L’Astronomie en Islam, Pour la Science, avril 1986.
Goldziher, Ignaz Sur l’Islam : Origines de la théologie musulmane, Paris, Desclée de Brouwer, 2003.
Gougenheim Sylvain Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne. Editions du Seuil, coll. « L’univers historique », Paris, 2008
Koyré Alexandre Etudes d’histoire de la pensée scientifique. Gallimard,
1985

Rashed Roshdi   D’Al-Khwârismî à Descartes : études sur l’histoire des mathématiques classiques, Hermann, 2011 

Renan Ernest Averroès et l’Averroïsme : essai historique, 1882, Paris Calmann Lévy.

Russel Bertrand History of Western Philosophy, Routledge Classics, Nouvelle édition, 2004.

Tbakhi Abdelghani, MD
and Amr Samir S. MD Ibn Al-Haytham: Father of Modern Optics, Annals of  Saudi Medicine, Nov.2007.