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19/05/2022

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Des “rétiaires” en orbite

Le 22 janvier 2022, le satellite chinois Shijian SJ-21, mis en orbite le 24 octobre 2021 par un lanceur “Longue Marche 3B” dans le cadre d’une mission secrète,  a disparu de son orbite géosyncrone en plein jour.

Selon la nomenclature chinoise,  le Shijian SJ-21 est un OSAM (On-orbit Servicing, Assembly and Manufacturing), une classe de satellites ayant des capacités d’intervenir en orbite pour l’extension (ou la réduction) du cycle de vie d’autres satellites ou leur maintenance, entretien et modification matérielle. Le Sj-21 est également un vecteur technologique d’atténuation/diminution de débris orbitaux sans plus de détail sur la nature de cette mission.

Peu après sa disparition de son orbite, le Shijian SJ-21 a été observé en train d’exécuter une grande manœuvre pour se rapprocher d’un satellite du système de  navigation chinois BeiDu (BDS) en fin de vie avant de l’accrocher par des moyens mécatroniques et le remorquer hors de son orbite géosyncrone vers une autre orbite à quelques centaines de kilomètres plus loin, destinée aux satellites en fin de vie afin de réduire les risques de collision avec les satellites et les véhicules orbitaux opérationnels.

En d’autres termes, un satellite chinois approcha un autre satellite chinois en fin de vie pour le remorquer et l’éloigner vers une orbite cimetière.

La question des débris orbitaux est devenue politique depuis quelques mois avec l’échange d’accusations entre la Chine et les États-Unis sur la mise en péril de la Station Spatiale Internationale (ISS) par les débris d’engins spatiaux chinois ou le risque posé à la Station chinois Tiangong par la constellation Starlink de SpaceX. Cette question a alimenté un début de campagne médiatique ciblant le programme spatial chinois dans des pays tiers. Beijing a donc voulu montrer l’exemple en révélant son plan de nettoyage orbital par la mise en œuvre de techniques connues mais susceptibles d’être utilisées dans le cadre du combat orbital. Ces techniques, qu’elle soient mécatroniques (bras robotisés, nasses, technique du lasso, etc.) sont perçus par Washington comme des techniques potentiellement militaires.

Il semblerait que les Chinois aient à leur disposition des satellites “rétiaires”.

Le rétiaire, du latin Retiarius, était un type de gladiateur romain doté d’un armement caractéristique comme un filet (rete en latin), un trident et un poignard. Leur technique de combat reposait essentiellement sur l’immobilisation de l’adversaire par un filet.

Une représentation d’un Retiarius sur un bas-relief trouvé à Rome, datation probable: 4e siècle après J-C.

Une fresque tombale datant de la dynastie Wei  (386-534), découverte  le 03 janvier 2022 dans le nord de la Chine (province du Shanxi), montre deux gardes exotiques armés de tridents à côté d’un dragon.

Pour revenir en orbite, des informations sur l’usage par des satellites chinois de filets ou de nasses électromagnétiques n’ont cependant jamais été confirmées même si la maîtrise de cette technique demeure certaine.

Les États-Unis et la Russie disposent également de ces techniques et d’autres non encore divulguées pour la guerre dans l’espace extra-atmosphérique. Ce qui est remarquable est que la Chine est le premier pays à utiliser certaines de ces techniques pour nettoyer l’espace très proche de la Terre et donc à en faire un usage civil.

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