144 phénomènes aériens non identifiés depuis 2004 répertoriés par un programme dédié du Pentagone

Statistics

  • 7 956 656 Views

19/05/2022

Strategika51 Intelligence

 Πάντα ῥεῖ…

d90

Pourquoi Téhéran se cherche encore…

Plus de quarante années après la Révolution islamique (1979), les dirigeants iraniens ne savent toujours pas s’il faut confier leur pays à Washington, faire confiance à une Union européenne totalement vassalisée ou continuer à scander à tue-tête des slogans creux contre le “Grand Satan” alors qu’ils négocient avec lui en coulisses et en public. C’est la raison pour laquelle l’Iran est demeuré sans partenariat stratégique stable et qu’aucune puissance ne peut lui faire confiance. La Syrie a eu le malheur de faire confiance avec Téhéran avant de s’apercevoir du double jeu des Iraniens. Un pas de dance avec la résistance et deux pas avec l’ennemi supposé. Damas a fini par expulser tous les “conseillers militaires” iraniens de son territoire en dépit de l’engagement réel de ces derniers en faveur d’une cause en laquelle ils croyaient mais que le pouvoir bicéphale à Téhéran ne croit pas du tout.

Le dénigrement puis l’assignation à résidence de l’ex-président Mahmoud Ahmadinejad, jugé un peu trop anti-impérialiste par les Bazaristes néolibéraux au pouvoir en Iran, aurait du servir de signal d’alarme à tous les pays qui ont tenté d’aider l’Iran face aux sanctions internationales ou ont cru que la République Islamique d’Iran était vraiment dans ce que l’on présentait comme l’axe de la résistance. En réalité, le pouvoir bicéphale iranien, tel Janus, travaille sur les deux tableaux et poursuit des intérêts de caste au pouvoir. Il est en rivalité avec Ryad dans le cadre d’un conflit d’influence très ancien dans l’histoire remontant aux empires Perses Akhemenides et Sassanides. Les médias ont créé le clivage entre Washington et Téhéran de toutes pièces en faisant jouer un jeu en double hélice.

Il est tout à fait étonnant de constater que des factions entières du pouvoir iranien demeurent non seulement fascinées par l’Union européenne en laquelle ils voient le Mahdi attendu ou le Sauveur providentiel mais sont prêtes à lâcher des pays qui ont tout risqué pour soutenir l’Iran pour quelques mots plaisant avec les responsables non élus de la Commission européenne que les populations d’Europe occidentale vouent aux gémonies.

La Turquie n’est nullement à plaindre. C’est un pays membre de l’Otan et même l’un des pays le plus importants de cette Alliance atlantique. Le régime turc l’assume et le revendique. Il est engagé dans une guerre tous azimuts contre la Chine et la Russie tout en faisant des affaires avec ces deux puissances qualifiées de “révisionnistes”par Washington. Ankara est surtout un très proche allié d’Israël avec lequel les échanges sont beaucoup plus importantes que ne laissent voir les statistiques officielles. La posture de la Turquie en dépit de son volte-face permanent est donc assez claire. Elle s’inscrit dans la stratégie de l’empire. Quid de l’Iran, pays proclamant militer contre les puissances de l’injustice et contre le grand et petit Satans? Avec cette posture, Téhéran ne risque pas d’aller loin. Il se fera dévorer par le loup qu’il tente d’amadouer. Les élites iraniennes le savent que trop bien. L’exemple du Shah d’Iran et comment il fut jeté en pâture par Washington est encore vivace.

Dans le domaine des relations internationales, il n’y a que des intérêts et aucune place à une quelconque utopie. La Chine est claire à ce sujet: les intérêts économiques par dessus tout. Le pouvoir iranien affirme suivre une voie qui n’est pas celle de ses actes. Il se cherche encore. Jusqu’à ce qu’une révolution colorée d’une autre nuance de vert ou une agression ne le fasse revenir à une réalité niée : on ne négocie jamais avec un prédateur dont la seule vocation est de vous détruire.

How useful was this post?

Click on a star to rate it!

Average rating 4.2 / 5. Vote count: 17

No votes so far! Be the first to rate this post.

%d blogueurs aiment cette page :