Gas buyers switch to long term contracts to avoid volatile prices--The so-called green energy was a marketing hype. Fossil energy will be used beyond 2150

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25/05/2022

Strategika51 Intelligence

 Πάντα ῥεῖ…

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Une autre réflexion sur la guerre en Europe orientale

Dans quelques semaines, la guerre en Ukraine sera revue comme une sorte de guerre civile à l’intérieur de l’espace post-soviétique. Un conflit interslave dont l’une des conséquences possibles sera la création d’une Novorossya ou Nouvelle Russie suite à la fédération des républiques populaires de Lugansk et de Donetsk mais également d’autres nouvelles républiques comme celles de Gerson. Cette fédération pourrait mener à la reconstitution d’une partie de l’empire russe pré-1917. 

Le choix de Vladimir Medinsky dans la conduite de pourparlers avec la partie ukrainienne n’a pas plu en Russie. Ces négociations sont perçues comme une trahison de la part des militaires et d’une large partie de opinion russe. Pour des raisons historiques, la trahison demeure le facteur le plus redouté de l’inconscient collectif russe. Le haut commandement militaire veut la pousuite de l’opération jusqu’au bout. La phrase qui revient le plus dans les réunion de l’état-major russe est celle-ci: ” nous avons survécu à trois révolutions, deux guerres mondiales et une destruction complète du pays, ce ne sont pas les sanctions économiques ou la guerre nucléaire qui vont nous arrêter (…). ”

En Ukraine, le sentiment antirusse à Ouest est à son paroxysme absolu. C’est plus intense qu’une simple phobie ou une allergie. C’est un état d’être. L’interdiction de la langue russe par oukaze ne fut qu’une mesure idoine par rapport à la haine institutionnelle de la Russie. Cette attitude incompréhensible pour un observateur étranger a des racines historiques profondes mais a été révisée par des influences post-modernes. La renaissance de l’ultra-nationalisme ukrainien avait besoin d’icônes et de référents historiques et c’est fut le choix de Bandera et du fascisme pur et dur, chose que l’on retrouve dans tous les nationalismes européens mais qui dont l’intensité en Ukraine a atteint des points culminants jamais vus ailleurs.

Le suivisme de l’Union européenne dans cette affaire qui ne concerne en réalité que des peuples slaves d’un côté et un conflit global entre Washington et Moscou, se fait au détriment des pays d’une Union qui a perdu sa raison d’être et est devenu une sorte d’outil de seconde main dans le cadre de la stratégie de l’empire. Longtemps considérés comme les enfants pauvres d’une Europe orientale méprisée et oubliée, les Ukrainiens sont presque redevenus, pour les besoins d’une cause relevant de la guerre froide 2.0, des “Occidentaux” aux yeux d’une Europe de l’Ouest profondément raciste et tacitement “exceptionnaliste”, même à l’égard des peuples d’Europe de l’Est. Cet aveuglement idéologique extrémiste est tempéré par des considérations d’ordre économique et de profit mais la montée des idéologues au pouvoir au détriment du pragmatisme met en péril une Europe dont le rôle et le poids sont de moins en moins importants dans le monde.

La russophobie des élites US est parfaitement compréhensibles après des décennies de Guerre froide 1.0 et une période post-Guerre froide où l’obssession était de détruire toute possibilité de relèvement ou de retour au statut de puissance régionale d’une Russie sanctionnée pour l’éternité pour avoir aspiré à être une puissance mondiale. Le non renouvellement des élites au pouvoir aux États-Unis et leur non réadaptation- elles sont demeurées avec la mentalité de la Guerre froide- ont été des facteurs aggravants dans une posture de dominance unipolaire sans adversaire (d’où la création de l’épouvantail “islamiste” de toutes pièces). La position des États-Unis est plus cohérente vis à vis de la Russie. Elle l’est encore plus si on considère que la plupart des responsables de la politique étrangère US sont d’origine ruthénienne, ukrainienne ou baltes.

l’Allemagne n’est pas libre dans ses choix. Il aurait été intéressant de voir le positionnement de Berlin si le gouvernement allemand n’était pas sous la tutelle directe de l’appareil sécuritaire de Washington. Les relations entre l’Allemagne et la Russie n’ont jamais été simples mais les deux pays partagent des intérêts communs bien plus importants qu’ils ne laissent paraître. La crise en Europe orientale permettra à l’Allemagne de se réarmer dans le cadre de l’Otan mais plus tard dans un cadre totalement tributaire des aléas et suivant un déterminisme historique récurrent depuis quelques siècles. Cette situation est encouragée par Washington dont l’objectif est focalisé sur la lutte contre les deux adversaires “révisionnistes” de l’ordre unipolaire que sont la Chine et la Russie.

C’est cet ordre mondial qui est l’enjeu réel de la guerre en cours en Europe orientale dans son front ukrainien. D’autres fronts ailleurs dans le monde sont susceptibles de s’ouvrir. Dans tous les cas, l’histoire est loin d’être terminée avec le régime néolibéral totalitaire avec ou sans suppression subsidiaire de lettres de l’alphabet. Le Grand jeu s’est déplacé. Longtemps statique, il se mue en un jeu de mobilité à angle ouvert remettant en cause un statut quo et d’immenses intérêts géostratégiques.


Photographie d’illustration : école des blindés de Kharkov/Kharkiv, après un bombardement russe.

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