Archives mensuelles : mai 2022

La résurgence de l’artillerie

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La guerre en Europe orientale a pris la forme très classique d’une guerre entre la Russie et l’Ukraine, dont le front principal se situe au Donbass. Un retour au fond du conflit tel qu’il se manifeste depuis 2014. Cette régulation du conflit vise à éviter toute escalade et à limiter cette guerre dans un cadre précis. Désormais, l’artillerie joue un rôle de premier choix dans ce conflit où certaines parties du front demeurent statiques tandis que d’autres segments des lignes de confrontation demeurent flottantes et fluctuantes au gré des percées réalisées en grande partie grâce à l’artillerie. 

La pertinence de l’artillerie mobile dans les conflits du 21ème siècle est effective mais pourrait être sciemment exagérée à des fins de guerre psychologique. La mise en exergue du rôle primordial de l’artillerie dans les conflits modernes pourrait avoir comme objectif de persuader l’adversaire de concentrer une partie de ses ressources à développer cette arme qui demeure vulnérable à l’aviation et aux drones d’attaque. Cela suppose que la stratégie d’endiguement prévoit un affaiblissement couplé à une focalisation de l’adversaire sur des segments subsidiaires en vue d’une confrontation finale après l’achèvement de la phase d’usure assez longue.

En réalité, l’adoption par Moscou de la stratégie du rouleau compresseur très lourd et donc très lent a abaissé de manière significative les pertes en personnels militaires russes en Ukraine et a multiplié par cinq les pertes militaires ukrainiennes. Celles-ci subissent en outre les conséquences désastreuses de décisions politiques souvent contradictoires, non dénuées d’arrières-pensées démagogiques et politiciennes. Sous la pluie de projectiles russes, les unités ukrainiennes retranchées subissent des pertes quotidiennes assez élevées, lesquelles semblent insoutenables pour une force armée régulière. Ces légions de sacrifiés au profit de la gestion d’image du leadership ukrainiens pourraient provoquer sinon des mutineries rappelant celles du Chemin des Dames en 1917, du moins des grèves au sein d’unités combattantes-et il semble que des cas similaires ont été rapportés-car les militaires sont de moins en moins enclins à accepter d’être jetés dans des hachoirs par la faute d’un commandement incompétent. 

La livraison par des pays de l’Otan de systèmes d’armes susceptibles de frapper en profondeur le territoire russe pourrait inciter Kiev à lancer des roquettes HIMARS par exemple sur Belgorod et sa région. Cette portion du territoire russe adjacent à Kharkov/Kharkiv a fait l’objet de plusieurs pilonnages à l’artillerie, une attaque d’hélicoptères évoluant à très basse altitude, des actions de sabotages et des tirs de divers projectiles. L’affirmation par Washington selon laquelle les autorités ukrainiennes ont assuré ne point utiliser ces armes pour frapper le territoire russe est donc sans aucun fondement et il est certain que l’Ukraine attaquerait le territoire russe si elle en avait les moyens. Ce qui n’est pas le cas et c’est la raison pour laquelle tente de traîner Washington vers une confrontation directe avec Moscou. Un scénario fort risquée et disproportionné par rapport à l’enjeu actuel sur le terrain. Moscou préfère donner au conflit le format d’une guerre de voisinage dans la sphère d’influence de l’ex-URSS en venant en aide aux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lugansk en attendant le ralliement des régions capturées. A l’opposé, Kiev et Varsovie voudraient que ce conflit ait une dimension mondiale avec une implication militaire massive de l’OTAN, Etats-Unis en tête et un démantèlement pur et simple de la Russie tout en sachant que cette dernière ne va pas disparaître après ce conflit et qu’l faudra tôt ou tard composer, c’est-à-dire négocier et cohabiter plus ou moins sans ou avec accrocs avec cet immense voisin dont la présence sur l’échiquier du monde ne peut être annulée par le déni de réalité. 

Le retour en force de l’artillerie ne doit pas occulter les enjeux stratégiques de ce type de conflit. Il s’agit avant tout d’un outil qui se trouve adapté à un certain type de stratégie. Les pertes enregistrées par les blindés dans ce conflit sont plus imputables à l’artillerie qu’aux missiles antichar ou autres systèmes d’armes. C’était également le cas dans les années 40 à une période où les moyens antichars étaient balbutiants et limités. C’est le terrain qui détermine le type de confrontation. On ne cessera jamais de méditer sur ce point. 

 

 

Reprise prochaine des publications

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Un déluge de feu causée par l’artillerie russe en Ukraine orientale-Guerre en Europe de l’Est, mai 2022 (capture d’écran d’une vidéo amateur prise par le smartphone d’un militaire ukrainien dans une ligne fortifiée du Donbass). Comme en 1944-1945, l’artillerie joue désormais un rôle majeur dans ce conflit.

L’humain, c’est la guerre

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La guerre est un phénomène profondément enraciné dans le génome humain. C’est même une des caractéristiques consubstantielles de l’humain. L’homme est un animal social mais surtout un être intrinsèquement belliqueux et querelleur quelles que soient les circonstances, même les plus favorables à une vie paisible et pacifiques. L’homme, c’est la guerre. La guerre, c’est l’homme.

La paix est un épiphénomène transitoire et éphémère qui ponctue régulièrement le processus conflictuel. La paix est un hiatus. Une pause. Une trêve durant laquelle les belligérants tentent de se renforcer, de mieux se préparer et d’accumuler le potentiel de violence destructrice qui va se traduire de façon subite sur un ou plusieurs points concentrés d’un front sans cesse élargi jusqu’à se dématérialiser.

Tant que l’humain existera, toute perspective de paix sera vaine et dans le meilleur des cas, illusoire.

 

After the coup: Pakistan sliding into unrest

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Raw analysis:

Pro-US top brass military commanders are heading Pakistan to the path of destruction. Their imported government, formed by at least two of the most corrupt dynasties of this nuclear armed South Asian power have deep links to one of the currently embattled oligarchies in the US (Biden, Clinton, Obama) and are trying to reverse Pakistan strategy shift and new focus towards China and Russia. Moreover, the former Pakistani Prime minister Imran Khan and his party, the Pakistan Tahreek-e-Insaf (PTI) has a significant popular support, especially in the Northern Tribal Areas adjacent to Afghanistan but also in Punjab and Sind. Imran Khan publicly stated he was ousted from power following a US engineered military coup using apparent legal means (confidence motion in the parliament), blackmail and bribery.

Imran Khan, former Prime minister of Pakistan

Nawaz and Bhutto Zardari clans are very close to the US deep State and analysts do not expect a stable situation in Pakistan soon.

The compromized military elites will try to create more tensions with the arch-rival India to divert the focus on the internal situation and above all on the US huge interference in Pakistani politics. During the last days of his tenure as Prime minister, and in a rare gesture in Pakistan political history, Imran Khan praised New Delhi approach in global politics and especially its posture against the US pressures in the frameset of the ongoing US-Russian conflict in Eastern Europe.

Imran Khan giving a six days ultimatum to the current Pakistani government to hold general elections to end the rule of the “imported government” will complicate further the political situation in the country. Such a move is strongly opposed by Washington and its allies in Pakistan. The military authorized the deployment of troops in Islamabad (red area, diplomatic enclave, official public offices) to keep Imran Khan supporters out of the capital city.

Pakistan unrest in another example of US heavy interference consequences spiralling out of control and likely to have a negative impact on the very tense geostrategic status or South Asia.

Japan using US Asian-Pacific strategy to acquire nukes

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Japan could exploit the US Asian-Pacific strategy to acquire nukes. Some Japanese politicians are calling the US to share nuclear weapons with Japan to deter both China and Russia, two nuclear powers.

The Hiroshima forgotten traumatism

The US atomic bombings of Hiroshima and Nagasaki ended World War 2 seem to be a forgotten traumatism in post-Fukushima disaster Japan. The issue of nuclear weapons and even nuclear war are no more a taboo in postwar Japan. In a joint statement issued on 23 May 2022, Japan and the United States reaffirmed the critical importance of ensuring “that the United States extended deterrence remains credible and sustainable. They stressed the importance of intensifying bilateral discussions on extended deterrence”

The short term objective of the current Japanese elites is to grant US nuclear weapons bases on Japan soil before acquiring these weapons to achieve a strategic balance with China and Russia. In other words, Japan is seeking to be a nuclear armed power using the US strategic concerns in its strife for global hegemony. In this scenario, a future nuclear armed Japan could say No to Washington following its own strategy for the first time since 1946.

 

China, North Korea and Russia clear message to the Quad

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Without surprise, less than 13 hours after US president left Northeast Asia, Democratic People’s Republic of Korea (DPRK)  launched a volley of what seemed to be ballistic missiles including the biggest intercontinental ballistic missile in the North Korean arsenal.

At least one of the launched projectiles reached a maximal altitude of 540 km and a range of about 360 km. The other missiles seem to be Short Range Ballistic Missiles (SRBM) or even long range rockets fired from an unknown MLRS.

A little earlier, Chinese and Russian military Aircraft conducted a 13 hours joint patrol in Asia-Pacific for the first time since the beginning of the Russian military operations in Ukraine in what it appeared as a clear and non coded message to the Biden administration.

The Chinese bombers Xian H-6 and Russian bombers Tupolev Tu-95 flew in the Asia-Pacific region the same day as US president Joe Biden, Japanese Prime minister Fumio Kishida, Indian Prime minister Narendra Modi and the newly elected Australian Prime minister Anthony Albanese were meeting in Tokyo, Japan to focus exclusively on North Korea.

The Quad (US-Australia-India-Japan) Summit is perceived as openly hostile by the DPRK. It is also perceived as an unfriendly move by both China and Russia.

As a reaction, the United States and the Republic of Korea (ROK) conducted military drills in South Korea and Japan conveyed “grave concerns” to Both Beijing and Moscow through diplomatic channels.

The Chinese and Russian bombers entered several times the South Korean and Japanese Air Defense Identification Zone (ADIZ). China said it was a routine annual exercise while Russia kept silent about the drill. Nevertheless, it seems both countries are more than angered by US efforts to mobilize Asian allies in a warlike effort to counter the two powers, perceived as ‘revisionist powers’ in Washington, ie powers which want to change the so-called World Order dominated by what we call now the ‘Collective West’ (actually closed oligarchies).

This is the first time Beijing, Moscow and Pyongyang express collectively their opposition to Washington’s political and strategic maneuvers in Asia-Pacific theater and more specifically in Northeastern Asia.

Washington is working hard to break in the bilateral relations between Russia and India, two member State of the BRICS, an acronym coined to associate Brazil, Russia, India, China and South Africa. At the same time, territorial disputes between China and India are watched as a unique opportunity to enhance a proxy deterrence against China in Asia but the Indian leadership is more concerned about the huge economy needs of its populations and above all keeping an approximate stability within the South Asian country and to avoid at all costs the fate of neighboring Sri Lanka, which is facing bankruptcy and lack of vital commodities like gas.

La stratégie de Elon Musk

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Le milliardaire américain d’origine sud-africaine Elon Musk vise, à terme, la présidence des États-Unis d’Amérique.

La législation US ne lui permet pas pour le moment de briguer le poste puisqu’il est d’origine sud-africaine mais rien n’est impossible. Un simple amendement suffira pour lui permettre de lancer une campagne politique inédite et lui permettre de disposer du pouvoir de simulacre (le Président US dispose de prérogatives réelles très limitées) mais également d’être confronté à l’Hydre de ce que l’on appelle par convenance l’État profond (Deep State).

Musk n’est pas un phénomène isolé. Il dispose certainement du soutien d’une oligarchie aux intérêts divergents, voire opposés à ceux des oligarchies tenant le pouvoir d’une main de fer au sein de l’Empire. La montée en puissance de Musk en politique entraînera un feu de barrage groupé de la partie rivale dans un combat à mort où tous les coups bas sont non seulement permis mais encouragés.

Profondément divisés, les États-Unis vivent les soubresauts d’une lutte féroce pour le pouvoir entre deux oligarchies transnationales dans un environnement de plus en plus instable et où les alliances et les mécanismes d’adhésion sont de plus en plus aléatoires et tributaire d’un système n’ayant plus la capacité structurelle à créer le consensus.

Le patron de SpaceX et de Tesla poursuit une stratégie communicationnelle bien ficelée ciblant prioritairement les rouages de la guerre psychologique et informationnelle de ses adversaires. Son OPA sur Twitter visait plus à révéler le nombre de bots et d’autres comptes fantômes dans le but de baisser le prix d’achat mais surtout dévoiler certains mécanismes de manipulation utilisés par la partie de l’État profond en lutte contre une autre partie. De même que son annonce de ne plus jamais voter pour le Parti Démocrate et des rallier les Républicains. Musk ne se contente pas de se positionner dans une position optimale pour se lancer en politique mais assure de puissants soutiens au sein des élites et des faiseurs de roi.

La partie qui a propulsé Donald Trump à la Maison Blanche parie actuellement sur Elon Musk en dépit d’un écueil juridique et constitutionnel évident. Cela signifie qu’une partie de l’Amérique que l’on croyait défaite après la désignation désastreuse et dans l’urgence de Joe Biden a repris la contre-offensive.

Les révélations liées au dossier Steele, l’affaire liant directement Hillary Rodham Clinton avec le faux dossier de l’hypothétique collusion russe et bien d’autres dossiers compromettant sur Obama et Bush pourraient être remises en avant dans le cadre de cette lutte. La partie au pouvoir fera tout ce qui est possible de faire pour garder le pouvoir et continuera à détruire l’Eurasie et cibler la Chine. Suivant les données actuelles, les considérations géostratégiques les plus réaliste exigent de Washington trois points essentiels:

1. La destruction définitive de l’Europe, y compris les alliés les plus fidèles. Cette option est devenue un impératif de survie pour les États-Unis;

2. Maintenir la Russie sous un régime permanent de sanctions et dans une guerre d’usure sur au moins quatre fronts différents. Celui chaotique et désastreux d’Ukraine s’est révélé un pari perdu, c’est en Finlande (Baltique+Arctique), en Asie centrale et dans l’Extrême-Orient russe. Cette option est un objectif prioritaire d’ici les dix prochaines années;

3. Préparer la grande confrontation avec la Chine d’ici l’horizon 2040. C’est l’objectif des la grande stratégie. La polarisation de l’Europe contre la Chine et la Russie a permis de gagner du temps pour les États-Unis tout en affaiblissant l’Europe en tant qu’outil impérial sans avenir puisque les ressources et les potentiels humains et techniques seront collectés hors d’Europe dans des zones qui seront d’ici peu sous l’influence des BRICS élargis. Et c’est là que réside la pertinence du choix d’Elon Musk pour l’après-Empire.

Dans tous les cas de figure, l’ancienne oligarchie ayant consolidé son pouvoir sait qu’elle ne pourra survivre aux mutations actuelles si elle ne s’adapte pas à une nouvelle réalité. C’est le même dilemme dans lequel se retrouve aujourd’hui l’État artificiel qui s’est accaparé le nom propre d’Israël et dont les jours sont désormais comptés en raison de l’incapacité de ses élites à s’adapter à l’effondrement de la matrice du mensonge et son remplacement par une autre aux contours encore flous et non définis. Pour les autres États nation, tous en crise profonde, ils ne pourront pas tenir longtemps face à la montée des nouveaux seigneurs du pharmaceutique, du monopole de l’alimentation et de la haute technologie. Ces derniers ont profité le plus de la crise dite du COVID puis des conséquences collatérales de la guerre en Ukraine. Ces mutations ressemblent en apparence mais pas dans le fond à la montée en puissance de la bourgoisie et l’affaiblissement de l’ancien monde féodal en Occident. Avec Elon Musk au pouvoir, il est peu probable que le concept très récent de l’État-Nation pourrait réussir à valider un modèle qui n’est plus fiable pour l’organisation politique et la.gestion de plus de huit milliards d’individus. Pour Musk, les aficionados du football et les nationalistes de tous bords se valent et relèvent tous deux de la pathologie psychiatrique et il est temps de passer à autre chose.

 

Un monde en folie

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Selon l’agence Reuters, les négociations en cours entre l’Allemagne et le Qatar sur la fourniture de gaz naturel liquéfié (GNL) ont abouti à une impasse et la possibilité d’un accord énergétique est de moins en moins probable.

l’Europe s’est retrouvée dans une situation inédite similaire à un piège en boucle d’où il ne sera pas aisé de sortir sans subir des pertes substantielles et irréversibles sur le plan économique.

La Pologne a accusé la Russie de détruire les armes et équipements offerts à l’Ukraine dans le cadre de l’assistance militaire à ce pays et appelle la communauté internationale à tenir la Russie comme responsable de cette situation.

Aux États-Unis, Elon Musk a mis en pause l’acquisition du réseau social Twitter en raison d’une fausse estimation du nombre de faux comptes créés sur cette plateforme (une pratique courante affectant l’ensemble des réseaux sociaux). Twitter affirme que ces derniers constituent 5% du total mais les experts demeurent sceptiques et évoquent les ++380 millions de faux comptes Facebook.

Erdogan a qualifié la Finlande et la Suède de pays soutenant le terrorisme international. Joignant le geste à la parole, la Turquie a bloqué les négociations d’adhésion de ces deux pays nordiques à l’OTAN.

L’Espagne fait des courbettes bien basses au Qatar en espérant sortir du terrible piège géopolitique dans lequel le gouvernement socialiste espagnol s’est engouffré suite à des pression externes. L’Espagne voudrait se débarrasser au plus vite de sa dépendance énergétique vis à vis de l’Algérie avec laquelle les relations sont au plus bas mais il semble peu probable que le gouvernement espagnol puisse le faire dans un délai suffisant pour assurer la transition complète vers le gaz de schiste US ou le GNL du Qatar.

Le jeu de la barre haute de la Turquie

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La Turquie refuse l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord en raison du soutien de ces deux pays au PKK ou Parti des Travailleurs du Kurdistan, une organisation terroriste en Turquie. Le Président Teyep Reçep Erdogan est allé jusqu’à annoncer qu’il était inutile que des délégations de ces deux pays viennent en Turquie pour négocier ce refus.

En réalité, le leadership turc a placé une barre dans un jeu quasiement imparable. Lors de la guerre en Syrie, la Turquie a carrément exercé un chantage migratoire direct sur ses alliés européens et en a obtenu un immense bénéfice, à la fois sure plan interne, en méprisant publiquement des partenaires européens qui ne voulaient pas d’une Turquie dans l’Union européenne, mais surtout externe en obtenant plus de 5 milliards de dollars USD annuels en s’érigeant comme la gardienne des portes des flux migratoires en provenance du Moyen-Orient et d’Asie vers l’Europe.

Fort de ses succès précédents, Erdogan récidive avec en ligne de mire l’obtention de plus d’avantage mais cette fois-ci en y incluant le grand allié US. Cette posture semble avoir agacé Washington au point que les Américains ont tenté un coup de poker doublé d’une offensive informationnelle. La chaîne CNN a même laissé entendre que la Turquie pourrait être exclue de l’OTAN. Imperturbable, Erdogan sait fort bien que sans la Turquie, l’OTAN finira comme le défunt Pacte de Varsovie. C’est donc un coup de bluff visant à abaisser la barre des exigences turques. Or, celles-ci ne sont pas modestes. En échange d’un feu vert turc pour l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, la Turquie exige:

1- Réactiver le contrat de livraison d’avions de combat Lokhheed-Martin F-35 Lightning II avec transfert de technologie et production sur site;

2- Autorisation d’importer des systèmes de défense antiaériens russe S-400 Triumf (SA21 Growler) tout en étant exclu du régime des sanctions US;

3- Levée immédiate de l’embargo sur les armes imposé à la Turquie par la Suède;

4- Condamnation par la Finlande et la Suède du “terrorisme kurde” et fin du soutien et les facilités dont bénéficie le PKK dans ces deux pays nordiques;

5- Des compensations financières diverses définies par la partie turque sans possibilités de négociation.

Le Département d’État US n’a pas apprécié que la Turquie exploite cette opportunité pour “mettre un pistolet sur la tempe” de ses alliés dans un contexte fort difficile afin de faire avancer ses propres intérêts mais Erdogan est sûr de son coup et sait qu’en plaçant la barre très haut, il aura le minimum vital pour qu’il puisse engranger des bénéfices durables. Quelle que soit la configuration géostratégique, la Finlande et la Suède ne font pas le poids devant la Turquie, même pour le réarmement de la Baltique et du cercle polaire arctique face à la Russie.

Le silence de la Grande-Bretagne à ce sujet en dit long sur les rapports de force et la realpolitik au sein de l’OTAN. Les pays scandinaves sont des pions à utiliser mais la Turquie demeure un dispositif. C’est là toute la différence sur laquelle se base le leadership pour négocier ses propres dividendes.

Maxime du jour

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Se retrancher dans des abris nucléaires sous des tonnes de béton et de métal, armés jusqu’aux dents avec assez de munitions pour soutenir un siège de dix années, des mines, des chambres froides, des élevages d’animaux, des systèmes portatifs de recyclage d’air et d’eau, des sources d’énergies alternatives et un contact permanent avec le monde extérieur via un réseau internet de nouvelle génération, ne vous évitera pas une reddition pure et simple.

M3S ou comment tout citoyen peut être labelisé “terroriste”

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L’allocation des ressources dédiées à la lutte contre ce qui était désigné sous le terme technique de “terrorisme international” ou la “guerre globale contre la terreur” ou d’une façon plus caricaturale “la guerre sans fin contre la terreur”(1998-2015) à la lutte contre ce qui est désormais désigné comme “des menaces informationnelles”, “la désinformation en ligne”, les “agents de Moscou et de Beijing” sur les réseaux sociaux à 100% US, marque un tournant dangereux et confirme la hiérarchie ordonnée des thématiques imposées aux Etats. Cette évolution ou plutôt dévolution est d’autant plus dangereuse qu’elle vise à assimiler de facto la blogosphère alternative, la dissidence électronique, l’opinion contraire de simples internautes exprimée sur les réseaux sociaux ou sur les fils de commentaires ouverts des médias dits dominants comme des actes terroristes et hostiles dans l’acception militaire du terme.

Après les mythes et autres légendes urbaines d’Al-Zarkaoui & co., justifiant un budget défense aux proportions astronomiques dont une large part se perd dans les méandres d’une corruption légale bénéficiant à des entités privées, c’est au tour du commentateur internet lambda d’être ciblé par la machine de guerre impériale.

Pour assurer le contrôle de l’espace médiatique et cybernétique, Raytheon a développé un système de surveillance des ressources internet et des médias sociaux. Baptisé Multimedia Monitoring system ou M3S, ce produit du complexe militaro-industriel est actuellement en usage dans des pays de l’Otan, du Moyen-Orient et par des opérateurs privés, dont des multinationales liées à la communauté du renseignement et les sociétés de mercenaires. 

Le coût d’acquisition de ce produit dépasse la somme de 5 millions de dollars US et est réservée aux pays et entités alliés de Washington. Ce système traque, cherche, collecte, traduit et analyse tout contenu texte, audio, vidéo et autre sur n’importe quel réseau social, média ou autre ressources dans plus de 40 langues. Une de ses caractéristiques est le ciblage socio-démographique de l’audience, le ton des publications (une vingtaine de start-up travaillent sous des contrats divers avec le complexe militaro-industriel pour déterminer le ton de ou des auteurs de contenu sur le net) mais également les métadonnées, (géolocalisation, identité des auteurs, leurs adresses, emails, numéro de téléphone fixe et mobile, leurs CV, leurs biographies, l’historique de leurs déplacements, transactions bancaires, etc.)

L’intelligence artificielle de ce programme permet de détecter toute publication considérée comme “subversive”, “dangereuse”, “susceptible de causer un préjudice” ou “à contenu non autorisé”  et permet à l’utilisateur étatique contrôlant l’espace médiatique de neutraliser le dit contenu du cyberespace en déclenchant une procédure légale en informant le gouvernement de l’Etat dont l’auteur de la publication porte la nationalité ainsi que l’Etat où il dispose d’une résidence ou d’intérêts privés. La procédure vise à la fois à éliminer la “menace informationnelle” à la source en bloquant son ou ses auteurs tout en les présentant comme de potentiels criminels. D’autres options incluent le blocage des sites jugés non conformes des sites d’hébergement, le dénigrement de leurs auteurs auprès de leurs employeurs et sur le Net. Ces dernières méthodes prouvent que les concepteurs de cet outil savent que le discours dissident ou critique émane dans une majorité de cas de simples particuliers n’ayant aucun lien avec les ressources bien réelles de cyberguerre ou de guerre psychologique développés par un nombre croissant d’Etats dans le monde. 

Le produit contient également une porte dérobée (backdoor) dans sa version portable (APK sous Google Android) directement liée à la communauté du renseignement US. La tendance actuelle en matière de censure sur le net est la transposition du modèle allemand, l’un des plus restrictifs au monde quand il s’agit de discuter l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale, même au niveau académique, sur les réseaux sociaux et les médias internet, à l’ensemble de la planète sous couvert de lutte contre la désinformation en ligne et la propagande ennemie. 

Sous ce régime de surveillance, tout citoyen, peu importe sa nationalité ou ses origines, est à priori un criminel de la pensée et même un terroriste ayant le même statut d’ennemi non combattant que les prisonniers de Guantanamo Bay. 

Quand un régime devient trop idéologique et dogmatique, il glisse toujours vers une forme de totalitarisme. Celui-ci n’est jamais assumé. L’affaire Assange a démontré que la liberté d’expression n’existe pas dans ce type de régime. Mais que faire des cohortes de mécontents, de lucides, de gens naturellement portés vers l’esprit critique, les personnes dont les principes sont opposés au système, les contestataires, les empêcheurs de tourner en rond, les râleurs? La réponse est simple: ils seront tous traités comme des terroristes et cela justifiera l’allocation de ressources sans fin pour le fonctionnement de la machine de guerre et donc d’un profit illimité pour l’oligarchie privée qui tire les ficelles des marionnettes au pouvoir. 

L’heure est grave…

 

 

 

 

 

Image d’illustration: M3S (Droits: Raytheon Intelligence and Space)

 

 

Un enfer sur terre…

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L’un des plus grands complexes industriels lourds d’Europe se transforme peu à peu en un véritable enfer sur terre. Il pleut du feu sur les forges éteintes de Vulcain.

Des projectiles imcendiaires MZ-21 (122mm) s’abattant sur les surfaces du complexe où évoluent les assiégés succèdent aux roquettes et aux obus d’artillerie.

Buffalo

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Le jeune auteur de la fusillade de Buffalo qui a causé la mort de dix personnes est issu de la génération Z, totalement déconnecté du réel et vivant dans le monde virtuel des réseaux sociaux. Son manifeste de 106 pages expliquant son passage à l’acte a été supprimé par Google.

Le tireur est né en 2004. Il a utilisé un fusil Bushmaster XM-15 E2S (destiné à un usage civil), un fusil à pompe Mossberg 500 et un fusil Savage Axis XP.

Bushmaster XM-15 E2S
Mossberg 500
Savage Axis xp

Une lecture rapide de son manifeste où figure en bonne place un symbole ésotérique néonazi (Schwarze Sonne ou Soleil Noir) nous apprend que ce jeune est très influence par des idées suprémacistes de la “race blanche”, laquelle se meurt selon lui et qu’il attendait un signal pour passer à l’acte.

Le titre est assez évocateur à cet égard : ” Vous attendez un signal quand votre peuple vous attend”.

Il évoque l’immigration de masse et son rôle dans l’accroissement démographique en Occident et le taux de reproduction assez bas de ce qu’il désigne par la race blanche. Il décrit sommairement ses armes et commente assez naïvement son plan articulé autour du schéma du bâtiment ciblé. Son pamphlet dangereux n’aurait jamais pu être diffusé sur une plateforme sociale en raison de nombreux appels à la haine et au meurtre d’autres personnes sur la base de leur appartenance ethnique.

Voici le schéma que ce détraqué a dessiné tel qu’il figure dans son manifeste:

Cela rappelle le tueur de masse et terroriste norvégien Anders Behring Breivik, un sataniste qui a tué 77 personnes et blessé 319 autres le 22 juillet 2011. Il s’est revendiqué de l’ultra-droite tout en se déclarant comme adhérant au sionisme international.

Les deux n’ont pas été abattu par les forces de l’ordre. Ce qui a suscité l’émergence d’une foule d’hypothèses sur un supposé false flag ou attaque sous faux drapeau. Aux États-Unis, certains croient déjà à cette thèse en avançant que les commanditaires de cet acte dans l’une des localités à majorité noire parmi les moins racistes du pays vise le déclenchement sinon d’une guerre raciale, du moins de troubles ethniques à fins de manipulation sociale.

Ce qui est certain est que cette tuerie intervient au plus mauvais moment possible avec les effets d’une inflation record, la montée du mécontentement social, la détérioration des infrastructures et un profond clivage sociétal et politique sur fond de rejet de l’ensemble du système.

De la camelote…

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Le commandement militaire ukrainien a formellement interdit aux officiers et soldats de critiquer les performances des armements et du matériel occidental livré aux forces ukrainiennes. Tout contrevenant à cette interdiction sera traduit en cour martiale.

Les critiques des militaires ukrainiens à l’égard de la mauvaise qualité des armements qui leur ont été livrés par les pays de l’OTAN sont devenus non seulement récurrentes mais bruyantes.

D’un point de vue objectif, la livraison d’un matériel aussi obsolète que le M113, un véhicule de transport de troupes datant du début de la Guerre du Vietnam est aberrante. Il ne reflète nullement une volonté à aider l’Ukraine mais à faire perdurer la casse et probablement camoufler un vaste circuit de corruption basé sur l’assistance militaire à ce pays.

Le FGM-148 Javelin demeure très critiqué mais pas autant que le missile antichar NLAW ou, le pire de tous, le missile Sol-Air portatif britannique Starstreak, un variant du Stinger. Même les canons M777 ont été livrés délestés de leurs modules GPS et Excalibur, de peur s’ils ne tombent entre les mains des Russes.

Les critiques du matériel russe délivré par des pays la Pologne, la Slovénie ou la Roumanie sont encore plus vives. À croire que ces pays ne disposent d’aucune force armée.

L’industrie de l’armement a connu le même cheminement que l’industrie automobile : de plus en plus chère, de moins en moins fiable, beaucoup d’électronique fragile et défaillante… Bref pas fiable du tout si ce n’est le marketing. Le marketing fait vendre.

La guerre de 6e génération

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Les États-Unis viennent d’inaugurer la guerre de 6e génération.

Jusqu’ici la guerre de 5e génération (G5G) était conduite à travers des moyens militaires non cinétiques, l’ingénierie sociale, la désinformation, la manipulation sociétale, la guerre financière, la cyberguerre (cyberguérilla), l’intelligence artificielles et les drones.  Du temps de l’administration Obama, ce type de guerre a été essentiellement mené par un programme impliquant l’usage intensif de plateformes de combat robotisées (drones d’attaque) dans des zones de conflit de basse intensité comme la Somalie, le nord du Pakistan, le Sahel et ailleurs.

Depuis quelques jours, les bases de données de l’ensemble des ressortissants russes disposant ou ayant disposé d’un numéro mobile est utilisé dans le cadre d’un programme dédié, supervisé par une branche du Département d’État, pour la transmission de SMS/MMS groupés contenant des documents (photographies et vidéos) du massacre de Bucha en Ukraine, l’imputant aux forces russes mais aussi des éléments de guerre psychologique sapant les narrations officielle et alternative russes au profit de la narration officielle US.

Cet usage permet de constater que les capacités de guerre psychologique asymétrique US ont réussi à utiliser les infrastructures des opérateurs mobiles basés en Russie tout en contournant les dispositifs de contrôle pour s’adresser directement aux populations russes via le téléphone mobile. Ceci n’est que la première étape. La seconde sera l’envoi de vidéos personnalisés et adaptées à l’humus culturel local de chaque ethnie de la Fédération de Russie.

Ces méthodes permettront bientôt à un chef d’État étranger de s’adresser directement aux populations d’un autre État de manière active et probablement interactive. L’Internet des objets et des systèmes évolutifs tels que Starlink représentent dans ce contexte précis un enjeu majeur des prochaines guerres psychologiques et informationnelles.

Le pouvoir brut

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Vous êtes une paille dans l’échantillon Winston, une tâche qui doit être effacée.

Est-ce que je ne viens pas de vous dire que nous sommes différents des persécuteurs du passé ? Nous ne nous contenterons pas d’une obéissance négative, ni même de la plus abjecte soumission. Quand finalement, vous vous rendez à nous, ce doit être de votre propre volonté. Nous ne détruisons pas l’hérétique parce qu’il nous résiste. Tant qu’il nous résiste, nous le détruisons jamais. Nous le convertissons. Nous captons son âme, nous lui donnons une autre forme. Nous lui enlevons et brûlons tout mal et toute illusion. Nous l’amenons à nous, pas seulement en apparence, mais réellement, de cœur et d’âme. Avant de le tuer, nous en faisons un des nôtres.

G.Orwell, 1984 (1948)

Pour que l’égalité humaine soit à jamais écartée, pour que les Grands, comme nous les avons appelés, gardent perpétuellement leurs places, la condition mentale dominante doit être la folie dirigée.

G.Orwell, 1984, (1948)

Il était clair depuis des années, si ce n’est depuis toujours, que toute dissidence ou toute autre activité non violente assimilée à de la dissidence avec le discours dominant, réel ou surfait, synthétique ou disruptif, était amenée à se transformer sinon à disparaître dans la forme imposée par le pouvoir brut. Peu importe que cette dissidence soit définie ou à chaque fois redéfinie comme une forme d’opposition contrôlée, orientée ou pas, comme une fabrique d’un logos dissonant, alternatif ou contraire, voire de la désinformation par amalgame intelligent dans le cadre de la bataille pour les cœurs et les esprits du bétail humain. La perception de la réalité ou pour être plus précis d’une parcelle de la réalité perçue par l’esprit humain est non seulement un enjeu de pouvoir mais un des objectifs visant à assurer la continuité du pouvoir. Ce pouvoir transcende les formes actuelles et passées que peuvent prendre les organisations sociales et les regroupements humains hiérarchisés et survit à leur disparition comme un esprit proteïforme qui ne peut exister per se mais qui se déploie dans les organismes culturels évolués créées par le regroupement de masses d’êtres biologiques conscients et sociaux. Ce pouvoir brut survit au cycle des civilisations, des empires, des royaumes et des États. Il ne se transforme jamais. Il mute et change d’hôte à chaque fois.

La dissidence n’a plus aucun avenir. Dans les faits, elle a été neutralisée partout quel que soit le type de régime politique et d’idéologie. Ce que Orwell ne pouvait prévoir est la victoire définitive de la bêtise humaine par l’accroissement de l’idiotisme et du crétinisme, produits collatéraux issus des fabriques des réseaux sociaux et des nouvelles technologies de l’information et de la communication. C’est le retour aux amphithéâtres romains où la plèbe, privée de tout et lourdement imposée, se défoule dans les jeux du cirque et dans le spectacle du sang.

L’histoire connue ou conventionnelle des groupements humains ne représente qu’une infime partie d’une autre histoire à jamais ignorée. Le peu de chose qui demeure de certains faits anciens, modifiés ou altérés par le temps, les lubies des hommes et l’imagination est que le pouvoir a toujours appartenu à une infime minorité ayant réussi à manipuler une masse beaucoup plus nombreuse par divers stratagèmes, le monopole de certains attributs et la possession exclusive d’un immense avantage de type technique. C’est toujours le cas actuellement. À côté de ces aspects, il y a le chant des sirènes, la fabrique des clivages et la folie orientée, lesquels participent à dissoudre l’ensemble des facteurs objectifs faisant la force d’un éventuel adversaire ou d’une coalition regroupant des éléments disparates susceptibles de constituer une force rivale à celle du pouvoir brut ayant assis sa domination sur les terres, les avoirs, l’histoire, les cœurs et les esprits.

Dans 100 ans, soit aux environs de 2122, le monde sera probablement régi par un pouvoir unique contrôlant une pensée unique dans le cadre d’un système monolithique ou toute anomalie sera impitoyablement exclue. Il y aura probablement deux classes d’humains plus ou moins tolérées et une majorité de déclassés exclus de la réalité visible et confinée dans les travaux d’astreinte de la réalité virtuelle. L’histoire sera encore changée et modifiée pour cadrer avec les objectifs politique du pouvoir. Il se pourrait même que dans un excès de zèle historiographique, l’altération de l’historie érigera l’année 2020 comme le début d’une nouvelle ère de prospérité universelle pour les classes dirigeantes qui doivent le sauvetage de leurs monde et intérêts à un facteur pathogène biologique ayant précédé la destruction des puissances révisionnistes de l’ordre mondial durant les décennies qui suivront le premier grand confinement dans le cadre de la Grande guerre hybride pour l’hégémonie.

Ce qui précède relève de la pure spéculation mais pourrait être l’aboutissement logique de l’évolution des événements actuels. Le blocage des stratégies impériales dans la région centrale du monde puis l’intrusion russe en Afrique a mené à la préparation d’un front offensif sur les marches de l’ancien empire tsariste russe puis soviétique. La Russie a été attirée dans un traquenard dans lequel il lui était impossible de ne pas tomber. La guerre actuelle en Europe orientale est au final une guerre interslave ou une guerre civile slave dans laquelle l’Empire s’assure que les slaves s’entretuent et s’affaiblissent pour ses propres intérêts. Le second objectif est l’affaiblissement puis la disparition définitive de l’Eurasie, même sous domination impériale. C’est la condition sine qua non pour assurer un avenir apaisé de l’hégémonie mondiale. Les autres se soumettront ou connaîtront un sort semblable à ceux de Cuba ou de la Corée du Nord après la fin de la Guerre froide 1.0.

On a écrit ici que la Russie sera tôt ou tard attaquée sur son propre territoire en se basant sur des données précises et une observation minutieuse des opérations de la guerre en Ukraine. L’incapacité des Russes à contourner ou à neutraliser le verrou de Kharkov s’est révélée dès le second jour de l’opération militaire russe dans ce pays qui se préparait à la guerre totale depuis 2014. L’envoi d’assauts aéroportés en profondeur au nord de l’Ukraine sans aucune coordination avec l’artillerie et l’aviation a étonné les observateurs les plus avertis sur la légèreté du plan russe, lequel semble fixé aux stratégies et aux tactiques de 1944-1945. Toute l’opération a été parsemée de trous de gruyère depuis le J+1 avec pour résultat une attaque prochaine contre Belgorod, Koursk, Voronej, Lipetsk, Orel, Briansk et même Tula. Historiquement, la Russie n’a gagné la guerre qu’en attirant l’ennemi dans son immense territoire. La Russie dispose d’un avantage technique mais manque cruellement de combattants. Ce sont les Tchétchènes et les éléments du groupe Wagner qui sont efficaces sur le terrain. Et ils ne peuvent pas être partout. Ce qui empêche actuellement une invasion tout à fait possible de la Russie par les forces US et alliés de l’OTAN n’est pas son armée conventionnelle mais son arsenal nucléaire et plus précisément sa triade nucléaire à capacité de seconde frappe.

L’autre défaite russe est celle de la cyberguerre. Il faut se rappeler de tout le bruit généré par les agences gouvernementales et les médias US sur la menace des capacités de cyberguerre russes, des prouesses des hackers russes et leur liens avec un scandale politique US, voire une éventuelle interférence dans les processus électoraux aux États-Unis et ailleurs. Tout cela s’est avéré être un énorme canular orchestré par la désinformation systématique de l’Empire. Les Russes semblent avoir perdu leurs capacités dans le domaine de la cyberguerre. Internet est un champ de bataille verrouillé appartenant aux États-Unis; Elon Musk a fait le reste en anéantissant toutes les capacités russes en matière de cyberguerre par une révolution technologique en avance de trente décennies sur les projets et prototypes actuels (estimations chinoises). Le scandale d’une éventuelle collusion russe durant le mandat de Donald Trump était donc une affaire interne à l’Empire et n’a jamais impliqué la Russie même si les accusations et le dossier de l’espion britannique Steele ont intoxiqué les élites russes et leur ont donné l’impression qu’ils avaient un pouvoir bien plus grand qu’il ne l’était en réalité. La guerre est une tromperie, même en interne ou vis-à-vis des vassaux et des alliés.

Il ne s’agit pas ici de traiter des causes de cette gabegie. Les États-Unis n’ont d’autre choix que de faire perdurer la guerre sans aucun plan ou stratégie afin d’éviter une inévitable guerre civile américaine 2.0 dans un contexte d’effondrement intérieur qui devient de plus en plus visible. La Grande-Bretagne a coulé corps et âmes tandis qu’en Europe, le mode survie a été activé en espérant que la casse s’arrêtera bientôt, en attendant chaque État trafique ses statistiques et manipule les indices macroéconomiques en attendant le passage de la tempête. Une tempête qui va tous les emporter au profit du pouvoir brut. Ce dernier sera le grand gagnant. Il lui reste qu’un formidable adversaire qui semble avoir saisi sa nature en mimant ses propres stratégies hybrides. Les grands confinements en Chine et en Corée du Nord montrent que Beijing est entrée en mode de guerre hybride totale. Elle utilise la même méthode que celle utilisée par l’Empire en 2020 pour préparer le monde au choc du futur.

Sans surprise, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a fustigé les confinements en Chine. Cela démontre que le pouvoir brut a compris le message de Beijing même s’il n’en est pas un. Contrairement à la Russie, la Chine n’utilisera pas la force militaire, qu’elle abhorre au plus haut point, mais adoptera une stratégie plus subtile dont l’objectif est d’éviter toute confrontation ou choc frontal. Cela prendra du temps mais viendra le jour où des paramètres défaillants ou une faille causera la perte d’un des adversaires sans aucune considération de sa force ou de ses capacités. L’histoire sera clôturée par un acte officiel et l’humanité vivant dispersée dans des enclos sera alors encagée.

Les “deux minutes de la haine” de la populace de Paris contre les pilotes alliés capturés

Dans cet extrait vidéo, la populace de Paris crache sa haine contre des pilotes US et britanniques capturés par les Allemands, qui les faisaient défiler dans un rituel semblable à celui des “Deux minutes de la Haine” du roman 1984 d’Orwell.

C’était il y a huit décennies. Depuis lors, il semble que la violence symbolique demeure intacte en dépit des efforts surhumains de l’État français pour éliminer un potentiel de violence extrême prévalent dans le pays depuis ce que l’on désigne sous le terme de Révolution française, une des périodes les plus violentes de l’histoire.

Cette violence dans les idées et dans les faits se déchargea sur les colonies sans aucune limite et sans contrepoids loin des yeux de la métropole et du monde durant des décennies. Après 1945, d’autres scènes de violences plus scandaleuses dont sont victimes des femmes soupçonnées ou accusées de collaboration et commises par les d’ex- collaborateurs zélés défrayront la chronique. La seconde guerre mondiale n’est pas terminée. Il n’y a aucune esthétique dans la violence.

Le gouverment espagnol espionné par le Maroc à l’aide du logiciel Pegasus

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Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez et sa ministre de la Défense Margarita Robles avaient été espionnés en mai et juin 2021 par un gouvernement étranger au moyen du logiciel israélien Pegasus (NSO).

Une fois installé sur un téléphone, le logiciel Pegasus, développé par la société israélienne NSO, permet d’accéder aux messageries, aux données ou d’activer à distance les caméras et les micros.

Infection au spyware Pegasus dans le monde en 2018. l’Espagne n’y figurait pas à l’époque.

Le gouvernement espagnol a affirmé que l’espionnage dont il a été victime était une «attaque externe» émanant d’un pays étranger sans plus de détails. Interrogé le 3 mai 2022 sur une éventuelle implication du royaume du Maroc, un haut responsable espagnol avait demandé à «ne pas faire de suppositions». En 2021, une enquête de médias internationaux autour du logiciel espion israélien NSO Pegasus avait révélé qu’il avait permis au Maroc d’espionner les téléphones de journalistes, d’hommes politiques, de militants ou de chefs d’entreprises de différents pays dont l’Algérie, l’Espagne et la France.

Le gouvernement espagnol actuel aurait-il été compromis par les services secrets marocains au profit d’une puissance tierce?

Le gouvernement espagnol connaît avec précision l’origine de cette “attaque externe” mais garde un mutisme compréhensible à ce sujet moins liées à des impératifs d’équilibre géopolitique à l’échelle régionale qu’à la gestion d’une image et une réputation susceptibles d’être écornées par des révélations embarrassantes. Certains experts en cybersécurité estiment un éventuel chantage sur la vie privée de Pedro Sanchez, l’actuel Chef du gouvernement espagnol, comme hautement probable. Le logiciel Pegasus a déjà été utilisé à des fins similaires, notamment dans la mort fort suspecte d’un consul général de France au Maroc mais également en anticipant les déplacements privés de certaines personnalités politiques. Pour rappel, les téléphones du président français Emmanuel Macron ont tous été ciblés par Pegasus et ses déplacements et conversations privés étaient étroitement surveillés par les services secrets marocains. Ce qui a conduit à la prise de contremesures et l’étouffement d’une affaire qui risquait de faire tâche quelques moins avant la dernière élection présidentielle.

Pour des analystes de la communauté du renseignement US, le Maroc ne fait que sous-traiter cette surveillance. Pegasus a été utilisé par des dizaines de pays, y compris par l’Espagne à des fins d’espionnage ayant ciblé les dirigeants indépendantistes catalans ou basques par exemple. Les Émirats Arabes Unis ont également eu recours à ce logiciel dont la nouvelle version serait totalement indétectable. Le journaliste saoudien Khashoggi (assassiné dans les locaux du consulat général d’Arabie Saoudite à Istanbul) et le milliardaire américain Jeff Bezos (patron d’Amazon et du Washington Post) également espionné à l’aide de ce logiciel qui permettait de transférer toutes les données échangées via des applications de messagerie cryptées comme WhatsApp au renseignement saoudien. D’autres pays ont utilisé Pegasus pour espionner illégalement des journalistes, des opposants, des blogueurs et des activistes.

La question qui se pose est la suivante: l’utilisation de ce logiciel d’espionnage à l’encontre d’un État peut-il induire un changement au niveau de l’élaboration et du processus de prise de décision politique de cet État ? Si la réponse est positive, il n’est pas étonnant que la méthode Epstein soit obsolète et donc inutile lorsque le chantage s’exerce à l’aide de moyens électroniques capables de suivre, surveiller et collecter les données privées des personnes ciblées en permanence.

Il n’est pas étonnant dès lors que Meta (Facebook), un des géants du numérique, ait tenté d’acquérir secrètement la firme israélienne NSO Pegasus dans sa tentative de bâtir un système de surveillance automatisée et interactive à une échelle universelle.

La Chine remplace ses équipements informatiques

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Le gouvernement chinois vient d’ordonner le remplacement immédiat de tous les ordinateurs, terminaux et équipements informatiques de marques étrangères détenus par les ministères, les agences gouvernementales, les sociétés publiques et les sociétés privées financées par des fonds publics par des équipements chinois.

Il n’a pas été précisé si ce matériel conséquent sera mis en vente. Il est clair que les supports mémoire des ordinateurs appartenant à des domaines sensibles seront archivés et mis en sécurité.

La première décision chinoise en ce sens date de 2019 avec l’annonce d’un plan triennal visant à éliminer 98 % des équipements informatiques de conception étrangère des institutions gouvernementales et publiques en Chine d’ici décembre 2022.

Intitulé “3-5-2”, ce plan inclut également les écosystèmes logiciels. En théorie, le plan 3-5-2 prévoyait la suppression de 30% des ordinateurs et des logiciels de conception étrangères en 2020, 50 % en 2021 et 20 % en 2022. Les compagnies Dell, HP et Microsoft sont exclues de toutes les offres des marchés publics.

Ce plan bute sur la question des microprocesseurs et des circuits mémoires équipant la plupart des ordinateurs, monopole US jusqu’à présent. Par ailleurs, si le remplacement de l’OS MS Windows par des versions locales et lourdement modifiées du système d’exploitation Linux est effectif, le remplacement de l’OS Android (Google) s’avère bien plus difficile et a été reporté à 2025.

De nombreuses applications logicielles ont été interdites en Chine bien avant le plan 3-5-2 dans le cadre du grand firewall chinois. A terme, la Chine veut avoir son propre réseau internet découplé de celui des États-Unis.

Exercice de simulation

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Scénario 1*:

Moscou veut mettre un terme à la guerre en Ukraine;

Washington et ses alliés veulent à tout prix la poursuite du conflit;

Donc, la Russie ne peut plus faire marche arrière et ne peut plus avancer non plus ;

Les livraisons massives d’armes, de fonds et de mercenaires par l’Empire parviennent à bloquer les opérations militaires russes;

Moscou pourrait être bombardé le 09 mai 2022, jour de parade militaire.

Cet acte pourrait marquer l’entrée effective de la Russie dans la guerre en mobilisant ses ressources pour faire face à l’ensemble de l’OTAN.

Dans un tel cas de figure, la probabilité d’une victoire stratégique russe est de 2 % en utilisant des moyens conventionnels (résultat obtenu par un logiciel de simulation).

Exercice 1 : quelles sont les issues opérationnelles possibles de ce conflit en Europe orientale à court terme (deadline: mois d’août 2022) ?

Réponses dans les commentaires.


* Scenario basé sur les données et informations en source ouverte ou à accès public sur l’évolution de la situation en Europe orientale, actualisées au 05 mai 2022.

De la géostratégie à la remise en cause de la perception du réel et de l’histoire officielle

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Selon des estimations concordantes, il y aurait près de 2000 personnes dont 400 “mercenaires” étrangers coincés à Azovstal. Cette proportion cosmopolite dans une unité militaire privée formés de radicaux et  intégrée dans les forces armées ukrainiennes est énorme.

La diplomatie russe a rajouté une couche en évoquant la présence remarquée de “mercenaires” israéliens dans les unités paramilitaires les plus antisémites d’Ukraine. La présence de membres de l’IDF dans des unités radicales comme Kraken ou la milice du parti Sovobda “liberté” est confirmée sur le terrain. 

Les Israéliens ont redoublé leurs livraisons d’armes, de munitions et de conseillers militaires à l’Ukraine et cherchent à engager une guerre totale contre la Russie sur ce territoire avec l’aide des autres pays de l’OTAN.

Des observateurs biélorusses redoutent l’éventualité d’un false flag britannique ou israélien utilisant une charge nucléaire de faible puissance ou une bombe sale au Donbass pour accuser Moscou d’avoir utilisé en premier l’arme nucléaire.

Washington ne cesse d’élargir la gamme des sanctions contre la Russie en adoptant un embargo pétrolier progressif, lequel nuira gravement à l’économie des pays de l’Union européenne. L’embargo pétrolier total est en général un casus belli pour n’importe quel État-nation, même dépourvu de moyens de défense. 

Des sociétés allemandes tentent de contourner les sanctions à travers l’ouverture de comptes auprès de banques situés dans des pays tiers non membres de l’OTAN suscitant la colère du régime de Kiev. D’autres pays d’Europe tentent de trouver des voies alternatives pour échapper à un véritable piège mettant en péril leur stabilité en accusant en privé l’obsession de certains pays de l’OTAN à aggraver le conflit et le faire durer le plus longtemps possible.

L’implication de plus en plus manifeste du Mossad israélien dans l’assassinat d’oligarques russes pourtant opposés à Moscou et le rôle de premier plan qu’a joué le renseignement électronique israélien dans le ciblage de généraux russes tués sur le théâtre des opérations marquent un changement de la posture israélienne qui entretenait une ambiguïté pour se réserver le rôle de médiateur entre les acteurs agissant à l’ombre dans ce conflit.

Le fait que les dirigeants israéliens condamnent des “crimes de  guerre” russes alors qu’ils sont les champions du monde toutes catégories en la matière confirme la radicalisation israélienne à l’égard de la Russie dès le moment où celle-ci a décidé de dévoiler une infime partie du jeu de dupes dans lequel excellent les stratèges israéliens et leurs soutiens.

Il y a quelques années, nous avons abordé une telle éventualité. Une modélisation d’un scénario de simulation basé sur des précédents historiques défavorables à la Russie aboutissait à un processus d’usure lent et complexe. Le réfèrent historique se situant à partir du règne et de l’assassinat du Tsar Alexandre II et les conséquences qu’il induit par la suite sur les relations entre le pouvoir d’État russe et les faux mouvements révolutionnaires anarchistes déguisant l’agitation proto-sioniste. C’est pour cette raison que des sources russes estiment qu’ils maîtrisent mieux que quiconque ce sujet et que Lavrov a probablement évité à son pays la “Une” célèbre d’un journal britannique paru en 1933 dans le cadre de la guerre hybride mais pas une implication militaire israélienne limitée en Europe orientale.

Une du Daily Express, “La Judée déclare la guerre à l’Allemagne“, vendredi, 24 mars 1933.

Ce conflit devient donc extrêmement intéressant et même capital puisqu’il réunit non seulement tous les ingrédients d’une guerre mondiale déjà en cours dans ses aspects hybrides mais une remise en cause de façon radicale de la narration historique et de la perception du réel imposées après 1945. C’est un conflit disruptif au premier degré et aucun belligérant de ce conflit ne cache les objectifs poursuivis: Washington veut refonder sa superpuissance unipolaire et assurer un statu quo concernant le système financier mondial tandis que Moscou affirme, via le ministre Lavrov que sa guerre en Ukraine vise la fin de l’oppression occidentale et l’émergence d’un ordre multipolaire.

Le patron de Leclerc accuse la spéculation d’être derrière une partie de l’inflation

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Invité d’une chaîne d’information en continu du paysage audiovisuel français, le patron des magasins Leclerc n’est pas allé par quatre chemins pour accuser les spéculateurs comme responsable d’une partie de l’inflation sur certains produits de consommation comme l’huile de tournesol, que certains médias tentent d’attribuer au conflit ukrainien.

«L’huile de tournesol qui manque ici aujourd’hui ou qu’on envoie les gens chercher, c’est des graines qui ont été récoltées l’année dernière. Donc c’est de la spéculation, au mieux de l’anticipation et il n’y a pas de raison de laisser les prix partir comme ça à la hausse»

Michel Édouard Leclerc, patron des magasins Leclerc

Michel Édouard Leclerc a tenu un langage courageux dans un contexte tendu marqué par par une mise au pas de tout discours variant du matraquage médiatique orienté. Il souligne que «L’inflation est une taxe, l’inflation menace les Français», en soulignant que cette d’inflation était différente des précédents qu’a pu connaître le pays. Il annonce enfin avoir prévenu de l’inflation qui arrivait et avoir pris une série des mesures pour atténuer les effets négatifs de la hausse des prix à travers la mise en place d’un bouclier. Enfin il a affirmé que son enseigne ne va pas avaler n’importe quelle hausse et qu’elle va négocier”. Ces affirmations ne risquent pas de plaire à beaucoup de monde. En d’autres termes, la guerre en Ukraine a bon dos et fait le bonheur de spéculateurs de tous acabits cachés dans l’ombre. Et ce type de discours raisonnable dérange au plus haut point les soutiens des spéculateurs.

La France est un pays extrêmement régulé, ce qui devrait en principe empêcher sinon réduire la spéculation sur les produits de large consommation. Mais il semble qu’à l’instar de beaucoup d’autres pays, les spéculateurs y ont réussi à trouver des failles à travers l’affaiblissement des circuits de contrôle et la menace que fait peser sur la sécurité alimentaire des populations l’intrusion de certaines organisations venant du crime organisé.

Une réflexion sur la pêche

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La pêche à la ligne est un art difficile nécessitant une immense capacité de patience et de persévérance. Elle est en général réservée aux gens de tempérament calme et posé, pas aux agités du bocal qui s’emportent à la moindre contrariété ou s’excitent pour de faux prétextes ou du moins des prétextes qui n’existent que dans leur imagination. C’est une activité en apparence ennuyeuse, lente où les moments d’action sont rares et sont souvent l’aboutissement d’un long délai d’attente.

Pêcher du poisson est également une passion cachant d’autres passions comme la passion pour la solitude. Cette propension à la solitude est souvent une nostalgie du rapport métaphysique abolissant l’illusion du monde cachant une autre réalité fuyante que l’intuition devine par de courtes courses successives et éphémères sans jamais aboutir à l’ombre de ce qui est supposé être un objet qui n’en a pas les attributs. Le retour en société gâche toujours ce plaisir d’effleurement avant l’oblivion dans les aléas du fracas des consciences et des entités psychiques du zoon politikon dans son rapport avec lui-même en tant qu’être doué d’une forme biologique déterminée dans un environnement continuellement étrange et étranger sans aucun constentement du sujet à ce sujet.

L’Homme est un mystère absolu. Capable du meilleur comme du pire. L’oubli semble être sa principale caractéristique. En continuel changement de sa naissance jusqu’à sa mort dans les univers du monde inférieur, le temps, une notion impossible à définir autrement que par le mouvement relatif dont on ne sait s’il est statique ou dynamique par rapport à un espace, se charge de l’éduquer et de lui administrer de sévères leçons. La majorité des humains semblent ne retenir aucune leçon et répètent les mêmes erreurs fatales.

Les grottes, les caves, les cellules d’emprisonnement, les lieux inaccessibles d’accès et les hospices sont favorables à la réflexion et à la philosophie, laquelle n’est ni occidentale ni orientale mais inhérente à chaque vécu humain. La sagesse est un état d’éveil et de concience difficile à atteindre. Un niveau qui n’est pas à la portée de celui qui est emporté par des passions violentes ou des pulsions. Et impossible à atteindre à l’esprit intoxiqué par le romantisme d’action qui amène une jeune personne à l’esprit sain à s’enfermer dans de fausses croyances au point où elle n’hésitera pas à tuer pour une simple idée ou représentation mentale imperfectible et traduite de manière erronée par le verbe. Cette représentation des fausses idoles a conduit une grande partie de l’humanité à sa perte.

Tant que l’homme n’abandonne pas sa vanité, ne retrouve pas l’humilité et refuse de réconcilier avec la nature et à se soumettre à l’ordre grandiose du cosmos, il ne retrouvera jamais la paix.

Une conséquence inattendue du conflit pour l’hégémonie mondiale

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Les déclarations étudiées du Chef de la diplomatie russe sur les origines juives du président ukrainien Volodymyr Zelenski et de l’ex-chancelier du troisième Reich allemand Adolf Hitler et leur liens avec l’idéologie national-socialiste ont déclenché une violente réaction israélienne et la crise la plus grave dans l’histoire des relations très complexes entre la Russie et Israël.

Au-delà de la guerre des déclarations et de la virulence de la réaction israélienne qui estime que la Russie est définitivement l’ennemi éternel du “peuple juif”, pour avoir brisé un des tabous historiques sur lequel se fondait la légitimité d’Israël, la plupart des observateurs affirment que cet épisode inédit marque le début d’une guerre israélienne contre la Russie qui est déjà effective en Ukraine et en Syrie.

Les médias israéliens affirment que la Russie ne sera jamais pardonnée pour l’éternité et appellent à soutenir par tous les moyens possibles et imaginables n’importe quel pays en guerre avec Moscou.

Lors d’un point de presse, la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères a critiqué les déclarations du ministre israélien Yaïr Lapid en les qualifiant d’anti historiques avant d’évoquer spécifiquement et assez singulièrement les cas des chefs communautaires Jakob Likin et de Chaïm Rumkowsky, qui ont collaboré avec les autorités nazies dans les ghettos de Varsovie et de Lodz durant l’occupation allemande de la Pologne et de souligner que les origines juives de l’actuel président de la Lettonie, Egils Levits, ne l’empêche pas de “couvrir la réhabilitation des Waffen SS dans son pays”.

La prochaine étape a été franchie: le Mossad israélien a rendu public son programme d’assistance à l’Ukraine. De son côté, la Russie n’exclut pas d’interdire la double citoyenneté en visant les binationaux russes disposant de passeports israéliens, ce qui est le cas de la quasi-totalité des oligarques russes dont les avoir ont été saisis à l’étranger par les pays alliés à Washington. Pour certains observateurs, la Russie ne fait que le constat d’une guerre ravageant le monde juif bien avant l’affaire Epstein. Pour d’autres la Russie, laquelle entretient des relations complexes de plus de mille ans avec les Juifs, aurait signé son arrêt de mort. Quoi qu’il en soit, des tabous sont tombés et c’est là une des conséquences inattendues de la confrontation en cours entre l’OTAN et la Russie. Le silence des médias aux ordres à ce sujet ne changera rien à l’histoire.

l’OTAN a créé un nouveau groupe de bataille en Roumanie

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Les choses commencent à prendre une nouvelle dimension sur le théâtre européen. Le Commandement conjoint des forces alliées de l’OTAN a annoncé l’activation de La force de réaction et la création d’un nouveau groupe de bataille en Roumanie. 👇

L’activation de la force de réaction rapide de l’Otan et la montée en puissance des capacités militaires de l’Alliance en Roumanie coïncide avec une probable extension du conflit en Ukraine en Transnistrie et en Moldavie. Les forces ukrainienne du secteur occidental sont déjà massées près de cette enclave russe tandis que des analystes affirment que l’objectif de la Russie est d’établir une jonction entre les forces du Donbass et la Crimée avec la Transnistrie en bloquant l’accès de ce qui reste de Ukraine à la Mer Noire et à la Mer d’Azov. Ce qui laisse entendre qu’Odessa sera comprise dans le lot.

l’OTAN a déployé des forces de combat et des équipements militaires dans les pays Baltes, en Pologne (QG des opérations en Ukraine), en Roumanie et en Bulgarie.

La livraison par l’Empire d’armes et de mercenaires aux pays d’Europe de l’Est pour alimenter une guerre par proxy contre la Russie mènera tôt ou tard à une confrontation directe entre Washington et Moscou.

Le Mali met fin à ses accords militaires avec la France

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Dans un communiqué officiel publié  le lundi 2 mai 2022, le Gouvernement de la République du Mali « dénonce » avec effet immédiat les accords militaires avec la France. Une procédure qui ouvre la voie à l’annulation de ces accords passés avec la France et sur la base desquels les troupes françaises opèrent dans ce pays du Sahel depuis 2013, officiellement pour contrer une menace “terroriste” que la présence militaire française ne cesse d’aggraver pour des raisons géopolitiques et économiques servant les intérêts coloniaux de l’État profond français.

Bamako constate la décision unilatérale française de suspendre les opérations militaires conjointes avec les forces armées maliennes et dénonce une cinquantaine de violations de l’espace aérien malien par des aéronefs militaires français ou affrétés par l’armée française après l’instauration d’une zone d’interdiction aérienne temporaire malienne. Cependant c’est les chicanes  bureaucratiques typiques de la partie française visant à faire perdurer toute tentative de révision des accords militaires avec le Mali qui semblent avoir suscité l’ire du gouvernement malien. Celui-ci y dénonce une « manœuvre dilatoire consistant à demander une réunion d’experts » pour la “relecture” du traité de défense. Ce qui risque de durer des décennies vu l’expérience de la partie française en matière d’entraves procédurières et de non-respect des dispositions.

Les opérations militaires françaises au Mali ont abouti à une impasse complète en dépit de l’apport significatif de mercenaires tchadiens et les tentatives forcenées de Paris d’y mêler les Nations Unies ainsi que d’autres pays de l’Union européenne et de l’OTAN afin de réduire un véritable tonneau des Danaïdes en termes financiers.

Si au début  l’intervention française évite la chute de  Bamako entre les mains de groupes armés venant du Nord du pays, elle s’ensable assez vite en raison d’une absence évidente d’objectifs stratégiques et d’une influence grandissante de l’idéologie dans la conduite des opérations militaires avec l’invention d’un ennemi imaginaire qualifié vaguement de “djihadiste” niant ainsi l’extrême complexité d’une juxtaposition de facteurs socioéconomiques et ethniques en plus de l’irrédentisme nordiste.

Le manque de résultats, la gabegie sur le terrain et l’aggravation d’un conflit de basse intensité aliènent une grande partie de populations malienne, laquelle perçoit la présence militaire française comme une initiative coloniale visant à préserver les intérêts privés de l’oligarchie au pouvoir en France. La mise en place d’hommes politiques maliens favorables aux intérêts néocoloniaux creuse un clivage grandissant entre une opinion ignorée et une caste corrompue entraînant la mutinerie et le putsch des militaires de la nouvelle génération, notamment des officiers formés dans le cadre d’accords d’assistance avec les États-Unis. 

Camp de Gao, Mali septentrional

En parallèle, la mauvaise image de la France coloniale dans les pays francophones d’Afrique occidentale met en évidence l’existence d’une opposition grandissante au système d’exploitation économique qu’une partie de l’opinion africaine identifie plus ou moins avec le Franc CFA, une survivance monetaire anachroniques de l’époque coloniale en ce début du 21e siècle.

Pour le pouvoir français, il fallait préserver coûte que coûte le dernier pré-carré colonial en Afrique de l’influence économies chinoise et par dessus tout russe après la percée inédite de la firme de securité privée PMC Wagner (Prigogine) en Centrafrique, provoquant une guerre informationnelle brève mais intense entre la France et la Russie dans les pays du Sahel.  

Pour le moment seuls le Mali et la Centrafrique semblent poser des problèmes à la “Françafrique”. Des pays comme le Niger, le Tchad, la Côte d’Ivoire le Sénégal et le Cameroun demeurent des modèles de ce système archaïque qui génère une pauvreté endémique et le désespoir dans des pays disposant de ressources fabuleuses et poussant des millions de jeunes africains à fuir ailleurs.

Lavrov suscite la colère d’Israël en évoquant les origines juives d’Hitler

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Pour la première fois, un très haut responsable d’un pays membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies a clairement évoqué les origines juives de l’ex-chancelier du Reich allemand Adolf Hitler (1889-1945) dans une déclaration publique en soulignant auparavant  que les plus grands antisémites sont souvent Juifs.

Apparament tous les verrous sont en train de sauter.

Cette déclaration faite par Sergueï Lavrov, Chef de la diplomatie de la Fédération de Russie a déclenché un tollé en Israël où le Premier ministre Naphtali Bennett à réagi en affirmant que “les déclarations émise [à ce sujet, ndlr] par le Ministre des Affaires étrangères russe sont extrêmement graves”. Pour Bennett, “les propos” de Lavrov ne reflètent pas la réalité et visent l’auto-culpabilisation des Juifs en les accusant des crimes effroyables qui ont été commis à leur encontre à travers l’histoire et par ce biais absoudre “les ennemis du peuple juif” de toute responsabilité à l’égard de ces crimes”. Sans surprise, Bennett n’a pas manqué de rappeler qu’aucune guerre contemporaine, passée ou future n’égalera l’abomination de l’holocauste.

Le Ministre Lavrov n’a en réalité rien dit d’excessif en répondant indirectement au président ukrainien Zelensky. Pour Lavrov, le “peuple juif sage sait que les plus virulents antisémites sont souvent Juifs” en ajoutant que “si sa mémoire ne le trahit pas et sauf erreur de sa part, Hitler aussi avait des origines juives” en concluant avec un proverbe russe sur les tares de famille (très approximativement : Il n’y a aucune famille sans tare).

Ces déclarations sont épiques et relevaient il y a quelques mois à peine d’un tabou des tabous. Les rumeurs puis les études documentés cherchant à établir une ascendance juive à Hitler ne sont pas nouvelles et avaient été menées par la Gestapo (police secrète du temps du régime national-socialiste en Allemagne). Ce sujet est toutefois demeuré tabou car susceptible de susciter un autre amalgame autour du rôle véritable des dirigeants du sionisme international dans la déportation et la spoliation des Juifs européens puis de l’exploitation de cette affaire pour exercer un chantage sur certains pays d’Europe afin de leur soutirer le maximum de compensations financières ou pire, évoquer un rôle quelconque du mouvement sioniste dans le massacre des Juifs européens pour l’édification d’une entité nationale en Palestine.

Il ne reste plus qu’à déterrer le procès Eichmann sans la lourde censure que les minutes de cette parodie ont subi avant d’être incinérées…

Elon Musk, l’homme le plus riche au monde a racheté Twitter presque au même moment où le gouvernement US mettait en place une sorte de “Ministère de la vérité” intitulé Disinformation Governance Board (dirigé par une certaine Nina Jankowicz de la NED* et ex-conseiller du gouvernement ukrainien). Le contrôle des narrations du réel semble bien avoir échappé au génie de la censure et du “politiquement correct”. L’anarchie n’est pas loin.

L’une des motivations de ce site est de brusquer d’une manière plus ou moins subtile la zone de confort intellectuelle de ses lecteurs et de sortir des sentiers battus. Il semble que c’est une activité presque inutile à présent. Les soupapes sauteront bientôt même si certains États continuent à verrouiller leurs archives à triple tours.

À moins de se recycler dans la satire…Mais même The Onion et le Gorafi sont devenus plus sérieux que les médias dits sérieux. C’est dire l’ampleur de la chute libre que le monde est en train de connaître.

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