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Mali: en attendant la force du 05 juillet

Depuis le 05 juillet dernier, d’intenses efforts sont déployés pour la préparation et la mise sur pied d’une force spéciale de 1200 hommes issus des toutes dernières promotions de la police et de la gendarmerie qui sera chargé de protéger les institutions du pays. Cela pour le côté officiel.

Officieusement et l’information est de plus en plus difficile à obtenir de source fiable dans ce pays, cette force spéciale serait le noyau de la nouvelle armée malienne avec pour mission, l’élimination des putschistes ou du moins leur mise à l’écart définitif, le respect et la protection des institutions maliennes et la participation à une éventuelle opération de récupération des territoires du Nord.

Cette force spéciale est composée d’hommes issus de toutes les ethnies du Mali, y compris celles de l’Azawad. Elle est entrainée par des instructeurs de cinq pays dont un pays maghrébin. Nos sources ont refusé de manière catégorique de nous confirmer si le colonel El Haj Gamou et ses hommes font oui ou non partie de cette force.

Cette force du “05 juillet” compte créer une nouvelle armée après la débandade de l’ancienne armée malienne et la perte de plus de 50 % de son armement.

La corruption, le népotisme et les nominations par complaisance ont grandement nui à l’armée malienne. La mise à l’écart d’officiers compétents au profit d’autres pour des raisons lucratives a destructuré l’encadrement et entrainé une profonde démotivation. la création d’un noyau sur des bases solides répond d’un côté à l’urgence d’une réforme profonde de l’armée dans un contexte hostile et d’un autre, au refus d’une intervention étrangère et l’allusion est on ne peut plus claire.

Le refus du Sénégal de participer à la force d’attente de la Cédéao et l’attitude trop intéressée des ivoiriens a conforté les dirigeants maliens à ne compter que sur eux-mêmes, malgré le peu de ressources disponibles. Cependant, la force du 05 juillet sera le support probable d’une éventuelle intervention régionale impliquant des unités militaires de pays amis.

Au Nord, les groupes islamistes semblent contrôler (le mot est fort mais on l’utilisera faute de mieux) les localités tombées au pouvoir du MNLA en avril dernier. Des cadres du MNLA nous ont affirmé que les médias internationaux donnent trop de poids à ces groupes et que l’insuffisance des moyens à leur disposition, conjuguée à l’immensité des territoires, a laissé le champ libre à l’activité nuisible de groupes armés et leur sur-médiatisation.

En attendant la force du 05 juillet, des pays comme l’Algérie, la Mauritanie et le Niger préconisent l’amorce d’un dialogue national malien sans exclusive entre tous les courants politiques du pays pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le pays depuis des mois. En clair, la solution de la crise malienne, provoquée par l’onde de choc libyenne passe par un dialogue national incluant le MNLA et Ançar Eddine.

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