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Syrie: jeux de guerre

Il semble de plus en plus évident que la perception des dirigeants syriens de la crise qui secoue depuis plus de 17 mois leur pays est celle d’un double conflit régional sur lequel se superposent d’anciens réglements de compte, notamment avec l’Arabie Saoudite et Israël.

La Turquie est le grand joker de ce pokeur-menteur: le rapporchement entre Ankara et Damas lors des cinq dernières années était tactique du point de vue turc. Isolés sur quatre fronts, les syriens exploitent l’ouverture turque dont l’impact s’est faite ressentir jusque dans le cinéma et la culture. Jeu subtil d’alliance et de mésalliance. Paradoxalement, les soap-opéra turcs envahirent le monde arabe via le bouquet saoudien MBC avec un doublage à l’accent syrien…La Turquie utilisa la Syrie comme tête de pont de pénétration culturelle d’un monde arabe qu’elle abhorrait il y a tout juste deux décennies et cette opération de séduction atteignit son apogée en 2009 avec la géniale mise en scène d’un Tayep Reçep Erdogan quittant le Forum de Davos après un échange peu diplomatique avec le président israélien Shimon Perez. Le ministre turc des Affaires étrangères, M. Davutogli évoque alors un néo-osmanlisme et la nécessité de se rapprocher avec le monde arabe et musulman. En tentant d’exploiter les souffrances des populations de Gaza, Erdogan put ainsi devenir une sorte de leader. Euphorie de courte durée. Car la crise syrienne vient de faire perdre à la Turquie l’ensemble de ses atouts diplomatiques et régionaux. La chute d’un de ses avions de combat consacre une véritable humiliation pour cette nation belliqueuse.

En Syrie, une contestation populaire éclate dans la foulée des révoltes dites du printemps arabe. Cependant, la nature des rapports de force régionaux, la complexité intrinsèque du Moyen-Orient et la superposition d’intérêts de superpuissance réduisent cette contestation à une sorte de vendetta susceptible de servir de détonateur à un conflit régional et mondial. La contestation en Syrie se militarise de plus en plus et la grille de lecture des dirigeants syriens semble sans appel: il s’agit d’une guerre externe fomentée par les ennemis traditionnels de la Syrie en vue de continuer le projet mis en oeuvre en Irak une décennie plus tôt. En gros Tel-Aviv et Ryad semblent déterminés à éliminer le maillon faible qu’est la Syrie avant de frapper l’Iran.

La vieille garde syrienne est hantée par une dizaine de scenarii allant du simple embargo et de la zone d’exclusion aérienne à l’assaut amphibie et aéroporté des forces de l’OTAN et leurs alliés arabes.

Il y a quelques jours, l’armée syrienne a organisé les plus grands exercices militaires depuis le début de la contestation. La seule leçon à tirer de ces exercices est que l’armée syrienne est encore bien alerte et constitue-malgré la vétusté de quelques systèmes d’armes comme le Mig-21 ou le Mig-23-une force de frappe conventionnelle qu’il serait dangereux de sous-estimer.

En 1982 au Liban, les syriens utilisèrent assez bien des hélicoptères Gazelles armés de missiles antichar HOT pour ralentir l’avancée des chars de l’armée israélienne.

Ci-dessous, un extrait de la télévision syrienne sur Youtube montrant une partie des derniers exercices militaires de l’armée syrienne:

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