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Crise malienne: les oiseaux de la nuit

Échaudés par la perte de plusieurs drones, dont deux par des tirs de missiles antiaériens Strela puisés dans les arsenaux de l’ancien guide libyen, le colonel Mouamar Gaddafi, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne et le Canada n’ont recours, désormais, qu’à des vols de reconnaissance nocturne au dessus des territoires de l’Azawad pour tenter d’achever la cartographie du territoire visé par une éventuelle intervention sous couvert de la Cédéao.

Le taux de perte des drones au dessus du Nord-Mali est insupportable et dépasse les taux enregistrés en Afghanistan, en Irak ou au dessus des zones tribales pakistanaises.

L’usage des drones au dessus du Sahel a commencé au lendemain de la chute du régime de Gaddafi en Libye et connaît une activité régulière et soutenue depuis quelques mois.

En mai 2012, un drone américain de type Predator a été abattu par deux missiles Sol-Air de type russe près de la région de Ouikran à l’ouest de Taoudenni, non loin des confins fronatliers entre le Mali, l’Algérie et la Mauritanie.

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Une variante du célèbre drone US de la famille des “Predator”

Entre juillet et septembre 2012, la France a achevé le retrait d’une grande partie de ses drones d’Afghanistan pour leur redéploiement au Burkina Faso , en Libye et au Niger. Trois drones français ont été abattus au Nord-Mali au cours de cette période, dont un Sperwer SDTI (système de drone tactique intérimaire) et un de type Harfang de fabrication franco-israélienne abattu le 30 juillet 2012.

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Drone franco-israélien de type Harfang (EADS/IAI)

Des vols de reconnaissance effectués par des appareils spécialisés sont aussi signalés, uniquement de nuit. Par peur de tirs en provenance du sol mais aussi parce qu’on sait pas très bien ce que les extrémistes ont pu avoir dans les arsenaux de l’ex-armée libyenne.

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Drone français de type SDTI

D’autres pays comme l’Allemagne, le Canada et l’Australie participent activement à la collecte d’information dans cette région du monde. Les américains ont activé leur relais en Sicile, dans les Baléares, dans les îles Canaries et en Libye alors que la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton évoquait pour la première fois un possible rôle d’Aqmi (Al Qaïda au Maghreb Islamique) dans l’attaque du consulat US à Benghazi en Libye au cours de laquelle l’ambassadeur Chris Stevens, un autre diplomate et deux Navy Seals ont été tués. Une manière de remettre le Sahel sous le feu du projecteur et d’y focaliser l’attention.

L’Algérie qui a déployé des renforts militaires au niveau des frontières et dépêché une unité de guerre électronique n’est pas en reste. L’armée algérienne a non seulement réussi à intercepter les communications d’images entre les drones occidentaux et leurs bases- ce qui n’est pas une prouesse puisque même des entités non étatiques ont réussi à le faire- mais a déployé pour la première fois ses propres drones dans la région dont un modèle de sa propre conception.  Sauf qu’à Alger, on continue de croire qu’une solution militaire à la crise malienne n’est d’aucun secours, si ce n’est une aggravation dramatique du problème.

Paradoxalement, cet activisme technologique accompagné d’un buzz médiatique peu orthodoxe évoquant des bruits de bottes au Nord-Mali n’est aucunement perceptible sur le terrain: d’Aguelhoc à Tangara et de cette localité à Gossi, les populations mènent leurs vies dans le calme le plus total. Est-ce le calme précédant la tempête voulue par des puissances dont le seul intérêt sont le potentiel minier et énergétique de cette région déshéritée du monde? L’avidité des puissances mondiales n’a pas de limites.

Gabriel Saavedra

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