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Libye: la république de Misrata attaque la Jamahirya de Banou Walid

La situation chaotique prévalant en Libye depuis la chute de l’ancien régime sous les bombes et les missiles de l’Otan  vient de connaître un dangereux précédant avec l’offensive menée par des milices de la ville libre de Misrata, soutenues par la force connue sous le nom de code “Bouclier de Libye” contre la ville de Banou Walid, l’une des dernières villes à avoir gardé l’ancien drapeau de l’ère Gaddafi.

La force “Bouclier de Libye” ou “Deraa Libya” est sensée former le noyau dela future armée nationale libyenne après le désarmement des milices. Une tâche qui s’avère tout bonnement impossible à exécuter.

Le Casus belli de la guerre entre ce que l’on peut appeler la république de Misrata, dont les habitants sont unanimement détestés dans l’ensemble de la Libye  et la “Jamahiriya” d’Abou Walid, l’un des bastions les plus fidèle à l’ancien guide libyen, assassiné en octobre 2011 dans d’obscures circonstances, serait lié à la mort à Paris d’un  jeune milicien de Misrata lié au lynchage du colonel Gaddafi. Mais en réalité, de très vieilles rivalités opposent les deux villes depuis des décennies.

Le conseil de Misrata, qui s’est arrogé tous les droits de souveraineté en prétextant le monopole de la légitimité révolutionnaire issue de la guerre de Libye en 2011 a pu avoir l’aval du Congrès libyen, la plus haute autorité en Libye pour mener cette offensive inédite. Le financement de cette campagne provient d’un pays du Golfe.

En Libye, les conseils des villes de Syrte et de Sebha (Sud), deux autres bastions ayant gardé leur fidélité à Gaddafi jusqu’au bout  ont annoncé leur positionnement avec Banou Walid dans cette guerre. Dans une déclaration virulente, les conseils de Syrte et de Sebha déclarent la guerre à Misrata en rappelant que leurs villes ont subi les bombes de plus de 40 pays (en référence à la campagne aérienne et navale des Etats-Unis et de l’Otan contre ces villes entre le 19 mars et le 30 octobre 2011) sans pour autant briser leur volonté à ne pas courber l’échine.

Les affrontements entre les milices des deux villes risquent de faire tâche d’huile puisque à cette rivalité se superposent d’anciens jeu d’alliances tribaux.

Les milices de Misrata, lourdement armés et munis de munitions chimiques sont connues pour leur cruauté et leur usage intensif de la torture et des exécution sommaires. Ils se proclament libres de toute autorité gouvernementale. Le conseil de cette ville a ordonné l’holocauste de Banou Walid, sans pour autant susciter une quelconque réaction internationale, assez prompte à réagir  lors de la la tentative d’assaut menée par les forces de Gaddafi sur Benghazi en mars 2011.

Quoi qu’il en soit, la Libye est de facto en guerre civile et les jours qui viennent s’annoncent sombres pour des populations relativement habituées au bien-être comparativement avec leurs voisins immédiats.

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