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Nord-Mali: entre mensonges et désinformation

Alors que la résolution 2071 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée sous le chapitre VII de la charte de l’organisation donne 45 jours à  la CEDEAO pour élaborer un plan clair d’une intervention militaire internationale au Nord-Mali, personne, ni à Bamako, ni à Alger et encore moins ailleurs dans la région ne sait quels sont les véritables objectifs de cette intervention.

Pire, une source “sécuritaire” malienne, a lancé un petit pavé dans la mare en avançant que des “centaines de djihadistes Soudanais et Sahraouis” sont venus en renfort aux groupes armés radicaux établis dans l’Azawad. Or, il s’avère que la dite source sécuritaire malienne occupant un poste subalterne et connue pour ses très fréquentes visites à deux ambassades étrangères à Bamako (dont l’une représentant un pays maghrébin) n’a fait que propager un mensonge flagrant en échange d’un “”encouragement pécunier. Ce mensonge a été vite repris par des médias comme France 24.

D’après nos sources, il n’y a eu aucun afflux de combattants étrangers au Nord-Mali et certainement pas des ressortissants soudanais ou des sahraouis.Cette information erronée soulève bien des questions quant aux motivations sous-jacentes de ceux qui sont en train de la relayer. De toute évidence, cette information est loin d’être neutre et confirme l’ingérence de plusieurs services de renseignement étrangers dans la crise malienne.

Par contre, de très violentes dissensions armées ont éclaté au sein de ce que l’on appelle l’AQMI (Al-Qaida au Maghreb Islamique) après la dissidence du chef algérien Mokhtar  Mokhtar dit le borgne (né présumé en 1971 à Bennoura dans la wilaya de Ghardaïa en Algérie) et son conflit ouvert avec le chef de l’émirat du Sahara d’Aqmi, le dénommé Droudkel (natif de l’est algérien) au sujet de l’éviction du premier d’un poste de responsabilité au sein de l’organisation et subséquemment du contrôle d’une partie des ressources financières du réseau. Rien ne va plus également entre le groupe d’Ançar Edine d’Iyad Ag Ghaly et le MUJAO (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest) ou encore entre ce dernier et l’Aqmi.

Sur le terrain, des membres des forces spéciales d’au moins deux pays occidentaux se faisant passer pour des djihadistes ont été signalés à Gao et à Tombouctou. Certains d’entre eux ont intégré les groupes locaux et sont en train d’établir la liste des cibles d’éventuelles frappes aériennes. Il est à rappeler que la France, l’un des pays les plus enthousiastes pour l’option militaire, a nié toute implication actuelle ou future de troupes au sol au Nord-Mali.

Enfin, chaque pays a sa propre vision de la finalité et des objectifs d’une intervention militaire au Nord-Mali: Bamako escompte naïvement qu’une intervention militaire internationale vise en priorité à “libérer les trois gouvernorats du Nord et les rendre sous le drapeau et la souveraineté malienne”; Alger espère sans illusions que cette intervention visera la destruction des groupes terroristes établis au Nord-Mali; D’autres capitales africaines escomptent l’élimination du clan de Sanogo et un renforcement de leur influence au Mali, ou bien un soutien aux revendications identitaires de certaines populations du Nord…Mais pour Paris, les objectifs sont tout autres. Il s’agit de revenir en force dans une région où l’influence française a pris un sérieux coup après l’intrusion américaine et l’avancée chinoise. La sécurisation des gisements d’Areva au Niger voisin exige une présence accrue de la France au Nord du Mali.

Mais au final, c’est Washington qui aura le dernier mot dans toute cette affaire. Surtout si la sous-région risque de devenir un foyer de tension permanent. Car dans ce cas, cette affaire prépare le terrain à d’autres interventions à long terme dont l’objectif s’insère dans la reconfiguration du Grand Nouvel Moyen-Orient et la césure entre le monde arabe et l’Afrique subsaharienne.

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