Analysis

De la stratégie en 2017

En Syrie, les forces armées syriennes, laminées par un interminable conflit de plus de six années, peinent à se reconstruire suivant une nouvelle doctrine militaire asymétrique. A l’exception des unités de l’infanterie de marine, la reconstruction des unités perdues accuse un retard considérable. L’appoint des milices de la défense populaire s’est révélé judicieux en dépit des lourdes pertes que ces dernières, faute d’un entraînement adéquat, subissent sur le terrain.

Pourtant, les défis auxquels devra faire l’Armée Arabe Syrienne (AAS) sont aussi complexes que formidables pour un pays de cinquième ordre: poursuite des opérations militaires contre les innombrables armées rebelles soutenus par l’ensemble des pays de l’OTAN et leurs partenaires de l’Est; guerre contre l’organisation terroriste de l’Etat Islamique (Daech) et Al-Qaïda; circonscrire une éventuelle expansion des milices kurdes dans le Nord; faire face à des incursions plus poussées du puissant voisin turc;  faire face à la subversion et la guerre financière menée par l’Arabie Saoudite et son groupe régional; affronter le Goliath israélien et son puissant allié US au Golan et ailleurs; défendre Damas et le littoral méditerranéen; enfin assurer la survie de l’appareil d’Etat.

Autant dire qu’il s’agit là de tâches dépassant de loin les capacités de l’ensemble des armées des pays arabes réunies. Néanmoins, l’intelligence stratégique des dirigeants syriens a achevé l’objectif prioritaire de la survie. L’apport iranien, massif en économie et en logistique de guerre, puis le soutien des forces aérospatiales russes furent des éléments déterminants dans la survie du gouvernement syrien.

La chaîne de commandement militaire syrien existe encore. Les services de renseignement, pléthoriques avant guerre, ont été unifiées pour faire face aux défections de certaines agences, lesquelles ont constitué l’assise ayant servi à la création d’armées rebelles comme celle connue sous le nom d’Armée Syrienne Libre ou ASL. Des 49 agences de renseignement existant plus ou moins officiellement, une seule a réussi à jouer un rôle de premier plan dans la survie de l’Etat syrien: les renseignements de l’Armée de l’Air. Cette dernière aurait toutefois perdu plus de 60% de ses effectifs au combat entre 2011 et 2016.

La guerre en Syrie est une très dure leçon de realpolitik et de géostratégie à l’état pur.

Cela fait des décennies que Washington, influencé par Tel-Aviv et Ryad, tente d’abattre la Syrie. Damas n’est pas exempté de tous les coups tordus qu’on lui reproche ces 30 dernières années et à ce titre, d’aucuns estiment que les syriens sont parvenus à se créer des ennemis de toutes parts. Il ne faut pas non plus perdre de vue la perspective stratégique d’un pays pauvre en ressources, dont une partie du territoire a été occupé par Israël au Sud. La Syrie de Hafez Al-Assad, père et prédécesseur de l’actuel président se méfiait de la Turquie au Nord, qu’elle assimilait à l’OTAN et de l’Irak à l’Est, avec lequel elle était en rivalité idéologique et politique. Cependant, la plus grande menace pesant sur la Syrie venait du Royaume d’Arabie Saoudite, dont les capacités financières, quasiment illimitées, pouvaient acquérir tout ce qui se trouvait au dessus et au dessous du territoire de la République Arabe de Syrie une bonne centaine de fois.

L’opération hybride d’échelon II derrière ce que l’on appelle “Printemps Arabe” s’est enlisé en Libye avant d’être anéantie en Syrie. L’objectif de changement de régime par la force, priorité numéro une des adversaires de la Syrie, est toujours d’actualité mais le contexte géopolitique et stratégique a connu un changement radical aussi bien au niveau de la région que celui de la planète. Il a fallu à l’OTAN un conflit sur les marches occidentales de la Russie historique pour tenter de faire dégager les russes du Levant. En vain. La guerre en Ukraine fut bien perçue comme une menace existentielle par les russes, mais au lieu de se replier du Levant, ils furent plus jamais galvanisés et convaincus de la justesse de leur implication en Syrie. Dès le début, il était clair pour Moscou qu’une chute de la Syrie mènerait à une guerre contre l’Iran et que si Téhéran tombait, les portes du Djihad Otanien se déferlerait sur le Caucase et toute l’Asie centrale, mettant dans un péril certain l’intégrité même de la Russie. Ces mêmes forces mercenaires usant ou abusant de la formidable puissance idéologique intrinsèque de l’Islam serviront également à déchirer la géographie chinoise à partir de ses confins occidentaux.

La diversion ukrainienne a sinon échoué du moins abouti à une sorte de statu quo en défaveur de l’empire atlantiste. Dans la foulée, l’Ukraine en tant qu’Etat-Nation n’existe plus ou du moins il n’en subsiste que le nom. C’est là qu’une seconde diversion vers l’autre flanc s’opère: le Pacifique devient le nouveau pivot stratégique.

En se tournant vers la Mer de Chine Orientale et la Péninsule coréenne, Washington avait bien ajusté ses calculs. En tenant à revers les profondeurs stratégiques russes et en pressurant la Chine, première fabrique du monde.

La focalisation sur la Mer de Chine Orientale avait un double objectif: d’un côté, entraver la transformation de la marine chinoise d’une force de défense côtière en une force de frappe océanique; de l’autre, encercler la ceinture utile et fort peuplée du littoral chinois. Toutefois, l’échec en Syrie et le retour de la Russie en tant que puissance agissante au Moyen-Orient commandait une focalisation sur la péninsule coréenne.

La Corée du Nord n’a pas de réel alliés. La seule leçon que les Nord-Coréens ont appris de la première guerre de Corée (1950-1953) est qu’ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Ils ont développé une doctrine militaire à la fois offensive et autarcique. Par dessus tout, ils se préparent à une guerre d’annihilation depuis plus de 60 ans. Un conflit en péninsule coréenne n’aura aucun sens sauf si Washington veut éliminer la concurrence industrielle et économique japonaise et sud-coréenne. La Corée du Nord n’a rien à perdre. Elle soutient mordicus la Syrie.

La boucle est bouclée.

 

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niagaradelyon
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niagaradelyon

La disparition de la Corée du sud et du Japon sera du pain béni pour la Chine qui récupéreras le marché de l’électronique et pour les États-Unis qui pourront augmenter leur production de voitures et ça ne dérangerait pas l’Europe non plus.

La Bête demande du sang la zone Corée Japon va peut-être servir de veau à sacrifier pour pouvoir apaiser la Bête sur le reste du monde.

C’est un point de vue machiavélique mais on n’est plus à ça près

cosworth57200
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cosworth57200

J’ai lu une analyse pertinente sur Mediapart. Vu que le Hamas a des relations exécrables avec ses voisins égyptien et israélien, il est obligé de lâcher du lest, au moins en apparence, s’il veut être à la table des négociations et qu’un accord ne se fasse pas sur son dos . Donc pas d’autre solution que de se rapprocher de la position de Habbas.

Foxhound
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Foxhound

Y a apparement des gros chamboulements dans l’air au Moyen Orient. Je ne sais pas qui a capitulé ? Russie où USA ? Les israèliens sont verts de rage, sentent ils leur disparition arriver plus tot que prévu ?
Que se sont dits Trump et Poutine ? Qu’es ce qui a été conclu ? C’est quoi la desescalade ? Qui a reculé ? Quel jeu joue la Turquie ? Sachant qu’Erdogan est entrain de commander des S-400 russes, et va proposer un referundum à son pays pour changer l’orientation géopolitique.
Si la Turquie vire de bord du navire atlantiste, c’est foutu pour les Etats Unis au Moyen Orient.
Si les américains perdent la Turquie, ils peuvent tirer une croix sur toute la péninsule arabique, et dans la foulée Israèl, qui ne pourra pas survivre.
Des marines auraient été envoyés pour protéger les kurdes des attaques turcs. Autrement dit une cause perdue.
Basculement US contre la Turquie ? Je vois en ce moment les médias européens, français tirer à boulets rouges contre Erdogan, qu’es ce qui se passe ?
Des news Strategika ?

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Περί στρατηγικής το 2017 - Η Συρία, ένα κλειδί πρωτευούσης σημασίας για τη Ρωσία και τη Κίνα

[…]   strategika51   – […]

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De la stratégie en 2017 – La Syrie, un verrou d’une importance capitale pour la Russie et la Chine | Réseau International
josephhokayem
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josephhokayem

A reblogué ceci sur josephhokayem.

raimanet
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raimanet

A reblogué ceci sur Boycottet a ajouté:

La Corée du Nord n’a pas de réel alliés. La seule leçon que les Nord-Coréens ont appris de la première guerre de Corée (1950-1953) est qu’ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Ils ont développé une doctrine militaire à la fois offensive et autarcique. Par dessus tout, ils se préparent à une guerre d’annihilation depuis plus de 60 ans. Un conflit en péninsule coréenne n’aura aucun sens sauf si Washington veut éliminer la concurrence industrielle et économique japonaise et sud-coréenne. La Corée du Nord n’a rien à perdre. Elle soutient mordicus la Syrie.

La boucle est bouclée.

cosworth57200
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cosworth57200

Peut-être le Hamas a-t-il eu des informations concernant l’ampleur et la violence de ce qui pourrait se passer du côté du Golan y compris avec du non conventionnel. Cette déclaration à propos de la modification de la charte pourrait-être une manière de sauver préventivement ce qui pourrait l’être.Cette évolution qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe me semble de plus en plus annonciateur de périodes agitées au Nord. Le Hamas n’a strictement aucune raison de “capituler” actuellement. S’il le fait ou le laisse entendre c’est qu’il risque de faire très chaud entre Al-Qunaitra et Damas. Quand on sait que pour des raisons stratégiques évidentes, Israël ne lâchera jamais le Golan, on peut se demander quel serait l’intérêt de déclencher un conflit en ce moment et à cet endroit. Je ne comprends pas et quand je ne comprends pas j’ai tendance à voir l’avenir de façon sombre.

cosworth57200
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cosworth57200

Le Hamas vient d’annoncer qu’il acceptait le principe d’un état palestinien de transition dans le cadre des frontières de 1967 et sa charte n’appelle plus à la destruction d’Israël qui n’est pas pour autant reconnu. Je ne sais trop comment interpréter ce revirement peut-être purement sémantique. Dans un premier temps, on ne peut que se satisfaire de ce qui apparaît une baisse de la tension. Dans un 2ème temps, on ne peut que s’interroger sur le timing alors qu’il n’y a rien d’absolument urgent pour ce faire. Est-ce un message envoyé à Israël pour signaler qu’il ne risque rien sur son flanc sud ? Pour mieux attaquer par la suite ? Est-ce un message envoyé au-delà du Golan genre démerdez-vous tous seuls ou nous ne sommes pas en état de passer à l’offensive ? On ne sait trop mais il semble clair que les temps s’annoncent peu calmes au nord d’Israël et du côté du Golan.