Analysis

Syrie :  l’ère des meutes de drones tueurs…

L’emploi de meutes de drones synchronisés et coordonnés emportant des explosifs spéciaux pour viser les deux principales bases militaires russes en Syrie représente le début d’une révolution stratégique similaire à celle ayant succédé à l’emploi d’aéroplanes pour le bombardement primitif des tranchées en 1914-1915. 

Sur les 13 drones ayant tenté d’attaquer la base aérienne de Hmeimim (10) et la base navale de Tartous (03), sept ont été abattus par un système Pantsir-S, lequel s’est avéré excellent pour contrer ce genre de menaces, tandis que six autres ont ete piratés et désactivés par les contre-mesures électroniques russes. 

L’usage de drones en meutes dotés d’une certaine capacité de brouillage des contre-mesures adverses  contre des objectifs militaires hyper-protégés en Syrie  est une première. C’est la consécration officielle des premiers groupes de robots sur le champ de bataille. 

Les drones utilisés lors de cette. attaque inédite ne sont pas des modèles commerciaux modifiés ou bricolés comme ceux du Hachd Al-Chaabi irakien ou encore Al-Nosra : Avec une portée supérieure à 60 km, un système de navigation GPS, une capacité de brouillage électromagnétique et l’emport d’un explosif militaire de très haute puissance inaccessible au premier venu, ces drones ne peuvent provenir que d’un pays disposant de capacités techniques avancées. Moscou sait qui les a fourni aux terroristes du HTS (Instance de libération du Levant) dont les hordes font face à une offensive gouvernementale en cours à Idlib.

Autre élément troublant : des drones leurres ont accompagné les drones armés. 

L’irruption de meutes de robots volants dans le domaine de la guerre pose les prémisses d’une bifurcation de type T. Il annonce également la fin du pilote humain d’ici un avenir prévisible où l’IA jouera un rôle de plus en plus déterminant dans la conduite des opérations militaires.  

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44 Replies to “Syrie :  l’ère des meutes de drones tueurs…

    1. Donc, les drones sont équipés d’un système de largage de munitions !
      On voit un servomoteur entrainant une biellette permettant de libérer simultanément les anneaux des 8 obus…

      Vu la taille du réservoir et la taille du moteur, en fonction des conditions climatiques, les drones ont une autonomie de 15 à 30 minutes de vol.
      (on vois une photo avec le réservoir d’essence et 2 tuyaux jaune sur le dessus du drone.)

      Les ailes sont en polystyrène expansé.

      J’ai de plus en plus de mal à croire qu’il ai forcement fallut une aide extérieur pour la fabrication, l’assemblage et l’utilisation de ces drones.

      Ici : http://www.voltairenet.org/article199359.html il est dit : ” Les bombes artisanales qui armaient les drones pesaient environ 400 grammes. Elles étaient conçues à base de nitrate quaternaire et de billes de métal.”

      Il n’y a pas de roulements à billes en Syrie, ni d’engrais ou de salpêtre ? Là aussi, j’ai du mal à le croire.

      De plus, il me semble que les explosifs militaires sont tous munis d’un marqueur chimique permettant d’identifier sa composition, sa provenance et surtout permettant de le détecter facilement. Donc si la provenance est Ukrainienne, cela serait su de manière certaine. Non ?

      Quand au poids embarqué par le drone, les 8*400gr me paraissent plutôt crédible. Vu l’envergure du machin, la taille du moteur et de l’hélice, pour moi, ca passe sans soucis.

      Je précise encore une fois que j’aime bien les drones et que je joue régulièrement avec… (Multi rotors, mais les principes techniques sont les mêmes…)

    1. Si les services secrets Russes sont au courant de quelque chose, Trump l’est aussi.
      ¨Partant du principe qu’ils échangent régulièrement des infos (FSB <> Trump en direct) et que des spetsnaz assurent la protection de Trump et sa famille, on peut facilement supputer que ce qui touche à la sécurité de Trump soit rapidement transmis par les Russes.

      Après, un truc me chagrine tout de même dans cet article, il est affirmé que : “13 drones de combat tous guidés vers leurs cibles avec des systèmes électroniques de surveillance spatiale très avancés connus seulement par les forces américaines du renseignement et par leurs forces spéciales”

      Ok, on parle donc de données satellites servant à la géolocalisation, donc de coordonnées GPS.
      On sait que le système GPS, fournis par les satellites US, sont contrôlées par les US. Jusque là tout va bien.
      Sauf que les satellites sont réglés et affinés en fonction des besoins. Les US étant actuellement présent sur place, ils ont donc grand besoin de données précises. On peut donc supputer que les satellites GPS sont bien affinés sur la région, avec sans doute une précision de l’ordre de 20-30cm. N’importe quel récepteur GPS peut donc recevoir les informations de géolocalisation précises sur la région. Un récepteur grand public œuvrant dans cette région aura donc une bonne précision.
      Donc si les drones ont utilisés une localisation GPS, pas besoin des US pour avoir de la précision, leur système étant actuellement affiné et réglé sur la région… Il suffit de se localiser par GPS pour être précis et là un bête composant du commerce à pas chère suffit largement. (Pour aller dans le sens de la version US)

      Je dit ca, car tout le monde, tous les médias et tout ce qu’on à pu lire sur le sujet parle de système GPS. Mais est-ce un abus de langage ? Le système GPS étant “gracieusement” mis à disposition de tous, par les US ? Parle-t-on du système GPS NAVSTAR ou d’un moyen de localisation par satellite ? Ce sont deux choses bien différentes…

      Après, si les US ont mis une bulle sur la région, les systèmes GPS sont inutilisables. (Volontairement désactivé sur la région…) Mais est ce le cas ? Seuls des personnes étant sur place pourraient répondre à cette simple question. (Le GPS fonctionne-t-il dans la région ?)
      Et pour se localiser, il faut le faire autrement. Et là, seuls d’autres systèmes de géolocalisation peuvent être utilisés. Comme il n’existe pas d’autre systèmes que le GPS (NAVSTAR), il faut forcément passer par des satellites militaires. ou radar, auquel cas là, la preuve est évidente qu’une puissance étrangère est venue aider pour le renseignement ! (pour aller dans le sens de la version Russe)

      Autre question bête :
      Pourquoi aller se faire braire à tester et valider un drone pourris à la vue de tous, sur des systèmes de défense étranger, pour améliorer une méthode et une technique pour frapper aux US ?
      A leur place, j’aurais testé ca, discrètement sur une base, chez moi, bien au chaud et surtout sur des systèmes de défenses identiques à ceux que je souhaite déjouer.
      Peut être une couverture ? Du genre : “Vous avez bien vu en Syrie, les méchants ont attaqués les Russes avec ce genre de drone et de méthode, c’est donc forcement eux qui ont fait ca !”
      Pourquoi pas, admettons…
      (Pour aller dans le sens de la version US)

      Mon avis est que pour butter POTUS, un bon vieux psychopathe de fin fond du Minnesota (ou autres, c’est juste que le Minnesota est un peut notre Loiret nationale !), qui se ferait forcement abattre immédiatement par les forces de l’ordre serait plus rapide, plus efficace et plus perturbant… Un JFK bis en somme…

      Cela dit si le fond de l’histoire est de justifier une présence US sur site, il faut forcement que l’attaque provienne des méchants en Syrie. Si POTUS se fait dégommé par les méchants Syriens, là une intervention est justifiée. Et comme les méchants ont déjà fait des attaques équivalente sur la base Russe, pas besoin de plus de preuve ! (Pour aller dans le sens de l’article mis en lien…)

      Comme d’habitude, les sources sont vagues, les termes abusifs et la propagande fait rage…

      1. On trouve de plus en plus de photos des dits drones sur le net…

        Sur une des photos, on voit clairement un récepteur GPS du commerce utilisé pour la fabrication des drones grand public !

        Je parle un peut en connaissance de chose, ayant un ami dont le métier est la prise de vue par drone, j’ai donc participé à la programmation et à l’assemblage de ses “jouets”, embarquant tout de même 4kg d’appareil de prise de vue dans la nacelle et possédant 8 hélices… Retour de vision au sol, localisation par GPS, stabilisation par accéléromètre et gyroscope, etc, etc…
        Toutes ces options sont ajustables, adaptable et très facilement accessible au grand public à moindre cout. Un Raspberry ou Arduino au commande et le tour est joué ! (un PC à 30€ qui consomme rien et est tout petit…)

    2. Un autre article lu sur le site mis en lien par Niagaradelyon :
      http://numidia-liberum.blogspot.fr/2018/01/comment-la-russie-combat-elle-les-drones.html

      C’est un site que je consulte régulièrement, mais auquel je prend grande distance dans la véracité des infos. Car souvent, quand il traite d’infos qui techniquement ne me sont pas inconnue, je rigole par sa bêtise !

      Par exemple, dans cet article il est dit :
      “Les drones ennemis peuvent alors réagir de deux façons différentes face à ce dispositif : en fonction de leur modèle, soit ils retourneront à leur point de départ (cela concerne les modèles les plus récents), soit ils atterriront automatiquement.
      « Dans ce dernier cas, le drone disparaitra des radars adverses, et vous aurez véritablement un nouveau jouet entre les mains », ajoute Khamitov.”

      Sauf qu’un drone est piloté par une carte de commande embarquant les programmes dédiés à chaque tâche. Et en cas de perte de signal on lui fait bien faire ce que l’on souhaite ! Par exemple, si j’avais à programmer un drone pour un terroriste, j’aurais forcement pensé à écrire le code pour qu’en cas de perte de signal, je plonge au sol, ou je large ma charge, ou que sais je encore. Mais surement pas retourné au bercail, histoire de me faire griller comme un blaireau, ou bêtement me pauser au sol, pour être récupéré et analysé…

      Effectivement, ces deux routines (se pauser au sol, ancienne version / retourner au point de départ, drone plus récents…) sont programmées de bases dans les drones grand public… Mais il faudrait être sacrément feignant ou crédule pour ne pas modifier cela…

      1. Idem, l’article que j’ai mis en lien parle de GALILEO.

        Mais GALILEO n’est même pas encore actif…
        😉

        Bref, prudence avec les infos de ce site, il faut toujours les recoupées avec beaucoup d’autres sources… Parfois il y a du bon, mais souvent ca laisse à désirer.

    3. que Trump soit dans le collimateur oui mais contrairement a Nixon ou Kennedy il n’est pas un homme seul .
      l’armé, la NSA le protège et le protègera tant qu’il leurs seras utile !

  1. @Benjman
    On apprend qu’un certain nombre de drones ont pu être récupérés plus ou moins intacts. Ce qui sous entend qu’ils ….ont été … piraté ……prouesse technique ou connaissance du système de guidage …
    Euh…justement pas si sûr.
    Je pense que tu as une démarche naive, en ce sens que comme nous tous ici ;-), on souhaite ardemment la victoire du gouvernement syrien ainsi que de ses alliés, et notamment russes. Donc tu pars du postulat que ce que disent les russes où syriens c’est forcément vrai. C’est là où “il y a anguille sous roche” comme on dit.
    Problème! Nous sommes en situation de guerre. Et donc la com. c’est une arme de guerre au meme titre que les SU-35, les BM-27, où autre chars T-90, AK-105 etc….
    Derrière ce communiqué, il y est dit, que la DCA russe a abattu un certain nombre de drones, tandis que d’autres ont tout simplement été capturés intacts. Capturés et intact ? Piratés ? Mais alors où sont les images de ses drones pretendument intacts ? Et comment prouver qu’ils appartiennent bien à des terroristes ?
    A cela il faut essayer d’appliquer la logique, au vue de ce que l’on connait. Je ne suis pas electronicien, mais envoyer un drone suivant une certaine fréquence, contre une des bases les mieux pourvus au monde dans la guerre electrronique, ça serait un suicide d’un point de vue des terroriste. Ils se feraient immediatement, brouillés et reperés, vraissemblablement bousillés. Parce qu’autour de la base il y a des A-50 qui patrouillent, et ils voient tout
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c6/Beriev_A-50_black_white.jpg
    De plus un myriade de SU-25, et d’hélicoptères Mil-24, Mil-28 s’ils ne sont pas déja en l’air, décolent presque immédiatement.
    Solution pour ses apprentis terroristes, un guidage rudimentaire embarqué, impossible à brouiller. Aprés tout, un missile meme primitif a un guidage. Qu’es ce qui guide une roquette non guidé ? A part la puissance, et son orientation. Rappelle toi des V1 qui attaquaient l’Angleterre vers la fin de la seconde guerre mondiale. Ce qui m’amene à conclure qu’il est peu probable que les russes aient reussi à pirater un des drones, cependant je suis quasiment certain qu’un grand nombre de ces drones a bien été accueilli par les Cannons 2А38XX quand c’est pas directement les AK-630.
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a4/GSh-6-30_Hu_Szolnok_1.jpg
    Ce que les anglo saxons appellent CIWS -close-in weapon system-
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/80/AK-630_30_mm_naval_CIWS_gun.JPEG
    Le problème étant que le mensonge est partout, les russes mentent, les syriens mentent, les libanais, palestiniens mentent, quand aux israèliens et US le mensonge est une institution.

    Un avion de renseignement ricain…
    Pareil, les américains essayent par tous les moyens de percer les secrets de la bulle russe. Cependant je pense que les russes sont loin d’etre aussi cons, et ils le savent. Avec les systèmes de detections passives, optoelectroniques, pas besoin d’allumer les radars.
    https://pbs.twimg.com/media/DPtxt0ZW4AAUl2-.jpg
    Ils peuvent ainsi diriger le tir contre les intrus. Les systèmes infrarouges c’est vraiment la révolution, avec un grand R.

    Comme tu peux le voir, rien qu’avec un communiqué, tu peux te rendre compte comment on est tourné en bourique, c’est pour cela que les choses ne sont jamais trés simples.

    1. “Donc tu pars du postulat que ce que disent les russes où syriens c’est forcément vrai.”

      Oui et non…
      Dans ce sens ou, pour cet exemple là, j’ai fouiné un peut avant de partir du principe que la source de divulgation, la provenance et la date de publication des photos que j’ai mises en lien était crédible.
      La photo du drone sur la table n’est pas vieille, elle n’existe sur le net que depuis le 8/01/2018. Elle n’a pas été publiée avant cette date.

      Le premier site à l’avoir publié est celui ci :
      https://theaviationist.com/2018/01/08/defining-asymmetrical-warfare-extremists-use-retail-drones-to-attack-russian-air-base-in-syria/
      Et il indique d’où proviens la photo : “Russian military journalist Roman Saponkov”

      Tout le reste de mon raisonnement en découle. Si la photo est récente et est relative à l’affaire, on peut y passer du temps. Et sur la photo, le drone est intact. Il ne s’est pas craché, ou du moins il c’est craché tranquillement…

      Personnellement, je trouve qu’une photo ou une vidéo contient beaucoup plus d’informations, quand on c’est assuré de sa crédibilité, qu’un communiqué d’un organisme, quel qu’il soit.

      “Ils se feraient immediatement, brouillés et reperés, vraissemblablement bousillés.”
      Justement, c’est là où je trouve qu’une attaque de drone équipé d’obus est plus discrète et moins risquée, qu’une attaque au mortier.
      Un mortier récent, aurait une porté de maxi 10km, d’après ce que j’ai pu lire sur le net… En plus il faut 3 bonhommes formés pour manipuler le machin. (Je me suis un peut cultivé sur le sujet, du coup…) Donc quand tu tire ton obus, dans les quelques secondes, il arrive sur la cible, tu n’as donc pas eu le temps de te mettre à l’abri. En plus le point de départ de l’obus est bruyant et chaud, donc grillé par avions, micro ou radar…

      Ces drones auraient une porté de 60km.
      Donc quand tu lance les drones, ils vont mettre 15-30 minutes à arriver sur la cible. Tu as largement le temps d’évacuer la zone de lancement… Et le lancement des drones n’est pas si évident à localiser, pas de point chaud, peut de bruit, etc… de plus pas besoin de qualifications spéciales pour lancer un drone, pas besoin non plus de qualifications pour transférer via son smartphone des coordonnées GPS à un module de guidage. (Avec ce genre de chose grand public, on peut guider en automatique un drone sur une coordonnée GPS définie : https://www.robotshop.com/eu/fr/controleur-vol-drone-uav-lynxmotion-quadrino-nano-avec-gps.html. Les drones grand public en sont munis pour retourner à leur point de départ en cas de batterie faible ou de perte de commande, par exemple.)

      Après, les drones n’ont quasiment aucune chance de toucher au but, alors qu’un obus de mortier, lui n’a quasiment aucune chance d’être intercepté… donc l’efficacité de destruction d’un attaque au drone est quasi nulle, certes, mais comme tu l’as dit, elle applique tout de même son effet psychologique et oblige la cible à agir…

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