Analysis

Levant : fin de partie à Idlib

La guerre en Syrie, un conflit de plus de sept longues années, est virtuellement terminé. Pas pour Israël et une grande partie de ses réseaux d’influence nichés au sein de l’appareil legislatif et les mécanismes d’attribution des marchés publics faisant fonctionner ce que l’on identifie comme le complexe militaro-industriel aux États-Unis.
Il ne reste plus à Damas que de reconquérir la province septentrionale d’Idlib, sous la coupe d’Al-Qaïda (peu importe les nouvelles appellations adoptées par cette organisation-outil) pour mettre définitivement fin à cette guerre folle. Le sort des forces étrangères stationnées illegalement dans les étendues désolés de l’Est syrien, principalement des détachements de Marines US et d’unités des forces spéciales de l’OTAN, derrière lesquels se cachent des agents de sabotage israeliens sera alors scellé par le temps.
La présence étrangère en Syrie orientale et septentrionale ne tient que grâce à la corruption irakienne et à l’accord tacite turc.
C’est pour cette raison qu’une éventuelle offensive réussie de Damas et ses alliés sur Idlib est tant redouté :  il signifie la fin, pour de bon, de cette aventure syrienne pour laquelle l’empire et ses vassaux ont tant investi et dépensé en termes de ressources morales et matérielles. Pour un résultat proche du zéro, car la situation prévalant aujourd’hui en Syrie est assez proche du statut ante bellum.
Pour contrer cette éventualité, les israéliens préconisent une stratégie assez simple dans ses prémisses :  faire perdurer le conflit le plus longtemps possible de manière à user les ressources des deux principaux alliés de Damas, à savoir la Russie et l’Iran et à y créer un chaos permanent rendant toute solution autre que celle privilégiant les intérêts stratégiques de Tel-Aviv, inefficiente et non viable. 
Si l’ereintement de l’Iran est une réalité presque palpable-le pays est pratiquement exsangue et à genoux d’un point de vue économique et social, il en va pas de même pour la Russie dont les militaires sont extrêmement motivés par une série de très violents affrontements directs et le plus souvent passés sous silence avec les forces US présentes à Al-Tanf et soutenus depuis le Kurdistan irakien.
Autre problème, l’extrême difficulté pour la classe dirigeante israelienne, en perte de vitesse sur tous les plans, à identifier ses intérêts stratégiques et à agir en consequence. Hormis une apparente obssession anti-iranienne, Tel-Aviv n’arrive plus à élaborer de stratégie cohérente en Syrie, d’autant plus que ses forces aériennes n’ont plus la capacité ou la latitude d’y mener des raids en toute impunité.
Il ne reste donc qu’un nombre limité d’options :  les attaques sous fausses bannières dans le cadre de la thématique devenue ridicule des armes chimiques ou carrément du chlore ;  l’entraînement de nouvelles forces issues de Daech et d’Al-Qaïda dans les poches sous occupation afin de les utiliser contre les positions syriennes fragiles de Palmyre ou de Deir Ezzor ;  la carte du démembrement territorial, initiée par la thématique kurde et embourbée depuis dans l’amas de ses propres contradictions.
En d’autres termes, rien de bien fiable.
Idlib semble être la nouvelle ligne rouge des faiseurs de guerre. Or, ces derniers pataugent.
A Idleb, petit sanctuaire ou se sont réfugiés, non sans frictions, les rebelles syriens de toutes les provinces pour y devenir des négociants sous la protection intéressée d’Ankara, qui y voit un rempart contre l’irredentisme syrien et toute éventuelle revendication territoriale concernant la province du Hatay, la situation semble surréaliste. S’y côtoient des salafistes armés, des représentants de multinationales, des espions de plus de 45 pays, deux centres opérationnels clandestins de l’OTAN et un du Mossad, sans compter divers sous-traitants venus de tous les pays du monde. Le commerce y est florissant et les affaires louches ne se sont jamais aussi bien portées. Les bombes russes et syriennes risquent de déranger beaucoup d’intérêts. 
 

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32 Replies to “Levant : fin de partie à Idlib

  1. L’Ours excédé par la bouche de son ministère des affaires étrangères : nous continuerons à combattre le terrorisme jusqu’à sa destruction définitive. Donc ceux qui veulent sauver les salapistes à Idleb peuvent aller se coucher eux et leurs droits de l’homme. L’hibernation est finie et l’Ecclésiaste s’impose :
    « Une génération passe et une autre lui succède, mais la terre demeure toujours. Le soleil se lève et se couche, et il retourne d’où il était parti (…) il ya temps de tuer et temps de guérir, temps d’abattre et temps de bâtir ».

  2. @Bernardo1871
    Les analyses de Magnier ne sont pas toujours pertinentes. Il s’est trompé aussi bien en Irak : Sadr et aussi bien Abadi sont des agents américains, strategika m’avait mis à l’endroit à propos du second, qu’au Liban : les forces du Hezbollah sont encore massivement présentes en Syrie, contrairement à ce qu’il prétend.

    1. ah, oui, c’est embêtant..
      sinon, Elijah Magnier fait comme la plupart des autres journalistes, il ne sait pas qu’al sadr est depuis le début un agent nord-américain = une opposition contrôlée.
      imaginez si Elijah Magnier croit (sic) que c’est ben laden et alqaeda qui ont organisé les attaques du 11 septembre 2001? est-ce que cela ferait désordre pour un journaliste qui prétendrait comprendre et nous expliquer ce qu’il se passe au Proche et Moyen Orient?
      niet, comme Moon of Alabama, Magnier a juste à ne pas parler de ce jour là, à ne jamais y faire référence..

      1. Est ce que le Moon of Alabam croit en la version officielle du 11/9 ? Ce serait le comble. Par ailleurs, merci pour vos explications sur les dessous des cartes, en fait, j’ai connu en février dernier strategika 51 et seulement recemment les dessous des cartes par l’intermédiaire de Réseau International .

        1. arf! j’ai déjà cherché il y a longtemps. pourquoi? parce que le 11 septembre est le litmus test de notre époque, a fortiori pour une personne qui se revendique interprète des relations internationales! donc, par curiosité, après avoir découvert le très bon moon of alabama, on a envie de savoir jusqu’où il descend dans ce satané complotisme / conspirationnisme!

          donc, pour vous répondre, que ce soit sur twitter ou directement sur moon of alabama, niet, je n’ai trouvé aucun message de moon of alabama qui affirme sans équivoque que les attaques terroristes du 11 septembre 2001 était une opération sous drapeau.

          oui, ce n’est pas bon signe! 🙁 mais ce n’est pas parce que je ne les ai pas trouvés que messages complotistes n’existent pas.
          ou alors, moon of alabama sait très bien que c’était un false flag, mais il ne juge pas nécessaire ni pertinent d’en parler?

          comme le dit le Cheyenne, si l’un d’eux s’avise de ne pas dire toute la vérité (qui nous est possible de connaitre), fais comme si c’était pas tellement grave.

          Strategika non plus ne parle pas du 11 septembre 2001, sauf quand un ou deux conspiracy nuts le tanne suffisamment pour qu’il nous donne sa position (?) sur la question! 😉

  3. @Strategika 51,

    A propos de mon post vaporisé, word press m’avait affiché un message à peu prés comme suit : il s’agit d’un doublon et j’espérais qu’il allait réapparaître plus tqard, ce qui m’est déjà arrivé plusieurs fois. Donc, je pense que mon post originel est bloqué par word press et que vous pouvez peut-être le débloquer manuellement. Merci de me dire ce qu’il en est.

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