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Syrie: un début de retrait “Flash”!

La situation évolue vite en Syrie septentrionale où il est constaté depuis 48 heures des mouvements inhabituels vers la Turquie.

Un convoi de véhicules escorté par des hélicoptères a évacué les personnels civils et assimilés déployés auprès des forces US et kurdes à Hassaka et à Afrin.

Cette évacuation éclair a coïncidé avec un début de manifestations des proches et des familles des “tués” et des victimes de la guerre appartenant aux Forces Démocratiques Syriennes (Hêzên Sûrya Demokratîk), une alliance de forces kurdes, arabes, syriaques et turkmènes soutenues par Washington et ses alliés de l’OTAN, protestant avec véhémence contre le retrait des forces de Marines US, qualifié de trahison et en réclamant des indemnités pour les familles des combattants ou des visas de séjour aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni.

Les manifestants kurdes s’en sont pris aux infrastructures qu’ils ont saccagé et pillé.

Aucun observateur ne s’attendait à un retrait aussi rapide des personnels du Département d’Etat et de la kyrielle d’agences plus ou moins liées à la pléthorique communité du renseignement américain.

C’est probablement l’un des retraits les plus rapides de l’histoire.

Pour le moment et jusqu’à l’écriture de ces lignes, les militaires US basés à Al-Tanf sont toujours sur place. Par contre des camps clandestins dotés de pistes d’atterrissage ad-hoc le long de l’Euphrate sont en train d’être évacués via un ballet incessant d’hélicoptères de transport de troupes à quelques dizaines de kilomètres des positions de milices pro-iraniennes, non loin de la frontière irakienne.

Officiellement un peu plus de 4000 militaires US sont déployés en Syrie. Le sort du matériel et des équipements lourds demeure incertain. Lors du retrait US d’Irak, les forces armées américaines avaient du abandonner des centaines de tonnes de matériel militaire sur place.

Les forces spéciales US continueront leurs missions secrètes au Nord, à l’Est et au Sud de la Syrie mais l’US Air force n’interviendra plus. Le programme des drones d’attaque est géré la CIA et échappe donc au non-interventionnisme.

Les militaires des pays de l’OTAN déployés en Syrie et avant tout auprès des forces kurdes indépendantistes – certains se présentent comme de simples volontaires ayant rejoint le combat des kurdes contre Daech, la belle et intenable couverture!, s’inquiètent au plus haut point de l’exécution express de la décision de l’administration Trump à évacuer les lieux. D’autant plus que celui-ci s’annonce en mode Flash.

Les autorités de Damas observent avec satisfaction cette évolution tout en menant une féroce campagne informationnelle contre la Turquie. Un ordre du commandement militaire syrien instruit l’Armée Arabe de Syrie de réoccuper les sites militaires US abandonnés.

Damas a également réitéré sa détermination à recouvrer l’ensemble de son territoire dans ses frontières reconnues internationalement et à ne pas accepter une éventuelle indépendance kurde. La question de l’enclave rebelle d’Idleb dans le nord fera l’objet d’un traitement militaire mené conjointement avec les alliés russe et iranien en cas d’expansionnisme déguisé ou d’agression militaire.

La question du Golan demeure prioritaire.

Enfin une note transmise par les services du ministère syrien de l’Intérieur à l’ensemble des unités militaires et paramilitaires déployées au Nord les instruit à intercepter et à arrêter toute personne étrangère entrant illégalement en Syrie depuis le gouvernorat rebelle d’Idleb.





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19 Replies to “Syrie: un début de retrait “Flash”!

  1. 2 nouvelles bases militaires nord-américaines sont construites en Iraq:

    la première, juste à côté de la Syrie, le long de la zone occupée par les proxy kurdes des usa,

    la 2e, en plein sur la route qui relie le Liban à l’Iran, en passant par la Syrie, l’Iraq. sur le même axe que la base yankee à Al-Tanf.

    https://twitter.com/A7_Mirza/status/1078317298866417664

    1. J’avais bien dit que le gouvernement irakien était complice.
      Quand un certain seuil de corruption est dépassé, un État n’est plus capable d’assumer des postures souveraines.
      Les irakiens font semblant de bouder la visite de Trump alors que ce dernier visite un territoire en Irak hors de la juridiction irakienne selon les clauses d’un Accord bilatéral signé, ratifié et accepté par Bagdad.
      De même ce même accore stipule clairement qu’aucun militaire US ou assimilé ne pourra faire l’objet de poursuites ou d’être soumis au système législatif local quelles que soient les faits pour lesquels ils seraient poursuivis.
      Dans le Comité chargé des échanges de renseignement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, une instance regroupant l’Iran, l’Irak, la Russie et la Syrie, devinez qui vendait la mèche et rapportait à Washington les minutes des entretiens et les rapports de synthèse ? Les militaires irakiens qui prenaient part à ces réunions.

      1. vous nous aviez surtout dit que moqtada al-sadr était un agent nord-américain, une taupe anti-Iran propulsée par les nord-américains à partir de 2003! 😉

  2. Tony Cartalluci, conspiracy nuts à qui on ne l’a fait pas, a écrit cet article juste avant l’attaque scélérate de l’entité sioniste.

    https://journal-neo.org/2018/12/25/us-withdrawal-from-syria-paves-way-for-israeli-strikes/

    There are several key possibilities to consider:

    a) A US withdrawal paves way for unilateral Israeli strikes;
    b) It also paves the way for an expanded Turkish incursion;
    c) US troops won’t be on the ground as targets in the immediate aftermath of any wider conflict Israel or Turkey provokes;
    d) US troops can re-enter theater with renewed pretext to fight Damascus directly in defense of allies Israel or Turkey and;
    e) US troops can re-enter theater along the better formed and protected front Turkey seeks to create.
    f) The above possibilities are drawn not from speculation, but from multiple US policy papers spanning decades.

    il cite ce document du brooking institutes.

    https://www.brookings.edu/wp-content/uploads/2016/06/06_iran_strategy.pdf

    page 102: Leave it to Bibi: Allowing or Encouraging an Israeli Military Strike”

    1. Fort plausible mais la marge de manoeuvre des israéliens est fort ténue. D’un autre côté les sionistes parient maintenant sur les vieux chevaux où ils sont fort concentrés : France et UK. Seul problème : ils sont cuits !

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