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Guerre du Yémen: un drone-suicide rebelle répond aux drones d’attaque de la coalition ou l’inéluctable automatisation de la guerre aérienne

Les rebelles Houthis du Yémen utilisent de plus en plus de drones (souvent des drones civils modifiés ou des variantes iraniennes) dans leur guerre contre la coalition Arabe dirigée par Ryad. Ici, un drone filmant le ciblage de la principale base militaire émiratie Al-Khalid, par des roquettes et des missiles tirés à partir du sol.

Dans un cas similaire à l’attaque d’une parade militaire au Vénézuela par des drones-suicide, les rebelles houthis du Yémen ont ciblé une parade militaire des forces du président Abdul-Hadi Mansur avec un drone chargé d’explosifs (C4). Un premier bilan officiel émanant de la base militaire Al-Anad, fait état de la mort de six militaires et un nombre indéterminé de blessés.

Le drone a explosé à très basse altitude juste au dessus d’un podium de cette base militaire située dans la province méridionale de Lahj où des officiers supérieurs de l’Armée du gouvernement yéménite soutenu par Ryad et ses alliés du Conseil de la Coopération du Golfe avaient pris place pour assister à une parade militaire.

Le bruit caractéristique du drone (un bourdonnement aigu très agaçant) puis son explosion ont causé un début de panique au sein des militaires yéménites, à fortiori après la confirmation que le Chef d’état-major adjoint de l’Armée yéménite, le général Salah Al-Zindani ainsi que le gouverneur local figuraient parmi les blessés.

Des militaires soudanais et émiratis figurent également parmi les victimes.

Cette attaque survient en pleine période d’intenses négociations pilotées par l’Organisation des Nations Unies pour aboutir à un cessez-le-feu incluant le port stratégique de Houdeida, principal point d’entrée de l’aide humanitaire au Yémen où la famine et les épidémies font rage.

A travers cette opération, les Houthis veulent transmettre un message fort à la coalition, à savoir que leurs éléments ou sympathisants ont infiltré les plus hauts échelons du dispositif militaire de la coalition.

La guerre des drones au Yémen, initiée par les États-Unis d’Amérique (meutes de drones d’attaque) et les Émirats Arabes Unis (essentiellement des drones d’attaque de fabrication chinoise) prend une tournure assez inédite avec la réponse asymétrique des rebelles houthis à l’aide de drones artisanaux et civils modifiés, utilisés comme des vecteurs d’explosifs dans des missions suicide.

C’est une situation semblable au début de l’usage de l’aviation au combat au début de la première guerre mondiale.

Ce qui est certain est que les prochains conflits seront entièrement automatisés dans les airs. A l’instar d’un nombre croissant d’autres métiers menacés par l’automatisation, celui de pilote de combat est désormais menacé à l’horizon 2030-2040, soit d’ici le centenaire de la bataille d’Angleterre, menée essentiellement dans les airs entre les pilotes de la Royal Air Force britannique et leurs homologues de la Luftwaffe Allemande.

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