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Gilets Jaunes: dangereux dérapage officiel

Le gouvernement français prépare une stratégie intégrée et multidimensionnelle pour en finir avec le mouvement des gilets jaunes.

La répression n’a jamais été une solution optimale pour mettre fin à une contestation populaire. Au contraire, elle la renforce et lui procure une nouvelle légitimité. Les exemples historiques en ce sens sont légion.

En attendant, les médias dits “mainstream” ou “système” font mine de s’interroger sur le rejet massif de la narration officielle de la propagande-système par une proportion croissante de l’opinion.

Or, les gilets jaunes semblent avoir entendu le président de la République et ses propos sur ce sens de l’effort qui semble avoir été oublié par une majorité de citoyens. Ils promettent de fournir un effort après l’Acte IX!

Plus sérieusement, ce n’est pas une éventuelle radicalisation (il faut prêter une attention redoublée aux termes) des gilets jaunes mais le discours officiel autour des gilets jaunes qui est sujet à une très forte inquiétude: une analyse sémantique des déclarations officielles sur le mouvement des gilets jaunes indique de manière claire la décision du pouvoir d’État de traiter ce mouvement de citoyens en colère comme une menace sécuritaire de type 1 et donc le combattre par tous les moyens possibles, de préférence par la manipulation.

La narration officielle devenant de plus en plus agressive et à ce rythme, à la menace implicite (“Vous êtes complices de la violence en assistant simplement à un rassemblement”) se substituera une menace de plus en plus spécifique. Ce cheminement est connu. Il a été utilisé par les régimes autoritaires à poigne déguisé sous un mince vernis démocratique (uniquement pour l’image à l’international) pour “finalement écraser toute velléité de revendication quelle qu’elle soit!”

L’heure est grave. La France est à la croisée des chemins. Si un gouvernement s’avère incapable de gérer des manifestations où des débordements sont inévitables, cela veut dire que l’exécutif, lequel n’est qu’un fusible du système, n’a plus les moyens de sa politique et ne sert que de piètre paravent technocratique à un État profond constitué de coteries mafieuses dotées d’un pouvoir de nuisance quasi-illimité si la propagande fonctionne. Problème, la propagande ne fonctionne plus. Le système s’est grippé. Pris à son propre piège, il n’a plus que la répression et l’usage du monopole exclusif de la violence et cette dernière n’est pas uniquement physique.

Cette tendance est dangereuse: le fait de désigner un adversaire, qui plus est, un contribuable ou un administré, comme une menace à l’ordre établi et le considérer comme un terroriste ne fera in fine qu’aggraver la somme des problèmes et ne résoudra rien. La paix des prisons n’existe pas.

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64 Replies to “Gilets Jaunes: dangereux dérapage officiel

  1. GILETS JAUNES : UN POLICIER MET EN CAUSE LE GOUVERNEMENT

    Publiée le 17 janv. 2019

    Alexandre Langlois est policier. Menacé par sa hiérarchie pour “déloyauté”, il dénonce la gestion du maintien de l’ordre par le gouvernement dans le cadre du mouvement des gilets jaunes, l’instrumentalisation des forces de l’ordre par le pouvoir, et les conditions de travail difficiles dans un contexte de hausse des cas de suicides chez les policiers.
    Par Virginie Cresci.

  2. Un tableau synthétique (si j’ose m’exprimer ainsi) et qui dispense de toute glose…

    http://lemurjaune.fr/

    Comme le disait le regretté Coluche dans l’un de ses sketches à propos des bavures policières :
    « Quand vous voyez la gueule de la bavure, ça vous passe l’envie de baver ! »
    Mais là on est passé à la vitesse supérieure ; c’est carrément de la bavure industrielle !
    Et ces chiens de journalopes viennent pleurer pour un pôvre CRS, avec casque, visière, bouclier et harnachement complet, rudoyé par un boxeur avec ses seuls poings…

    Ce n’est plus une fracture sociale, c’est le grand rift !

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