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Contribution : Nécessité d’affirmation des Africains au 21ème siècle: Déconstruire les États néocoloniaux pour des édifices plus représentatifs des intérêts des peuples

Nous publions ci-dessous une voix de la Nouvelle Afrique, celle qui dresse un constat sans concession de l’échec patent du paradigme piège d’État-Nation tel que façonné et légué par l’ancien système colonial et sa totale inadéquation avec les profondes aspirations des populations africaines. L’auteur y appelle à les Africains à innover une véritable refondation et lutter pour une nouvelle indépendance en partie inspirée par l’expérience récente de la Chine.

L’Afrique sera le marché émergent le plus dynamique de la planète à partir de 2050.  


Texte

Les libérateurs africains étaient condamnés à être des protestataires plutôt que des bâtisseurs d’Etat-nation, non adaptés à l’historicité africaine“. 

 

Ce concept d’état-nation étranger aux normes et aux reflexes sociales a bouleversé les organisations sociales préexistantes avant son avènement créant les soupapes du retard actuelle.

A l’heure du 21e siècles les États et les peuples africains devraient changer de paradigmes en procédant à concevoir une stratégie de développement qui suit une logique étapiste à savoir premièrement édifier un Etat fort, souveraine et indépendante des dictées étrangères puis acheminer le processus de développement en s’appuyant sur les acquis du premier pour lancer les bases d’un progrès économique en s’appuyant sur les leviers en terme de ressources de chaque pays. . 

Les États et les peuples africains doivent s’aspirer de l’exemple de la Chine pour se défaire des chaînes néocoloniales et impériales. 

Les africains savent mieux que l’Omerta internationaliste, ce qu’il faudrait faire pour se développer.

Alors pourquoi ceux-ci ne les laissent pas faire ? Leur imposant des modèles inadaptés aux réalités africaines.

La réponse est peut-être simple celle d’Helmut Khol ancien chancelier allemand: « il ne saurait être question de laisser l’Afrique s’industrialiser, l’occident ne se laisserait plus surprendre une deuxième fois, l’Asie lui oppose une sérieuse concurrence aujourd’hui ».

Toutes les justifications pseudos anthropologiques, pseudo-scientifique et pseudo-sociologique sur la stérilité de l’Etat néocoloniale ne servent qu’à masquer un constat politique sans mystère. 

En Afrique il n’y a pas un Etat-mou qui serait propre aux africains, il n’y a pas des États du tout, sauf des simples État s-artificiels édifiés sur les socles de l’ancienne structure aux buts, objets et intérêts des puissances coloniaux.

Ce fait est simple à comprendre. La conquête par les nations occidentales a eu lieu; elle a détruit toute forme d’État antérieur pour y substituer un ordre colonial, et depuis plus d’un demi-siècle des ordres néocoloniaux, qui sont des États assujettis complètement à ceux qui les ont façonnés au gré de leurs intérêts. Chaque jour et chaque événement apportent une éclatante confirmation de cette réalité. Et tous discours politiques ou analyses scientifiques qui nient cette réalité, sombrent tôt ou tard dans le ridicule après avoir fait, hélas, des ravages en détournant la réalité profonde des problématiques du sous-développement en Afrique. 

L’État néocolonial  a été mis en place non seulement pour maintenir l’Afrique dans la position coloniale autrement dit être toujours le réservoir des matières premières. Mais au besoin, la pousser vers une régression matérielle et mentale dans le but de bloquer tous processus de transformation de ses matières premières qui exige en amont une industrialisation.

Par ailleurs, le paternalisme des instances libérales du FMI et de la Banque Mondiale, les plans d’ajustement structurel, les stratégies de lutte contre la pauvreté, les aides publiques au développement sont autant de techniques, de sabotages psychologiques, de chantage politique et des assassinats économiques qui trouvent malheureusement sur le continent des relais dans la classe dirigeante, des traîtres qui ont troqué la dignité, le désir de progrès et le bien-être de leurs peuples au profit de leur trône et surtout complices de l’exploitation impérialistes des ressources des peuples africains. 

Tout a été mis en mouvement non seulement pour maintenir l’Afrique dans sa position de dépendance, mais au besoin la pousser vers une régression économique, sociale et mentale. 

Au vue du contexte d’aujourd’hui de remodelage des rapports de force internationale avec l’émergence et l’affirmation des puissances qui contestent voire bloquent, le cas syrien le confirme, les agissements de l’ancien ordre impérial marqué par le pillage des nations fortes contre les nations faibles. En effet, la guerre commerciale sino-US, la propagation de l’influence chinoise en Afrique, l’impitoyable guerre secrète Irano-US pour l’influence au Moyen-Orient ou la guerre par camp interposés russo-OTAN en Syrie et en Ukraine corrobore l’implication de plus en plus active des puissances “révisionnistes” selon la terminologie du cercle des néoconservateurs, la Chine, la Russie ou l’Iran dans l’arène internationale. Par ailleurs, en Afrique subsaharien en ce 21e siècle débutant la continuité ou le maintien du statuquo néocolonial va davantage noyer les peuples et les Etats africains dans le sous-développement et in fine assécher les aspirations de plus en plus grande des africains à un niveau de vie décent chez eux. 

Ainsi, depuis 60 ans, l’Etat néocolonial africain obéît à un modèle d’exportation des produits agricole à faible retombés économiques soumis au rapport de force implacable des lois du marché souvent en faveur des firmes multinationales. Outre la souveraineté limitée dans le domaine socio-économique de l’Etat colonial. Les armées des puissances prédatrices sont présentes dans presque tous les pays africains subsahariens ( Gabon, cote d’ivoire, Centrafrique, Mali, Libye, Tchad, Djibouti, Tunisie, etc..) d’abord françaises dans le cadre d’un parrainage militaire brute avec les accords réussi dans une logique étapiste a d’abord unifié les chinois sous la direction du PCC pour lancer à partir de 1979 les reformes de Deng. Les clés du développement de l’Afrique sont l’édification des Etats africains répondant et existant par et qu’aux intérêts des africains. Enfin gagner la souveraineté de leurs destins aujourd’hui dans les mains des Etats et des Firmes internationales prédatrices. A l’heure où les grandes puissances impérialistes s’intéressent de plus en plus à l’Afrique attesté par les va-viens de haut niveau des leaders occidentales en Afrique mais aussi de l’afflux sans cesse des armés les plus puissantes au monde et, il faut le mentionner, les intérêts de plus en plus grande des représentants des Firmes multinationales. Raison pour laquelle, il est plus que jamais urgent que les africains réfléchissent sur le modèle d’État le plus apte à assurer leurs intérêts nationaux face à la menace du pillage des richesses impérialistes car l’État néocolonial n’est plus capable d’assurer et de protéger les ressources et la dignité des africains. 

Au 21e siècle, la continuité de ce statu quo travaille à l’encontre des intérêts des peuples et de leurs aspirations.

En effet, le modèle néocolonial de la planification stratégique des économies des Etats africains postcoloniales prévoyait un rôle spécial : celui d’être un réservoir de ressources naturelles exclusivement réservés aux anciennes puissances coloniales mais aussi d’être des débouchés en terme des marchés pour les produits industriels européennes. En tout état des choses, c’est le cas des anciens pays francophone dans leur généralité. Depuis 60 ans, l’Etat néocolonial africain suit le sentier du modèle d’exportation des produits agricole à faible retombés économique soumis au rapport de force implacable des lois du marché et des alternances des prix en faveur des firmes transnationale souvent contrôlés par ces mêmes firmes. Ce modèle de prédation qui depuis la décolonisation plonge les peuples africains dans la misère fût  facilité, enraciné et perpétué par une souveraineté limitée des États néocolonial maitrisés à tous les niveaux par un puissant système de réseautage et des barbouzes néocoloniaux.

En effet, cette souveraineté limitée contraint les États néocoloniaux africains au maintien d’un système d’appauvrissement qui certes arrange les anciennes puissances coloniales mais maintient les pays africains dans un sous-développement chronique. 

Par ailleurs, pour les pseudo-analystes et chercheurs en stratégie de développement, à quelques rares exceptions, c’est en général, la carence en démocratie, de l’État de droit et d’une libéralisation limitée des marchés intérieures ou de la mal-gouvernance qui expliqueraient le retard en matière de développement sans jamais omettre de mentionner les responsabilités occidentales du sous-développement chronique des Etats et des peuples africains. 

En somme, les modèles moribonds d’État néocoloniaux ayant failli dans l’établissement des infrastructures sociopolitiques de base et ont connu la banqueroute aussi dans le volet de la construction des fondements (éducation, santé,) d’une économie dynamique. Auquel il faut ajouter, une souveraineté limitée des Etats néocoloniales en matière de politique général qui ont maintenu depuis 60 ans l’Afrique dans les affres de la misère et de la pauvreté.

Par conséquent, à l’aube de ce siècle, les États et les peuples d’Afrique devront-ils continuer dans ce rapport aussi humiliant qu’appauvrissant au risque de rester à la traine du progrès?

En evidence! Non.

La jeunesse doit relever les défis actuels des souverainetés limitée des États africains. Elle doit arracher aux anciens colons leurs indépendances totales. Une fois celle-ci acquise, nos dirigeants auront les instruments longtemps confisqués entre leurs mains pour conduire nos États et nos peuples vers le progrès socio-économiques car la souveraineté est une condition essentielle du progrès et du développement. En donnant à chaque peuple et États africains la marge de liberté pour penser leurs propres modèles de développement calqués sur les réalités locales et sur leurs potentialités économiques.

La question du développement, ayant monopolisé l’actualité depuis les années 70 par les pseudos “spécialistes de l’économie du développement”, qui sont en réalité des adeptes au “Daech du libéralisme” sera résolue sans grande difficulté.

Le développement n’a pas un seul et unique ascenseur à emprunter afin d’améliorer les infrastructures socio-économiques ainsi que les conditions de vie des africains. Et il n’y existe pas que le modèle occidentale bâti sur le pillage et l’exploitation des ressources des autres peuples pour progresser.

Le développement socio-économiques ou la modernité tels que les stratèges occidentaux les perçoivent sont structurés par l’idéologie extrémistes du marché, la domination suivant le stricte rapport de force de l’occident sur le reste du monde, et enfin l’exploitation sans limite et irresponsable de l’environnement avec la pollution, et maintes autres effets néfaste qu’induit la logique outrancière du marché. 

Le développement de l’occident s’est construit avec l’idéologie du libéralisme qui s’est petit à petit radicalisé et l’on assiste depuis 1970 à sa version la plus extrémiste avec M.Freedman ou les lois du marché encadre même la sécurité nationale ou la justice. 

Par ailleurs, la conception du progrès à la sauce du libéralisme ne pourrait-être un exemple à suivre par les peuples africains étant inadaptée aux réalités profondes et aux mœurs de l’Afrique. Car en perpétuelle confrontation avec l’homme lui-même par les guerres induites pour la quête  des puissances des uns sur les autres, la nature avec la dégradation environnementale et Dieu par la volonté des certains de se substituer à Dieu. Ainsi, les Etats et les peuples africains devraient changer de paradigmes en procédant à concevoir une stratégie de développement qui suit une logique étapiste à savoir premièrement édifier un Etat fort et souverain. 

Cette stratégie fut celle entrepris par la Chine d’abord sous Mao en édifiant un Etat fort et es infrastructures sociales solide puis sous Deng Xiopping avec les quatre modernisations de l’agriculture, la défense, l’industrie, la science et la technologie. La chine a offert aux capitaux occidentaux sa façade orientale dans les Zones Economique Spéciale (ZES). Attiré par le réservoir d’une main d’œuvre à faible coût, les entreprises minimalistes des coûts de production affluèrent en masse sur la côte orientale de la Chine. Toutefois, l’Etat central fort et souverain s’est arrangé à imposer à ces entreprises d’opérer les transferts de technologies via des joint-ventures. Ainsi en trente ans, la Chine est devenue l’atelier du monde sans toutefois tomber dans le cancer de l’extrémisme libéral car l’Etat contrôle tous les moyens de production. Avec la pensée pragmatique du socialisme de Deng et un mélange d’ouverture pour l’afflux des capitaux étrangers, la Chine s’en est bien servi de ces transferts des technologies au point d’être 4 décennies plus tard la première puissance économique mondiale dépassant dans leur jeu les anciens maîtres du monde. Voilà un exemple dont les États et les peuples africains doivent s’inspirer pour se défaire et connaitre un décollage économique. 

Moussa Ali

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BSM
SOS à l’auteur au cas où il passerait par là.
Si vous avez une liste bibliographique des études menées par des chercheurs d’origine Afrique subsaharienne ayant pour objet un ou des pays d’Europe, un aspect de la culture, de la société…, pourriez-vous la partager avec moi et donc avec tous les lecteurs de ce blog. Des études menées de préférence par des universitaires qui ont fait tout leur cursus dans une université du continent africain.
les champs concernés :
– anthropologie
– sociologie
– histoire
– économie
Merci d’avance.

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Anonymous

BSM

Tout de même cette tendance en France à critiquer, pardon à réagir dans ce cas ci, la forme plutôt que le fond a quelque chose d’assez étrange au pays de Descartes. Cela ne renvoie-t-il pas à l’esthétique du vraisemblable qui se développe à partir de Richelieu et qui va se trouver au cœur des querelles sur la tragédie ? A l’instauration d’une société de cour où courtisans et courtisanes à la langue bifide accorde plus d’importance au paraître qu’à l’être ?
Molière dans Les Femmes Savantes leur a trouver un joli nom : Trissottin et un personnage qui témoigne de son dégoût profond pour te ceci : Alceste le misanthrope.
En France, on aime le beau langage, les belles phrases, et lorsqu’on prend le temps de les détricoter on se rend compte que ce sont parfois des coquilles vides. Nous voici donc aujourd’hui avec un président qui sait bien parler et qui aime s’écouter mais sans contenu et qui promeut la vacuité et l’incohérence comme paradigme de la complexité.
Enfin qui nous dit, lorsque connectés à internet nous lisons tranquillement derrière notre écran, que ce que nous lisons n’a pas été écrit par quelqu’un dont le français n’est pas la langue maternelle ? Savons nous seulement combien d’effort cette personne a fourni pour arriver à s’exprimer dans cette langue et par cet effort témoigner de son désir de faire partie de cette communauté de gens communiquant dans une même langue ? Enfin qu’est-ce que ça veut dire qu’un adulte donne à un autre adulte comme unique retour sur ses idées : retourne à l’école primaire ? Que vaut ce sentiment de supériorité, cette relation de pouvoir qu’essaie d’instaurer, peut-être inconsciemment, cet adulte sur cet autre adulte qu’il ne connaît pas et qui se trouve peut-être à des milliers de kilomètres de lui ? Qu’est-ce que ça dit de cet adulte ?

Lazeby
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Lazeby

Pas mal de contradictions là-dedans et je m’en exprime.
Ok, l’auteur veut en finir avec l’état-nation à l’occidentale mais pour construire quoi à la place : une espèce de Chine africaine ?
Le problème est que la Chine a hérité d’une forme impériale de son histoire millénaire tout en reprenant à son compte dans l’histoire récente la puissance prométhéenne de l’état nation occidental.
Au passage, j’ai du mal à saisir la nuance entre développement et décollage économique. La Chine s’est développée point barre. Et elle l’a fait avec une rapidité monstrueuse inconnue même dans l’histoire de l’occident.
Au bout du compte, nous avons dans la Chine plus qu’un état-nation, un véritable Empire-nation.
Il suffit de regarder la carte qui figure au bas de ce texte pour ce demander comment l’Afrique pourrait reproduire un tel modèle ?
J’ai finalement l’impression qu’en tirant à boulet rouge sur l’état-nation, l’auteur se cache consciemment ou non, la véritable réalité problématique de l’Afrique qui est une réalité pluri-ethnique, effectivement peu compatible avec la forme européenne de l’état-nation.
L’Afrique pourrait peut-être devenir une sorte d’empire inédit si elle renouait avec cette réalité là, qui est tout simplement la réalité profonde de son histoire près-coloniale.
Encore ne faudrait-il pas avoir peur de le dire.

Bartleby
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Bartleby

L’Afrique prend un bon départ avec ce charabia inconsistant. L’auteur, si je puis dire, devrait revenir aux bancs de l’école primaire afin d’y apprendre l’orthographe. Bonne charité commence par soi-même. Quelle misère de merdre.