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Algérie: Black-out sur les deux terroristes canadiens de Tiguentourine

Un black-out presque complet entoure l’identité des deux terroristes canadiens abattus par les forces spéciales de l’armée algérienne à l’intérieur du site gazier de Tiguentourine, près d’In Aménas il y a de cela près de vingt jours. Il semblerait que le Canada ait émis de sérieux doutes sur leur existence au point de contraindre le ministère algérien de la Défense à publier via sa revue  un communiqué assez vigoureux dans lequel il confirme entre autres la présence de deux canadiens parmi les terroristes abattus lors de l’assaut mené par les forces spéciales.

La presse algérienne dans son ensemble n’a que très rarement évoqué le sujet. Devant le manque et surtout une rétention drastique de l’information, les très rares médias qui ont tenté d’aborder le sujet ne pouvaient qu’avancer des conjectures face à une telle incapacité de communiquer émanant des autorités officielles.

Pourtant, des informations persistantes en provenance de Libye occidentale, plus précisément des milices Zentan ont confirmé que l’un des deux canadiens connus sous le nom de guerre “Cheddad” est un tireur d’élite (sniper) parlant assez bien l’arabe venu de Benghazi  dont le souhait après la chute du régime libyen était de se rendre en Syrie rejoindre “ses frères d’armes”.  Aucune information n’est disponible sur le second terroriste canadien.

Des dizaines de mercenaires canadiens ont participé à la guerre civile ayant abouti à la chute et la mort de l’ex-dirigeant libyen Mouammar Gaddafi. Des dizaines d’autres combattent actuellement au sein de diverses organisations islamistes extrémistes en Syrie contre l’Armée syrienne. Certains d’entre eux prétendent s’être convertis à l’Islam et parlent un arabe émaillé de termes relevant de l’islamisme politique tel qu’il est perçu et étudié  en Occident.

D’autres sources proches de la dissidence libyenne du sud nous ont fait savoir que ce canadien anglophone avait des tatouages militaires spécifiques et aurait fait partie de Xe Services.

Xe Services n’est que la nouvelle appellation commerciale de Blackwater, une firme de sécurité très controversée qui emploie des milliers de soldats privés en Iraq et en Afghanistan.  Cette firme de sécurité privée offre publiquement ses services en tant qu’armée à louer afin de maintenir l’ordre dans les points chauds du globe. Sigle_Blackwater_X

Selon CBC, l’armée canadienne a recours à Xe Services  pour former certains de ses soldats à des techniques avancées de combat et de protection rapprochée. La police militaire, les forces spéciales et les tireurs d’élite canadiens ont eu recours aux services de Blackwater, rebap­tisée Xe Services en 2009, deux ans après la controverse soulevée par la mort de civils innocents à Bagdad.

Plusieurs de ces soldats, qui sont souvent décrits comme des mercenaires, ont été impliqués dans des incidents graves qui ont causé la mort de plusieurs civils en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Mali et au Yémen.

De 2005 à 2010, Ottawa a versé plus de 7,7 millions de dollars à l’ex- Blackwater, tristement célè­bre pour ses bavures en Irak et en Afghanistan.  Plusieurs contrats sont classés « secrets ». La presque totalité ont été attribués sans appel d’offres, puisque Black­water est reconnue comme sous-traitant agréé.

Le Canada du Premier ministre Harper s’est totalement inscrit dans une logique néoconservatrice et pro-israélienne. Par ailleurs et en ce qui concerne l’Afrique du Nord et le Sahel, Ottawa a annoncé à plusieurs reprise sa volonté d’envoyer ses forces spéciales au Nord-Mali. En parallèle, des unités de surface de la marine canadienne ne cessaient de s’approcher des côtes algériennes ces sept derniers mois.

Quoi qu’il en soit réellement, ce sujet risque d’être dépassé puisque le repli tactique opéré par l’ensemble des groupes armés du Nord-Mali vers le massif de l’Adrar des Iforas ou Massif de Tigarghar près de la frontière algérienne et pas très loin du Nord-Niger va contraindre les Etats-Unis, le Royaume-Uni,  la France, le Canada et d’autres pays à mettre en œuvre une stratégie de très long terme combinant une présence permanente de drones et une intervention ponctuelle des forces spéciales. Et plus probablement des mercenaires privés en sous-traitance pour ces États. On estime à 200 le nombre d’éléments de l’AQMI et du MUJAO cachés dans ces reliefs inexpugnables.

A cheval entre le désert du Tanezrouft algerien et la faille du Tilemsi à l’extrême nord du Mali, le massif de l’Adrar des Iforas s’étend sur une superficie de quelques 250 000 Km² et comporte des élévations de terrain jusqu’à 850 mètres. Sur le plan géostratégique, il se prête à merveille pour jouer un rôle presque similaire à la passe de Khayber entre le Pakistan et l’Afghanistan.

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