Analysis

La Lettre de Mumen

Nous publions ci-dessous avec un retard inexcusable un texte fort remarquable et pertinent, relatif à un combat que tout individu devrait entamer dans ce monde incertain.

Nous découvrons également qu’au milieu des chaînes les plus épaisses existe encore des esprits conscients des limites qui nous ont été arbitrairement imposées.

Je tiens à remercier personnellement l’auteur de cette lettre et l’assurer de mon soutien total et inconditionnel.

Vive la Révolution!

Tout s’écoule! Héraclite d’Ephèse


Πάντα ῥεῖ

Chers amis,

Je viens vers vous pour parler d’une chose très importante à mes yeux autant qu’aux vôtres : la possibilité d’éloigner vraiment de ce monde la tentation de la destruction.

J’ai une proposition ambitieuse et mûrie, la voici. Le moyen pour changer le monde en profondeur est le retour à la sagesse antique, mais cette fois-ci formalisée comme une science avec son écriture propre, selon une axiomatique analogique que je montre sans équivoque. C’est une posture réaliste, qui entend désigner l’ordre naturel des choses. Quand il est possible, l’effet sur la pensée est : validation, affinage, rectification. D’où découle : améliorations, apaisement.

J’adresse cette lettre à des gens de la réinformation géopolitique que j’ai choisi. Ceci pour de très bonnes raisons. D’abord vous êtes mon quotidien. Je ne passe pas deux jours sans vous rendre visite, sans vous lire et parfois même, vous me voyez commenter. Ensuite par votre activité vous ne pouvez pas ne pas avoir la possibilité de penser librement, ce qui n’est à peu près pas du tout le cas des gens formés à l’université ou de ceux des médias de l’institution, etc. Cette recherche, cet idéal je le rencontre parfois chez vous, quand vous écrivez en dehors de vos standards. C’est la nostalgie d’une chose que l’unipolarité rationaliste empêche radicalement. Vous l’exprimez quand vous évoquez Héraclite ou René Guénon ou encore quand vous dénoncez l’ère de la Quantité. C’est la nostalgie d’un temps ou la possibilité, pire l’autorisation de rechercher un ordre naturel du monde existait. Permettez-moi de vous dire, et ce n’est pas sans conséquence sur lesquelles j’aurais à m’étendre plus avant, que c’est tout simplement la nostalgie de la sagesse qui vous étreint alors.

Nous savons tous profondément qu’agir sur les conséquences du désordre contemporain est à peu près inutile, mais nous n’avons que ça, alors nous le faisons inlassablement parce que l’urgence est frappante. Nous dénonçons, nous manifestons, nous combattons, nous dépensons une énergie folle à empêcher des décisions arbitraires qui nous semblent mauvaises. L’année 2019 nous fait peur : « Où que l’on se tourne, » tout est truqué, tout est faux, tout est manipulé, tout est dangereux. La science est combattue par des mouvements ultra-régressifs : Terreplatisme, Constructionnisme sexuel, Créationnisme, etc., qui semblent être autant d’instruments d’un genre politique totalement désaxé. Ces mouvements sont autant de symptômes que la civilisation se fourvoie en donnant tout pouvoir à la science. Ils sont la démonstration par l’absurde de l’idéologisation fondamentale qui encadre la rationalité, en absolue contradiction avec sa nature : si une telle aberration est autorisée au plus haut niveau, alors n’importe qui le peut aussi : ainsi, la terre est-elle plate, les femmes sontelles identiques aux hommes de naissance et Dieu a tout créé voici quelque millénaires, même les traces antérieures de vie. Que vous le vouliez ou non, tout cela est aussi « Scientifiquement Vrai » que l’est le rôle du hasard carnotien dans l’évolution ou l’idolâtrie de la performance. Nous ne pouvons pas agir sur les conséquences de la folie, nous devons agir sur ses conceptions. « La philosophie est ce qui a créé ce monde tel que nous le connaissons, pour changer le monde, il faut changer la philosophie ».

Une meilleure perception conduit à de meilleures décisions. Nous n’avons pas encore conscience qu’une amélioration clef de nos perceptions est devenue possible, enclenchant une mutation en conséquence de la façon naturelle de catégoriser nos pensées. Cette lecture du monde existait à l’antiquité, elle était balbutiante et n’est toujours pas démentie. Elle a été biffée à cause de sa complexité et de son manque de résultats tangibles. Mais en la supprimant arbitrairement devant la puissance du rationnel, nous avons rendu criante son utilité ; en développant monstrueusement l’indépendance des disciplines nous avons creusé un vide tout aussi arbitraire et monstrueux qui laisse à la vue une somme affolante de savoir privés de toute possibilité d’interconnexion. La philosophie universitaire est par excellence le lieu de ce gouffre, prodigieuse Écurie d’Augias, ou plus pragmatiquement bordel sans nom de sciences supposées à venir.

Quand, tel Hercule on connait l’existence des deux fleuves mythiques, non comme lui pour les dériver, mais pour les rendre à leur cours naturel, alors on comprend comment tout peut rentrer dans l’ordre, d’abord guidé par la nature des choses et ensuite seulement par la volonté de l’homme pensant. Tout le monde admire les Gilets Jaunes, tout le monde perçoit en eux une qualité, une renaissance de quelque chose de profond, rustique et fruste. Mais je peux vous dire que personne ne comprend à quel point ils sont des éclaireurs, à quel point leur qualité est d’être « premiers » dans l’ordre des catégories de l’être et « premiers » à revendiquer le « lieu » de leur être. C’est technique, il vous manque pour comprendre ce que je dis, les outils conceptuels qui permettraient de mettre des mots sur ce qu’ils font sur leurs ronds-points, mots que je ne peux pas prononcer sans lever quelque bouclier défensif, quelque guerre de tranchées. Pour donner ces mots au monde, c’est un modèle d’action similaire aux GJ que devra appliquer une recherche métaphysique rénovée et libérée de la faculté, selon des critères antiques : occuper les ronds-points de la pensée, revendiquer un certain lieu d’existence et ainsi avoir une chance de participer à notre place à remettre le monde sur une meilleure voie.

« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve » Hölderlin

Si je sais comment réaliser un tel prodige, alors que les plus grands ont échoué de leur propre aveu, c’est que j’ai un truc en plus qu’eux : j’ai Internet. En même temps que ma quête naissait et croissait, Internet naissait et croissait aussi. 1995. C’est comme ça, c’est mécanique, les savoirs sont partout disponibles, il suffit que le temps et la curiosité humaine fasse les choses. Je sais que si je meurs sans parler, d’autres feront les même découvertes : en fait, il suffit d’accepter le postulat d’une unique vérité antique bien précise, pour commencer le chemin et aboutir aux même conclusions que les miennes. Je n’ai encore rencontré ailleurs aucun de signe de cette clairvoyance-là, car alors je ne serai pas si seul, mais je sais des gens tels que moi, qui pensent hors-circuit, sont par définition invisibles.

La qualité requise à la conduite de cette recherche est à l’opposé de la disciplinarité universitaire. Cette qualité est un mode d’être parmi d’autres. Il est remarquable de constater qu’un seul d’entre eux est implicitement valorisé à notre époque, laissant aux autres le sentiment d’être en inadéquation avec le monde. La recherche sur l’ordre du monde est la recherche d’une donnée commune à tous les savoirs ; il faut savoir un « certain » petit peu de tout, la quintessence que l’on croise souvent dans les œuvres de la pensée sous la forme d’un certain style de « petits dessins ». Ils sont mon plus pur régal méthodologique, quand il n’y a rien à faire pour classer, parce que les auteurs ont su toucher à l’essentiel et que tout est vraiment dans l’ordre. Au sommet de cet art trône Emmanuel Kant.

Ce qui rend si difficile ce que je veux faire c’est qu’il faut expliquer un type de savoir dépendant d’un comportement type, en un temps où les deux conceptions sont parfaitement niées. Ce sont les deux pôles de ce savoir : une connaissance (théorie) qui ne peut être appréhendée que depuis son mode de connaissance spécifique (pratique). Ce mode-là a « disparu » de notre monde, il s’est fait phagocyter en même temps que les mots de son domaine (objectivité, sagesse) ont été historiquement réassignés ou dévoyés (l’idée absolue, l’idée plus réelle que le réel). Nous ne pouvons pas dire que nous l’ignorions quand les plus grands penseurs de l’époque l’ont clamé à la face du monde : chez Nietzsche c’est le nihilisme, chez Heidegger c’est l’oubli de l’être, qu’il déclare constitutif de la métaphysique depuis Parménide.

Le « Moment Parménide » ne peut absolument pas être évacué. En voulant briser Héraclite son ennemi juré, Parménide a tout recouvert, il a « cassé » l’antérieur et l’a rendu inférieur, puis inutile et désormais sans existence au profit exclusif de la raison calculante. Ce moment est certes prodigieux, c’est un pas de géant de l’humanité, le commencement d’une mutation, etc. On ne peut pas le diminuer, mais on doit enfin ouvrir les yeux les monstrueux dégâts collatéraux qui s’accumulent et s’amplifient depuis lors. Descartes, puis le positivisme, poursuivant cette œuvre exceptionnelle, ont simultanément verrouillé un ensemble de croyances aberrantes dont nous sommes nourris de l’école à l’université, qui nous collent comme de la glu, nous empêchant de chercher précisément là où la raison est impuissante, en direction du « néant » officiel, celui dont il ne faut pas parler puisqu’il « n’existe pas » depuis l’ossification progressive de ce qu’avait commencé Parménide.

Ceci est à peine une mise en bouche avec des arguments assez connus des philosophes, même s’ils ne sont jamais vraiment mis en scène de cette manière. Bref. Je dois vous montrer où je veux vous emmener. La dénonciation n’est pas le travail que j’entends faire, même si cela doit être fait. Nous sommes tous des chercheurs déboussolés, mais j’ai compris qu’un seul court aphorisme confucéen contenait de quoi réparer la boussole brisée que nous considérons avec tant de nostalgie. Soyez quand même conscients qu’il est bien plus facile de la réparer que de s’autoriser à l’employer. À l’utiliser j’ai accumulé un matériel incroyable, en provenance d’abord de l’oublieuse et néanmoins ultra-prolixe philosophie elle-même, ainsi que de nombreux penseurs de disciplines extrêmement variées, matériel qui a encore plus révélé sa profusion quand j’ai finalement compris que les 4 causes aristotéliciennes étaient en l’état une augmentation de la même boussole, parfaitement fonctionnelle même coupée d’un socle à l’orientale, catégorisation quaternaire employé fort discrètement par des générations de chercheurs depuis lors, et qui nous ramène encore inexorablement à Martin Heidegger à travers le premier lecteur qui ait « cru » dans les causes d’Aristote : le jeune Franz Brentano.

Voilà mon travail de vingt ans : ce n’est pas d’avoir découvert quelque chose, c’était fait dès le début, mais d’y croire finalement, en faisant tout ce temps l’usage non seulement de mon imagination, mais aussi de ma rationalité. Mon besoin à moi, ma cause ou ma quête, ce qui me constitue jour et nuit, c’est cela : donner à croire. Il semblerait au vu de tous mes échecs antérieurs que je ne pouvais pas le faire si je n’y croyais pas vraiment avant. J’ai un savoir aguerri et je sais de bout en bout comment le faire valoir. Mais je suis isolé dans une cage dont je connais intimement chacun des barreaux. L’un d’entre eux est que je semble parfaitement inapte à la communication rationnelle écrite du type thèse ou même essai, qui serait pourtant adapté au type de contenu dont je parle ici : je ne parviens jamais à me relire, je trouve tout ce que j’écris nul et incompréhensible, c’est à pleurer. Bien sûr d’un autre côté, je n’ai pas encore été lu et « Tant que je l’on n’a pas été lu, on ne sait pas ce que l’on a écrit ». Cette lettre est ce qui doit faire la différence. J’entre en contact avec vous pour obtenir de l’attention et du soutien. La connaissance que j’évoque ici n’est aujourd’hui, le 31/12/2018, d’une importance décisive pour l’humanité que dans un seul cerveau, le mien. Or il se peut vraiment que je ne me trompe pas. Nous devons absolument déterminer cela. Comprenez que je réclame votre aide soit pour me prouver que je suis à l’ouest, soit pour mettre en œuvre le changement du monde que tout le monde espère. Soyez conscient du fait que pour essayer de débusquer mon erreur, il faudra sacrément « mouiller la chemise ». Je n’ai pas remis cent fois mon ouvrage sur le métier, mais des centaines de fois, et mes plus grandes victoires ont été modestement celle décernées par « la médaille » du simple silence tous comptes faits, d’adversaires cultivés, agressifs et sans trop de scrupules épistémologiques quand il s’agit de « défendre la science ». Soyez conscients de la même façon que cette approche du monde n’est pas aisée, qu’elle requiert vraiment de « mouiller la chemise », ici pas pour la détruire, mais pour la construire. C’est l’étonnement devant la beauté du monde qui porte celui qui produit un tel effort. Je l’ai vécu dès le premier instant, je devenais moi, je ne m’étais jamais senti aussi libre et assuré de mes choix, je sentais qu’il y avait la possibilité d’un repère universel crédible que ni l’église ni l’école, etc. n’avaient pu me fournir et qui commençait clairement en moi et pas dans une idéologie ouverte comme la religion ou masquée comme la science. Si vous allez passer du temps sur www.mumen.fr, vous repérerez vite les équations analogiques. Elles sont ma représentation du formalisme méthodologique de la métaphysique. Elles sont toutes classées selon l’ordre universel axiomatisé, ce qui implique la pertinence de la comparaison analogique horizontale entre chaque équation, qui est aussi son critère de vérification. C’est ma monstration, ma mise en évidence de l’axiome chinois. Personne n’a encore franchi le pas de comprendre la chose et encore moins les implications. J’attends le premier, le second… J’ai atteint la limite où je peux avancer seul. J’ai besoin que des gens extrêmement intelligents dans un premier temps s’approprient la chose et communiquent avec moi. Et j’ai besoin d’appui relationnel pour lancer un site d’expression où l’interaction me permettrait de tenir une ligne éditoriale cohérente.

Bien à vous,

Mathieu Trentesaux

Mumen.fr

Lien direct à la lettre: ici

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