La Russie compte continuer à remplir l’ensemble de ses obligations prévues dans le cadre des contrats militaires conclus avec la Syrie, a déclaré hier soir à Genève le ministre adjoint russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov. Ce dernier a averti que Moscou agit comme un partenaire responsable dans le cadre des contrats conclus, et qu’il n’y a  aucun problème, “d’autant que ces livraisons visent en premier lieu à renforcer la défense antimissile de la Syrie et n’ont aucun rapport avec le conflit inter-syrien”.

“Nous avons signé des contrats qui sont en cours de réalisation (…). Ce procès se déroule conformément aux normes du droit international. Nous ne violons aucune sanction ni interdiction”, a expliqué M.Bogdanov. En effet, le déploiement de batteries ABM n’a aucune utilité dans une guerre de guérilla mais fait contrepoids aux batteries ABM de type Patriot déployés par les Etats-Unis et l’Otan en Turquie méridionale, en Jordanie septentrionale et en Israël.

Par contre, certaines livraisons comme celles ayant trait à des avions d’entraînement de type Yak 130 peuvent être utilisés dans le soutien aérien tactique au sol. Toutefois, avec la multiplication des armes lourdes aux mains des rebelles, notamment des moyens de DCA, leur usage sera restreint.

Washington tente par tous les moyens possibles et imaginables d’entraver ou du moins retarder au maximum la tenue d’une Conférence de paix à Genève. Histoire de laisser le temps à la rébellion d’inverser la vapeur et de passer à la contre-offensive. C’est également la stratégie de Tel-Aviv qui table sur un épuisement graduel et constant des capacités tactiques de l’armée syrienne. Commentant sur un éventuel basculement de l’équilibre stratégique au profit des ennemis de la Syrie, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Al-Mouallim a affirmé que ceux qui “délirent sur cette éventualité vont devoir encore attendre une décennie…”

Dans tous les cas, l’administration Obama est en très mauvaise passe sur le dossier. Acculé par l’affaire Snowden- laquelle soit dit en passant n’a fait que confirmer ce que beaucoup savaient depuis longtemps, Washington devra en outre tout faire pour passer sous silence le scandale de Benghazi et les ponts maritimes et aériens reliant la Libye et la Turquie. Le projet du Grand Moyen-Orient bat de l’aile même si l’émission de divertissement Arab Idol fait un tapage dans le monde arabe. En Palestine, le Hamas est en cours d’implosion après qu’une partie des membres ont exprimé leur refus total de s’inscrire sur l’agenda américain et israélien avec l’apport d’argent de pays du Conseil de coopération du Golfe arabo-persique. En Tunisie, le chef de l’armée, le général Rachid Ammar, que l’on dit très proche du Pentagone a annoncé sa démission dans une période troublée. Si le front turc a réussi à être (temporairement) stabilisé en portant le feu à l’un des pays des BRICS, en l’occurrence, le  Brésil, il ne fait aucun doute que toute la stratégie US au Moyen-Orient est en échec.

Conflit au Moyen-Orient: Moscou déterminé à honorer ses contrats militaires avec Damas
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