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Syrie: l’argumentaire de Washington à la limite de l’indigence

On s’attendait à des preuves et à un argumentaire pour le moins rationnel et convaincant, voilà  que l’administration US nous sert des palabres en se basant sur des images fort douteuses issues d’un réseau social relevant de sa gigantesque machine de collecte d’information.

On croyait avoir atteint le fond de la propagande de bas niveau avec la prestation de Colin Powell peu avant l’invasion de l’Irak en 2003, là on est obligé d’admettre qu’Obama a lamentablement échoué.

L’analyse gestuelle de la prestation de John Kerry, Secrétaire d’Etat US, lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui démontre sa crispation et presque son opposition au texte dont il fut chargé de lire. Quelle corvée !

Le Président Obama a fait une bien pire prestation: non seulement il ment avec désinvolture-cela on le savait depuis longtemps-mais a mis en avant le « fameux devoir d’agir devant l’accumulation de preuves » sans pour autant  montrer ces preuves.

Les Etats-Unis veulent donc engager une « action limitée ». Pas question d’y impliquer Israël. En bon acteur, le Premier ministre israélien s’efforce en ce moment de rassurer l’opinion publique de son pays en lui assénant qu’Israël n’avait rien à avoir avec cette guerre. A un mensonge près qu’il est l’un des belligérants. Et non des moindres.

 Le président des Etats-Unis a souligné qu’un recours à des  armes chimiques menaçait la sécurité nationale américaine en oubliant que c’est le renseignement US qui a autorisé la fourniture d’armes chimiques issues de l’arsenal libyen aux rebelles islamistes en Syrie.

La Maison-Blanche a publié un rapport de renseignement de quatre pages dans lequel la communauté américaine du renseignement dit avoir la “forte certitude” que le régime de Bachar al-Assad est responsable de l’attaque du 21 août 2013. Cette attaque a fait près de 700 victimes et non pas le double comme le martèle le renseignement américain.

Le document rejette également la thèse défendue par Damas et la Russie selon laquelle la rébellion serait responsable de cette attaque. Une “hypothèse hautement improbable”, selon Washington. Malgré des images satellites d’une très haute résolution et un rapport scientifique russe concluant le contraire.

Autre mensonge, le maître des drones et l’ordonnateur des assassinats ciblés a laissé son Chef de la diplomatie affirmer que  quelle que soit la décision qu’il prendra sur la Syrie (une décision prise depuis plus d’un mois), elle ne ressemblera en rien à l’Afghanistan, l’Irak ou même la Libye. Il n’y aura pas de troupes au sol ». Certes la Syrie n’est pas l’Afghanistan ou la Libye. En Libye, Washington agissait derrière deux sous-traitants.

Qui plus est, une intervention en Syrie entraînera des conséquences beaucoup plus dangereuses que l’invasion de l’Irak. La Syrie dispose par-dessus le marché de frontières avec Israël et la Turquie. Deux pays en guerre avec la Syrie et qui peuvent bien y intervenir au sol. La Syrie est soutenue par l’Iran et le Hezbollah. L’administration US est-elle à ce point désespérée pour recourir à une aventure aussi périlleuse ?

Une agression contre la Syrie marque l’échec de la stratégie de l’ingénierie du chaos dans le monde arabe adoptée depuis le discours d’Obama au Caire en juin 2009 et entrée en phase active fin 2010. Nétanyahu ne devrait pas se réjouir très vite.

La question d’une action militaire “va au-delà” de la Syrie, mais doit servir d’avertissement à l’Iran, au Hezbollah ou à la Corée du Nord, que les Etats-Unis ne resteront pas inertes si un jour ils “songeaient à recourir à des armes de destruction massive”, selon M. Kerry. On y est.  Ce n’est donc pas par compassion avec les victimes civiles du conflit syrien que Washington agira mais en fonction d’intérêts géostratégiques complexes. Sauf que cette fois-ci, à moins que les syriens et leurs alliés ne ripostent pas, Israël sera au cœur du conflit. Que feront alors MM. Obama, Hollande ou encore la faction de la maison des Saoud pro-sionistes ?

On aura pas le temps de répondre à cette question. Le moment est mal choisi. Les missiles de croisières sont déjà en route.

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