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Libye: Les Etats-Unis menacent d’intervenir

Il n’a fallu que quelques heures à Washington pour répondre aux rodomontades du Congrès national libyen enjoignant aux Etats-Unis d’Amérique de lui remettre le dénommé Abu Anas Al-Liby, de son vrai nom Abdelhamid Al-Raghie ou Al-Rakie, capturé dimanche dernier en plein milieu de Tripoli par un commando des Navy Seals US opérant avec des habits civils et des véhicules banalisés.

Le message est on ne peut plus clair: un détachement de Marines relevant de la force de réaction rapide a été prépositionné au Sud de la Sicile, à la base de Sigonella, à  moins d’une heure de vol en V-22 Osprey des côtes libyennes occidentales.

L’informaticien de 49 ans soupçonné par les américains d’avoir participé à des opérations terroristes en Afrique de l’Est, notamment les attentats ayant visé les ambassades US en Tanzanie et au Kenya en 1998, serait à bord du bâtiment de surface USS San Antonio, dans les eaux internationales.

Abu Anas est également soupçonné d’avoir des informations sur le chef de guerre Mokhtar Belmkhtar, émir de facto d’un nouveau pays au Sud de la Libye et servant d’intermédiaire entre le Sahel et l’Egypte.

L’intervention des commandos US en Libye n’est pas une surprise en soi. C’est même devenue une pratique assez courante depuis la chute du régime libyen de Mouammar Gaddafi en octobre 2011. Ce qui surprend par contre est le soutien dont bénéficie Al-Liby, présenté comme un membre d’Al-Qaïda auprès des milieux politiques du nouveau pouvoir en Libye et au sein des milices armées. La nouvelle de son kidnapping a d’ailleurs déclenché de violentes émeutes en Libye et un florilège de menaces à l’encontre des intérêts US dans la région.

Autre détail digne d’intérêt, la réaction à la limite du ridicule du gouvernement libyen. Tripoli prétend tout ignorer de cette opération qualifiée de “violation de la souveraineté” du pays. On oublie vite qu’avant et après l’attaque meurtrière ayant visé le consulat US à Benghazi, des forces américaines étaient en action avec l’assentiment tacite des autorités libyennes. Il n’est point exclu donc que Tripoli soit complice de cette opération.

Le Département d’Etat y a répondu par un communiqué d’anthologie évoquant l’insuffisance du cadre servant à la lutte antiterroriste au Maghreb avant que le Pentagone n’enfonce le clou en annonçant le déploiement d’une force de réaction rapide en Sicile.

Par cette opération ou plutôt par la médiatisation de cette opération, les américains tentent de reprendre le contrôle sur un pays riche en hydrocarbures mais qui s’est enfoncé dans un chaos préjudiciable aux intérêts des grosses multinationales pétrolières. En quelques sorte, la guerre de Libye et l’élimination du colonel Gaddafi par des sous-traitants alliés n’aurait finalement servi à rien.

 

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