Analysis

Venezuela: la chosification de l’adversaire

Les forces armées vénézuéliennes ou en d’autres termes les troupes régulières du Venezuela ont été qualifiées de « gangs armés de Maduro » (l’actuel président de ce pays) par Mike Pompeo, Secrétaire d’État US.

«Quel genre de tyran malade s’oppose à l’arrivée de nourriture pour des gens affamés ?», s’est écrié Mike Pompeo, le 23 février 2019 sur la plate-forme de micro-blogging « Twitter« , commentant les violences qui ont éclaté sur un pont à la frontière colombiano-vénézuélienne, alors que des camions ont tenté de forcer le passage pour acheminer au Venezuela de l’aide humanitaire Américaine.

C’est un processus précédant le rabaissement du statut de l’adversaire avant de le diaboliser et le déshumaniser qui rappelle l’assimilation de l’armée libyenne aux brigades de Gaddafi ou l’armée syrienne aux forces d’Assad.

Le choix du terme « gang » est très pertinent dans le contexte sud-américain puisque le phénomène des gangs est un véritable problème de société au Salvador, au Guatemala, au Mexique, en Colombie et au Honduras.

L’assimilation de  la Fuerza Armada Nacional Bolivariana à des gangs armés évoque également les jours précédant l’intervention militaire au Panama en 1989 et la capture  du président Manuel Noriega comme un vulgaire criminel de droit commun.

Il est clair que Washington considère pour des raisons géostratégiques les Amériques comme son arrière-cour (l’influence de la Doctrine Monroe est toujours présente dans l’élaboration, la conception et la prise de décision en politique étrangère US).

Chosifier un adversaire est le premier pas avant sa destruction.  En dépit de ses profondes divisions politiques et ses clivages sociétales aggravées par une crise économique extrême, le Venezuela de 2019 n’est pas le Panama de 1989. Contrairement à l’intervention US au Panama au nom de la guerre globale contre la drogue, un concept annonçant un autre concept  similaire relatif au terrorisme, le Venezuela n’est pas seul.

Pour la première fois depuis la révolution Américaine, d’autres puissances mondiales ont fait irruption dans la crise vénézuelienne et dans le bassin des Caraïbes. c’est-à-dire dans les Amériques et cela représente une révolution stratégique inédite.

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19 réponses »

  1. Beaucoup evoquent à tord l’ immence d’une intervention US avec un débarquement des Marines sur les plages du Venezuela, et les GI’s qui vont faire une traversée du pays un peu comme un rallye à l’exmple de mars 2003 en Irak où l’armée US avait mis quelques jours à atteindre à Bagdad. Ces medias voient les US comme le nouveau « Dieu » invicible à qui rien ne résiste. Ils se trompent lourdement.

    Les choses sont en réalité beaucoup plus complexes. Déja pour commencer le modus operandi US est connu depuis un bail. L’Amerique avant d’intervenir, met le pays sous blocus -Irak 12 ans de blocus puis intervention, Serbie 8 ans de blocus-, affaiblit le soutien de la population au regime, corrompt les elites du régime, et grace à une coalition intervient uniquement quand la situation est mure, jamais avant, parce que le desastre du Vietnam et + recemment du Liban en 2006 -cas d’Israel +US- est présent dans toutes les tetes.

    Ce qui va déterminer une intervention où pas c’est le degrés de combativité du peuple vénézuelien dérrière son président legalement élu. En l’état actuel les américains n’ont aucune chance de renverser militairement le Président Maduro. Aucune chance il faut le savoir. L’armée vénézuellienne s’est préparée à cette eventuenlité depuis à peu prés 15 ans. La réponse sera à ne pas en douter asymétrique, et d’une point de vue US extremement redoutable. Le Venezuela dispose de matériel extremement performant que personne ne connait, et n’escomptez pas trouver ce genre d’infos sur Wikipedia, où un autre média occidentale. De plus les dirigeants politiques du Vénézuela ont préparé l’ eventualité d’eune intervention militaire en armant la population -ce que je ne savais pas, voir la vidéo de Maurice Lemone-, c’est pret d’1.5 millions de combattants armés jusqu’aux dents qui attendent avec l’armée venézuellienne les Etats Unis où un autre. Dans ce contexte une attaque militaire présentement est peu probable.

    Toutefois les US pour des questions de prestige, de leadership sont obligés de faire quelque chose, parce qu’en plus le temps travaille contre eux. Chinois et russes ont rattrappé les US dans le domaine des technologies militaires et sont meme en train de les dépasser. En outre les exemples coréeen et iranien n’incitent pas les US à la retenue. Il n’est pas impossible que les coréens peuvent livrer du matériel nucléaire pret à l’emploi, et c’est ce qui tetanise les US, parce qu’en plus une destruction facile des infras venezuelliennes est loin d’etre aussi evidente, on l’a vu en Syrie, où les raids du 14-04-2018 se sont avérés etre un fiasco. Et meme pire si les venezuelliens ripostent en bombardant via des missiles balistiques, et autres missiles de croisière Houston, Dallas, voir Washington -comme les milices libanaises et palestiniennes en Israèl-, non seuleument les US n’ont aucun moyen de les arretter, mais en plus ils perdent du meme coup tout leur leadership mondial. Et ne sourtout pas oublier que le Venezuela dispose de missiles anti navires en grand nombre capable d’infliger d’éonormes dégats à l’US Navy
    Ce scenario cauchemardesque a toutes les chances de se produire, et c »est ce qui doit hanter les dirigeants nord américains. Mais s’ils ne font rien, c’est un aveux de faiblesse, et gageons que les élites argentines, brésiliennes, voir meme mexicaines n’hésiteront pas o tourner le dos aux US.

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